Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

The Flight of Sleipnir – V.

oshy_01012015_Th_Fligh_o_SleipnJe cherche je cherche, je me creuse les méninges encore et encore pour tenter de percevoir pourquoi David Csicsely et Clayton Cushman, les deux musiciens à l’origine de ce groupe ont décidé de se baptiser THE FLIGHT OF SLEIPNIR. Si nous étions en face de deux scandinaves au physique de vikings pourquoi pas mais vous avouerez qu’il s’agit là d’un drôle d’idée qui est passé dans les têtes des deux américains à l’hiver 2007.

Rappelons que Sleipnir est, dans la mythologie nordique, un cheval fabuleux à huit jambes capable de se déplacer au-dessus de la mer comme dans les airs, monture habituelle du dieu Odin. Mais malgré cela, ne vous attendez pas à un viking métal à la SKALMOLD ou AMON AMARTH, nos deux comparses aiment voguer plutôt sur des flots Stoner Doom, enrichi de touches extrêmes, du plus bel effet. Comme son nom l’indique, V. est le… cinquième album qui suit d’à peine un an son prédécesseur Saga. Le groupe progresse et se voit désormais signé chez Napalm Records, nouveau poids lourd européen sur la scène métal aux côtés d’un Nuclear Blast.

Les deux musiciens ont quand même un sacré talent pour créer une atmosphère à la fois sombre et éthérée. La simplicité est au rendez-vous, THE FLIGHT OF SLEIPNIR avance par petites touches et emprisonne irrémédiablement l’auditeur dans une toile mortelle mais tellement séduisante. Ici pas de frontière, ils savant se faire doux et subtil quand cela est nécessaire puis mordant, lourd et agressif l’instant d’après. Difficile de ne pas être impressionnés à l’écoute du « Headwinds » qui ouvre le disque avec ces changements d’intensité, l’utilisation de différents types de chants, clair et extrême… Les américains prennent leur temps pour dérouler la totalité de leur tapisserie sonore. Les compositions de ce disque affichent au minimum six minutes voir le double pour « Beacon in Black Horizon ». Le son est très brut, pas du tout lissé et brillant comme la majorité des sorties actuelles. Cela donne un côté roots un peu artificiel mais assez cohérent avec la musique très primale et instinctive.

L’écoute de ce V. s’avère être une véritable épreuve à naviguer sans cesse entre les passages apaisés, sereins et ces tempêtes sombres et colériques. L’ensemble crée une atmosphère lourde et malsaine qui laisse l’auditeur en permanence sur ses gardes. A force, cela épuisera les plus téméraires et écouter le disque d’une traite devient un vrai défi. L’expérience vaut d’être vécue mais peu nombreux seront ceux qui en reviendront indemnes.

Oshyrya (07/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Napalm Records / 2014

Tracklist (59:12 mn) 01. Headwinds 02. Sidereal Course 03. The Casting 04. Nothing Stands Obscured 05. Gullveig 06. Archaic Rites 07. Beacon in Black Horizon

Deux ans ont passé depuis la sortie de The Cadaverous Retaliation Agenda, le premier effort de The Project Hate à avoir vu le jour à la suite d’une campagne de crowdfunding, et le moins que l’on puisse dire, c’est que Lord K n’a pas chômé pendant cette période. Quelques semaines plus tard, il reprenait sa guitare pour composer un digne successeur à TCRA. Après une nouvelle campagne de récolte de fonds et un nouveau passage dans les studios de Dan Swanö, The Project Hate MCMXCIX a frappé fort, le jour de Noël, en sortant un des albums les plus ambitieux que j’ai jamais entendus.

Sur le plan de la composition, The Project Hate a encore franchi un palier. On pouvait taxer Lord K de vantardise et d’autosuffisance avant d’entendre ce nouvel album, mais je ne peux que lui donner raison : cet album est vraiment unique. Chaque plage est truffée de détails, de petits éléments disséminés ici et là et pourtant si bien intégrés à l’ensemble. Rien n’est gratuit, rien n’est fortuit, tout se tient parfaitement. Là où tellement de groupes s’égarent dans la complexité, TPH garde une cohérence magistrale.

Autre atout indéniable de cet album : la qualité de la production. On connaît le talent de Dan Swanö, mais le résultat final, en l’occurrence, est superbe. L’écoute de cet album au format FLAC avec un casque de qualité est un vrai régal pour les oreilles. Chaque instrument est à sa place, puissant, clair, sans pour autant empiéter sur ses voisins. La basse, par exemple, cette éternelle oubliée dans trop de productions, bénéficie ici d’une place à part entière et d’un son monstrueux.

