Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

TWWLBBlake Judd, âme damnée de Nachtmystium, serait une personne peu fréquentable. Arnaqueur, toxicomane, il aurait aussi piqué dans la caisse de ses ex-amis du groupe Twilight. Le tableau est peu flatteur… Malgré cela, l'écoute de son dernier album rassure : le gus n'est pas à la ramasse et reste bien un élément incontournable de la scène black metal.

Censée être l'ultime œuvre de cette formation à géographie variable, The world we left behind nous montre un Nachtmystium frondeur. Psychédélique et tourmentée, la musique de Judd est passionnante, ouverte à toutes les possibilités. Le spectre musical du groupe est énorme. Mine de rien, moult détails dissonants s'intègrent dans chaque morceau. Cavalcades heavy metal (« Intrusion ») et discrets apports électro (« Into the endless abyss ») apportent une réelle plus-value. Et quand les Américains osent l'option black/gothique/pop (« On the other side », mélodique en diable), c'est encore le carton plein. Nous ne sommes pas en reste pour les textes. Le leader a mis en musique ses obsessions et ses tendances autodestructrices. Il se dévoile, se met à nu comme jamais (« Voyager »). Cette thérapie profonde et déroutante ne laisse pas de marbre.

The world we left behind met (provisoirement ?) un point final à l'aventure Nachtmystium. Oubliées les rumeurs négatives colportées sur son ténébreux leader. La formation nous laisse avec un album grandiose et définitif.

Nico (8,5/10)

Site Officiel: https://myspace.com/nachtmystium

Century Media/ 2014

01. Intrusion 02. Fireheart 03. Voyager 04. Into the Endless Abyss 05. In the Absence of Existence 06. The World We Left Behind 07. Tear You Down 08. On the Other Side 09. Epitaph for a Dying Star

Cretin – Stranger

Votre serviteur était joie lorsqu’il a appris en fin d’année dernière la sortie d’un nouvel album des très désirés Cretin. En effet ce groupe de Grindcore / Death Metal formé autour de la guitariste/growlleuse Marissa Martinez (ex Repulsion) et du bassiste Matt Widener (ex Exhumed) sévit depuis 1992. C’est un doux euphémisme de dire que leurs offrandes se font rares puisqu’on  décompte seulement une démo Extreme Cretanic Grindcore 2003, un album Freakery 2006 ainsi qu’un split 4 titres en compagnie de Grave Robbers et Tumorhead sorti la même année. Pour leur décharge, il faut tout de même préciser que Cretin a dû faire une longue coupure entre 1996 et 2001 lorsque Matt a rejoint les marines et que Marissa s’est quant à elle consacrée à une activité dans la création de jeux vidéo.

 
Je profite de cette chronique pour lancer un appel au groupe Hateplow : « Eh les mecs ! C’est quand vous voulez hein !? Il serait peut-être temps de nous sortir un nouveau skeud !? Parce que là ça fait quatorze années que The Only Law Is Survival est sorti !». Désolé c’était un cri primaire que je refoulais depuis trop longtemps, revenons à nos moutons ! Stranger qui nous intéresse aujourd’hui est donc leur second et très attendu nouvel album. Cretin évolue toujours dans ce Grind / Death d’obédience  « canal historique » qui nous rappelle  ces bonnes vieilles productions de Repulsion, Autopsy, Terrorizer ou Napalm Death voire Deicide.  Vous voyez le genre ? Oldschool jusqu’au bout des ongles ! C’est vraiment dommage qu’ils manquent de régularité comme leurs compatriotes de Hateplow  qui œuvrent un peu dans le même registre et ont eux aussi tendance à perdre le chemin des studios. Bien entendu et vous l’aurez certainement remarqué, je ne cite pas Hateplow de manière anodine et je ne cherche pas non plus à combler puisque je trouve leur musique assez proche.

 
Autant vous dire aussi que j’ai adoré cet album ! Certains me traiteront d’affreux rétrograde ou d’éternel nostalgique et ils auront peut-être raison. Toujours est-il que ce qu'entreprend Cretin sonne très juste : c’est direct, efficace et sans fioriture ! Les morceaux sont courts et s’enchaînent en tombant comme les directs lors d’un combat de boxe. Ca défouraille avec méthode et précision en alternant up-tempo et mid-tempo. Il n’y a jamais de surenchère chez Cretin mais un savoir-faire qui je l’avoue manque cruellement à bon nombre de productions contemporaines ! Une fois de plus les textes ont été pris en charge par Matt qui est toujours aussi brillant pour nous pondre des hymnes remplis d’humour, de dérision, de sexe et d’abominations. Le chant est comme à l’accoutumé d’un percutant incisif et on a toujours autant de mal à croire qu’il soit assuré par une femme, en l’occurrence Marissa ! Le son quant à lui est parfait pour la musique pratiquée. Il n’a pas été négligé et est puissant avec juste ce qu’il faut de saturation. Un son très américain en somme comme à la belle époque du Death Metal floridien !

