Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

The Resistance – Torture Tactics

resistance-tacticsMais pourquoi The Resistance changerait une formule à l'ancienne qui tabasse ? Amateurs de douceur, oreilles chastes, vous pouvez encore faire demi tour et vous laisser bercer par le dernier In Flames. Ici c'est le rayon boucherie, le Death qui tâche qui ne fait pas de quartier. D'ailleurs le EP "Torture Tactics" démarre en trombe et le bien nommé titre "For War" met le feu aux poudres. Avec une filiation agressive qui rappelle The Haunted, The Resistance rentre dans le lard d'entrée de jeu, et Marco comme à son habitude déballe sa haine en martyrisant ses cordes vocales, toujours avec conviction et efficacité. On pourrait s'en tenir à ce deluge de coups à la rigueur, mais les vieux briscard que sont Jesper Strömblad (ex guitariste et fondateur d'In Flames), Marco Aro (hurleur de The Haunted), Glenn Ljungström (ex In Flames), Chris Barkensjö (ex Grave) à la batterie, et Rob Hakemo (basse), ont plus d'un tour dans leur sac.
D'ailleurs ils ne tardent pas à la démontrer avec le percutant "Cowards", qui mèle habilement un son rugueux qui rappelle Entombed période "Wolverine Blues", The Haunted, et -forcément- In Flames il y a bien longtemps. 
Ce concentré d'aggressivité bourré d'énergie punk livre un essorage des conduits auditifs pour une durée inférieure à trente minutes. C'est bien regrettable. Un poil faible, mais intense. Cela dit on reste un tantinet sur notre faim, seuls les six premiers titres -très courts- sont inédits, le groupe ayant ressorti deux titres de "Rise From Treason" et deux de l'album Scars pour donner un poil plus de consistance. C'est bien le seul reproche que l'on peut formuler à ces vétérans, mine de rien cet EP jubilatoire se déguste avec plaisir et une fois encore la combinaison du Death Suédois à l'ancienne avec du thrash punk aux tendance hardcore fait mouche. Un défouloir très recommandable en somme.

Hamster (08/10)

www.facebook.com/theresistanceswe

Verycords – Warner / 2015

1. For War 2. Dead 3. Cowards 4. Deception 5. The Burning 6. Dying Words    7. Slugger 8. Expand to Expire 9. Face to Face 10. I Bend – You Break 

 

 

Ensiferum – One Man Army

oshy_25032015_EnsiferCes dernières années les finlandais d’ENSIFERUM ont connu une belle progression sur la scène viking métal européenne. Ils en ont impressionnés plus d’un, dont votre serviteur, en publiant en 2009 un superbe album, From Afar (chronique ici). Ils avaient alors atteint le sommet de leur art avec des compositions enthousiasmantes, à la fois puissantes, mélodique et accrocheuses. Unsung Heroes (chronique ) en 2013 devait être l’album de la consécration et malgré bien des qualités, ENSIFERUM avait alors un peu déçu. La recette s’avérait très (trop) proche du précédent opus et le groupe donnait l’impression de commencer à s’essouffler, ils tournaient en rond. Avec régularité, après trois ans, voici le sixième album, One Man Army. Les finlandais sont désormais attendus et tournant et doivent confirmer un retour en forme ou un nouveau recyclage de la recette d’origine. One Man Army a été mis en boite entre Septembre et novembre 2014 aux Astia-Studios de Lappeenranta en Finlande sous la houlette du producteur Anssi Kippo (CHILDREN OF BODOM, IMPALED NAZARENE…). Le groupe est resté stable avec les cinq mêmes acteurs que sur les deux précédents disques.

