Je vous l’affirme tout de go, en voyant la tracklist de ce nouvel album des allemands de NITROVOLT, je me dis vraiment qu’il y a des coups de pied au cul qui se perdent… Trente-deux maigres minutes de musique pour treize compositions dont trois se résument à quelques secondes voir une minute. Même si les dix autres chansons étaient géniales, il y aurait franchement de quoi se sentir floué. Déjà que leur précédent album, Pänzer (chronique ici) nous nous avait pas vraiment convaincu. Cerise sur le gâteau, cette pochette pas très ragoutante donne vraiment envie de laisser moisir le Cd dans les rayons des disquaires.
La recette ne base n’a pas changé d’un iota à l’occasion de ce troisième album. NITROVOLT continue de distiller un speed rock teinté de punk qui saura plaire aux amateurs de rythmiques endiablées, de riffs bien saignants joués à toute allure et de mélodies vocales directes. Tout cela se veut d’une simplicité exemplaire et vise l’uppercut décisif sans round d’observation. L’impression de tomber sur un AIRBOURNE dopé et surexcité s’impose rapidement. Le timbre de la voix de Tom “Voltage” Krämer n’est pas non plus étranger à cette réalité. Les chansons s’enchainent à toute vitesse et le rouleau-compresseur ne laisse que peu de temps mort. Comme précisé ci-dessus, les compositions sont courtes et ramassées ce qui peut être une qualité si elles étaient présentes en quantité suffisante. L’énergie et l’enthousiasme du groupe fait plaisir à attendre, ils ne s’économisent pas et injectent une belle dose d’adrénaline. Cependant malgré quelques qualités, Dirty Wings peine à franchement convaincre sur la longueur. A faible dose des brûlots comme « NV » ou encore « Target » mais en prenant un peu de recul ces compositions manquent quand même de subtilité et surtout d’une patte, d’un caractère plus spécifique et original. Dirty Wings s’apparente rapidement à un tunnel mené tambour battant mais parfois un peu creux.
Ce troisième album démontre plus de qualité que son prédécesseur avec des chansons un peu plus solides. Le nirvana reste encore un mirage lointain mais il faut noter les progrès. Entre ce manque criant d’originalité et cette pauvre demi-heure de musique, nous ne pouvons recommander ce disque qu’aux fans le plus acharnés. Les autres passeront leur chemin et préférons les ténors du genre.
Oshyrya (06/10)
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Mausoleum Records / 2015
Tracklist (32:12 mn) 01. NV 02. Takes Too Long 03. Dirty Wings 04. Hold On The Trace 05. Killer in Your Back 06. Zeke Saturday 07. Stuck 08. Target 09. Backfire 10. Lick It Up 11. Runnin’ The Race 12. The Wolf 13. Drugs
Author:
Mister Patate
Avr
7
6 mois de retard pour cette chronique, que les fans m’excusent, mais entre les mauvais albums auxquels j’ai accordé une attention non justifiée et les quelques bonnes surprises et valeurs sûres qui sont venues égayer mon quotidien, Blodhemn s’est perdu dans la pile des albums pas assez sexy pour m’aguicher et pas assez mauvais pour me donner des envies de meurtre et de chronique au vitriol.
Et d’emblée, vous connaissez mon point de vue, vous comprenez où je veux en venir. H7 a beau ne pas avoir l’étoffe d’un album exceptionnel, il n’est pas pour autant une sombre déception. Dans le genre pratiqué (du Black Metal, pour ceux qui ne connaissent pas le groupe), on a déjà vu mieux et pire. Le chant est moyen : pas faiblard, mais il manque de mordant, de haine. Les guitares ? Correctes dans l’ensemble, mais le riffing manque de folie, il manque une petite touche qui transcenderait les morceaux, qui rendrait le tout plus relevé. Et la section rythmique ? Ici aussi, le boulot est fait, avec conviction, certes (enfin, pour la batterie, parce que la basse ne ressort pas vraiment dans le mix), mais là aussi, on peut difficilement partir d’originalité.
Blodhemn (ou plutôt Invisus, son seul membre en studio) n’est ni un cancre, ni un prodige. Blodhemn n’apporte pas grand-chose à la scène Black Metal norvégienne, si ce n’est un album pas foncièrement mauvais mais rapidement oublié.
