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Thulcandra – Ascension Lost

oshy_01022015_ThulcandrVous vous souvenez tous de votre première fois, du pic émotionnel que vous avez alors connu, de la peur de mal faire et de ne pas être à la hauteur de l’enjeu. Vous étiez alors tout rouge et cela avait bien du mal à entrer. Et puis tous ces cris, dur dur quand ce n'est pas son habitude… Et bien ce jour est arrivé pour moi, me voici en train de rédiger ma première chronique de Black Métal (vous pensiez à quoi gros déguelasses ?). Alors les plus connaisseurs diront qu’il s’agit d’un gentil Black Métal avec les allemands de THULCANDRA et ils auraient raison. Dans le genre, il y a bien pire pour mes oreilles chastes de progeux. THULCANDRA est originaire de Munich et l’aventure a débuté en 2003 par les guitaristes Steffen Kummerer et Jurgen Zintz. Avant ce nouvel opus, ils comptent déjà deux albums à leur tableau de chasse: Fallen Angel’s Dominion (2010) et Under a Frozen Sun (2011).

Malgré quatre années de silence, le style des allemands resurgit naturellement après quelques minutes. Dès « The First Rebellion », les amateurs retrouveront ces riffs leads atmosphériques, ces rythmiques tranchantes et sombres et enfin cette batterie endiablée. Loin de foncer dans le tas, THULCANDRA n’hésite pas à varier les plaisirs et les atmosphères pour tisser une ambiance mélancolique, emprunte d’un certain recueillement. Ajoutez à cela le chant extrême de Kummerer et vous obtenez des compositions protéiformes franchement séduisantes. THULCANDRA respecte les fondamentaux du Black Métal tout en conservant ce petit côté mélodique qui pourra séduire un plus large public. Les allemands savent faire preuve d’une belle subtilité lors des quelques interludes instrumentales ou pendant ces breaks nichés au cœur de certaines compositions. Nous sommes loin du rouleau-compresseur sans âme de certains groupes extrêmes. L’obscurité possède toujours un côté fascinant et séduisant pour peu que la prise de contact ne soit pas trop rude.

THULCANDRA fait le boulot et propose ici un album solide et appliqué. Tout n’est cependant pas parfait, la lassitude pointe rapidement le bout de son nez pour les petits nouveaux comme votre serviteur. Ils restent d’évidence un cran en dessous des ténors du genre. Il manque quand même le brillant, les orchestrations lumineuses et d’un DIMMU BORGIR ou d’un BEHEMOTH pour espérer aller encore plus haut. Surtout pour les boétiens peut habituer à ce genre de friandises.

Oshyrya (07/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (45:53 mn) 01. The First Rebellion 02. Throne of Will 03. Deliverance in Sin and Death 04. Demigod Imprisoned 05. Interlude 06. Exalted Resistance 07. The Second Fall 08. Sorrow of the One 09. Ascension Lost 10. Outro

oshy_01022015_Sto_Cir_Fuz_OrchJe suis pris d’un certain malaise au moment d’écrire cette chronique de premier album des italiens de STONE CIRCLES FUZZ ORCHESTRA. La musique n’est pas la cause de ce sentiment, le rock du groupe s’avère sympathique mais ne devrait pas non plus déchainer l’enthousiasme du public. Par contre le fatras idéologique qui entoure ce disque pose bien des questions. Le groupe affirme haut et fort travailler en 432 Hz et il vous suffit de taper ces mots sur internet pour tomber sur des théories conspirationnistes plus discutables les unes que les autres. Au hasard, vous trouverez un complot nazi visant à déshumaniser le genre humain à travers l'adoption sournoise de la fréquence des 440 Hz. Ajoutez à cela des théories qui disent que le 432 Hz est la fibration fondamentale de l’univers ou de la pyramide de Kheops ou des temples Inca ou… et vous devinez que tout cela pousse à la plus grande méfiance.

Restons donc sur la musique proposée par cette jeune formation créée début 2013 à Florence en Italie sur les cendres du groupe TEN JAM. Ses membres ont déjà fait leurs classes au sein de la scène underground de l’autre côté de Alpes et accumule collectivement une solide expérience. Ils font avec ce premier album éponyme leurs premiers pas via le label This is Core. Les chansons contenues sur ce disque s’inscrivent dans la grande tradition du rock n’roll avec de multiples influences stoner / psychedelic et alternative rock. Les guitares tissent les ambiances et créent une atmosphère à la fois lourde et pesante. Le rythme reste en général mid-tempo, il installe un drôle de sentiment entre riffs heavy et sons psychédéliques. La magie opère et plonge l’auditeur dans une drôle de léthargie. Samuele Camiciottoli, derrière le micro, doit faire face à de grosses responsabilités pour insuffler une âme et l’ensemble. Il s’en tire avec les honneurs par une interprétation pleine de conviction. Quand il montre un visage plus rock classique comme sur « Moonnaa » ou « Midway Upon the Journey of Our Life » STONE CIRCLES FUZZ ORCHESTRA s’approche avec talent d’un QOTSA. La production du disque s’avère solide bien qu’assez brute et râpeuse. Dommage que le disque soit si court avec à peine trente-six minutes au compteur et une dernière chanson limite remplissage.

