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Le Sludge Metal est un courant du Metal contemporain au champ vaste et aux nombreuses ramifications. Aux croisements du Doom Metal, du Crust Punk, du Postcore, du Southern Rock/Blues ainsi que d’une certaine scène Metal alternative incarnée par des groupes comme les Melvins par exemple. Dès le départ j’ai adoré un groupe comme Acid Bath qui faisait déjà cohabiter son Sludge avec le Grunge et le Doom pour un cocktail détonant et dépressif. Dans le même temps (début des 90s) le Sludge trouva un terreau très favorable dans le Sud des États-Unis notamment en Louisiane avec des groupes comme Eyehategod ou Crowbar.

 
Le gang de L’Arkansas Rwake fait partie de la seconde vague de la fin des 90s/début des 2000s à l’instar de Kylesia ou Mastodon. Comme ce dernier Rwake cultive un héritage Southern Rock/Blues mais là où Mastodon le métisse à son Sludge ainsi qu’au Postcore et au Rock Progressif, lui le fusionne à un Sludge Metal poisseux prenant des contorsions Doom Metal agrémentées de distorsions avant-gardistes, psychédéliques et acides. On peut même desceller chez eux des propensions Funeral Doom à quelques rares occasions. J’ai tendance à dire que Rwake est la face sombre et dépressive voire maladive de Mastodon pour décrire grossièrement la musique du groupe aux néophytes.


Comme vous l’aurez compris Rwake ne débarque pas de la dernière pluie et bénéficie d’une forte notoriété chez les passionnés de Sludge Metal dont je fais partie ! Je pense que la démarche extrémiste et très dépressive de leur propos musical explique en grande partie le fait qu’ils soient un peu méconnus d’un publique plus large. J’en veux pour preuve qu’il ne bénéficiait jusqu’à présent d’aucun article ici à Metalchroniques.fr.


Xenoglossalgia : The Last Stage of Awareness n’est pas le sixième album studio de nos joyeux drilles puisque il s’agit de leur démo cinq titres agrémentée de deux inédits datant de la même période (près de 45 minutes en plus). Le tout a été enregistré en 1998 soit il y a près de quinze années maintenant ! C’est la raison pour laquelle cet enregistrement sonne plus chaotique que les  derniers enregistrements du groupe que sont Rest (2011) et le single Forge (2012). Rwake de manière déjà très audacieuse y explore des sonorités symphoniques et modernes. En effet dès le second morceau « Stairwell » qui succède à une intro Southern acoustique dont le groupe est coutumier on remarque des claviers et des samples aux sonorités presque Coldwave et industriel qui viennent soutenir une composition mixant  avec brio Southern Sludge & Doom Metal. Le ton est donné par Rwake avec ces deux premiers titres éloquents et il est glauque de chez glauque ! Le très funèbre mais bluesy « Or Die », la troisième plage de ce skeud, ne déroge pas à la règle ! Mon dieu que j’aime ce son de carillon en arrière-plan ! C’est grandiose et tout simplement bluffant !


Vient le tour de l’intermède ambient et bruitiste « Xenoglossalgia » qui introduit le morceau « Nagarachi » qui est du Rwake pur jus : c’est un véritable délice. Les deux derniers titres sont « Interlude » qui comme son nom l’indique est un intermède instrumental et une monstrueuse plage de quarante-quatre minutes. Un énorme pavé qui reprend tous les éléments précisés plus haut, c’est une sorte de synthèse qui se désagrège et vire de la dixième minute jusqu’à son milieu en un gros Funeral Doom. Ce morceau est ultime et il convaincra tous les admirateurs de musique Doom et extrême car on n’est pas loin de Skepticism, Tyranny ou de dISEMBOWELMENT ! Les vingt dernières minutes ne sont que bruit Ambient et torpeur Harsh Industriel où émergent des cris terrifiants. Le tout fini sur un fracas Drum & Basse avec des cris : un véritable exercice de terrorisme sonore. A noter l'artwork inédit en visu 3D qui est très réussi !


