Sans vouloir maladroitement paraphraser le Hamlet Shakespeare, il semble qu’il y ait quelque chose de cramoisi dans le Royaume de Russie. Voici sous nos yeux ébahis que se présente à nous le nouvel album des russes de CRIMSON BLUE, The Angelic Performance. Nos amis ne sont pas des débutants puisqu’ils ont déjà publié un premier opus, Innocence, en 2011.
Sous la forme d’un melting-pot mêlant à la fois Gothic Métal, Nu-Métal et Art Rock, le groupe se positionne dans la mouvance des EVANESCENCE et autres LACUNA COIL. Leur son se caractérise par une guitare et une basse huit cordes accordées très bas et une chanteuse soprano. Le tout donne une musique riche et épaisse, dans l’ensemble assez sombre et agressive tout en se voulant accessible et mélodique. Ces chansons ne transpirent la joie et se plaisent à tisser un paysage particulièrement lourd et inquiétant. Le propos est loin d’être simpliste et les russes développe des chansons aux structures complexes même si un grand soin a été pris pour maintenir toujours l’auditeur à flot à travers une ligne mélodique qui reste sans cesse à la surface.
Tout ce matériel est dense et il faudra de nombreuses écoutes pour en faire le tour. Ce jeu de contraste en une musique tranchante et un chant féminin mélodique s’avère plutôt réussi et pourrait parfois évoquer le travail d’un STREAM OF PASSION de Marcela Bovio. Les influences gothiques ajoute encore au charme de CRIMSON BLUE et rend l’expérience The Angelic Performance franchement agréable. Cette chape de plomb se voit régulièrement suspendue par quelques touches de douceur comme « 3rd Eye Close ». L’album se clôt sur un morceau de bravoure de plus de onze minutes, « Black Wings » qui n’aurait pas renié un TRISTANIA ou plus récemment un DIABULUS IN MUSICA avec quelques touches Nu-Métal ici et là au niveau des riffs. Les orchestrations sont particulièrement soignées et font des merveilles.
Venus de nulle part, sans crier gare, les russes de CRIMSON BLUE impressionnent très favorablement avec un second album réussi. Le talent et le savoir-faire sont évidents et ils sortent un peu des sentiers battus en mélangeant des influences pas si communes. Pas sûr malheureusement qu’ils parviennent à atteindre beaucoup de fans mais espérons que les efforts du groupe et de son label payent rapidement. Ils viennent d’achever une tournée en Europe Centrale aux côtés de TARJA TURUNEN. Nous n’avons aucun doute sur le fait qu’ils ont forcément étonné très favorablement plus d’un spectateur venus applaudir la belle finlandaise. Voici une belle découverte !
Oshyrya (08/10)
My Kingdom Music / 2014
Tracklist (60:24 mn) 01. Locust 02. Dolores 03. 3rd Eye Close 04. Sacrifiction 05. Mechanical Madonna 06. Road To Oblivion 07. Lab II Yggdrasil 08. Dark Heart Of Mine 09. Tonalli 10. Black Wings
J’avoue que le comeback de Carcass m’avait fait chaud au cœur. C’était beau, cette bande de vieux briscards des îles, désormais épaulés de deux petits jeunots qui nous faisaient le coup du « hey, nous revoilà et on n’a pas moisi comme les autres vieux cons ! ». Surgical Steel m’avait positivement surpris. Mais là, le coup du petit ep « j’en avais un peu plus, je vous le mets quand même », on va avouer que ça sent à la fois le coup de marketing et le grattage de fonds de tiroir.
Devin Townsend, je te déteste. Je te déteste depuis que tu as tué Strapping Young Lad, un de mes groupes préférés, si pas mon préféré, même devant Slayer et Marduk – le groupe qui avait su canaliser l’essence même de la folie et la retranscrire en musique. Il ne se passe pas une semaine sans que je ne réécoute le concert de SYL au Download : je le connais presque par cœur. Et si je te déteste tant, c’est parce que ta décision de mettre la clé sous le paillasson n’a pas débouché sur ta disparition pure et simple dans les rayons des disquaires. Au contraire, tu inondes les bacs avec des sorties au niveau de qualité fluctuant fortement. Là où Strapping Young Lad maintenait la barre suffisamment haut, tes nouveaux projets versent parfois dans la simplicité crasse ou le grand n’importe quoi. Et cette fois, c’est un double album que tu nous proposes. Le double album est par définition une idée merdique, et même si tu nous proposes en fait deux albums distincts, tu ne déroges pas à la règle et tu tombes dans ce piège.