Il fallait que ça arrive. Que je finisse par trouver encore plus haineux, encore plus méchant, encore plus en colère contre le monde. Je pensais cependant que le nouveau tenant du titre viendrait d’une sphère purement Black Metal, voire du Grind à tendance politique. Raté, la nouvelle déferlante de haine nous vient de France et officie sur plusieurs tableaux… Mais la déferlante est là, implacable.
Cowards, donc, a su puiser tout ce qu’il y a de plus haineux dans plusieurs genres. Imaginez le résultat d’un accouplement improbable entre Kickback (ce chant, putain), Amenra pour le côté monolithique et une formation de sludge à la Primitive Man pour la touche de crasse, de désespoir. Ton espoir, tu peux te le fourrer dans ta rondelle, Cowards n’est pas là pour te faire miroiter un avenir meilleur. Ton avenir, c’est ta gueule dans le caniveau, le nez en sang, les dents déchaussées par un habile coup de rangers. Les parties lentes ont la lourdeur d’une droite de boxeur poids lourd, les accélérations te scotchent à ton siège, l’air hébété, et cette haine continue, sans relâche, sans pitié.
Rise To Infamy se subit, un peu à l’instar d’un album de Celeste… Mais Cowards a un petit quelque chose en plus, et ce petit plus est, selon moi, ce chant « à la Stephen de Kickback », une déferlante H8000 éraillée qui ne plaira pas à tout le monde, qui racle le tympan avec misanthropie. Une louche d’acide dans un cocktail déjà mortel. Imparable.
Mister Porn (9/10)
Throatruiner Records / 2015
Tracklist (40:36) 1. Shame Along Shame 2. Never to Shine 3. Frustration (Is My Girl) 4. Beyond My Hands 5. Birth of the Sadistic Son 6. Low Esteem 7. Anything but the Highroad 8. Wish for Infamy 9. Bend the Knee 10. So Easy
Evil Invaders est une jeune formation Belge (Flamande pour être précis), qui s’est illustré en 2003 avec la sortie de son excellent EP éponyme chez le label, devenu incontournable pour son art à découvrir les groupes en devenir, Empire Records. Le dit EP à la fantastique pochette renfermait six titres très réussis.
Je ne connaissais pas Torche, de nom seulement. A la suite d’une brève recherche avant de me lancer dans l’écoute de ce dernier album, j’ai réalisé que le groupe était en activité depuis 2004 et que Restarter était le quatrième album des floridiens. Ils ont décroché un deal assez récemment avec Relapse Records qui a publié le single Minions en décembre de l’année dernière et que l’on retrouve sur Restarter. Je m’excuse par avance envers les personnes qui connaissent et suivent le groupe de longue date car je vais me borner ici à décrire la musique présenté par le groupe en 2015 sans aucune prise en compte de leur passif. C’est une démarche volontaire de ma part et en aucun cas une poussée de désinvolture ou un excès de fumisterie. Je pense au contraire que cela permet de voir les choses de manière différente et permet d’éclairer la musique que Torche propose sous un autre angle.