Soyez honnêtes amis lecteurs, vous adorez le sang. En étudiant le top 20 de nos articles les plus lus, ce constat s’impose. Vous adorez quand nous passons certains albums au lance-flammes, quand nous faisons tomber l’idole de son piédestal. Deux de mes chroniques les plus lues ne sont pas celles où je m’enthousiasme pour un album que j’ai adoré (WINTERSUN ou LUCA TURILLI’S RHAPSODY) par exemple mais celles de THERION (chronique là) et EKLIPSE (chronique ici), des albums totalement ratés. Et encore je passe sous silence nos bafouilles sanglantes mais honnêtes consacrées aux derniers BEHEMOTH, MACHINE HEAD ou GOJIRA. Vous êtes cruels chers lecteurs…
Voici donc le deuxième chapitre des aventures de nos belles allemandes avec un nouvel album sous le bras, Electric Air. On reprend les mêmes et on recommence avec douze nouvelles reprises instrumentales de tubes pop rock internationaux. Vous aurez ici de tout avec de la dance (David Guetta), du bon rock (MUSE), de trip-hop (MASSIVE ATTACK) j’en passe et des meilleurs. Rien n’a été oublié pour fédérer le plus large public possible avec même la reprise du thème principal du jeu Assassins Creed III d’Ubisoft. Les geeks puceaux ont aussi droit à leur clin d’œil. Votre mère aime Adèle et votre père Beethoven (ou l’inverse histoire de ne pas tomber dans les clichés machistes) ? Génial, ils n’ont pas été oubliés avec « Set Fire To The Rain » et « L’ode à la Joie ». Vous n’allez pas me dire que certains choix ne sont pas dictés par une stratégie marketing et mercantile évidente ? Ce n’est pas grave mais c’est juste assez voyant.
Reconnaissons qu’un joli travail d’adaptation a été réalisé. Ces chansons ramenées à leur plus simple expression pour être réinterprétés par le quatuor à cordes prennent une nouvelle dimension et confirme leur efficacité. Ce traitement à l’avantage de ne laisser passer aucune faiblesse. J’ai même pu découvrir, grâce à ce disque, de nouveaux artistes inconnus pour comme la suédoise Lykke Li. J’aurais pu rester dans l’ignorance car il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Enfin je ne discute pas les goûts et les couleurs de ces demoiselles, elles ont le droit d’aimer ces chansons.
EKLIPSE se défend de toute ressemblance avec APOCALYPTICA précisant que le concept est bien différent mais à mes yeux cela reste quand même bonnet blanc et blanc bonnet. Les finlandais ont maintenant pris une autre voix en composant des chansons originales avec un chanteur et un batteur mais difficile de ne pas croire d’un as du marketing ait flairé le bon coup en Allemagne en voyant le succès des deux premiers opus de reprises classiques de titres métal. Il reste néanmoins plaisant de retrouver ces jolies mélodies sur scène en apéritif d’un groupe plus sérieux comme KAMELOT ou NIGHTWISH. Et comment en vouloir à ces quatre demoiselles sui doivent bien trouver une solution afin de gagner leur vie. Au moins le côté sexy, érotique de supermarché du premier album nous aura été épargné. Tant pis pour les fétichistes SM. Vous pouvez acheter mais vous le ferez au moins en connaissance de cause.
Oshyrya (05/10)
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Mrs Green Records / 2014
Tracklist (42:55 mn) 01. Titanium 02. Teardrop 03. I Follow Rivers 04. Where The Wild Roses Grow 05. Assassin's Creed 06. Set Fire To The Rain 07. Supermassive Black Hole 08. We Are The People 09. Until The End Of The World 10. Shake It Out 11. Rock The Casbah 12. Ode An Die Freude
MELLOWTOY est un groupe de nu metal / rapcore / metalcore italien né en 2002 à Milan. Contrairement moi, vous avez peut-être déjà entendu parler d’eux puisqu’ils ont déjà quelques faits d’armes à montrer sous la forme de trois albums déjà parus : Mellowtoy (2004), Nobody Gets Out Alive (2006) et Pure Sins en 2010. Après presque cinq années de silence, les voici de retour avec un nouvel opus, le quatrième, sous le bras. Ce nouveau rejeton porte le nom de Lies et voit le groupe rependre son chemin là où il l’avait laissé en 2010.
