Lors d’une écoute à l’aveugle, malins seraient ceux à même de deviner les origines italiennes de LOLA STONECRACKER tant leur musique, sur la forme et sur le fond, sonne américaine. Le groupe est assez jeune puisque l’aventure n’a débuté qu’en 2009 à San Giovanni in Persiceto dans la province de Bologne et que Doomsday Breakdown s’avère être le premier album des transalpins. Et pourtant tout porte à croire que nous avons ici à faire de vieux briscards qui connaissent sur le bout des doigts toutes les ficelles du métier. LOLA STONECRACKER n’a pas une grande carrière discographique mais ils ont fait leur apprentissage à vitesse grand V en prenant part à plusieurs tournées européennes avec des musiciens cultes comme FASTER PUSSYCAT et Gilby Clarke (ex-GUNS N’ROSES), ADLER'S APPETITE (ex-GUNS N’ROSES) and John Corabi (ex-MOTLEY CRÜE). Il est aisé de penser que côtoyer de tels musiciens permet d’acquérir de l’expérience en mode accéléré.
LOLA STONECRACKER évolue dans une veine hard-rock moderne enrichie ici et là de touches plus heavy et post-grunge. Les chansons s’avèrent courtes, directes et très calibrées pour donner un plaisir maximum et immédiat. Les riffs se veulent rapides et très attrayants ainsi que les refrains qui se doivent d’être très rapidement mémorisables. La recette reste simple et traditionnelle mais son efficacité n’est plus à prouver. Les italiens font preuve d’un joli savoir-faire et empilent les compositions accrocheuses comme Mister Porn les shots de Jägermeister. Ils jouent parfois un peu la facilité avec quelques chansons moins heureuses comme « Generation On Surface » un peu ridicule avec un Alex Fabbri qui en fait des tonnes derrière le micro. Mais difficile de résister à un « Jigsaw » ou un « Perils For A Man From The Past ». Mais hors ces quelques petits défauts, le chanteur porte sur ses épaules une grosse responsabilité et insuffle un vrai plus aux compositions par sa performance bourrée d’énergie et de conviction. Doomsday Breakdown finit un peu par s’essouffler sur le dernier quart du disque mais cela laissera au moins l’occasion à l’auditeur de souffler et de recharger les batteries. La production est d’excellente facture, rien à redire de ce côté-là. L’lalbum a été enregistré aux PriStudio de Bologne. La production, le mixage et le mastering ont été confié à Roberto Priori (MICHELE LUPPI, VISION DIVINE, DANGER ZONE…).
Cela reste de l’ordre du cliché mais on sent bien que LOLA STOENCRACKER a pris le temps de se forger une identité et un son et que ces chansons ont été en grande majorité testées en live lors des différentes tournées afin de s’assurer qu’elles tenaient la route. La scène reste un solide juge de paix et cela explique en partie pourquoi, en plus du talent des italiens, Doomsday Breakdown laisse une très bonne impression.
Oshyrya (7,5/10)
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This is Core / 2015
Tracklist (62:01 mn) 01. Jigsaw 02. Witchy Lady 03. Generation On Surface 04. Secret For A Universe 05. Perils For A Man From The Past 06. Jekyll & Hyde 07. Doomsday Breakdown 08. Mc Kenny's Place 09. All This Time 10. Space Cowboys 11. Psycho Speed Parade 12. Mistery Soul Maverick 13. Relax 14. Shine 15. Using My Tricks
Le projet V-DEVICE a été fondé en 2009 à Naples en Italie. Davide Verde et Guy Costanzo decide de se lancer un nouveau défi musical après avoir travaillé auparavant au sein de PRIMALUCE. Le patronyme choisi est inspiré du travail de l’artiste contemporain américain Bruce Nauman. Ils leur faillaient recruté pour donner forme à cette ambition et ils intègrent donc progressivement un claviériste puis un batteur. De leur travail nait un premier album, Calling Europe, en janvier 2012 en collaboration avec Vipchoyo Recording Studio et Love&Craft. Après un intense travail pour poursuivre la construction pierre après pierre de l’identité du groupe, ils présentent ce printemps un deuxième disque, Vidana chez This is Core.
