Loin de nous l’idée d’affirmer de façon péremptoire que nous connaissons une bonne partie de la scène métal hexagonale mais l’apparition soudaine de tant de groupes français inconnus au bataillon n’aura pas de cesse de nous étonner. L’heureux candidat du jour s’appelle EVOLVENT qui a échappé jusqu’à présent à nos radars malgré un solide tableau de chasse à son actif.
Créé en mars 2004 par Sébastien Latour, EVOLVENT a tout d’abord la vocation d’être un projet studio. En 2008, un premier album, Spiritual Confession, voit le jour via le label digital Alien Production. Suivra Delusion en 2011 qui permet au groupe de se produire sur scène dans de grandes salles parisiennes. Fin 2012, Emma Elvaston intègre les rangs derrière le micro et inaugure sa collaboration avec ses camarades à travers un single « Under the Rain ». S’en suit une première tournée qui permet à EVOLVENT d’accumuler un maximum d’expérience et de peaufiner encore son identité artistique. Fort d’un line-up dynamique et ambitieux, sort un premier EP, Human Instinct, en mai 2014 puis ce nouvel opus, Whatever Happens cette année.
Le groupe qualifie sa musique de métal mélodique mais disons, pour être plus précis, qu’EVOLVENT s’inscrit dans cette veine néo-classique/symphonique à chant féminin lyrique aux côtés des XANDRIA et autres DIABULUS IN MUSICA. L’écoute de Whatever Happens a également su invoquer à mes oreilles la figure d’un SIRENIA. Ces comparaisons se veulent flatteuses tant ces groupes ont su pas à pas se faire une place sur la scène métal européenne. C’est tout le mal que l’on peut souhaiter à EVOLVENT. Sébastien Latour aux claviers et Clement Botz à la guitare se partagent désormais le travail de composition pour atteindre meilleur. Ils tissent patiemment de lumineuses textures mariant subtilement la force et l’agressivité forgées par la guitare à la douceur et la subtilité des claviers. Une grande responsabilité repose également sur les épaules d’Emma Elvaston qui doit insuffler une âme à ces chansons et leur faire atteindre un niveau supérieur. Reconnaissons qu’elle s’acquitte plutôt bien de sa tâche. Les titres restent dans l’ensemble assez courts et resserrés dépassant rarement les cinq minutes. D'autres, dans ce même style musical, peinent à faire preuve d’un sens équivalent de l’optimisation et de l’efficacité.
Difficile de résister à « We Are » ou encore « Love Doesn’t Love Me » qui démontre que nous avons ici affaire à des musiciens talentueux et appliqués. Malgré cela, il reste chemin à EVOLVENT pour proposer un son plus lisse et puissant ainsi que des titres globalement plus accrocheurs. Un grand bravo pour l’aspect visuel qui a toujours fait l’objet d’un très grand soin. Il suffit de voir Under the Rain ou Human Instinct pour s’en convaincre. Les parisiens affichent de beaux arguments pour convaincre les plus réticents de s’intéresser à leur cas. Avec Whatever Happens, ils poursuivent leur progression et peuvent espérer toucher un large public. De nombreux concerts s’annoncent en France mais également chez nos voisins européens. Voici une belle occasion de confirmer le potentiel affiché en studio.
Oshyrya (07/10)
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Autoproduction / 2015
Tracklist (40:12 mn) 01. Dawn 02. Win or Die 03. Hurricane 04. Love Doesn’t Love Me 05. Our Fate 06. We Are 07. Over Seasons & Time 08. Embrace 09. Whatever Happens 10. Siempre
Fondé en 2009 à Paris en 2009, OMMATIDIA a dû en surprendre plus d’un dans le petit landerneau hexagonal avec la publication en 2011 d’un premier opus soigné In this Life, or the Next chez Season of Mist. Avec une splendide pochette déjà signée Hicham Haddaji du Studio Strychneen et un style mélangeant allégrement les influences gothiques, doom et atmosphériques, les franciliens frappaient un joli coup d’entrée. Et pourtant la suite ne fut pas vraiment un long fleuve tranquille. Ce toujours crucial deuxième album aura mis près de quatre années à voir le voir et était à l’origine annoncé pour le second semestre 2014.