Les pseudos théories concernant un vaste complot de Goebbels gâchent un peu le plaisir à l’écoute de ce premier album des italiens. Ils ont le droit de croire à ce qu’ils veulent mais dès que les nazis rentrent dans l’équation, le dérapage n’est jamais loin. La musique proposée ici est tout à fait honnête et pourra plaire aux amateurs des beautés rock stoner et psychédélique. Tout le reste n’est que littérature et n’a rien à faire dans ces pages sous peine de rapidement constater la véracité de la loi de Godwin.

Oshyrya (05/10)

 

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This Is Core / 2015

Tracklist (36:26 mn) 01. Death for Dummies Vol. 2.0 02. Death for Dummies Vol. 1.0 03. Greedy Monkeys 04. Moonnaa 05. Midway Upon the Journey of Our Life 06. God's Hangover (L'ottavo giorno Dio si svegliò) 07. How to approach+bonus track finale something

Usnea – Random Cosmic Violence

Originaire de Porthland, Usnea est un groupe de Funeral Doom / Sludge Metal formé en 2011 autour du batteur Zeke Optimo Rogers qui officie également dans The Makai (Melodeath / Thrashcore) et est aussi un ex-Amarok (Sludge / Doom Metal). Usnea avait déjà bien secoué le cocotier du Metal extrême courant 2013 avec un skeud éponyme qui ne m’avait vraiment pas laissé indifférent à l’époque. En effet, Usnea puisait déjà dans les fosses du Sludge, du Black Metal, du Death Metal et de l’extrême Doom Metal afin de nous arroser les oreilles de son étrange et envoûtante alchimie ! Il faut aussi souligner et saluer l’activité bouillonnante de ce groupe puisque en l’espace de seulement deux ans il nous a livré cet album éponyme, un split EP paru en Juin 2014 en compagnie de Ruins (un obscur groupe de Crust allemand) ainsi que leur dernier effort Random Cosmic Violence sorti en Novembre de cette même année.

 
Voyons à présent ce qu’a dans le ventre Random Cosmic Violence. On peut dire qu’il s’agit de la suite logique de leur excellent premier album. Une version plus travaillée notamment au niveau du son qui est un peu moins saturé et bien plus ample, chaud et massif là où ils avaient avant tendance à sonner légèrement plus raw et agressif. L’effet est immédiat et le son ainsi que les compositions vous chopent et vous lestent instantanément jusqu’à vous donner l'effet de vous plaquer au sol ! Un peu comme avec les productions de Evoken, Indesinence ou de nos compatriotes de Ataraxie / Funeralium : l’extrême Doom de Usnea consiste à un exercice très physique qui n’élude ni ne boude certaines errances contemplatives aux climats Ambient. Vous en aurez un magnifique exemple en la présence d’un titre comme « Lying in Ruin » qui n’est pas sans rappeler aussi sur certains de ses passages le My Dying Bride de l’époque Turn Loose The Swans notamment dans ses moments suspendus aux lignes de basse / batterie associées à un timbre de voix proche de celui de Aaron Stainthorpe.


Cependant Usnea se démarque un peu de ses camarades en cultivant une identité musicale qui emprunte énormément au Sludge Métal et c’est là qu’il fait mouche en faisant cohabiter comme personne ses deux courants sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre. A l’écoute du morceau titre « Random Cosmic Violence » on se rend vite compte qu’il est aussi à l’aise quand il se lance dans des assauts en Down-tempo ou dans de surprenants pilonnages en Up-tempo (là encore on pense à Evoken ou Ataraxie) que dans des moments plus aérés et contemplatifs auxquels je faisais référence plus haut. Usnea nous éclabousse de sa science et ce en liant le tout avec référentiel Sludge de tous les instant ! Les quatre morceaux composant cet album sont tous logés à la même enseigne et se contorsionnent autour de violents contrastes durant une durée moyenne de 12 minutes. Même le court et très enlevé « Only the End of the World » qui figure en bonus sur les pressages de l'édition limitée, bénéficie des mêmes instants de grâce. C'est vou dire !

 
Quand en plus on a à faire à un échange de vocaux de très haut vol tout du long de l’album et assurés par un duo de choc en la présence de Justin Cory (guitare/vocals) et Joel Banishing (basse/vocals) : on se lève et on applaudit des deux mains ! Les Deathgrowls ainsi que les divers cris aux consonances Black Metal ou Sludge / Postcore sont vraiment superbes ainsi que les vocaux déclamés ou murmurés ! 


En résumé : l’écoute de ce Random Cosmic Violence s’avère indispensable pour toute personne étant attirée par l’extrême Doom Metal car en trois ans seulement Usnea a su se hisser dans le peloton de tête des leaders du genre en gardant une certaine personnalité qui ne le fait à aucun moment tomber dans un vulgaire mimétisme. Il transcende ce genre en le métissant de fort belle manière et je le recommande grandement aux aficionados des références que j’ai mentionnées durant cette chronique ! Un album exceptionnel qui vous fera patienter en attendant de futures productions de Evoken, Ataraxie / Funeralium, Esoteric, Indesinence ou Inverloch (ex-Disembowelment) ! Faites-moi confiance les amis car c'est de la très bonne marchandise !


FalculA (9/10) 


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Bandcamp  (Random Cosmic Violence full streaming)

 

Relapse Records / 2014 
Tracklist (65:01) 1. Lying in Ruin 2. Healing Through Death  3. Random Cosmic Violence 4. Detritus 5. Only the End of the World (bonus)