Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Internal Bleeding – Imperium

Jetez-moi la première bière : j’ai vraiment (re)découvert Internal Bleeding l’année dernière dans un obscur café de Flandre lors de leur passage avec les Maltais de Beheaded et les ricains de Disgorge. Les raisons de ce désintérêt ? Elles sont nombreuses : un rythme de sorties moins important que ses concurrents, une exposition médiatique moindre… et finalement, la sortie de leur nouvel album a failli aussi m’échapper, et c’est un peu par hasard que je suis tombé sur Imperium.

Et j’aurais raté quelque chose.

Parce que mine de rien, à une époque où la tendance est aux productions énormes et à la course au toujours plus extrême, Internal Bleeding a su conserver une touche plus organique, plus traditionnelle. Le growl est plus « faible », les riffs sont moins écrasants que ceux de la concurrence, la batterie ne donne pas l’impression d’être tirée de l’arsenal de l’armée américaine… En fait, sur le plan de la production, Internal Bleeding fait petits bras. Le seul gagnant, en fait, serait la basse, bien plus audible que sur 90 % de tous ces nouveaux albums de Death à tendance brutalo-brutale.

Cependant, les apparences sont trompeuses. Le son a beau être moins dévastateur, cela ne signifie pas pour autant que nous sommes en présence d’un album faible. Ce qui fait avant tout la qualité d’un album, c’est la qualité de ses compos, et à ce jeu-là, Internal Bleeding n’a pas perdu de son talent et nous assène neuf pistes comme autant d’uppercuts, dans son plus pur Death Metal avec un petit je-ne-sais-quoi de Suffocation. Internal Bleeding n’a pas besoin d’une prod’ en béton en guise de cache-misère. Avec une production moderne, Imperium serait une machine de guerre… mais paradoxalement, il perdrait aussi de son charme. C’est difficile à expliquer, mais ce feeling plus honnête ajoute un plus à cet album, et le dénaturer en rendant le son plus artificiel serait regrettable. Je faisais le parallèle avec Ingested, et ma conclusion serait la même : Internal Bleeding touche une corde sensible et livre un album solide. Que demander de plus ?

Mister Porn (8/10)

Facebook officiel

Unique Leader Records / 2014
Tracklist (xx :xx) 1. Fabricating Bliss 2. The Visitant 3. The Pageantry Of Savagery 4. Patterns Of Force – Act I – The Discovery 5. Patterns Of Force – Act II – Plague Agenda 6. Patterns Of Force – Act III – Aftermath 7. Placate The Ancients 8. (In The) Absence Of Soul 9. Castigo Corpus Meum

Ingested – The Architect Of Extinction

Les Anglais d’Ingested font partie de ces rares formations aux forts relents Deathcore qui parviennent malgré tout à me séduire. Comme quoi, ceux qui me reprochent sans cesse que je me contente de tailler sans discernement en me basant uniquement sur une étiquette se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à l’épaule. L’air de rien, avec une discographie qui grossit de plus en plus, le groupe a su se faire un nom et taper maintenant dans l’œil de Century Media. Alors, Ingested a-t-il su passer la vitesse supérieure ?

Personnellement, j’appréciais déjà beaucoup l’ep précédent, sa production énorme – bien qu’artificielle au possible – et ses quatre morceaux percutants en diable, mais ce que nous livre le groupe ici est encore un cran au-dessus. La formation a su gagner en maturité et parvient, tout au long de l’album, à garder un niveau d’efficacité plus qu’appréciable. Le growl est inhumain – certains adoreront, d’autres détesteront, c’est clairement une question de goût – et est habilement contrebalancé, ici et là, par quelques lignes de chant plus criardes. Au niveau purement musical, les riffs pleuvent et la section rythmique n’est pas en reste (on regrettera juste une basse un peu trop noyée dans la masse). Cerise sur le gâteau : « Penance », un interlude instrumental bien plus posé que le reste de la galette, en rupture totale… et honnêtement, je serais curieux de voir ce que le groupe pourrait proposer s’il se lançait dans cette voie plus « mélodique » sur un album entier.

