Fiers membres de la très dynamique scène métal du Nord de l’Italie, en particulier en Lombardie, THE ERASED est né en 2007 à Milan. Cet EP, So Far, est loin d’être la première sortie des italiens qui comptent déjà à leur actif les albums Life is Pain Then We Die et The Image of the Beast. Le trio évolue depuis ses débuts dans une veine Cross-Over / métal assez surprenante et rafraichissante.
Le menu du jour reste assez limité avec une intro instrumentale et trois chansons à se mettre sous la dent. Avec « So Far » l’univers étrange du groupe apparait sous nos yeux, mélodies à tiroirs, rythmes syncopés, étranges et chant protéiforme de Roberto Genoni. Cela ne manque pas de panache et de charme mais tout le monde n’adhérera pas à cette démarche. La basse se fait super massive et très expressive, joli contrepoint des riffs de guitare et des frappes lourdes de la batterie. THE ERASED se joue des ambiances pour surprendre et tisser une tapisserie originale, à la fois sombre et lumineuse. « The Bottom of your Empty Soul » débute dans le calme avant de sombrer dans un drôle de chaos. L’ombre d’un SYSTEM OF A DOWN apparait parfois au loin… « The Belly Dancer » finira de brouiller les cartes laissant apparaitre, encore une fois, un maelstrom pas très simple à cerner.
La production parfois assez brute n’aide pas non plus à entrer dans l’univers des transalpins mais leur démarche artistique elle-même en laissera plus d’un sur le carreau. Mais les fan de cette école Cross-over ont l’estomac solide et feraient bien de laisser une chance à THE ERASED. Votre serviteur est, quant à lui, resté sur le quai.
Tout juste deux ans après leur excellent quatrième album Energia! que Oshyrya avait traité (chronique ici) en des termes forts à propos, Peace, Love & Russian Roll débarque dans les bacs en cet été 2015. Toujours chez Napalm Records nos Viennois n’ont pas changé leur fusil d’épaule et pratique cette Fusion Metal qu’ils appellent eux-même Turbo Polka et qui emprunte beaucoup à la musique traditionnelle russe, au Ska / Reggae ainsi qu’au Rockabilly / Psycho.
Russkaja sur ce Peace, Love & Russian Roll enchaîne à son habitude des titres très énergiques, entrainants et bourrés de charme comme « Rock'n Roll Today », « You Are The Revolution », « Peace Love & Russian Roll » ou « El Pueblo Unido » dont j’ai adoré le déroulement notamment sa fin qui prend des tournures Symphoniques. On retrouve aussi des compositions moins punchy mais toujours très sautillantes et plus axées sur le Ska / Reggae comme « Slap Your Face » ou « Hometown Polka ».
Cependant Russkaja sait varier les plaisirs et arrive même encore à nous surprendre ! C’est le cas quand il ralenti le tempo afin de nous proposer deux ballades au feeling très nostalgique et qui font mouche sur « Salty Rain » et le Ska « Lovegorod » ou qu’il pousse son délire Folk jusqu’au bout en nous proposant un morceau entièrement acoustique avec « Parachute ». On sent à plusieurs reprises tout au long de Peace, Love & Russian Roll une volonté du groupe de pousser certaines expérimentations ! J’ai vraiment adoré cette volonté d’aller de l’avant et de ne pas se reposer sur leurs acquis en explorant d’autres horizons ! Deux exemples probants de ce que je dis se retrouvent sur « There Was A Time » qui fait se percuter Bluegrass et Funeral Jazz de la Nouvelle Orléans ou sur « Radio Song » et son trip Country. Pour ne rien gâcher le son est top et met vraiment bien en valeurs les atouts que sont le chant de Georgij Makazaria, les cuivres des frères Gutternigg ainsi que les magnifiques violons de la charmante Ulrike Müllner.
A l’arrivée on a un excellent album, varié, énergique et nostalgique à la fois. Certaines compositions devraient faire un malheur sur scène et j’en profite pour vous annoncer la venue de cette formation dans notre capital au Glazart le 3/11/2015. Un album parfait pour se dorer la pilule sur la plage ! Croyez-moi car j’ai tenté l’expérience !
Napalm Records / 2015
Tracklist (43:00) : 01. Rock'n Roll Today 02. Slap Your Face 03. Hometown Polka 04. There Was A Time 05. El Pueblo Unido 06. Lovegorod 07. Parachute 08. Let's Die Together (Mon Amour) 09. Salty Rain 10. You Are The Revolution 11. Radio Song 12. Peace Love & Russian Roll
En fait, j’ai déjà tout dit sur Entrails, sur sa propension à rendre un hommage appuyé à ses ancêtres et compatriotes, quitte à verser presque dans la caricature ou à utiliser la même police de caractères pour son nom qu’Entombed. Je suis donc purement en train de perdre mon temps pour toi, cher lecteur, simplement parce qu’Entrails a une « actualité » sous la forme d’Obliteration, une nouvelle ode au Swedish Death Metal à l’ancienne, avec sa dose salutaire de groove, ses guitares grésillantes, sa section rythmique qui bûcheronne et son ours en rut au micro.
Et que dire de plus ? Rien. Strictement rien. Entrails a trouvé une recette (enfin, a piqué une recette) et l’applique religieusement depuis maintenant des années. Passé l’effet de surprise, on tombe dans la satisfaction, avant de froncer le sourcil droit (ou le gauche) devant cette désagréable impression de tourner en rond. Là où certains groupes parviennent, sans révolution, à évoluer quelque peu, d’autres s’enferment dans un carcan. Quand on est un meneur comme Cannibal Corpse ou Grave, pour ne citer qu’eux, on appelle ça une identité musicale. Dans le cas d’une formation qui a sauté au bon moment dans le train du revival suédois, j’aurais tendance à être moins indulgent et à parler d’opportunisme.
Obliteration n’est pas un mauvais album, loin de là. Il renferme quelques brûlots à la gloire du Metal de la Mort qui endommage les cervicales et fait voler les tignasses. Mais tout ça a déjà été dit et fait il y a des années. On peut tromper mille fois mille fans de Metal mais on ne peut pas… non. On peut tromper une fois un fan de Metal… non… enfin, vous voyez ce que je veux dire. Entrails est à classer dans la catégorie des hommages lourdingues aux anciens. Dommage pour eux, contrairement à d’autres groupes qui reprennent le flambeau parce que leurs aînés déclinent franchement, Entrails – et tous ces autres projets – auront bien du mal à s’imposer face à leurs sources d’inspiration (Grave en tête) qui maintiennent tant bien que mal leur cap, contre vents et marées.
Mister Porn (Entombed was already taken, so we called ourselves Entrails. Close enough/10)
Metal Blade Records / 2015
Tracklist (41:46) 1. No Cross Left Unturned 2. Epitome of Death 3. Beyond the Flesh 4. The Grotesque 5. Obliterate 6. Skulls 7. Midnight Coffin 8. Bonestorm 9. Abyss of Corpses 10. Re-Animation of the Dead