Mais face à l’adversité, OMMATIDIA a su puiser dans ses ressources et prendre le temps nécessaire pour accoucher sereinement de Let’s Face It avec le soutien de Doowet. Le quintet n’a pas dévié de sa route et confirme les choix artistiques entrevus sur In this Life, or the Next : un métal sombre et mélodique construit par couches successives de riffs tranchants efficacement complétés d’une solide section rythmique. Cette subtile alchimie offre de belles perspectives, entre colère, mélancolie et interrogations existentielles. Comme OMMATIDIA l’affirme lui-même, « Plus que jamais le groupe se présente de manière plus dynamique, plus inventive, plus détaillée et fouillée, et avec une maîtrise de styles plus affirmée ». Les progrès par rapport à 2011 sont sensibles, les parisiens s’éparpillent moins et vont directement à l’essentiel en ayant retiré le superficiel, le superflu. Let’s Face It innove en terminant sur un final épique découpé en 3 parties qui conclut le concept de l'album. En presque treize minutes tout est dit et l’auditeur ressortira exsangue mais heureux de cette expérience. Tout n’est pas ici parfait avec quelques titres un peu moins convaincants dans le ventre mou du disque mais rien de rédhibitoire. Le fond et la forme sont à l’unisson avec une belle pochette simple et limpide à l’image du son du disque en général. Let’s Face It a été enregistré et mixé par François Maxime « Bootz » Boutault et Olivier t'Servrancx alors que le mastering reste l’œuvre de Mobo.
OMMATIDIA confirme sur ce second disque le talent et les bonnes dispositions démontrées en 2011. Malgré l’adversité (changement de line-up) le groupe ne dévie par de son objectif et peaufine encore et encore la construction de son identité artistique. Espérons que le vent tourne et que la parution de Let’s Face It ouvre une nouvelle ère positive pour les parisiens.
Oshyrya (7,5/10)
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Autoproduction – Dooweet / 2015
Tracklist (48:36 mn) 01. Immaculate 02. Sunspot 03. Dark Swelling 04. Soiled 05. Seeping Black 06. Antagonism 07. A Lack Of Contrast In Life 08. Coming Full Circle Pt I 09. Coming Full Circle Pt II 10. Coming Full Circle Pt III
Revigorés par la sortie d’Eviscérer les Dieux en 2013 et les très bons retours qui ont suivi, voici déjà de retour des bressans avec un album toujours aussi soigné et ambitieux, Illusions Barbares. La stabilité a décidément du bon et avec les quatre mêmes croisés, MESSALINE peut avancer plus rapidement et marquer de son empreinte la scène heavy rock hexagonale.
Le temps passe et Illusions Barbares constitue déjà le quatrième opus de nos compatriotes. Et ils restent fidèles depuis leurs débuts à cette démarche de proposer des chansons accrocheuses dans une veine heavy métal classique. Les mélodies font bien souvent mouches et vous resteront longtemps dans la tête. Ajoutez à cela des textes finement ciselés par Eric "Chattos" Martelat et vous obtenez un rafraichissant cocktail. Ce dernier se fait fort de proposer des textes originaux, offrant différents niveaux de lecture, abordant divers thèmes à travers le prisme de l’histoire et de l’humour. Difficile dans ce cadre-là de ne pas penser au travail assez similaire de Christian Decamps (ANGE). Les deux groupes croisent d’ailleurs souvent la route l’un de l’autre et une vraie complicité a su petit à petit se créer entre les deux chanteurs-paroliers. L’orientation plus directe et agressive inaugurée sur Eviscérer les Dieux se voit ici conforter, preuve que l’intégration en 2011 de la nouvelle section rythmique s’est passée à merveille. Encore une fois le fond et la forme ont été particulièrement soignés. La production de cet album est tout à fait honorable et tient la comparaison avec la majortié des sorties européennes. Les visuels et le livret sont magnifiques et donnent encore plus envie de se plonger dans l’univers du groupe.
MESSALINE ne laissera personne indifférent mais cette démarche s’avère être rafraichissante à une époque où tout le monde cherche à plaire à tout prix. Ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces et de ce côté-là MESSALINE reste droit dans ses bottes et fidèle à sa personnalité. Faites votre choix mais vous auriez tort de ne pas tenter l’aventure.
Oshyrya (6,5/10)
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Brennus Records / 2015
Tracklist (50:49 mn) 01. Morituri te Salutant 02. Les crayons du soleil 03. Fouille de sarcophage 04. Barbie true rick 05. A Jerusalem 06. Mehlinn-hâ 07. Instinct animal 08. Funambule 09. Cadavre esquisse 10. les teufs des heros 11. Memento