Ils qualifient eux-mêmes leur musique de Desert Grunge et cela ne veut franchement pas dire grand-chose. En tout cas si avec cela vous parvenez à vous faire une petite idée de la musique proposée, vous êtes bien plus balèze que moi. Le côté heavy rock très lourd et un peu rêche, sale est bien présent mais n’espérez trouver ici la nouvelle petite perle stoner. Les influences venues d’outre-Atlantique sont évidentes dans le son et l’approche mais il faudra regarder plutôt du côté des SOUNDGARDEN, ALICE IN CHAINS et PEARL JAM pour obtenir un avant-goût de la musique des transalpins. Ils n’ont pas cherché midi à quatorze heure et enchainent les salves rapides et directes. Les compositions vont d’emblée à l’essentiel, en trois ou quatre minutes, sans chichis ni guimauve inutile. Quelques chansons sortent la tête de l’eau et laissent une belle impression comme un « 3AM » au riff simplissime mais à la mélodie assez catchy et couillue pour faire son petit effet. Par contre Davide Verde montre alors ses limites avec des montées dans les aigus par forcément très heureuses tout au long de l’album. Il s’en sort avec les honneurs mais il y a de quoi s’interroger sur le potentiel du groupe avec un chanteur plus doué. Le son est assez brut mais c’est peut-être là un gimmick destiné à faire comme les grands cités ci-dessus.
Dans un genre difficile et trusté par de grands groupes américains, V-DEVICE parvient à surprendre agréablement son monde avec un disque sans fausse note. Vidana n’est pas inoubliable mais il contient son lot de bons moments. Et puis on peut aisément avancer que ces titres sont taillés pour la scène, V-DEVICE doit pouvoir s’épanouir dans l’ambiance d’un club enfumé où les spectateurs en sueur et alcoolisé sauront apprécier à sa juste valeur ce rock solidement bâti.
Oshyrya (6,5/10)
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This Is Core Records/ 2015
Tracklist (46:00 mn) 01. Klown Torture 02. Imagine On 03. 3AM 04. Permanent Disguise 05. New Born Youngster 06. Policeman Blues 07. Desert Veda 08. My Chevrolet 09. Clever Girl 10. Atahualpa 11. Damned Spring 12. The Day of My Suicide 13. Sweetie Jack
Comme je l’avais pressenti lors de la chronique de leur Ep Norrønasongen. Kosmopolis Nord (chronique ici) en fin d’année dernière, Solefald nous revient armé d’un album World Metal. Kosmopolis Sud toujours aussi perché s’inscrivant dans une démarche plus Metal et teinté d’éléments extrêmes. Leurs titres laissent sous-entendre que ces deux sorties fonctionnent ensemble et c'est en effet bien le cas. Je suis très satisfait du rendu du tout (Ep+album) en fait ! Tout me plait de l’artwork au traitement sonore en passant par les pérégrinations et autres expérimentations musicales chevaleresques développées par le Solefald post Norrøn livskunst. Les écoutes se succèdent et ma première impression se renforce un peu plus à chaque fois. Je ne vais pas me répandre une nouvelle fois en vous répétant tout le bien que je pense du duo norvégien car je l’ai déjà fait lors de la chronique de Norrønasongen. Kosmopolis Nord. Je vous encourage donc à la lire avant de poursuivre cette chronique-ci.
Aussi avant d’aller un peu plus loin dans l’analyse de cet album, je tiens à vous dire qu’il serait vain d’en attendre un plaisir immédiat. Ne perdez pas votre temps car si vous ne prenez pas sur vous un tant soit peu lors de l’écoute d’une œuvre de Solefald afin de vous en imprégner, vous passerez éternellement à côté. En effet s’il y a bien un groupe qui mérite de voir accolé aux noms de ses productions les termes Progressif et Avant-gardiste, ces termes trop souvent galvaudés de nos jours, il s’agit bien de Solefald. En conséquence de quoi si vous souhaitez du fastfood Metal, passez votre chemin tout de suite car il n’y aura absolument rien pour vous ici ! Le dernier Moonspell par exemple vous contentera amplement dans ce domaine !