Xenoglossalgia : The Last Stage of Awareness s’adresse aux plus extrémistes d’entre vous, moi je suis conquis à 100% ! Malgré le fait que ce soit de vielles compositions ce recueil est parfait pour faire découvrir l’étendue du talent de Rwake à de nouvelles oreilles tout en faisant patienter les aficionados du groupe qui attendent une nouvelle sortie depuis trois ans à présent. Enfin en guise de conclusion sachez que Rwake fait partie de ces groupes exceptionnels qui jamais ne déçoivent. C’est la raison pour laquelle je vous encourage grandement à suivre ce groupe et à vous procurer tous leurs albums !


FalculA (9/10)


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Bandcamp Officiel où Xenoglossalgia est disponible en streaming intégral ainsi que des albums plus anciens.


Relapse Records / 2015
Tracklist (68 minutes) : 1. Intro 2. Stairwell 3. Or Die 4. Xenoglossalgia  5. Nagarachi 6. Interlude 7. Calibos/So Fucking Tired

Vamps – Bloodsuckers

oshy_20042015_VampsAidés d’une major (Universal), les japonais de VAMPS se sont présentés au public européen en 2013 à travers un album best-of, florilège de leur travail jusqu’à présent. Ce Sex Blood Rock n’Roll (chronique ici) nous avait agréablement surpris, faisant la preuve d’un réel savoir-faire de la part des deux capitaines de ce navire, Hyde et K.A.Z. Contrairement à ce que la pochette pourrait suggérer, le côté sulfureux du groupe reste très largement de l’ordre du gimmick. Musicalement, les chansons de VAMPS restent sages et accessible au plus grand nombre.

Les premières écoutes de ce Bloodsuckers confirme les qualités dévoilées sur Sex Blood Rock n’Roll. Les nippons ont l’art de pondre à la chaine des compositions accrocheuses, très mélodiques, capturant clairement l’air du temps. Les gros riffs côtoient de larges touches électros et tous les éléments pour faire danser les amateurs de rock sur les dancefloors du monde entier sont bien là. Des compositions comme « Ahead » ont un petit côté rock alternatif américain, le type de chansons à même de faire un malheur sur les campus outre-Atlantique. Hyde continue d’impressionner par son chant, assez varié mais surtout avec un accent irréprochable. Il ne s’économise pas et insuffle une vraie belle dose d’énergie à toutes ces chansons. Sans doute habilement conseillés par leur management et label, VAMPS déploie son univers à travers des titres calibrés autour des quatre minutes histoire de maximiser leur potentialité de passage en radio.

Malgré toutes ces qualités, vous ne trouverez pas sur Bloodsuckers de hit absolument imparable, les compositions s’enchianent avec naturel, sans faute de goût mais peu parviennent vraiment à émerger. Citons « Evil » ou « Damned » qui frappent par leur côté dark et comme un miroir un « Reincarnation », beaucoup plus lumineux et presque léger. VAMPS s’amuse ainsi à varier les plaisirs, n’hésitant pas à tomber malheureusement aussi dans la ballade un peu mièvre avec « Vampire’s Love ». Cela sent un peu beaucoup la to-do list du service marketing et VAMPS a consciencieusement cocher toutes les cases. Vu d’Europe, il est difficile de s’en rendre compte mais le groupe connait un gros succès dans son pays et malgré de belles choses, se plient aussi aux nécessités du music-business.

La bonne impression laissée par Sex Blood Rock n’Roll se voit validée, corroborée par Bloodsuckers. Dommage qu'ils jouent sur des clichés et une image un peu sulfureuse pour s'extraire de la masse. Ils n'ont pas forcément besoin de tous ces artifices, ils ont quelques arguments artistiques à faire valoir. Le disque étant déjà sorti depuis plusieurs mois au Japon, VAMPS se consacre désormais à l’Amérique du Nord et à l’Europe. Bien aidés par leur label, les japonais ont réussi à se greffer sur la tournée à venir en compagnie de SIXX:AM et APOCALYPTICA. Pas mal non ?

