Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

oshy_17122014_Crimso_BluSans vouloir maladroitement paraphraser le Hamlet Shakespeare, il semble qu’il y ait quelque chose de cramoisi dans le Royaume de Russie. Voici sous nos yeux ébahis que se présente à nous le nouvel album des russes de CRIMSON BLUE, The Angelic Performance. Nos amis ne sont pas des débutants puisqu’ils ont déjà publié un premier opus, Innocence, en 2011.

Sous la forme d’un melting-pot mêlant à la fois Gothic Métal, Nu-Métal et Art Rock, le groupe se positionne dans la mouvance des EVANESCENCE et autres LACUNA COIL. Leur son se caractérise par une guitare et une basse huit cordes accordées très bas et une chanteuse soprano. Le tout donne une musique riche et épaisse, dans l’ensemble assez sombre et agressive tout en se voulant accessible et mélodique. Ces chansons ne transpirent la joie et se plaisent à tisser un paysage particulièrement lourd et inquiétant. Le propos est loin d’être simpliste et les russes développe des chansons aux structures complexes même si un grand soin a été pris pour maintenir toujours l’auditeur à flot à travers une ligne mélodique qui reste sans cesse à la surface.

Tout ce matériel est dense et il faudra de nombreuses écoutes pour en faire le tour. Ce jeu de contraste en une musique tranchante et un chant féminin mélodique s’avère plutôt réussi et pourrait parfois évoquer le travail d’un STREAM OF PASSION de Marcela Bovio. Les influences gothiques ajoute encore au charme de CRIMSON BLUE et rend l’expérience The Angelic Performance franchement agréable. Cette chape de plomb se voit régulièrement suspendue par quelques touches de douceur comme « 3rd Eye Close ». L’album se clôt sur un morceau de bravoure de plus de onze minutes, « Black Wings » qui n’aurait pas renié un TRISTANIA ou plus récemment un DIABULUS IN MUSICA avec quelques touches Nu-Métal ici et là au niveau des riffs. Les orchestrations sont particulièrement soignées et font des merveilles.

Venus de nulle part, sans crier gare, les russes de CRIMSON BLUE impressionnent très favorablement avec un second album réussi. Le talent et le savoir-faire sont évidents et ils sortent un peu des sentiers battus en mélangeant des influences pas si communes. Pas sûr malheureusement qu’ils parviennent à atteindre beaucoup de fans mais espérons que les efforts du groupe et de son label payent rapidement. Ils viennent d’achever une tournée en Europe Centrale aux côtés de TARJA TURUNEN. Nous n’avons aucun doute sur le fait qu’ils ont forcément étonné très favorablement plus d’un spectateur venus applaudir la belle finlandaise. Voici une belle découverte !

Oshyrya (08/10)

 

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My Kingdom Music / 2014

Tracklist (60:24 mn) 01. Locust 02. Dolores 03. 3rd Eye Close 04. Sacrifiction 05. Mechanical Madonna 06. Road To Oblivion 07. Lab II Yggdrasil 08. Dark Heart Of Mine 09. Tonalli 10. Black Wings

J’avoue que le comeback de Carcass m’avait fait chaud au cœur. C’était beau, cette bande de vieux briscards des îles, désormais épaulés de deux petits jeunots qui nous faisaient le coup du « hey, nous revoilà et on n’a pas moisi comme les autres vieux cons ! ». Surgical Steel m’avait positivement surpris. Mais là, le coup du petit ep « j’en avais un peu plus, je vous le mets quand même », on va avouer que ça sent à la fois le coup de marketing et le grattage de fonds de tiroir.

Au programme, quelques titres qui, semblent-ils, n’ont pas mérité leur place sur la galette… et à l’écoute de cet ep, je ne peux que donner raison à Bill et sa bande. Parce que Surplus Steel fleure le Surgical Steel en roue libre, avec moins de punch. Alors oui, on reconnaît la tendance générale de l’album dans ces titres, on reste dans le même esprit, mais si ces titres ne valaient pas suffisamment le coup pour être intégré à l’album, pourquoi prendre la peine de les coller sur une sortie quelques mois plus tard ? Je me pose sincèrement cette question, et à moins d’avoir enchaîné orgasme sur orgasme à l’écoute de Surgical Steel, je ne vois pas vraiment comment le fan moyen de Carcass pourra prendre son pied sur ce complément de Metal à la sauce Carcass.