Prod’ en plastique, growls inhumains : toute une frange des fans de Metal extrême crachera sur cette galette. Dans un genre presque comparable, les papys d’Internal Bleeding ont su revenir avec un album lui aussi convaincant tout en gardant un son plus naturel, plus « humain », mais il m’est impossible de trancher entre les deux. Chacun a ses charmes, chacun à ses vices. Au final, ce qui compte le plus, c’est la capacité de l’artiste à toucher l’auditeur, à lui donner envie de taper du pied / secouer la tête, et à ce petit jeu, Ingested s’en sort avec les honneurs.

Mister Porn (8/10)

Facebook officiel

Century Media Records / 2015
Tracklist (xx:xx) 1. The Divine Right of Kings 2. Narcissistic Apathy 3. Endless Despondency 4. The Heirs to Mankind's Atrocities 5. I, Despoiler 6. Penance 7. A Nightmare Incarnate 8. Extinction Event 9. Amongst Vermin 10. Rotted Eden  

 

dEMOTIONAL – Tarassis

oshy_31122014_demotioLes suédois de dEMOTIONAL n’ont pas laissé attendu longtemps pour nous donner de leurs nouvelles, la peur peut-être de laisser retomber le soufflé. Un an à peine après la sortie d’un premier album, State: In Denial (chronique ici), voici la suite: Tarassis. Vous lirez notre chronique ci-dessus mais il serait exagéré de dire que le groupe nous avait vraiment impressionnés l’année dernière. Oui il s’agissait d’un travail sérieux mais sans magie ni originalité, le sentiment d’un groupe en pilote automatique sui livrait ce que l’air du temps demandait. Il reste à espérer que l’expérience tirée des nombreux concerts en Scandinavie ait porté ses fruits et que nos amis ait su se construire une identité propre. Saluons le visuel très réussi de ce disque, une image simple et ouverte à l’interprétation signée comme pour le premier album Daniel Eek (site web ici).

L’ombre d’un SOILWORK frappe dès les première secondes d’écoute avec une touche de LINKIN PARK pour le côté accessible et électro. Il n’est jamais extraordinaire pour une groupe de voir sa musique décrite d’entrée par des influences très présentes. Malheureusement, dans la lignée de State: In Denial, dEMOTIONAL labourent opportunément des champs déjà retournés dans tous les sens des dizaines de fois. Alors oui le travail est soigné, il n’y a pas à douter que les suédois ont ici donné le meilleur, mais comment ne pas être gêné aux entournures devant ce mimétisme face aux autres groupes célèbres made in Göteborg. Vous trouverez ces mêmes guitares mordantes, ces rythmiques à la fois puissantes et très rapides, ces claviers et ces boucles électroniques omniprésentes et ce chant alterné entre hurlements et voix claires. Les riffs d’un « Illusions » pour ne citer qu’un titre font quand même très IN FLAMES… Très bon point par contre au niveau de la production, le son est impressionnant d’énergie, d’impact et de clarté. Grâces en soient rendues à Pontus Hjelm (DEAD BY APRIL) qui a produit, mixé et masterisé Tarassis au Studio PH en Suède.

Si vous aimez les ersatz de bonnes qualités et que vous n’êtes pas encore rassasiés en cette fin d’année de Death métal mélodique made in Göteborg, l’investissement dans ce second album de dEMOTIONAL. « Quod abundat non vitiat » disaient les romains, et pourtant l’écœurement et la lassitude pointent sérieusement le bout de leur nez.

Oshyrya (06/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Dead End Exit Records / 2014

Tracklist (56:51 mn) 01. Hero In Me 02. Illusions 03. Follow 04. To The Gallows 05. Neverland 06. Initialize The Calm 07. Broken Dreams 08. Star Without Fame 09. Two Tales From Tarassis 10. Miracles (feat. Pontus Hjelm)