Le premier changement est d’ordre visuel avec le choix de changer d’illustrateur. Exit Christian Wåhlin et bienvenu à Gyula Havancsák (ANNIHILATOR, ELVENKING, STRATOVARIUS) qui s’est chargé de la pochette du disque. Ce choix peut se comprendre même si je trouve cela un peu dommage tant les visuels et surtout la présence marquante d’une couleur particulière faisait partie de l’univers du groupe. Mais le plus important reste la musique. Après la petite intro instrumentale de rigueur, l’auditeur est dans la bonne disposition pour plonger tête la première dans le maelström viking métal distillé par les finlandais. Les ingrédients de base n’ont pas changé, une section rythmique endiablée, des guitares farouches et tranchantes et un chant bien énervé de Lindroos. Ajoutez à cela une pointe de douceur avec des touches folk ici et là à travers l’intervention de claviers ou d’instruments traditionnels. « Axe of Judgement » reprend les choses là où Unsung Hoeroes les avaient laissées. On reconnait assez facilement la patte ENSIFERUM et les standards du groupe sont respectés avec un bon niveau d’ensemble. Plus accrocheur, l’album continue avec un « Heathen Horde » un peu plus convaincant mais si l’absence d’innovation déçoit un peu. Le travail sur les chœurs reste intéressant et soigné.

Les offensives se poursuivent sans temps mort. La chanson éponyme bastonne également sévèrement et fait preuve d’une belle efficacité. Les chansons se suivent et finissent par, quand même, bien se ressembler. Malheureusement les tentatives plus originales ratent la cible. Un bon exemple reste le titre « Two of Spades » qui en laissera perplexe plus d’un. La partie speed reste assez classique mais se voit complété d’un break central beaucoup plus doux, rock, en chant clair, qui gâche un peu la fête. Nous ne sommes parfois pas loin du ridicule avec ce petit côté dansant. Heureusement, le groupe se reprend dès la chanson suivante un « My Ancestors' Blood » bien guerrier et bourré d’énergie. Un certain soulagement se fait jour même si la tendance d’Unsung Heroes se voient malheureusement confortée sur One Man Army.

Nos craintes se voient confirmée avec ce sixième album. ENSIFERUM reste une valeur sûre du viking métal scandinave mais le groupe ne parvient plus à se renouveller et nous sert encore une fois un erstaz de sa recette originale. Les mélodies sont moins tranchantes, les refrains peinent à convaincre, un goût d’inachevé persistant dans la bouche. C’est loin d’être mauvais mais nous étions fondés à attendre mieux des finlandais. Ils régressent par rapport à From Afar. Le spectacle sur scène continue de valoir le coup mais sur album la question reste posée.

Oshyrya (6,5/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Metal Blade Records / 2015

Tracklist (53:10 mn) 01. March of War 02. Axe of Judgement 03. Heathen Horde 04. One Man Army 05. Burden of the Fallen 06. Warrior Without a War 07. Cry for the Earth Bounds 08. Two of Spades 09. My Ancestors' Blood 10. Descendants, Defiance, Domination 11. Neito Pohjolan

6h33 – Deadly Scenes

Je souhaite présenter toutes mes excuses auprès de Kaotoxine Records, du groupe ainsi que de la rédaction car cela fait maintenant un bon moment que nous avons reçu Deadly Scenes et de par ma faute nous le traitons que maintenant. Je vais tenter de m’expliquer sur les raisons qui ont fait que cette chronique arrive si tardivement. Comme vous le devinez très certainement mon avis en ce qui concerne ce dernier album est assez mitigé et j’ai préféré laisser mijoter un certain temps avant de me lancer dans une chronique dont je n’aurais pas été entièrement satisfait ou qui aurait été tronquée. Je prends l’exercice qui consiste à chroniquer un album quelque qu’il soit très au sérieux et ai toujours privilégié l’écoute et l’analyse approfondie sur le long terme. C’est d’ailleurs un dogme chez moi qui peut bien souvent et c’est ici le cas, se heurter à la réalité de l’effervescence de l’univers musical dans son ensemble. En effet il devient de plus en plus difficile de se poser et de prendre son temps, je m’en pique de le savoir depuis que j’écris ici. Il faut coller à tout prix au timing des labels si on veut avoir de la crédibilité ainsi que leurs attentions. J’ai du mal avec cet état de fait et je déplore certaines situations qu’il occasionne. Comme certaines choses que je n’arrivais pas forcément à expliquer me chiffonnaient, j’ai décidé de prendre sur moi et ai donc pris tout mon temps !


L’impression que Deadly Scene m’a laissée lors de la première écoute fut assez bonne. Il faut dire que pour ce qui est de la forme 6h33 a soigné son propos jusque dans le moindre détail ! L’artwork est absolument somptueux tout comme le traitement du son et ce de la prise jusqu’au mixage : tout ici est très impressionnant ! Quand en plus on sait que nous avons à faire à du total Do It Yourself on ne peut qu’applaudir la prouesse ! Les arrangements sont à se taper les couilles au plafond ! Sérieusement le rendu est bluffant et je vous encourage à lire l’excellente interview réalisée par notre superman/chroniqueur Oshyrya (interview ici) qui je pense sera un très bon complément à cette modeste chronique.


