Je cherche je cherche, je me creuse les méninges encore et encore pour tenter de percevoir pourquoi David Csicsely et Clayton Cushman, les deux musiciens à l’origine de ce groupe ont décidé de se baptiser THE FLIGHT OF SLEIPNIR. Si nous étions en face de deux scandinaves au physique de vikings pourquoi pas mais vous avouerez qu’il s’agit là d’un drôle d’idée qui est passé dans les têtes des deux américains à l’hiver 2007.
Rappelons que Sleipnir est, dans la mythologie nordique, un cheval fabuleux à huit jambes capable de se déplacer au-dessus de la mer comme dans les airs, monture habituelle du dieu Odin. Mais malgré cela, ne vous attendez pas à un viking métal à la SKALMOLD ou AMON AMARTH, nos deux comparses aiment voguer plutôt sur des flots Stoner Doom, enrichi de touches extrêmes, du plus bel effet. Comme son nom l’indique, V. est le… cinquième album qui suit d’à peine un an son prédécesseur Saga. Le groupe progresse et se voit désormais signé chez Napalm Records, nouveau poids lourd européen sur la scène métal aux côtés d’un Nuclear Blast.
Les deux musiciens ont quand même un sacré talent pour créer une atmosphère à la fois sombre et éthérée. La simplicité est au rendez-vous, THE FLIGHT OF SLEIPNIR avance par petites touches et emprisonne irrémédiablement l’auditeur dans une toile mortelle mais tellement séduisante. Ici pas de frontière, ils savant se faire doux et subtil quand cela est nécessaire puis mordant, lourd et agressif l’instant d’après. Difficile de ne pas être impressionnés à l’écoute du « Headwinds » qui ouvre le disque avec ces changements d’intensité, l’utilisation de différents types de chants, clair et extrême… Les américains prennent leur temps pour dérouler la totalité de leur tapisserie sonore. Les compositions de ce disque affichent au minimum six minutes voir le double pour « Beacon in Black Horizon ». Le son est très brut, pas du tout lissé et brillant comme la majorité des sorties actuelles. Cela donne un côté roots un peu artificiel mais assez cohérent avec la musique très primale et instinctive.
L’écoute de ce V. s’avère être une véritable épreuve à naviguer sans cesse entre les passages apaisés, sereins et ces tempêtes sombres et colériques. L’ensemble crée une atmosphère lourde et malsaine qui laisse l’auditeur en permanence sur ses gardes. A force, cela épuisera les plus téméraires et écouter le disque d’une traite devient un vrai défi. L’expérience vaut d’être vécue mais peu nombreux seront ceux qui en reviendront indemnes.
Oshyrya (07/10)
Napalm Records / 2014
Tracklist (59:12 mn) 01. Headwinds 02. Sidereal Course 03. The Casting 04. Nothing Stands Obscured 05. Gullveig 06. Archaic Rites 07. Beacon in Black Horizon
Deux ans ont passé depuis la sortie de The Cadaverous Retaliation Agenda, le premier effort de The Project Hate à avoir vu le jour à la suite d’une campagne de crowdfunding, et le moins que l’on puisse dire, c’est que Lord K n’a pas chômé pendant cette période. Quelques semaines plus tard, il reprenait sa guitare pour composer un digne successeur à TCRA. Après une nouvelle campagne de récolte de fonds et un nouveau passage dans les studios de Dan Swanö, The Project Hate MCMXCIX a frappé fort, le jour de Noël, en sortant un des albums les plus ambitieux que j’ai jamais entendus.
2014 aura été une année riche en comebacks de tout genre, avec son lot de mauvaises surprises et d’amères déceptions, rarement tempérées par quelques bonnes surprises. « Être et avoir été », voilà la phrase qui pourrait le mieux décrire cette tendance. Aujourd’hui, penchons-nous sur Mysticum, une formation norvégienne qui avait mis la clé sous le paillasson il y a perpète et qui revient aujourd’hui avec un nouvel effort sous le bras.