Oshyrya (07/10)

 

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Spinefarm Records / 2015

Tracklist (50:15 mn) 01. Reincarnation 02. Zero 03. Lips 04. Ahead 05. Evil 06. Ghost 07. Vampire’s Love 08. Damned 09. Get Away 10. Replay 11. Bloodsuckers 12. The Jolly Roger 13. Inside Myself

oshy_20042015_StonghoPour avoir récemment rencontré les britanniques de STONEGHOST en interview à l’occasion de leur passage dans l’émission Une Dose de Métal sur l’énorme TV, il faut avouer qu’ils sont particulièrement sympathiques et passionnées. Cela ne présuppose rien de la qualité de leur musique et de ce deuxième album, New Age of Old Ways, mais cet enthousiasme et cette passion font plaisir à voir malgré tout.

Le groupe est né en 2007 à Bromley dans le sud-est de Londres au sein de la riche scène underground outre-Manche. A l’époque, ils s’appellent SNAKEBITE et profite de toutes les opportunités possible pour se présenter au public et se faire un nom. Ils récoltent petit à petit le fruit de leur travail et réussissent à se produite au Bloodstock festival en 2009 puis en 2010 puis le Wacken Open Air. Ils remportent également la compétition du Metal 2 the Masses. Mais il fallait alors un album pour apparaitre sur la carte européenne et s’est chose faite en 2011 avec la sortie de Created from Nothing. Les concerts et les festivals s’enchainent alors mais les membres du groupe et en particulier le chanteur de STONEGHOST, Jason Smith, doivent aussi faire face à des épreuves personnelles. Les britanniques vont finalement utiliser ces défis du quotidien pour nourrir leur créativité et accoucher de ce second opus, New Age of Old Ways.

Le cocktail STONEGHOST est finalement assez simple mais souvent diablement efficace. Les britanniques développent une approche mélangeant allégrement métal, hardcore et rock couillu. Ils ne sont pas là pour amuser la galerie et dès les premières secondes de « Faceless Ghost » ils prouvent de quel bois ils se chauffent. La musique est puissante, mettant en valeur la solide technique de nos camarades et un sens développé du riff saignant et accrocheur. Derrière son micro, Jason Smith n’est pas en reste et offre une prestation à la hauteur, en permanence sur la corde raide entre chant clair et hurlé pour un effet, un impact maximum. Petits natures, passez votre chemin, vous risquez de ne pas apprécier devoir affronter le rouleau-compresseur STONEGHOST.

Je préfère très largement le visage le plus subtil des britanniques, des brûlots comme « Faceless Ghost » ou encore « All They Need is the Light » qui déboitent franchement tout en affichant une belle mélodicité emprunte d’une belle colère aux compositions plus hardcore et bourrines comme « Devil’s Motion » et « The Sound Remains » plus basiques et meurtrières. La production signée Russ Russell (NAPALM DEATH, EVILE, DIMMU BORGIR…) s’avère tout à fait adaptée et il faut saluer le travail effectué. Terminons par dire une mot de la pochette originale et colorée de ce disque. Il s’agit d’une dessin signé du chanteur Jason Smith, lui-même tatoueur de métier, qui montre là un sacré coup de crayon. Il s’agit d’un détail d’une œuvre plus grande que vous pouvez voir dans sa totalité sur la page Facebook du groupe.

New Age of Old Ways livre la marchandise attendue. Nous serons pour une fois d’accord avec la presse métal d’outre-Manche qui encense tous les groupes britanniques sans tenir compte de leur réelles qualités. STONEGHOST bastonne sec, pas de quartier, ce qui n’empêche pas la musique et les paroles de posséder une certaine profondeur. Laissez-vous tenter.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Mascot Records / 2015

Tracklist (55:09 mn) 01. Faceless Ghost 02. Devil’s Motion 03. All They Need is the Light 04. Second to Breathe 05. The Sound Remains 06. Raynardine 07. Sleeper 08. Your Trigger, My Finger 09. Third Degree 10. Let Sleeping Beasts Lie 11. Mother pf all Bastards