Les autrichiens de KONTRUST avaient agréablement surpris cette rédaction lors de la publication de leur précédent opus, Second Hand Wonderland (chronique ici). Il est désormais si rare de voir un groupe oser une approche et une démarche originale pour ne pas apprécier la qualité des chansons proposées et surtout l’humour omniprésent. Trop d’artistes se prennent beaucoup trop au sérieux. Les voici qui remettent le couvert en cette fin d’année via ce Explositive.
On ne change pas l’orientation musicale, KONTRUST continue de n’en faire qu’à sa tête faisant fi des conventions et mélangent allégrement les genres. Ne chercher pas midi à quatorze heure, les titres se veulent immédiatement accessibles à l’image du premier single « Just Propaganda ». Ce rythme martial, des discrètes touches électro et ces mélodies vocales attrayantes feront mouche à coup sûr. Toutes les ressemblances avec des chansons du passé comme « Bomba » ne sont pas des coïncidences. Les autrichiens ont su développer un style facilement reconnaissables et exploitent le filon au maximum. Un sentiment de déjà entendu émerge progressivement, il faudra faire attention de ne pas s’enfermer dans l’épuisement jusqu’à l’écœurement des différentes variations possibles d’une même recette.
Les chansons oscillent entre trois et quatre minutes évitant ainsi les développements stériles. Le concept du groupe s’accorde mieux de ces formats courts, des riffs et des rythmiques féroces complétés d’une mélodie et des refrains accrocheurs. Ajoutez cela des influences très variées et vous obtenez un rock crossover convaincant. Il semble évident que KONTRUST est avant tout un groupe de scène et donne sur les planches son plein potentiel. Il y largement ici de quoi faire chanter à tue-tête le public et lui faire brûler quelques milliers de calories à force de taper du pied et des mains. Agata et Stefan continuent à se partager très efficacement le micro et l’équilibre se crée très facilement. Le vingt-troisième degré n’a pas été oublié aussi bien au niveau des chansons comme « Why » ou des visuels (ne vous invite à regarder le clip de « Just Propaganda » pour vous convaincre).
Comme Second Hand Wonderland, Explositive peut s’apparenter à l’injection d’un dose massive d’énergie et de bonne humeur en direction de l’auditeur. L’album peine un peu plus sur la fin mais on pardonne aisément cette faiblesse à KONTRUST tant leur musique apporte fraicheur et légèreté. Encore une fois, ne ratez pas le groupe sur scène si l’occasion de les voir se présente à vous. Le résultat ne devrait pas être triste…
Oshyrya (07/10)
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Napalm Records / 2014
Tracklist (41:33 mn) 01. Dance 02. Why 03. Just Propaganda 04. I Freak On 05. Shut Up 06. Cosmic Girls 07. Vienna 08. Bulldozer 09. Play! 10. This Is My Show 11. Bad Time
David Coverdale et son Serpent Blanc n'ont pas été avares de disque live récemment : Made in Japan (2013), Made in Britain (2013) après l'excellent Live in The Shadow Of The Blues (2006). Et ils ont même déterré les bandes du concert de Donington de 1990 pour les proposer à l'écoute. Avec ce Live In 1984 – Back To The Bone, nous sommes dans les vieilleries encore plus assumées puisque le disque regroupe des extraits des concerts donnés par Whitesnake pour la promotion du disque de l'explosion commerciale : l'excellent Slide It In (1984). A priori le tout semble très alléchant : on a tout lieu de se ravir de pouvoir entendre un David Coverdale alors au top de sa forme vocale, de profiter du jeu de Cozy Powell qui quittera le navire sur le disque suivant, ou jouir de la guitare d'un John Sykes dont le rôle fut décisif sur 1987 mais qui a laissé peu de traces de ses prestations live avec Whitesnake.
On sera vite désappointé toutefois. Certes, on admettra que Coverdale a fait ce qu'il a pu en cherchant au fin fond de son grenier toutes les bandes existantes. Il n'en reste pas moins qu'on ne dispose ici que d'une dizaine de chansons, certaines étant présentées sous plusieurs versions, notamment par l'introduction d'extraits de la prestation du groupe au festival japonais Super Rock au Seibu Stadium de Tokyo. Certes, on ne se plaindra pas d'entendre un medley de « Gambler », « Guilty Of Love », « Love Ain't No Stranger » et « Ready 'N' Willing », surtout que Jon Lord y fait une (ultime) apparition avant de rejoindre Deep Purple pour la reformation du Mark II. Mais, on remarquera qu'il manque quelques classiques (« Here I Go Again », « Fool For Your Loving ») et que Slide It In est surreprésenté.
