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Triosphere – Heart Of The Matter

10647172_10152262001500810_8644394098140075144_nTriosphere n'a bien qu'un défaut : être avare de sa musique. Car ce troisième opus, Heart Of The Matter, arrive quatre ans après The Road Less Travelled (2010). Le premier essai, Opus remonte lui à 2006 ! Trois disques en huit ans, c'est peu même si on est conscient que les trois membres du groupe norvégien ne vivent sans doute pas de la vente de leurs disques. La contrepartie d'une telle parcimonie est une qualité d'un très haut niveau. Chaque disque me semble meilleur que le précédent et que Heart Of The Matter est assurément le meilleur de qu'a produit Triosphere.

Non que le propos ait fondamentalement changé : le power metal progressif et lyrique du groupe de la chanteuse et bassiste Ida Haukland conserve son style articulé autour la voix somptueuse d'Ida et des compositions complexes et racées du virtuose Marius « Silver » Bergesen. Les compositions, malgré l'influence progressive évidente et la richesse des idées, restent d'un format intermédiaire (aucune n'atteint les six minutes ce qu'on peut regretter). L'accessibilité est fondée largement sur la qualités des refrains emphatiques en diable d'Ida alors que la technicité s'étaie sur les modulations vocales impressionnates de la chanteuse, alternant le puissant, le lyrisque, le mélodique ou l'agressif, mais aussi sur le brio des solos fréquemment décoiffants et sur l'abondance des riffs truffés de syncopes et de contre-temps. 

Au milieu de cette floraison créative on distinguera tout particulièrement le majestueux « The Heart's Dominion » ou le plus mélodique « Breathless » qui lorgne légèrement vers le hard rock mélodique. « Remedy » intéressera tout particulièrement par sa structure duale avec l'apparition d'un piano inattendu en conclusion. « Steal Away The Night » avec ses parties doubles de guitare et son crescendo fait un sans faute, dans la lignée des morceaux les plus typiques du combo. « The Sentinel » retiendra l'attention tout particulièrement par son riff à se décroche les vertèbres et par son duo de guitares lors des solos. Et encore une fois le chant d'Ida y est divin. Il manque peut-être une pièce épique de huit ou neuf minutes pour que le bonheur soit sans nuage sur troisième disque.

« Le mieux est l'ennemi du bien » dit le proverbe. Heart of The Matter vient encore d'en démontrer la fausseté. Car il constitue un presque sans faute pour Triosphere. 

Baptiste (8,5/10)

 

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AFM Records / 2014

Tracklist : 1. My Fortress 2. Steal Away the Light 3. The Sentinel 4. Breathless 5. Departure 6. The Heart’s Dominion 7. As I Call 8. Relentless 9. The Sphere 10. Remedy 11. Storyteller 12. Virgin Ground

Oshy_07122014_UndersmpkLe chargé de promo du label This is Core est un garçon charmant mais il persiste à vouloir nous faire chroniquer des albums plus improbables les uns que les autres dans des styles qui sont loin de reporter tous les suffrages de la rédaction. Je garde moi aussi le secret espoir de trouver un jour un groupe qui trouvera grâce à mes yeux. Patate a connu récemment une épiphanie avec RISE OF THE NORTHSTAR (chronique ici) alors pourquoi pas moi.

Les victimes expiatoires du jour d’appelle UNDERSMOKINGDOORS (oui en un mot et en majuscules). Ce groupe est né à Turin en 2004 et a déjà quielques sorties sous le bras: un EP autoproduit, This Thecadance, en 2007, un premier album, One Minute Underground, publié en 2009 chez Myphonic Records et un disque live, 13 and LIVE!, enregistré en 2013 pour fêter dignement les dix ans d’existence du groupe. Voici la suite sous la forme d’un second opus, The Great Inertia.

Signalons d’emblée qu’il est gonflé de parler d’un album quand on ne propose que vingt-neuf minutes de musique. Aurait-il été compliqué d’ajouter deux ou trois chansons histoire d’atteindre (péniblement) les quarante minutes et ne pas ainsi laisser un goût amer à l’acheteur ? Espérons au moins que The Great Inertia sera vendu à prix modique.

UNDERSMOKINGDOORS présente la spécificité d’utiliser deux chanteurs qui évoluent tous les deux dans un registre chant clair masculin. Pas de hurlements ou de growls ici, nous restons entre gentlemen. Le premier contact avec la musique des transalpins s’avère plutôt positif avec des titres rock variés et assez plaisants. Les influences sont multiples, entre crossover, post-grunge et rock US, UNDERSMOKINGDOORS tirent efficacement son épingle du jeu avec des chansons attrayantes comme « Skeletons » et « Hollywood Thriller ». Ce choix de deux voix est payant en donnant plus d’épaisseur et de force aux différentes chansons. Les modèles sont évidents et assumés : DEFTONES, CHEVELLE, STONE SOUR pour n’en citer que quelque uns. Le son de ce disque est très bon, saluons donc le travail du groupe bien sûr mais également du producteur, Andrea Fusini.

UNDERSMOKINGDOORS a ici fait du bon travail et ils n’ont pas à rougir de ce disque. Je persiste à penser qu’il manque une ou deux chansons pour donner l’illusion d’en avoir pour son argent. Sans hurler au génie, les italiens nous promettent de passer un bon moment et tiennent leur pari.

