En ces temps de démesure, il est bon et salvateur de revenir parfois aux racines des choses et chercher une simplicité empreinte de pureté. Voilà mon état d’esprit à l’écoute de ce nouvel album des lorrains de GREENWICH CAVERN.
L’aventure a débuté loin de l’hexagone, de l’autre côté de l’Atlantique, dans un bar dénommé The Cavern, situé à Greenwich Village à New York. Walter Gallay et Eric Revel s’y rencontrent, papotent et décident d’unir leurs efforts artistiques au sein d’un projet musical commun. Ils partagent la même passion pour le rock des 70’s teinté de Blues (DEEP PURPLE, LED ZEPPELIN ou encore FREE). De retour chez nous, ils se mettent au travail et en compagnie d’autres camarades de jeu, enregistrent un premier album à tendance glam-funky, Other Side. Les concerts s’enchaînent, le groupe va muter en power-trio mais seul Eric Revel reste à la barre du bateau. En septembre 2012, le trio sort un double CD/DVD intitulé Travel et reprend ses séries de concerts. Le public français réagit très positivement et les dates à l’étranger se multiplient également. Bad Reputation qui les suit dès le début suggère de prendre un peu plus de temps à la composition d’un album plus bluesy et plus travaillé. Le trio s’attèle alors à l’écriture de Monkeys on Mountain.
Ne cherchez pas ici midi à quatorze heure, GREENWICH CAVERN va à l’essentiel et retire de ses musique toutes les fanfreluches inutiles. Deux guitares, une basse, une batterie et un chant grave à souhait, voici la recette du bonheur Made in Lorraine. Et il faut rapidement rendre les armes et avouer que ces messieurs ont un certain talent ou un talent certain pour pondre des titres de caractère mêlant langoureusement rock et blues. Les riffs claquent, les rythmes bastonnent et les refrains manquent rarement la cible. La testostérone coule à flot et les paroles très poétiques d’un « So Much Love » ne diront pas le contraire. Bien sûr cela fait bien cliché mais cela fait partie du trip power rock du groupe. Les chansons oscillent entre trois et quatre minutes et vont directement à l’essentiel. Pas la peine de réfléchir trop longtemps, les tripes mènent ici la danse, pas le cerveau.
Monkeys on Mountain ne changera pas la face du monde rock mais confirme écoute après écoute qu’il s’agit d’un travail sérieux à même de réveiller vos instincts rock les plus profondément enfouis. Il n’est pas désagréable de pouvoir ainsi débrancher et laisser son cerveau reptilien prendre le pouvoir.
Oshyrya (6,5/10)
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Bad Reputation / 2014
Tracklist (39:40 mn) 01. Devil’s Ride 02. So Much Love 03. Monkeys on Mountains 04. Groupie 05. No Reason 06. Nobody Knows 07. How to Die 08. Far 09. See You 10.Rockbox 11. Fuckin’ Bastard Rock’N’Roll
Ne jamais prendre à la légère le fond par rapport à la forme. Bien sûr le plus important reste la musique mais ce serait une grave erreur de négliger la façon dont cette musique est présentée à l’auditeur potentiel. Nos compatriotes de WILDPATH l’ont bien compris et mettent les fans de speed métal symphonique dans le meilleur état d’esprit possible en présentant leur nouvel opus, Disclosure, sous la forme d’un digipak soigné aux visuels léchés et attrayants. Saluons l’effort qui coûte bien de temps et de l’argent à ses géniteurs.
Mais tous ces efforts seraient bien vains sur musicalement le groupe n’assurait pas et se vautrait lamentablement. WILDPATH n’est pas à son coup d’essai et accumule désormais une belle expérience avec déjà trois albums sous le bras : Nyx Secrets, Non Omnis Moriar (2009) et Underneath (2011). Et les parisiens ont su mettre en œuvre tout ce savoir-faire pour venir à bout d’un album complexe et ambitieux comme Disclosure.
Les racines speed métal symphonique dont bien toujours présentes mais le groupe a souhaité expérimenter et découvrir de nouveaux paysages. Les touches électro sont légions en plus des orchestrations, l’approche se veut parfois assez minimaliste, brut de décoffrage avec des rythmiques très en avant par apport aux ornementations mélodiques. La guitare se veut également assez tranchante, rugueuse sans oublier de devenir technique et virevoltante lors des soli. Le tout donne un côté assez artificiel et glacial qui colle bien avec le concept développé. Ces choix sont courageux et il faut rendre hommage à cette prise de risque. La première écoute risque d’en surprendre et d’en décontenancée plus d’un mais elle laisse heureusement un petit goût de revient qui pousse à relancer la touche play de son lecteur.
