Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Zaum – Oracles

a1225147658_10Le milieu musical est un domaine plein de surprises. Le quotidien du chroniqueur lambda l'est tout autant. En écoutant de la musique au kilomètre, il est facile d'être blasé de tout. Pourtant, il arrive qu'un album, au milieu de milliers d'autres, vous retourne. Oracles est de ceux là.

Fruit du travail d'un duo canadien débarqué de nulle part, cet album risque de marquer le doom, d’obédience psychédélique, d'une pierre blanche. En quatre mouvements de presque 1/4 d'heure chacun, l'album transporte l'auditeur. Zaum nous convie à un voyage initiatique. C'est intense, presque chamanique. Les riffs de basse sont entêtants et amènent à la transe tandis que les mélodies, lourdes et intenses, se gravent instantanément dans le cerveau. C'est du tout bon.

A l'image de sa pochette, véritable prolongement du Dopesmoker de Sleep, Zaum nous emmène au milieu de nulle part et nous fait découvrir les tréfonds de sa psyché. C'est passionnant et l'affaire se clôt avec un sabbathien et pachydermique « Omen » qui laisse pantois.

Nico (8,5/10)

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I Hate Rec/2014

01. Zealot 02. The red sea 03. Peasant of Parthia 04. Omen

Counterpunch – Bruises

oshy_20122014_CounterpuLe monde aurait été bien triste si le mouvement punk n’avait pas existé. Mieux qu’une boite d’antidépresseur, l’écoute d’un album saura redonner le moral à un lapon dépressif et le remettre sur les bons rails. En cette fin d’année morose, l’arrivée de ce disque des américains de COUNTERPUNCH pourrait être exactement ce dont nous avions besoin.

Le groupe est né en 2004 à Chicago et compte actuellement en son sein Eric Hausser, Jared Rohde, Jim Margle (WE ARE THE UNION) & Brian Phee (BREAK THE SILENCE). Ils sont loin d’être ici à leur coup d’essai puiqu’ils peuvent fièrement afficher déjà trois albums sous le bras. Le petit dernier, Bruises, sort chez Cyber Tracks Records (label fondé et géré par El Hefe de NOFX). La recette du punk rock est d’une simplicité biblique mais elle a la capacité de créer des merveilles une fois qu’elle est appliquée avec talent. Les riffs se veulent immédiatement mémorisables, solidement soutenus par une section rythmique endiablée et les refrains doivent claquer d’entrée. Pas la peine d'en faire des tonnes et de multiplier les glaçages inutiles, en deux ou trois minutes la messe doit être dite. COUNTERPUNCH a eu l’occasion de beaucoup tourner tout au long de sa carrière et cela se sent. Ils font preuve d’un savoir-faire évident pour pondre des chansons solides à la chaîne. Avec ce supplément de soleil qui évoque immanquablement le soleil des campus californiens ou floridiens. Le label cite RAGE AGAINST THE MACHINE. Cette référence s’avère être un mystère pour moi, parlons plutôt de GREEN DAY voir THE OFFSPRING. L’album est court avec à peine un peu plus de trente minutes au compteur et il faut bien avouer que les chansons finissent par se ressembler sur le dernier tiers de l’album.

Américain jusqu’au bout des ongles sur le fond et le forme, très ancré dans le rock des années 90, Bruises ne révolutionnera pas votre paysage musical mais vous apportera un shot d’adrénaline.

Oshyrya (06/10)

 

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Cyber Tracks Records / 2014

Tracklist (33:16 mn) 01. Guardrails 02. Bruises 03. Young & Entitled 04. Heartstrings 05. No Man's Land 06. Destroyed By Lions 07. Blueprint 08. Clay Pigeon 09. Grinder 10. Peace Through Superior Firepower 11. Bonfire

Nous avions quitté Blut Aus Nort sur le dernier volet de la trilogie 777, un album lumineux, presque apaisant. Le contraste est dès lors d’autant plus flagrant aujourd’hui à l’écoute de ce Memoria Vetusta III qui renoue avec des sonorités plus brutes sans pour autant renier quelques éléments de son prédécesseur.

Parce que oui, Blut Aus Nort ne fait pas les choses comme les autres. On a beau revenir, à première vue, à un Black Metal plus orthodoxe, les Français n’ont pas pour autant décidé de renoncer à toute mélodie, et chaque plage recèle de moments presque poignants sans pour autant verser dans le larmoyant. Certains usent et abusent parfois de superlatifs pour s’extasier devant des groupes purement génériques, je me demande s’ils arriveraient encore à trouver les mots justes pour décrire cet album s’ils avaient de meilleurs goûts musicaux.

D’un point de vue purement subjectif, je regrette une petite chose sur cet album : le rôle très limité du chant qui n’intervient que (trop) sporadiquement alors que les deux registres utilisés (chant BM et chant clair) auraient pu, à mon avis, encore magnifier des morceaux déjà passionnants. Memoria Vetusta III reprend la touche lumineuse du dernier volet de la trilogie 777 et l’accouple à un album plus rugueux, et le résultat est magistral. Voilà un album qui vient ébranler toutes mes certitudes pour mon classement des meilleurs de l’année. Même Satanic Warmaster et Enthroned, qui nous ont pourtant livré deux albums de qualité supérieure, devront s’avouer vaincus face à ce nouveau chef-d’œuvre de BAN. Ils sont forts, ces Français.

Mister Porn (9/10)

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Debemur Morti Productions / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Prelude 2. Paien 3. Tellus Mater 4. Forhist 5. Henosis 6. Metaphor Of The Moon 7. Clarissima Mundi Lumina