Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

oshy_20042015_Falli_i_ReversOh la jolie pochette, bien racoleuse, bien typée années 80. Cela fait quelque temps déjà que je n’avais pas vu un groupe tenter ce coup-là… Et sans tomber dans le délit de sale gueule, l’ouverture du livret laisse créera lui aussi des surprises et à la vue de notre charmant quatuor du jour. Mention spéciale pour Ronnie Radke (ex-ESCAPE THE FATE) qui semble couvert de la tête au pied de tatouage, ce logo Rolls-Royce sur la tempe et ce « Unbreakable » sur le front étant du plus bel effet. Je me moque, je me moque mais après tout il faut de tout pour faire un monde et si cela le rend heureux comme cela, Amen !

Par contre, et là c’est franchement moins drôle, les américains évoluent depuis 2008 dans une veine metalcore qui a fait bien des ravages ces dernières années. Il faudra attendre décembre 2010 et sa sortie de prison (un charmant garçon en plus) pour que Radke lance véritablement les hostilités avec ses nouveaux camarades. Avec une grande régularité les américains publient un nouvel opus tous les deux ans. Après une première démo, Listen Up en 2009, apparait un premier album, The Drug in Me is You, en 2011, puis Fashionably Late en 2013 et vous le devinez voici enfin Just Like You dans l’année de grâce 2015.

Nous ne souhaitons pas de mal à Ronnie Radke mais son look improbable me rappelle le chanteur Mitch Lucker qui évoluait au sein de SUICIDE SILENCE avant de disparaître dans un accident. Les comparaisons s’arrêtent là tant le propos s’avère différent surtout au niveau de l’intensité et de la violence dégagée. A côté de SUICIDE SILENCE, FALLING IN REVERSE fait office de jolie comptine. Musicalement Just Like You reste assez accessible et ne devrait pas effrayer le grand public. Après tout, les américains cherchent à toucher le plus de monde possible et ont particulièrement soigné le côté catchy et facilement assimilable de leurs compositions. Nous ne sommes parfois pas très loin d’un GREEN DAY ou d’un THE OFFSPRING. Radke assure ses parties de chant avec un certain talent, son chant laissant transpirer émotions et convictions. Par contre quand le groupe s’essaye au chant hurlé comme sur « Stay Away » le résultat laisse franchement à désirer. Heureusement, ils n’abusent pas vraiment de cet exercice. Même constat pour les tentatives maladroites de singer l’électro/rap d’un WILL.I.AM sur un « Wait and See » à côté de la plaque.

FALLING IN REVERSE risque d’en faire sourire plus d’un. Le contraste entre le look « bad boys » des membres du groupe et la musique finalement assez sage proposée peut faire sourire. Musicalement parlant ce n’est pas trop mal mais cela ne risque pas, pour autant, de créer un plaisir démesuré. Les américains ne sont pas originaux pour un sou et vous aurez l’impression d’avoir déjà entendu, des dizaines de fois, ces chansons en bien mieux. Finalement choisir entre SUICIDE SILENCE et FALLING IN REVERSE revient à tomber de Charybde en Scylla.

Oshyrya (05/10)

 

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Epitaph / 2015

Tracklist (45:04 mn) 01. Chemical Prisoner 02. God, If You Are Above… 03. Sexy Drug 04. Just Like You 05. Guillotine IV (The Final Chapter) 06. Stay Away 07. Wait and See 08. The Bitter End 09. My Heart’s to Blame 10. Get Me Out 11. Die For You 12. Brother

Deer Blood – Devolution

oshy_20042015_Dee_BlooIl est de notoriété publique que les chroniqueurs ne sont que des bons à rien, des musiciens frustrés souvent à peine capable d’aligner trois phrases. Et puis ce sont des vendus, ils ont donné leurs âmes aux labels et de sacrés paresseux par-dessus le marché. Ce premier album de nos compatriotes de DEER BLOOD va être, pour moi, un bon moyen de confirmer la véracité de tous ces clichés.

Premier défaut donc, la paresse. Voici donc la biographie du groupe honteusement recopier de leur page Facebook avec à peine quelques modifications et reformulations histoire de faire illusion. DEER BLOOD est un groupe de trash métal français créé en 2011 sous l’impulsion du chanteur et guitariste Alexandre Bourret. Pour mener à bien son ambition de proposer une musique nourrit aux seins des maitres du genre (METALLICA, SLAYER, EXODUS, PANTERA), il s’entoure d’une fine équipe pour former le quatuor DEER BLOOD. Et oui bande d’alcooliques, le nom s’avère bel et bien être un hommage à Jägermeister (le groupe ne peut donc pas avoir un mauvais fond). Les franciliens déploient leur plein potentiel sur scène mais il fallait bien pouvoir se présenter au public à travers un album. C’est voici chose faite avec ce Devolution.