J’ai aussi beaucoup apprécié le travail d’arrangements sur tous les vocaux de l’album. Deadly Scenes est assez exceptionnel dans ce domaine-là aussi !  Que ce soit le gospel de la première plage  « Hellalujah » ou les chœurs et interventions de chants féminins sur « I'm a Nerd » tous les titres de l'album sont enlevés et hauts en couleurs dans ce domaine. On sent d'ailleurs que certains morceaux vont faire un malheur sur scène : ils sont directs, très dépouillés et diablement exécutés. Là encore la technique individuelle de tous les musiciens ainsi que la belle prestation de Rorschach qui réalisait son baptême de l’air pour 6h33 en succédant à Arno Strobl, est très convaincante. Quand on connait la réputation de tueurs que le groupe s’est taillé ces dernières années, ça laisse présager de très bons spectacles et surtout une ambiance de feu !


Pour ce qui est des choses qui m’ont chiffonné après deux mois d’écoutes régulières, je vais tenter de les expliquer dans ces derniers paragraphes. Deadly Scenes est arrivé à la rédaction avec deux autres productions : le World Metal. Kosmopolis Sud de Solefald (chronique ici) et Enter the Playground de Human Vacuum (chronique ici). Avec le recul je peux dire tranquillement que 6h33 malgré toutes les qualités que j’ai mentionnées plus haut, ne possède pas encore ce que ces deux autres groupes ont et qui fait toute la différence en étant la force de leurs musiques.  A savoir : un fil conducteur et une identité propre.

 
Je vais peut-être paraître dur mais je vais faire simple et direct : comme je l’ai expliqué assez clairement dans les deux chroniques respectives de Solefald et Human Vacuum : le Nawak Metal ou Fusion Metal est un exercice périlleux. 6h33 vire trop souvent dans le vulgaire mimétisme d’autres groupes références du genre et on a souvent l’impression lorsque l’on écoute sa musique qu’il se contente de combler/remplir en multipliant les clins d’œil très/trop poussés à des groupes comme Faith No More, Franck Zappa, Magma, Mr. Bungle, Stolen Babies, Diablo Swing Orchestra ou Carnival in Coal. Ce sentiment est trop prégnant à l’écoute de Deadly Scenes et il ne lâche pas l’auditeur en venant tout gâcher ! A plusieurs reprises j’ai laissé tomber l’écoute de l’album pour aller écouter les originaux ! Ça peut peut-être faire illusion chez le publique de jeunes metalheads mais le baroudeur ne s’y trompera point ! Je pense aussi que le fait que Nico ne délègue pas ou peu la composition à ses camarades peut expliquer ce malaise (cf interview).


Je tenais à le dire sans faire de pirouettes car mon reproche se veut constructif et surtout bien veillant. Le groupe gagnerait en stature et en assise si il cassait ce ressort assez fumiste à l’avenir.  C’est un jugement dur de ma part mais il est sincère et partagé par d’autres que ma modeste personne. C’est d’ailleurs ce qui m’a encouragé à en parler ici. Je pense que le groupe aurait tout intérêt à creuser la question s’il ne veut pas finir dans les oubliettes du Metal Fusion car pour ma part, la prochaine fois risque d’être sans moi s’il n’y a pas de remise en question de ce côté là ! C’est vraiment dommage car 6h33 possède un potentiel de malade et il pourrait sans problème jouer des coudes à l’international. A bon entendeur !


FalculA (premier effet Kiss Cool 8,5/10 deuxième effet Kiss Cool 6,5/20)

 
Facebook Officiel
Site Officiel 


Kaotoxin Records / 2015 
Tracklist (54:15) 01. Hellalujah 02. Ego Fandango 03. The Walking Fed 04. I'm a Nerd 05. Modus Operandi 06. Black Widow 07. Last bullet for a gold rattle 08. Lazy boy 09. Deadly scenes

https://www.youtube.com/watch?v=UQR7CwV5WqU