 
En résumé, que vous soyez un jeune loup ou un ancien à qui on ne la fait pas, cet album vous interpellera ! J’en suis certain ! C’est une sorte D’Image d'Épinal du Grind / Death dont il n’y a rien à jeter ! A son écoute vous comprendrez aisément pourquoi je l’ai mis dans mes Tops de 2014 en compagnie du dernier album de Unsu dont la chronique est disponible (ici). Testez-le donc pour voir si j’exagère, vous trouverez Stranger en écoute intégrale sur la page bandcamp ci-dessous. Si vous ne headbanguez pas lors de l’écoute c’est que vous n’êtes tout simplement pas fait pour le Grindcore ou le Death Metal !

 

FaleculA (9/10)

 
Facebook Officiel
Bandcamp

 
Relapse Records / 2014 
Tracklist (32:39) 1. It 2. Ghost of Teeth and Hair 3. The Beast and the Drowning Bucket 4. Knights of the Rail 5. We Live in a Cave 6. Sandwich for the Attic Angel 7. Stranger 8. Mister Frye, the Janitor Guy 9. Mary Is Coming 10. Honey and Venom 11. Freakery 12. They Buried the Lunchbox 13. Husband? 14. How to Wreck Your Life in Three Days

 

 

Vexillum – Unum

oshy_18012015_VexilluForcément, à force de tourner en Europe en compagnie de groupes bien installés comme RHAPSODY (les deux versions) ou encore FREEDOM CALL, les italiens de VEXILLUM en sont venus à construire des projets ambitieux nés de ces rencontres. Après un The Bivouac (chronique ici) sympathique, voici ce que les transalpins se lancent le défi de mener à bien un album concept nécessitant la présence de nombreux guests pour faire vivre l’histoire et donner une voix aux différents personnages. Leur troisième album se veut donc un album concept album mettant à l’honneur des invités de prestiges aux côtés de Dario Vallesi, le chanteur du groupe. Et ils ont bien fait les choses en réussissant à convaincre Hansi Kürsch (BLIND GUARDIAN), Chris Bay (FREEDOM CALL), Maxi Nil (JADED STAR, ex-VISIONS OF ATLANTIS) ainsi que Mark Boals (MALMSTEEN, IRON MASK, RING OF FIRE) de participer à l’aventure.

Le fond de commerce du groupe n’a pas changé, ils continuent de patiemment distiller un Power métal très européen enrichi d’ingrédients folks celtiques. Le groupe fait preuve d’une grande ambition mais peine à élever le niveau de son jeu. Unum comme ses deux prédécesseurs montre un groupe motivé et volontaire mais les compositions sonnent encore de manière très naïves et peinent à convaincre. La production générale du disque reste très moyenne et l’ensemble manque nettement d’impact et d’énergie. Avec ce disque, nous sommes loin d’atteindre les standards espérés à la lecture des noms prestigieux qui ont accepté de participer. La chanson « The Jester: Over the clouds » est assez symbolique de ce qui ne va pas ici. Nous avons affaire à un erstaz assez maladroit de FREEDOM CALL et la présence de Chris Bay sur ce titre rend la comparaison d’autant plus cruelle. FREEDOM CALL n’a pas fait récemment des étincelles et pourtant les allemands sont bien plus convaincants que les italiens. Le clin d’œil est respectable mais rate nettement sa cible. Même chose pour « The Sentenced: Fire and Blood » qui lorgne forcément du côté de BLIND GUARDIAN avec les interventions si typiques d’Hansi Kürsch sans parvenir à s’approcher de la maestria des teutons. Dommage également que les italiens fassent preuve d’une certaine pingrerie en ne proposant finalement que trente-neuf minutes de musique originales. Les deux reprises qui terminent cet album ne faisant office que de cache misère pour atteindre péniblement les standards habituels en terme du durée.

Malgré tous ses efforts VEXILLUM reste en groupe de deuxième division qui doit encore beaucoup apprendre pour s’élever au niveau de ses illustres influences. Avoir de l’ambition c’est bien mais encore faut-il en avoir les moyens. Pas sûr que les italiens se soient fait un cadeau en sollicitant la présence de tous ces guests prestigieux. La comparaison est d’autant plus cruelle pour eux.

Oshyrya (06/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Limb Music / 2015

Tracklist (46:46 mn) 01. The Departure: Blow away the ashes 02. The Jester: Over the clouds 03. The Sentenced: Fire and Blood 04. Lady Thief: What we are 05. The Hermit: Through the mirror 06. The Way Back: The Clash Within 07. The True Beginning: Standing as One 08. Spunta la Luna dal Monte (Tazenda Cover) 09. Run Runaway (Slade Cover)