Pour les amateurs de rock/métal progressif, plus d’un artiste ayant participés à ce disque vont sonner de façon familière. Si je vous dis Robert Soeterboek, David Reece ou encore Dirk Bruinenberg vous me répondez ? Dans l’ordre, le premier est bien connu des amateurs pour ses multiples collaborations avec Arjen Lucassen (AYREON, STAR ONE) ou Erik Norlander, le second est l’ancien chanteur d’ACCEPT et enfin le troisième a multiplié les apparitions avec surtout ELEGY mais également ADAGIO. Mais tous ces éléments ne doivent pas vous induire en erreur, WICKED SENSATION n’a pas viré sa cutie et continue d’évoluer dans un style hard rock mélodique pas spécialement progressif.
Les plus perspicaces auront aussi noté la présence de deux chanteurs avec Robert Soeterboek, et David Reece. Pourtant seul ce dernier apparait sur Adrenaline Rush car malheureusement Soeterboek soigne actuellement de lourds problèmes de santé et a dû se mettre en réserve du groupe. Avec Reece, les allemands ne manquent cependant pas d’arguments et offrent ici au public un quatrième album inspiré et assez jouissif, servi par une bonne production de Dennis Ward (UNISONIC, PINK CREAM 69).
Avec Adrenaline Rush, WICKED SENSATION propose une majorité de titres attrayants, à la fois mélodique et bourrés d’énergie. Cela démontre que le guitariste et principal compositeur Michael Klein a dû encore progresser et élevé son niveau de jeu par rapport à la période Crystallized (2010). Il faut dire qu’il a eu quatre années pour travail, une période éprouvante, semée d’embûches et de difficultés pour le groupe. Avec des brûlots comme « King of the World », « Same Old Situation » ou encore « Misery », les allemands s’imposent d’entrée avec de solides riffs, des mélodies à la fois séduisantes ou charnues et une belle dose de testostérone. David Reece force le respect là-dessus avec sa voix puissante et sa grande conviction. Ajoutez à cela des chœurs signés Harry Hess (HAREM SCAREM) et vous obtenez un avant-goût du paradis. Les invités ne manquent pas en plus de Hess avec par exemple Eric Ragno (Graham Bonnet) et Mathias Dieth (ex U.D.O.).
A l’image du moteur affiché sur la pochette, WICKED SENSATION se présente comme une bête de course, racée et prête à en découdre. Les allemands n’ont pas fait les choses à moitié et ils ont su s’entourer d’une fine équipe pour mener à bien ce projet. Adrenaline Rush force le respect et promet de très bons moments à son écoute.
Oshyrya (08/10)
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AOR Heaven – GerMusica / 2014
Tracklist (53:34 mn) 01. King Of The World 02. Same Old Situation 03. Misery 04. Leave Me Like A Fool 05. Blue Painted Sky 06. Angel In Black 07. Living On My Madness 08. Desperate Nation 09. Adrenaline Rush 10. No More Lies 11. This Time
Cet album aurait dû voir le jour en 2013 mais de sombres événements ont pris le pas sur la musique. Cette année-là aura été douloureuse pour les australiens avec la soudaine disparition du batteur George Kristy et la décision du bassiste originel Trent Wilson de cesser toute activité musicale. Malgré ces coups du sort, les frères Millis et Enzo Almanzi décident de poursuivre leur aventure et amène du sang neuf avec l’intégration de Ben Webster à la basse et Noel Tenny derrière les fûts. Ce nouveau chapitre passe par la présentation d’un nouvel album, le troisième, Crossfire. Nous n’allons pas nous mentir, les deux premiers opus du groupe ne nous avait pas totalement convaincus avec un côté vieillot et daté gênant (chronique ici et là).
Il serait bien inutile de maintenir un suspens stérile à propos du groupe qui reste cohérent avec lui-même et tient encore une fois le même cap. L’impression de retrouver un groupe de la scène Hard FM/AOR des années 80 reste plus prégnante que jamais. Tous les gimmicks et toutes les ficelles déjà expérimentées à l’époque soient ici réutilisées. Le meilleur pourquoi pas mais aussi malheureusement le pire comme cette intro de « Fly Me Away » un peu risible avec un son de claviers que l’on espérait oublié depuis longtemps. A l’écoute de Crossfire, j’ai eu l’impression de revenir trente ans en arrière et d’écouter la bande originale d’un épisode de Miami Vice ou Rick Hunter avec ces longues séquences sur les plages de Floride ou de Californie. C’est loin d’être une critique car de très bonnes choses sont venues de ces séries musicalement parlant (Miami Vice en particulier) mais le temps a fait son œuvre. WHITE WIDDOW prend a chaque fois un grand coup de vieux. Car, facteur aggravant, ces compositions restent sympathiques mais ne cassent pas non plus la baraque.