Ce qu’il y a de passionnant avec Solefald et c’est une nouvelle fois le cas avec cet album, c’est qu’on a l’impression qu’il n’a aucune limite en terme de compositions. Il prend un malin plaisir à aller là où on ne l’attend pas. Le morceau qui ouvre l’album est un exemple parfait de la gymnastique stylistique que le groupe n’aura de cesse de pratiquer tout au long des huit pièces qui composent World Metal. Kosmopolis Sud. Sur une base de Metal Folk viennent s’agglomérer des percussions africaines, de l’Euro Dance 90s et des partie de Metal Progressif ou traditionnel. Un morceau imposant mais toujours digeste et paradoxalement ultra catchy ! Putain ils se paient même le luxe de sonner aussi kitsch que les finnois de Turmion Kätilöt ou le mighty Waltari ! Solefald a le swag qui coule dans ses veines ! J’ai pensé au Arcturus de La Masquerade Infernale sur certains passages de « String the Bow of Sorrow » qui comme sur « 2011, or a Knight of the Fail » développe des tonalités orientales et progressives.
Je ne sais pas si c’est dû aux couleurs très Electro de cet album ou si c’est l’esprit de ses textes mais j’ai un peu pensé à l’album de Laibach Volk (un album concept sur les nations). Je n’arrive pas trop à l’expliquer en fait mais quand j’écoute un titre comme « Future Universal Histories » ce sentiment ne me lâche pas. J’ai adoré la seconde moitié du morceau avec son mélange New Wave, Metal Symphonique allié à de superbes chœurs harmoniques et Folk comme seul Solefald ou peut être Vintersorg et Thy Catafalque savent le faire. Le magnifique « Le Soleil » avec des parties chantées en français comme ils l’avaient fait par le passé sur Neonism leur second album. Ce titre a aussi des parties avec des riffs très Black Metal comme sur un autre morceau de l’album « Bububu Bad Beuys » où ils côtoient des percussions brésiliennes et des beats Electro tonitruants !
Solefald est pareil à ces gosses turbulents qui montent sur la table alors qu’on aura eu de cesse de leur dire qu’il y a une chaise et que c’est fait pour s’assoir. Anticonformisme quand tu nous tiens ! En tout cas ce n’est pas votre serviteur qui s’en plaindra car il adore ça. D’autant que les deux instigateurs sont assez habiles pour ne jamais se perdre en cour de route et se prendre les pieds dans le tapis de leurs audacieux assemblages musicaux. Pour se faire Solefald se sert de la forte identité qu’il a su construire peu à peu durant des années. Ce sont les fondations et le ciment qui tiennent le tout et lui permettent d’élaborer d’improbables et imposants édifices musicaux. Il ne tombe jamais dans la caricature. A ce sujet certains groupes se revendiquant Nawak Metal devraient prendre exemple sur eux car faire du fourretout Metal c’est bien mais ça peut très vite s’avérer un plan hasardeux voire casse-gueule quand on perd le fil conducteur ou pire que l’on n'en a pas du tout. Pour ceux que ça intéressent cette réflexion je l’approfondirai lors de ma prochaine chronique du dernier album de 6h33 (chronique ici)
La seule ombre au tableau serait peut-être le manque d’explosivité par le biais d’accélérations rythmiques par exemple comme l’utilisation de blastbeat. Ce sera bien le seul élément manquant au tableau final et ce qui lui aurait valu une note pleine de ma part. En espérant que cela sera le cas la prochaine fois. Malgré cette remarque un tantinet négative ce World Metal. Kosmopolis Sud est tout de même bien au-dessus de tout ce qui peut se faire en termes de Metal Fusion Progressive et Avant-gardiste. J’attends déjà la suite de leurs aventures surréalistes avec une grande impatience ! C’est ce qui m’arrive après chacune de leur sortie en fait !
FalculA (9/10)
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World Music with Black Edges en streaming ici
Indie Recordings / 2015
Tracklist (50:15) 1. World Music with Black Edges 2. The Germanic Entity 3. Bububu Bad Beuys 4. Future Universal Histories 5. Le Soleil 6. 2011, or a Knight of the Fail 7. String the Bow of Sorrow 8. Oslo Melancholy