Le gros point noir gît surtout dans la qualité sonore : déséquilibre entre les instruments (les claviers sont fantomatiques), larsens à gogo de la guitare, saleté globale… Nous sommes ici dans la cadre d'un bootleg en fait. Et même pas ce qui se fait de meilleur dans le genre. Certes, cela s'écoute car Whitesnake et Coverdale étaient franchement en forme en ce temps. Quand à John Sykes il brille, notamment sur le long solo de « Crying In The Rain ». Mais, à moins d'être un fan total de Whitesnake, il n'y a pas lieu de se pencher plus que cela sur ce Live In 1984 – Back To The Bone.
Le plus triste est sans doute de constater que David Coverdale a déniché ce qui existait de plus présentable, comme concert de cette époque bénie pour Whitesnake. Il y a donc bien peu de chance que nous puissions écouter une disque live pleinement représentatif de cette époque dorée pour Whitesnake. C'est doublement dommage.
Baptiste (5,5/10)
Frontiers / 2014
Tracklist : 1. Gambler 2. Guilty Of Love 3. Love Ain’t No Stranger 4. Slow An’ Easy 5. Walking In The Shadow Of The Blues 6. Ready An’ Willing 7. Guitar Solo 8. Crying In The Rain 9. Soldier Of Fortune. Super Rock 1984 10. Love Ain’t No Stranger 11. Ready An’ Willing 12. Slow An’ Easy EP Audio Track Jon Lord’s Final Performance with Whitesnake 13. Medley: Gambler – Guilty of Love – Love Ain't No Stranger – Ready an' Willing
Les soirées beuveries finissent rarement par accoucher d’une grande idée. Ce qui semble absolument génial avec trois grammes d’alcool dans le sang apparait bien terne et sans intérêt une fois sobre. Cette maxime populaire synthétise bien la conclusion qui s’impose une fois cet EP des britanniques de MISGIVINGS sur la platine.
Tout a commencé donc en 2013 après beaucoup trop d’alcool à notre goût. Le quatuor décident de se lancer dans le grand bain de la scène punk rock et nous propose sa propre déclinaison pas très originale. Après bien des concerts et des tournées dans des conditions souvent difficiles, nos quatre courageux sautent le pas et enregistrent cet EP comme ils le peuvent, avec les moyens du bord. Cet esprit DIY est très sympathique mais face à l’interminable liste de sorties mensuelles, MISGIVINGS risquent de rester longtemps dans l’ombre. Et puis plus grave, leurs chansons risquent de peiner à générer une once d’enthousiasme. La bonne volonté ne fait pas et les compositions offertes en pâtures sur cet EP sonnent encore trop brutes, pas assez travaillées. Dans le genre punk rock, il s’agit de proposer des titres courts et percutants avec des riffs accrocheurs et des refrains qui vous rentrent imparablement dans le crâne. Ici tout sonne assez brouillon et le chant éraillé et mal assuré n’aide pas. L’ennui et la torpeur monte rapidement et ne lâcheront pas prise pendant toute la durée du disque. N’est pas GREEN DAY qui veut… Cette référence au groupe américain n’est pas innocente, on croirait parfois entendre Billie Joe Armstrong, en beaucoup moins bien, derrière le micro.
Tout n’est pas à jeter ici, un peu de lumière tente vaillamment de sortir de l’obscurité. Des chansons comme « Niagara Falls, Frankie Angel » et « The Natives » sauvent Delete History du naufrage. Les britanniques ont raison de vivre leur passion jusqu’au bout mais ils leur restent encore bien du travail pour espérer émerger des ténèbres. Delete History est un (très petit) pas dans la bonne direction.
Oshyrya (05/10)
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Autoproduction / 2014
Tracklist (20:54 mn) 01. Century 02. It's A Bone, You Lucky Dog 03. The Natives 04. Black Books 05. Niagara Falls, Frankie Angel 06. Stay Dull