Oshyrya (07/10)

 

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This Is Core Records / 2014

Tracklist (29:04 mn) 01. Hollywood Thriller 02. Skeletons 03. H.O.T.T. (Hands Off the Trigger) 04. Bulletproof 05. Confess 06. The All Night Satellite 07. Number One Gun 08. My Own Summer (feat. Weak and Betrayed)

Voices – London

Voices est un groupe anglais formé en 2012 à l’initiative du batteur David Grey et du guitariste Peter Benjamin. Ils étaient tous deux connus d’un certain publique esthète du Metal Extreme pour avoir fait partie du super groupe de Black / Death Metal Avant-gardiste et Progressif anglais Akercocke. Akercocke qui avait étrangement arrêté toutes activités la même année sous l’impulsion de son leader et principal compositeur Jason Mendonça. En interview, David Grey n’a jamais caché son incompréhension et sa frustration face à cette situation. Il s’est donc naturellement lancé dans l’aventure de Voices, en partie pour palier à ce manque et à cette frustration. C’est la raison pour laquelle, en 2013,  j’ai appréhendé la sortie de leur premier album From the Human Forest Create a Fugue of Imaginary Rain comme une réalisation de Akercocke. J’avais comme David été contrarié par leur split et c’est peut être une des raisons pour laquelle j’avais mis de manière un peu abusive cette première réalisation de Voices dans mes Tops de 2013. Il faut dire pour ma défense qu’on attendait quand même depuis 2007 le successeur de Antichrist, le dernier album en dates de Akercocke. J’’étais donc peut-être trop enthousiaste à l’idée de retrouver ce Metal Extreme hyper bourrin, progressif et très sinueux !


C’est donc avec du recul et quand même énormément d’attentes que je me suis lancé dans la lecture et l’analyse de ce concept album appelé London. Tout d’abord on note une différence majeure à la lecture de la Tarcklist par rapport au premier album.  En effet, London bien que d’une durée plus longue est composé de morceaux bien plus courts qu’auparavant. Le sentiment de lassitude que l’on pouvait ressentir lors de l’écoute de leur première réalisation se trouve ici directement gommée grâce à un judicieux découpage et assemblage des morceaux.  Cette impression se renforce au fur et à mesure que l’on progresse dans son écoute. On est happé et en immersion totale, chose qui n’était pas le cas avant. Je pense notamment que l’excellent travail d’arrangements et de production effectué aux Hackney Studios de Londre par Dan Abela et Voices y est aussi pour beaucoup.


Pour arriver à cet impressionnant résultat  Voices procède dorénavant en prenant son temps et de manière intelligente. Là où il avait tendance à être très (trop ?)  frontal et excessif, il se montre ici bien plus sournois et nous tisse patiemment sa toile. Il élabore pour se faire de manière assez impressionnante tout un attirail d’ambiances acoustiques ou orchestrales par le biais d’instruments à cordes et de piano classique ainsi que de superbes séquences narratives à l’emphase et aux atmosphères quasi cinématographiques. Ce penchant cinématographique et narratif m’a d’ailleurs rappelé les magnifiques Eternity de Anathema ou  Angelus de S.U.P dont les parties narratives étaient assurées par Danny Cavanagh. Je peux vous garantir que le terme progressif n’est absolument pas galvaudé quand on évoque ce nouvel album de Voices ! Il en est de même pour celui de Avant-gardiste ! Là encore des références et pas des moindres me sont immédiatement venues à l’esprit quand j’ai réalisé l’audace et l’envergure de la musique de Voices  tels que Ulver, Arcturus, Solefald, EbonyLake, Nocte Obducta, Maudlin of the Well, Unexpect ou encore Vaerohn et son oneman band Pensées Nocturnes. Les prouesses mises en œuvre par Voices sont  éloquentes et nombreuses. L’utilisation d’adjectifs comme néo-classique, barré, théâtrale, baroque ou ambiante collent parfaitement au propos musical développé. Il m’est impossible de tout vous détailler ici tant le contenu musicale est riche, envoutant et surprenant ! J’ai bien peur qu’il vous faille écouter l’album dans son ensemble pour que vous puissiez vous en faire une idée et saisir mon enthousiasme.

 
Autant vous dire aussi que l’impact de ce skeud va me laisser une trace indélébile ! Pour moi Voices  égale voire dépasse le grand Akercocke car il se montre aussi mélodieux, barré et violent que lui ! Il est même bien plus cohérent ! Il m’aura fallu du temps avant que cette réalité s’impose dans mon esprit et j’en vois déjà qui s’insurgent mais le fait est là et il est têtu car cette impression perdure depuis que j’ai reçu l’album il y a quatre semaines de cela. C’est un signe qui ne trompe pas ! Entre modernisme,  nostalgie classieuse, mélodicité, violence et exubérance Voices nous livre un étrange portait terriblement envoutant de Londre sur ce concept album qu’est London. Les esthètes du Metal Extreme vont apprécier ! C’est une certitude et j’assume totalement de mettre une note exceptionnelle à un album que je trouve exceptionnel !

 
FalculA (10/10)

 
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Candlelight Records / 2014
Tracklist (01:00:35) 1. Suicide Note 2. Music for the Recently Bereaved 3. The Actress 4. Vicarious Lover 5. Megan 6. Imaginary Sketches of a Poisoned Man 7. The Antidote 8. The FuckTrance 9. Hourglass 10. The House of Black Light 11. The Final Portrait of the Artist 12. Last Train Victoria Line 13. The Ultimate Narcissist 14.    Cold Harbour Lane