Et à chaque fois, de nouveaux horizons apparaissent, tous les petits détails émergent et fourmillent pour donner du corps, de l’épaisseur à cet album. Disclosure se révèle difficile d’accès mais les plus courageux seront récompensés. Tout n’est pas parfait avec une production un peu trop rugueuse parfois (la batterie surtout), nous aurions aimé un son plus puissant et rond. Le résultat est plus qu’honorable mais ne peut rivaliser avec les meilleures productions européennes (mais les budgets ne sont pas les mêmes). Marjolaine Bernard assure avec brio les parties de chant même si une pointe d’accent fera sourire ici ou là.
Après le très épique Underneath, WILDPATH surprend et jette un froid avec Disclosure. Loin de nous déplaire cette approche plus électro, artificielle montre et démontre le talent certain des parisiens et nous laisse admirer une autre facette de leur travail. Olivier Caron et Alexis Garsault ont fait un sacré travail. Un illustre inconnu a écrit : « Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois ». C’est bien le cas ici.
Oshyrya (08/10)
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Wildpath – Brennus Music / 2014
Tracklist (54:36 mn) 01. Concealed 02. Outcast 03. Ignited 04. Ex Cinere 05. Petrichor 06. Confined 07. Delusion 08. Unborn 09. Hollow 10. Absentia 11. Disclosure
7
Comme une vanne récurrente au sein de la rédaction, à chaque nouvelle sortie du label This is Core Records, nous pensons tous: « voilà un nom qui nous fait rêver ». Disons que cette scène deathcore/post-hardcore à la mode laisse la quasi-totalité d’entre nous de glace. Oui nous sommes tous des dinosaures maintenant diront certains, des parents avec des obligations qui ont perdu l’esprit rebelle et foufou des débuts. C’est possible mais nous avons surtout des oreilles pour entendre et vitre comprendre que la majorité de ces groupe se ressemblent tous et passent leur temps à recycler les mêmes rengaines (oui si tu as moins de 35 ans tu n’utilises pas ce mot). Ce n’est pas les seuls mais la nostalgie ne joue pas comme elle peut le faire pour ces innombrables groupes heavy metal.
Les courageux du jour s’appelle ELYNE et le groupe a vu le jour en 2013. Après la sortie d’un premier EP, Syncretism, les transalpins ont sillonné toute l’Europe pour se faire un nom et emmagasiné de l’expérience. Voici un premier album qui doit confirmer (ou pas) le potentiel du groupe.
Allez, ne soyons pas mauvaise langue, ELYNE a passé sous nos fourches caudinesde la rédaction sans blessure et ne s’en est pas si mal sorti. Ce What Burns Inside se laisse écouter sans déplaisir et quelques rayons de lumière viennent parfois percer entre les nuages. L’énergie développée par la formation de Ravenne fait plaisir à entendre et ils ne ménagent pas leurs efforts. Musicalement cela reste assez mélodique avec un côté assez technique. Le chant est principalement hurlé à l’exception des refrains qui se veulent rassembleurs et accrocheurs. Le contraste ne fonctionne pas systématiquement et tombe parfois à plat. Les transalpins ne se sont pas éternisés et proposent ici neuf chansons très calibrées autour des quatre/cinq minutes et une intro instrumentale. ELYNE n’a pas eu peur d’expérimenter et de sortir de la routine habituelle en proposant des compositions plus étranges comme ce « G.O.D. (God of Dreams) » assez atmosphérique.
Sans atteindre des sommets, les italiens s’en tirent ici avec les honneurs. A leur niveau, sans fanfaronner, ils ont bien travaillé et offrent un album solide et appliqué. Ce n’est pas génial, cela reste un post-hardcore prévisible et attendu mais dans le genre nous avons récemment écouté tellement pire… Dans ce contexte-là, ne soyons pas trop exigeants.
Oshyrya (06/10)
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This Is Core Records / 2014
Tracklist (36:27 mn) 01. Oblivion 02. What Burns Inside 03. That Is Real 04. G.O.D. (God of Dreams) 05. N. 28 06. Behind the Smiles 07. Not the Same Flags 08. The Sound of the Life 09. Invisible Lines 10. The Great Winter