Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Ammunition – Shanghaied

oshy_29012015_AmmunitiAge Sten Nilsen est persuadé d’avoir encore beaucoup à donner au monde de la musique et du rock mélodique en particulier. On ne peut pas lui donner complétement tort, il a fait le bonheur de plus d’un avec son précédent groupe, WIG WAM. Quand ces derniers ont décidé d’abandonner le terrain de jeu après treize années de carrière et quatre albums, il n’a pas fallu longtemps au chanteur pour se ressourcer et se lancer dans une nouvelle aventure du nom d’AMMUNITION.

Avec déjà de solides références sous le bras, on devine que le norvégien a pu piocher dans un carnet d’adresse fourni pour constituer son groupe. Et jugez plutôt du résultat, une belle brochette impressionnante de musiciens expérimentés sont venus lui donner un coup de main. Citons entre autres Hal Patino (KING DIAMOND et PRETTY MAIDS), Robban Bäck (SABATON, ECLIPSE) et surtout Erik Mårtensson (ECLIPSE clipse/W.E.T) qui s’est chargé des parties de guitares et la production de ce premier disque. Ces douze nouvelles chansons ne devraient pas surprendre les fans des travaux précédents de Nilsen, la continuité avec WIG WAM est évidente. Les compositions se veulent soignées et accrocheuses, un rock très accessible et mélodique subtilement enrichi d’arrangements et de chœurs savants. Sur le plan technique, chaque musicien offre une belle prestation et Nilsen reste égal à lui-même à travers un chant très expressif, chargé d’une solide conviction. Son ardeur fait plaisir à attendre. Vous ne devriez pas de tomber de votre chaise à l’écoute de ces chansons tout à fait honorables, mais dans l’ensemble assez classiques et sans grande surprise. Les refrains font mouche et il serait surprenant que vous ne sifflotiez pas assez rapidement les refrains d’un « Give Me Sign ».

Finalement le seul grand défaut de ce disque est son petit côté vieillot et suranné. Difficile de ne pas avoir l’impression d’être revenu aux grandes heures des années 80 à l’écoute de Shanghaied. À l’époque les groupes évoluant dans cette veine pullulaient et ont, en ce temps, marqué mon inconscient musical. Vous reprendrez bien une madeleine ?

Oshyrya (07/10)

 

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AOR Heaven / 2015

Tracklist (45:14 mn) 01. Silverback 02. Give Me A Sign 03. Shanghaied 04. Tie Me Down 05. Road To Babylon 06. Take Out The Enemies 07. Hit Me 08. Do You Like It 09. Wild Kard 10. Another Piece Of Me 11. Heart's Not In It 12. Strung Out

Avoral – War is not Over

oshy_28012015_AvorSans faire beaucoup de bruit, loin des gros circuits de production, souvent avec les moyens du bord, la scène métal transalpine continue à sortir très régulièrement des groupes qui tentent la grande aventure en enregistrement un premier album histoire de se faire connaitre du plus large public possible. Nos candidats du jour se nomment AVORAL et ils ont vu le jour en 2011 à Milan. Le groupe rassemble des musiciens expérimentés qui font le pari de mélanger leurs nombreuses influences dans une musique de caractère appliquée à défaut d’être original.

Avec ce premier opus, War is not Over, à la pochette soignée, AVORAL a fait preuve d’entrée d’une belle ambition en proposant un album concept riche et touffu. Les italiens mélangent différentes influences pour donner naissance et corps à une musique qu’ils qualifient eux-mêmes de métal épique. N’imaginez pas la démesure d’un RHAPSODY mais plutôt un mélange entre Power et métal progressif enrichi de touches folk appuyées. Et les bougres ne s’en sortent pas si mal malgré une certaine naïveté, des faiblesses dans les chansons et un côté assez brut de décoffrage dans le son de temps en temps. Mais il ne faut pas sortir de l’ENA pour savoir qu’AVORAL a dû faire avec des moyens financiers très raisonnables. Ils n’ont pas à rougir de ce côté-là mais ils souffrent forcément de la comparaison avec les ténors de la scène métal européenne.

Les italiens ne sont pas non plus des manchots au niveau de la maitrise de leurs instruments, tous sont bien en place et la paire de guitariste composée de Samael et Ged abattent un joli travail. Quelques rythmiques un peu trop basiques risquent d’en décevoir certains mais nous mettrons cela sur le compte de de la maladresse. Les sept chansons de l’album s’enchaînent sans temps mort et sans baisse de tension. Frank derrière le micro donne tout ce qu’il a mais il en fait trop et peine parfois à convaincre dans un registre trop monotone. Il gagnerait à varier plus son registre vocal. Pour mener à bien ce projet et renforcer la dimension folk de leur musique, AVORAL a su s’entourer d’une belle équipe. War is not Over voit ainsi met en lumière les collaborations Maurizio Cardullo (FOLKSTONE) pour les flutes et cornemuses, Laura Brancorsini (THE CLAN, ex-FUROR GALLICO) au violon, Simone Malan (HENDERWYD) au violoncelle et Davide Valerini (OBSOLETE THEORY) pour les parties de chant plus extrêmes.