Mais ce son ne serait rien sans la qualité des différents musiciens, et à ce niveau, deux performances ressortent selon moi du lot. Tout d’abord, celle de Dirk Verbeuren à la batterie. Aucun record de vitesse n’est battu, certes, mais l’ensemble de sa prestation est précise et variée en diable. Lord K avait dit vouloir s’entourer des meilleurs, et le choix de Dirk est en effet plus que judicieux. Ensuite, il y a le travail de composition de Lord K à la guitare, et là, on touche au sublime au niveau du riffing et des ambiances (raaah ces passages de guitare sèche sur « You I Smite », par exemple), le tout étant encore magnifié par les soli composés pour l’occasion par Lars Johansson (Candlemass). Rien que sur le plan instrumental, cet album est déjà une réussite insolente. Ça tombe bien, la version instrumentale est fournie aussi.

Et le chant, dans tout ça ? Les growls de J sont toujours aussi impressionnants, et je trouve même qu’il a gagné en clarté, comme si ses lignes de chant étaient plus articulées. La différence majeure par rapport aux opus précédents, par contre, est le chant féminin. Une fois de plus, Lord K a changé de chanteuse et a jeté son dévolu sur Ellinor Asp. Comme à chaque changement de chanteuse, j’imagine qu’elle aura ses partisans et ses détracteurs. Personnellement, je trouve que son timbre plus éraillé s’intègre mieux à la musique du groupe que celui de toutes les autres chanteuses qui ont participé aux albums précédents, mais je pourrais comprendre que certains apprécieront moins. Une question de goût. Au niveau des guests, on notera notamment l’apparition d’Erik Rundqvist (Vomitory), Ross Dolan (Immolation), Richard Sjunnesson (Unguided)  et de Lawrence Macrory (F.K.Ü./Darkane)… Que du beau monde, en somme !

Loin des labels, sans véritable promotion et en comptant uniquement sur ses fans, Lord K a su concrétiser sa vision, la traduire en un album prodigieux. Actuellement uniquement disponible au format électronique via http://www.theprojecthate.net/, There Is No Earth I Will Leave Unscorched devrait, comme son prédécesseur, voir aussi le jour au format CD à un tirage très limité. On regrettera qu’un album d’une telle qualité reste confidentiel alors que les labels nous survendent de la merde ou de vieilles gloires sur le retour. C’est la vie. Et la vie est une pute.

Mister Porn (9,5/10)

Facebook officiel

Autoproduction / 2014
Tracklist (79:51) 1. Holy Ground Is Not Safe Anymore 2. Behold As I Become The Great Cold Betrayer 3. You I Smite, Servant Of Light 4. Defy Those Words Of Who Was, Who Is And Who Is To Come 5. Into The Mouth Of Belial 6. The Gospel Of The Flesh And All His Sins

 

Mysticum – Planet Satan

2014 aura été une année riche en comebacks de tout genre, avec son lot de mauvaises surprises et d’amères déceptions, rarement tempérées par quelques bonnes surprises. « Être et avoir été », voilà la phrase qui pourrait le mieux décrire cette tendance. Aujourd’hui, penchons-nous sur Mysticum, une formation norvégienne qui avait mis la clé sous le paillasson il y a perpète et qui revient aujourd’hui avec un nouvel effort sous le bras.

Remarquez, dans le cas présent, même s’il est question de comeback, j’ai l’impression de découvrir un groupe, parce que je dois avouer que je ne m’étais jamais intéressé à ce groupe. Exit les a priori et les attentes démesurées, donc, et c’est peut-être ce qui joue en faveur de ce Planet Satan plutôt efficace. La prod’ peut sembler hasardeuse, la batterie a beau avoir un drôle de son (ça sent la BAR), mais la sauce prend relativement bien dans le genre « black déshumanisé ». C’est froid, clinique, stérile et ça ne laisse aucun répit. Planet Satan déverse sa haine et ses blasphèmes avec un entrain certain, et ces petits ajouts électro ici et là rajoutent encore un petit plus à l’album, une touche plus mécanique, moins organique.
 

Planet Satan est un bon album. Pas forcément innovant, pas forcément indispensable, mais suffisamment bon pour se distinguer de la masse de sorties de l’année 2014 et pour s’y attarder le temps de quelques écoutes. À mi-chemin entre le trve BM et les formations comme Anaal Nathrakh, Mysticum a su (re)trouver sa place.

Mister Porn (7/10)

Facebook officiel

Peaceville Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. LSD 2. Annihilation 3. Far 4. The Ether 5. Fist of Satan 6. All Must End 7. Cosmic Gun 8. Dissolve to Impiety