Mister Porn (on nous prend pour des vaches à lait/10)

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Nuclear Blast Records / 2014
Tracklist (17:40) 1. A Wraith in the Apparatus 2. Intensive Battery Brooding 3. Zochrot 4. Livestock Marketplace 5. 1985 (Reprise)

Devin Townsend Project – Z²

Devin Townsend, je te déteste. Je te déteste depuis que tu as tué Strapping Young Lad, un de mes groupes préférés, si pas mon préféré, même devant Slayer et Marduk – le groupe qui avait su canaliser l’essence même de la folie et la retranscrire en musique. Il ne se passe pas une semaine sans que je ne réécoute le concert de SYL au Download : je le connais presque par cœur. Et si je te déteste tant, c’est parce que ta décision de mettre la clé sous le paillasson n’a pas débouché sur ta disparition pure et simple dans les rayons des disquaires. Au contraire, tu inondes les bacs avec des sorties au niveau de qualité fluctuant fortement. Là où Strapping Young Lad maintenait la barre suffisamment haut, tes nouveaux projets versent parfois dans la simplicité crasse ou le grand n’importe quoi. Et cette fois, c’est un double album que tu nous proposes. Le double album est par définition une idée merdique, et même si tu nous proposes en fait deux albums distincts, tu ne déroges pas à la règle et tu tombes dans ce piège.

La première galette ? Une resucée d’Epicloud. C’est heureux, aérien, gnangnan à crever. J’en attrape des envies de meurtre et de coups et des blessures avec un pied de chaise. Bon, cette fois, tu auras eu la décence de ne pas violer la dépouille de SYL (« Lucky Animals » sur Epicloud pompait allègrement une rythmique de « Monument »), mais ce mariage musical improbable avec Anneke est une fausse bonne idée. Cet album me saoule. Vous me direz que je ne dois m’enfermer dans le passé, que Devin est maintenant heureux dans ce qu’il fait. Bande de niais. Devin me donne l’impression d’un monstre bridé, d’un lion auquel on aurait arraché dents et griffes et qu’on aurait flanqué sous Xanax pour lui enlever toute envie de bouffer du steak d’homme. « Universal Flame » me donne presque envie de pleurer tant c’est cucul. Mais le pire reste à venir.

Parce que la deuxième plaque, c’est la suite de Ziltoid Ze Omnichiant. Et là je dis merde. Ici, Devin laisse libre cours à son imagination débordante pour nous balancer à la gueule un gloubiboulga indigeste à souhait, chœurs dignes d’un dessin animé de Disney (ils parlent même d’une princesse !) et narration. J’ai entendu des mimimimimimimimi sur « War Princess » et j’ai décroché. J’ai sorti la galette et je l’ai lancée loin, comme une soucoupe volante. Vas-y Ziltoid, retourne sur ta putain de planète et crève d’une overdose de caféine !

Devin était un génie. Jusqu’à présent, j’étais persuadé que le monde avait toujours besoin de Devin, toujours besoin de ce gars qui ne s’était pas contenté de toucher la perfection, mais qui l’avait prise et retournée dans tous les sens tout en dégueulant City. J’avais tort. Je lui suis juste reconnaissant d’une seule chose : qu’il ait solennellement promis de ne jamais réactiver Strapping Young Lad. Voilà au moins un mythe qu’il ne souillera pas. Si vous me cherchez, je me refarcis le live de Download. Fuck you all and your ugly mother.

Mister Porn (you gave us City, you’re such a pity now/10)

 

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HevyDevy Records / 2014
Tracklist
Disc 1 – Sky Blue (57:58) 1. Rejoice 2. Fallout 3. Midnight Sun 4. A New Reign 5. Universal Flame 6. Warrior 7. Sky Blue 8. Silent Militia 9. Rain City 10. Forever 11. Before We Die 12. The Ones Who Love  
Disc 2 – Dark Matters (60:23) 1. Z² 2. From Sleep Awake 3. Ziltoidian Empire 4. War Princess 5. Deathray 6. March of the Poozers 7. Wandering Eye 8. Earth 9. Ziltoid Goes Home 10. Through the Wormhole 11. Dimension Z