Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Ah, l’univers obscur du black metal. Comme tout autre style, ce genre s’est vu, au fil des ans, développé à son maximum, au point où tout a déjà été fait et entendu et que très peu de formations arrivent à proposer un album qui ne soit pas rébarbatif à l’écoute. Heureusement, un groupe parvient tout de même à sortir du lot de temps à autres et à offrir un disque intéressant. C’est présentement le cas des Norvégiens de Posthum qui ont récemment sorti leur troisième effort : The Black Northern Ritual.

Il faut dire que Posthum avait déjà habitué son public à une musique d’une qualité on ne peut plus supérieure à la vaste médiocrité qui pollue la grande majorité de la scène black metal.  La différence se remarque à plusieurs niveaux : le processus de composition tout d’abord, beaucoup plus réfléchi et pondéré que celui d’un groupe de black metal lambda ; l’incorporation de passages plus prenants, presque catchy ou mélodique ensuite ("To the Pits" ou "North" notamment) qui en plus de laisser transparaître des mélodies, apportent de l’équilibre aux passages haineux et misanthropes, plus classiques du genre. Le disque compte sept titres ni trop courts, ni trop long, et surtout d’une efficacité implacable sans proposer de fioritures inutiles ni tomber dans la simplicité exacerbée. Le chant, de son côté, apporte la touche finale de désespoir et de haine au tout pour un résultat final qui s’écoute d’une seule traite et avec le sourire (si, si).

L’année 2014 aura non seulement riche en sorties, mais également en sorties qui en valent franchement le coup. Dans le rayon black metal, si vous cherchez quelque chose d’un peu différent de ce qui se retrouve sur cette scène en général, penchez-vous sur The Black Northern Ritual de Posthum.  Pas de true black metal à l’horizon mais tellement plus que ça, et c’est tant mieux !

Lisa (9/10)

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Indie Recordings / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Demon Black Skies 2. Condemned 3. To The Pits 4. The Black Northern Ritual 5. Vinter 6. A Disappearing Sun 7. North

Last Leaf Down – Fake Lights

oshy_21122014_Las-Lea_DowNous sommes tous fait d’innombrables contradictions. Alors que j’apprécie beaucoup l’école Power métal symphonique saturée d’orchestrations, de guimauve et de fioritures sucrées, je prends également un plaisir certains à l’écoute de chansons minimalistes ou l’atmosphère et les sentiments effleurés prennent l’ascendant sur une débauche de moyens et de pistes enregistrées en parallèle. Les suisses de LAST LEAF DOWN se positionne dans cette deuxième catégorie en offrant au public un premier disque, Fake Lights, qui s’enracine dans la scène shoegaze et post-rock.

Le groupe a connu une évolution musicale accélérée assez proche des expériences ANATHEMA, OPETH ou encore KATATONIA. Né en 2003 à Solothurn, ils évoluent alors dans une veine doom très sombre et pesante. L’arrivée d’un nouveau chanteur et d’un nouveau batteur en 2007 révolutionnera leur son pour glisser vers la démarche éthérée et atmosphérique dévoilée ici. Amateurs de longues plages planantes et de lignes de chant rêveuses et susurrées, Fake Lights devrait parler à votre petit cœur sensible. Les suisses ont un vrai talent pour tisser sous nos yeux une atmosphère chargée d’émotions, mélancolique, en quelques secondes avec une économie de moyens: quelques nappes de claviers, une rythmique et une guitare suffisent. Les musiciens semblent être en permanence à fleur de peau, la voix de Benjamin Schenk faisant le reste. Ce dernier n’est pas un chanteur exceptionnel mais il parvient quand même à transmettre beaucoup. Difficile de ne pas penser à la scène dark/coldwave des années 80 et en particulier à des albums comme le superbe et culte Disintegration des THE CURE. Nous pourrions également citer les plus contemporains KATATONIA, ANATHEMA ou MOGWAI.

En ce dimanche automnal gris et pluvieux, Fake Lights constitue une parfaire bande son. Sans orchestre ni trompette, les suisses parviennent à accoucher d’un album de qualité qui parvient à invoquer l’esprit des grands anciens du temps de leur splendeur à la fin des années 80. Saluons donc ces débuts réussis et attendons la suite de pied ferme tant il s’avère difficile de durer sur ce créneau.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Lifeforce Records / 2014

Tracklist (51:05 mn) 01. Refulgence (Intro) 02. In Dreams 03. The Thought That I Saw You 04. In These Waters 05. Inmost Life 06. Giant 07. Growing Fear 08. The Theme 09. An Endless Standoff 10. Truth Is A Liar 11. Wish To Leave 12. Born Dead 13. Fake Lights In The Sky

oshy_21122014_KaledCette fin d’année 2014 me semble particulièrement emprunte d’une belle dose de nostalgie. Cela vient peut-être de votre serviteur lui-même mais quelques sorties récentes ont de quoi créer une brèche temporelle nous renvoyant dix ans en arrière. Après Astralion (chronique ici) qui tentait maladroitement de rendre à la vie la période faste du Speed Métal à la STRATOVARIUS, voici les italiens qui reviennent nous voir avec une régularité métronomique un nouvel album sous le bras. Il s’agit d’un des rares groupes (avec ANCIENT BARDS par exemple) à maintenir vivace cette école transalpine du power métal symphonique en complément des deux incarnations de RHAPSODY.

Un an et demi après Altor: The King's Blacksmith (chronique ), voici donc Antillius: The King Of The Light qui narre la vie du roi de Kaledon, l’un des personnages de la Legend Of The Forgotten Reign saga développée sur six albums entre 2002 et 2010. Musicalement parlant, les italiens se veulent être les héritiers d’une longue tradition et continuent leur quête en appliquant encore et encore la recette type. Rien de bien nouveau sous le soleil, les riffs et les rythmiques de guitares sont puissantes à souhait, les orchestrations et nappes de claviers ne manquent pas et le chant de Marco Palazzi tente d’insuffler une âme à l’ensemble. Pour un vieux fan comme moi de cette scène transalpine, le résultat est loin d’être désagréable même si l’impression de déjà-entendu s’impose rapidement. Signalons le duo masculin féminin sur « Elisabeth » avec la présence d’Angela di Vincenzo de SECRET RULES en guest. La pochette quant à elle est signée du désormais incontournable Felipe Machado Franco qui signe les visuels de 80% des groupes speed / power (BLIND GUARDIAN, RHAPSODY, SINBREED, BRAINSTORM)…

Sans que je ne puisse véritablement l’expliquer, autant le précédent opus de KALEDON m’avait déçu, autant celui-là trouve quelques grâces à mes yeux. La recette est rigoureusement identique et pourtant, ces chansons semblent posséder une attractivité et un souffle absent de l’album précédent. Je vieillis et ce qui me rappelle des temps apparemment plus heureux et plus simples rencontre une certaine résonnance. Ma conclusion précédente est toujours d’actualité : préférez les originaux vieux d’un moins une décennie mais si vous cherchez une variation contemporaine, KALEDON devrait faire l'affaire.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Scarlet Records / 2014

Tracklist (66:13 mn) 01. In Aeternum 02. The Calm Before The Storm 03. Friends Will Be Enemies 04. Elisabeth 05. New Glory For The Kingdom 06. The Party 07. The Evil Conquest 08. Light After Darkness 08. The Angry Vengeance 09. My Will 10. The Glorious Blessing 11. The Fallen King