Par son petit côté frais et un peu naïf, War is not Over saura séduire certains d’entre vous pour peu que vous soyez amateurs d’une musique puissante aux forts accents folks et que vous gardiez une certaine indulgence pour la production un peu faiblarde du disque. Les italiens font preuve d’un beau potentiel, reste maintenant à confirmer.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Club Inferno Ent / 2015

Tracklist (40:51 mn) 01. Ivory Gates 02. Unwanted Treason 03. Take the Power 04. I'll Rise Again 05. Dark Cave Melody 06. Journey to the Glory 07. War is not Over

Serpentine Path – Emanations

Je me rappelle bien de la stupeur qui m’a frappé lorsque j’ai appris qu’Unearthly Trance stoppait toutes activités vers 2011 / 2012. Ce groupe de Sludge Doom était vraiment implacable et The Trident leur troisième album tourne encore souvent dans ma platine. Pour tout vous dire, il fait partie de ces albums qui m’ont ouvert aux courants du Sludge et qui occupent une place très importante dans ma discothèque. J’ai été des plus soulagés lorsque quelques mois après avoir appris leur split,  j’ai découvert la formation de Serpentine Path. En effet comme vous l’avait bien expliqué jakelunge dans sa chronique de leur premier album éponyme de 2012 (chronique ici), Serpentine Path reprend entièrement le line-up de Unearthly Trance avec l’adjonction de deux guitaristes de choix en matière de musique Doom puisqu’il s’agit de Stephen Flam qui officie dans le cultissime groupe de Doom Death américain Winter (certains disent que Winter fait partie des précurseurs du Doom Death, c’est vous dire) et de Tim Bagshaw un ex-Ramesses ex-Electric Wizard. Il faut que je vous dise aussi pour être complet que Ryan Lipynsky qui tient le micro ici officie également dans énormément de groupes dont The Howling Wind faisant un Black Metal / Sludge des plus recommandables !

 
Il est dès lors normal de retrouver des restes non négligeables du Sludge Doom de Uneathly Trance dans l’Extreme Doom Death implacable, âpre, rugueux et sans fioritures pratiqué par Serpentine Path comme ce groove bien poisseux et lancinant. Il y a quelques légères différences entre Emanations et leur premier album. Le son des guitares est plus massif et gras là où il était légèrement feutré et saturé avant. Du coup Emanations sonne moins Funeral et Ambient. Chose qui n’était pas le cas avant, j’ai aussi  pensé au Doom Death des suédois de Runemagick et ce dès les deux premiers morceaux de l’album : les courts « Essence of Heresy »  et « House of Worship » sont éloquent dans le genre ! Ça m’a vraiment fait du bien car les compositions de Runemagick me manquaient un peu depuis l’arrêt de leur activité à la fin des années 2000s.  D’autres morceaux plus longs m’ont énormément plu : les terrifiants « Claws », « Disfigured Colossus » et « Systematic Extinction » ayant la carrure massive et la puissance de frappe d’un Evoken ou  « Torment » qui en plus prend les contours Slugde de Unearthly Trance comme je le mentionnai plus haut. Le chant est toujours aussi écorché et agressif, certains le trouveront peut-être un peu linéaire mais pour ma part je trouve qu’il sied à merveille avec l’aride musique distillée ici.

 
On a peu de répit tout au long de cet album qui est pesant, suffocant et poisseux ! Pour résumer avec Emanation on a toujours le côté implacable et Extreme Doom du premier album mais avec moins de moments suspendus et contemplatifs. Le tout est très efficace et rappelle souvent l'héritage Sludge Doom de Unearthly Trance. Un Doom Death extrême et sans concession pour tous les adorateurs des groupes mentionnés plus haut. Pour moi parmi les sorties marquantes de 2014 en matière de Doom Extreme !

 
FalculA (8,5/10)

 
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Bandcamp (Emanation en full streaming)

 

Relaps Records / 20014

Tracklist (44:55) 1. Essence of Heresy 2. House of Worship 3. Treacherous Waters 4. Claws 5. Disfigured Colossus 6. Systematic Extinction 7. Torment.