Mister Porn (4,5/10)
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Indie Recordings / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Flammenes Virke 2. Slettet Av Tid 3. Evig Heder 4. Veiten 3 5. Åndenes Ansikt 6. Fandesvenn 7. Holmengraa
L’année dernière l’album de N.K.V.D. m’a énormément plu ! Ce Black Metal Ambient et Industriel m’a ébranlé au plus haut point et je chante depuis ses louanges à qui veut bien l’entendre ! Oui je suis devenu un accro absolu à ce son si particulier dont je me suis longuement attardé en descriptions et en félicitées lors de ma chronique de Hakmarrja (chronique ici) ! Mais pourquoi donc vous parler de N.K.V.D. en introduction à cette chronique du premier album éponyme d’Autokrator ? Autokrator n’est autre que le projet de Loïc.F seconde moitié de N.K.V.D. et l’artisan de sa musique. Il est donc tout à fait normal de retrouver les mêmes thématiques ainsi que l’ambiance des froides émanations de N.K.V.D. dans la musique pratiquée par Autokrator cependant l’angle d’attaque est légèrement différent puisque le crossover distillé par Loïc.F avec ce projet serait une sorte de croisement avec un Death Metal ultra frontal et primitif qui rappelle énormément le Death Metal Oldschool et des éléments de l’Ambient Industriel.
Pour ce faire Loïc s’est entouré de plusieurs musiciens dont le batteur d’un obscur groupe russe Lycanthropy de Black Death Metal Oleg I ainsi que d’un italien Markian Volkov aux samples et de pas moins de deux chanteurs en la présence du belge Brandon L. Polaris et de l’américain David Bailey. Un line-up très cosmopolite en somme ! Comme je le dis plus haut le style pratiqué par Autokrator me fait beaucoup penser au Death Metal Olddshool. Celui incarné par les pères fondateurs que sont Incantation ou certains groupes scandinaves comme les trop méconnus finnois de Abhorrence et plus récemment remis au goût du jour par des groupes comme Disma, Slugathor ou Desecresy. Vous voyez le genre ? Un Death Metal qui ne fait pas dans la dentelle et qui donne dans la taille de pierres façon homme des cavernes ! Je ne sais pas si c’était le but de Loïc à la base lors de la composition mais le résultat et bluffant ! Autokrator fait en quelque sorte le pont entre l’école Oldschool et une approche sophistiquée puisque il utilise de manière récurrente au sein de ses compositions les codes Ambient et Industriel voire Drone.
Il m’est impossible de retenir un morceau plus qu’un autre tant l’ensemble de l’album fonctionne à merveille et à l’unisson ! L’album aime à alterner des titres mi-tempo ravageurs avec d’autres plages aux embardées up-tempo où les blastbeats sauvages et ultimes règnent en maître. Vous aurez un bel exemple de ces deux types de sauvageries avec L’ « Act 5 – Qualis artifex pereo » et l’ « Act 6 – Sit divus, modo non vivus ». Bien entendu on est toujours exposé à des morceaux plus axés sur l’Ambient comme la très martiale dernière plage « Act8 – Optimus princeps ».
Vous l’aurez compris la musique de Autokrator est extrême et sans concession ! Un véritable rouleau compresseur appuyé par des deathgrowls rageurs, caverneux et très malsains ! Ces derniers sont vraiment très réussis, j’insiste à ce sujet et félicite la prestation des deux protagonistes. Comme pour Hakmarrja je suis conquis de A à Z ! Le travail sur le son m’a énormément plu et là aussi comme pour Hakmarrja ce souffle chaud/froid opère à chaque écoute sur moi ! Cette musique s’adresse aux plus extrémistes d’entre vous ! Je soutiens N.K.V.D. et Autokrator à 100%. Intense, éprouvant, terrorisant, sophistiqué, physique, froid, chaud, organique, mécanique, primitif : tout ceci est à l’emblème du blason d’Autokrator ! Pas de place pour la courtoisie et autres simagrées. Autokrator fascine, hypnotise, accule et soumet violement au final ! Vous aurez été prévenus ! Pour ma part et jusqu'à présent l’album le plus audacieux, violent et extrême de cette année 2015 !
FalculA (9/10)
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Bandcamp (Autokrator est en écoute dans son intégralité)
Iron Bonehead Productions / 2015
Tracklist (33:44) 1. Act 1 : The Tenth Persecution 2. Act 2 : Exsuperator 3. Act 3 : The Filth Pig of Rome 4. Act 4 : Autokrator 5. Act 5 : Qualis artifex pereo 6. Act 6 : Sit divus, modo non vivus 7. Act 7 : Imperial Whore 8. Act 8 : Optimus princeps