Le quatuor n’a jamais ses influences et revendique le projet d’invoquer devant nos yeux ébahis l’âge d’or du thrash. Les plus esthètes d’entre vous penseront alors aux années 80 et ils n’auront pas forcément tort. DEER BLOOD reprend les ingrédients de base de la recette et tente de les apprêter à la sauce 2015. Donc si vous êtes amateurs, vous aurez ici votre compte de riffs tranchants, acérés au possible, de grosses rythmiques menées tambour battant par une batterie infernale et une basse ronflante à souhait. Ajoutez à cela un chant clair agressif, rapide asséné avec fougue et colère et vous obtiendrez une belle idée de l’expérience de votre passage dans l’essoreuse Devolution. Vous allez être secoué encore et encore et le pire reste que vous risquez d’en redemander. Les franciliens ne tentent pas de réinventer la roue mais ils font preuve d’une belle application pour pondre des titres bourrés d’énergie, une belle dose d’adrénaline qui parlera à la partie reptilienne de votre cerveau. Renoncez à trop « intellectualiser » cette musique, les tripes doivent ici parler.

La majorité des titres sont plutôt resserrés autour des trois ou quatre minutes et vont directement à l’essentiel sans guimauve ni fioritures inutiles. Les claviers et les boucles électro sont ici persona non grata, chant, guitares, basse, batterie, point barre. Quand DEER BLOOD prend le risque d’allonger la sauce comme sur « Bushmaster » ou « Scared to the Bone » la mayonnaise prend moins et l’efficacité de la musique souffre de longueurs inutiles. L’approche directe et compacte sied bien mieux aux thrash. Alexandre Bourret s’en sort avec les honneurs derrière le micro même si son chant manque de variété à la longue. Il y a encore une grande marge de progression de ce côté-là. Signalons le bonus intéressant de ce disque, les plages 10 à 13 (en ghost tracks) rassemblent les versions remasterisées de l’EP The Killing Engine enregistré en 2012. Belle initiative.

Amateurs de thrash, vous en aurez pour votre argent avec Devolution de DEER BLOOD. A l’image de la pochette, simple, appliquée et professionnelle, les vézéens ne révolutionnent pas le genre mais ils ont travaillé sérieusement. La marchandise attendue est livrée et cela devrait bastonner sévère sur scène. Maintenant commence le plus dur, se forger un son et un caractère plus affirmé, sortir de l’ombre des grands anciens…

Oshyrya (07/10)

 

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Autoproduction / 2015

Tracklist (57:13 mn) 01. Bushmaster 02. Devolution 03. Born Strong Live Young Die Hard Born Again 04. Altar of Lies 05. Trapped Inside 06. Open Letter of Rage 07. Means to an End 08. War of the Roses 09. Scared to the Bone

Gruesome – Savage Land

Bon, on va pas tortiller du cul pour chier droit : si Leprosy est votre album de chevet, si Death occupe une place de choix dans votre cœur, Gruesome vous a pris par les sentiments et risque fort de vous remplir de joie. Tout simplement parce que Savage Land aurait presque pu s’appeler Leprosy 2, tant Matt Harvey a su, dans son travail de composition, capter l’esprit de Death et le transposer dans son album. Gruesome rend un hommage plus qu’appuyé à Chuck Schuldiner : les compos sont mortellement efficaces et sonnent comme du Death des débuts, avec la même agressivité, le même son de guitare, le même ton général… Même l’artwork semble tout droit sorti de l’époque de Leprosy !

Matt Harvey est un énorme fan de Death, il ne s’en cache pas, et Gruesome est sa manière à lui de rendre hommage à un génie trop tôt disparu. C’est extrêmement bien exécuté, c’est parfaitement dans le ton… Et c’est peut-être ça qui me trouble quelque peu.

Parce que Savage Land a beau me faire vibrer du début à la fin, il manque cruellement de personnalité. C’est du Death (le groupe, pas le genre), et rien de plus ! Alors oui, on ne peut que reconnaître le talent de Matt Harvey qui a pondu un album qui ne se contente pas de singer Death mais qui, en quelque sorte, reprend le flambeau. Certains craignaient que les musiciens de Death, regroupés dans le projet Death To All, ne sortent un nouvel album de Death. Ce n’est plus nécessaire. Gruesome s’en est chargé.

Comment noter un tel album ? Avec le cœur ou avec le cerveau ? D’un point de vue purement rationnel, et même si, une fois de plus, je reconnais que la prestation de Matt Harvey est bluffante, Gruesome me laisse un petit arrière-goût amer, parce que Gruesome n’amène rien de neuf. Gruesome fleure bon la nostalgie, l’époque où Chuck était encore en vie.

Mais, et ce n’est pas la première fois que je le dis, la musique suscite aussi des sentiments, et c’est une des facettes les plus importantes, si pas la plus importante. Savage Land me fait taper du pied. Savage Land me fait secouer la tête. Savage Land me prend par les tripes et me fait sourire intérieurement. Et c’est ça qui compte.

Mister Porn (9/10)

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L'album sur Bandcamp

Relapse Records / 2015
Tracklist (36:13) 1. Savage Land 2. Trapped In Hell 3. Demonized 4. Hideous 5. Gangrene 6. Closed Casket 7. Psychic Twin 8. Gruesome