Pour mener à bien Pure Sins, les transalpins avaient fait appel à une fine équipe composée entre autres d’Alex Azzali (CATARACT, VADER) et Daray Brzozowski (VADER, ex-DIMMU BORGIR). Pour Lies, rebelote avec de nouveaux camarades de jeu en la personne de Marco Coti Zelati (LACUNA COIL) à la production, Kyle Hoffman (P.O.D, LACUNA COIL) au mixage et Howie Weinberg (NIRVANA, METALLICA, PANTERA) au mastering. Et effectivement le son du disque s’avère très bon. Je serai malheureusement moins catégorique sur le fond avec des chansons composées dans une veine metalcore qui manque de relief et de caractère. Quelques soli et quelques refrains ici et là feront mouche mais sur la longueur Lies s’avère un peu trop fade à mon goût. La chanson éponyme en est un bon exemple avec un refrain qui claque au milieu d’un océan plus tristounet, moins inspiré. Les deux chanteurs évoluent dans deux registres différents (clair et hurlé) et alternent leurs interventions sans que cela n’apporte une valeur ajoutée incontestable. MELLOWTOY semble rapidement passé en mode pilote automatique et il faudra attendre « Chain Reaction » et la présence de Christian Machado (ILL NINO) en guest pour réveiller l’auditeur. A l’occasion de cette chanson, plutôt inspirée, MELLOWTOY sonne plus américain que jamais. Malheureusement ces bonnes intentions ne durent pas et la fin de l’album s’avère plus poussive.
Avec deux chansons excitantes sur douze possibles, le constat est loin d’être enthousiasmant pour les italiens de MELLOWTOY. Avec Lies, ils persistent et signent dans l’évolution musicale metalcore entamée sur Pure Sins. La forme est séduisante mais le fond beaucoup moins malgré l’énergie déployée par les transalpins. Dommage.
Oshyrya (05/10)
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Scarlet Records / 2015
Tracklist (41:25 mn) 01. Nitro DK 02. Lies 03. Visions 04. Destroy Yourself 05. Reflections 06. Dead Colours 07. Faded Promises 08. Chain Reaction (feat. Christian Machado) 09. Humans Are A Plague On Earth 10. Letter From The Past 11. Bright New World 12. S.A.T.A.N
Ce début d’année voit le groupe SIMUS prendre ses responsabilités et plonger dans l’inconnu à travers un premier album, Vox Vult, à paraître chez Bakerteam Records. On ne s’en rend souvent pas compte mais la symbolique du premier album s’avère très forte, tout le travail accompli se voit ainsi être lâché en liberté, à passer sous les fourches caudines de la critique internationale. Le jugement du public est souvent bien plus cruel que nous en assurant, par ses achats, la pérennité ou la disparition des nouveaux entrants. Formé en 2008 à Côme, SIMUS a déjà fait parler de lui en publiant un premier EP, Human Prison, en 2010 chez Myphonic Records. Suivra de nombreux concerts, le plus possible, et une tournée en Russie. Pour progresser il fallait faire un pas de plus et proposer un véritable album.
C’est chose faite avec ce Vox Vult qui présente une musique très complexe, difficile à cerner et étiqueter. Le groupe parle de métal progressif. Cette désignation en vaut une autre même si ces compositions à tiroir rappelleront à certains TOOL, MASTODON, DREAM THEATER voir MESHUGGAH. Le fil rouge mélodique peut facilement se perdre à travers tous les tours et détours que se plaisent à emprunter avec un malin plaisir les transalpins. Mimmo D'elia qui officie derrière le micro se se ménage pas et insuffle une âme à ces chansons. Il en fait beaucoup et risque d’en énerver certains. On se plaint assez de tous ces chanteurs fades pour ne pas apprécier la personnalité du personnage même s’il finit par taper sur le système. Il utilise en très grande majorité un chant clair même s’il n’hésite pas à ajouter quelques touches plus extrêmes ici ou là. La chanson éponyme qui ouvre l’album après une petite intro montre un groupe lourd et agressif aux rythmiques hypnotisantes. La charge émotionnelle est forte, emprunte de colère et de douleur. SIMUS met à l’honneur la langue italienne sur « Mantis », dommage que la musique devienne alors basique et mon intéressante.
L’auditeur risque de passer par un large spectre d’émotions en écoutant Vox Vult. L’album finit par laisser une drôle d’impression, celui de se trouve face à un patchwork hétérogène. SIMUS semble avoir du mal à trouver sa voie et son identité et passe du très bon au franchement moyen. Le disque souffre aussi d’une production honnête mais qui manque d’énergie et d’impact. SIMUS fait émerger plus de questions que de réponses avec cet album, nous attendrons donc la suite de leurs aventures pour nous faire un avis plus définitif.
Oshyrya (5,5/10)
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Bakerteam Records / 2015
Tracklist (58:59 mn) 01. Giano 02. Vox Vult 03. Planet Caiak 04. Mantis 05. Who Am I? 06. The Soulmaker 07. Bitter Taste 08. Fakir –Факир 09. Deus Vult 10. Requiem For My Moon 11. The Golden Pendulum Of Babylon