Seuls les fans les plus nostalgiques pourront trouver un semblant d’intérêt à cet album. Le résultat n’est pas catastrophique mais quitte à faire un trip revival autant préférer les classiques. Si vous voulez un conseil, refaites-vous la discographie de JOURNEY ou FOREIGNER. WHITE WIDDOW en concert pourquoi pas mais sur disque, le jeu n’en vaut pas la chandelle.
Oshyrya (5,5/10)
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AOR Heaven – GerMusica / 2014
Tracklist (43:24 mn) 01. Caught In The Crossfire 02. Fly Me Away 03. Just Another Night 04. Below The Belt 05. Dreams Don't Die 06. Too Many Tears 07. Angel 08. Born To Be A Rebel 09. Carry The Heartache 10. Never Again
Je ne sais pas s’il s’agit là d’un gimmick ou si effectivement les suédois de RAUBTIER ne donnent pas grande importance à ce qui se passe en dehors de leur chère Suède mais cela faisait longtemps que je ne tombais pas sur un site internet officiel indisponible dans la langue de Shakespeare (ou alors je n’ai pas trouvé). RAUBTIER Késako ? Il s’agit d’un un groupe de métal industriel suédois originaire d'Haparanda. Le nom du groupe vient de l'allemand raubtier et signifie « carnivore ». En tout cas si eux ne s’intéressent pas au reste du monde, le business le fera à leur place avec pour preuve, la sortie de ce Bestia Borealis chez Despotz Records. Pour résumer ce disque est un best of regroupant les meilleurs titres du groupe issus des albums déjà publiés (pas de jaloux avec trois chansons à chaque fois) Det Finns Bara Krig (2009), Skriet Från Vildmarken (2010), Från Norrland Till Helvetets Port (2012) et Pansargryning (2014).
Sans faire de délit de sale gueule, il suffit de voir une photo de nos trois artistes pour se rendre compte que nous n’avons pas affaire ici à des poètes avec leurs bombers militaires et leurs patchs Jägermeister. Après tout pourquoi pas, le métal industriel dans lequel ils excellent est aussi là pour libérer nos plus bas instincts et nous faire vibrer. En grand amateur de métal industriel allemand, RAMMSTEIN en particulier, j’attendais beaucoup de nos suédois.
Et je dois bien avouer ne pas avoir été déçu de mon voyage. Dès les premières secondes de « Det Finns Bara Krig » tout es là et un grand sourire apparait sur mon visage. Les riffs et les rythmiques sont bien bourrins, martiaux à souhait, le chant brut et un peu éraillé force le respect sans oublier ces nappes de claviers ou ces touchent électro qui viennent ajouter un peu de douceur tout au long de ces chansons. Vous n’aurez pas la subtilité et la force enivrante des allemands, les suédois la jouent plus basique et rendre dedans. La majorité de ces chansons sont assez réussies, très attrayantes et semblent faire preuve d’une naïveté et d’un kitsch réjouissant (« Vittring »). Ce contraste entre ce chant très brutal et primaire de Pär Hulkoff avec ces mélodies parfois sucrées et ces rythmiques en mode tronçonneuse devraient en faire sourire plus d’un. Difficile de savoir si tout cela est vraiment sérieux ou si les concerts de RAUBTIER ne se transforment pas en vaste rigolade malgré l’énergie et la conviction affichée par les suédois. Avec des compostions aussi pompeuses et hautes en couleur que « Sveriges Elit », chacun comprendra que l’offre d’un concert couplé de SABATON et de RAUBTIER ait fait un carton en Scandinavie.
Il est étonnant de constater l’évolution du groupe en quatre albums grâce à ce Bestia Borealis. Il semble que petit à petit les suédois se soient lâchés et ne se fixent désormais plus de limites en glissant petit à petit d’un métal industriel assez brut à un heavy métal mélodique convaincant. Tout devient plus gros, grandiloquent et pompeux comme sur un « Panzarmarsch » d’anthologie. Je ne suis toujours pas sûr d’avoir vraiment saisi ce qu’est RAUBTIER mais si vous trouvez SABATON parfois un peu mou du genou, leurs compatriotes constituent une solide alternative. Certains crieront à l’opportunisme vu les succès de Joakim Brodén & co.
Oshyrya (08/10)
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Despotz Records / 2014
Tracklist (41:35 mn) 01. Det Finns Bara Krig 02. Dobermann 03. Kamphund 04. Världsherravälde 05. Polarvargen 06. Lebensgefahr 07. Sveriges Elit 08. Vittring 09. Låt Napalmen Regna 10. Skjut, Gräv, Tig 11. Qaqortoq 12. Panzarmarsch