De nos jours, il est difficile de mettre le doigt sur un album un tant soit peu original tellement tout a déjà été fait, refait et réinventé de toutes les manières possibles et imaginables. Si ce cas de figure se présente de manière générale dans tous les styles musicaux, il se remarque encore plus dans le black metal où les standards se montrent relativement fermés et limités. C’est dans ce contexte que « Temple of Daevas », nouvel effort de From the Vastland, contribue aux multiples et diverses sorties de 2014.
Composé de huit titres pour une durée moyenne et totale s’approchant des quarante-cinq minutes, le disque se lance avec une introduction intitulée « Ancient Glory » et ses tonalités orientales. La formation étant centrée autour de Sina et dont le line-up live comporte des membres de Den Saakaldte, 1349, Morbid Angel ou encore Gorgoroth, s’enchaînent donc sept titres de black metal en bonne et due forme : production râpeuse, blasts, lignes de chant tiraillées, tout y est pour ravir le fan du genre par excellence. Par conséquent, les pièges du genre tels qu’une vaste tendance à se laisser aller à la linéarité sont inévitables. En effet, aucun morceau ne sort véritablement du lot tellement les titres se ressemblent les uns aux autres. Jusque là, rien de fondamentalement surprenant. Les soi-disant influences orientales quant à elles se font à peine remarquer et n’apportent que très peu au résultat final. Par contre, là où le groupe marque des points, c’est en incluant des mélodies ainsi que des passages plus prenants voire presque catchy au processus de composition (sur « Kamak » ou « Davalpa » notamment), rendant de ce fait la perspective bien plus intéressante.
Avec « Temple of Daevas », From the Vastland n’aura certainement pas sorti l’album de l’année. Néanmoins, à la fameuse question « cet album vaut-il mieux que le silence ? », la réponse s’orienterait plutôt vers un oui car l’effort fourni est, malgré trop de linéarité, relativement intéressant grâce à une manière de composer plutôt bien pondérée. Si cet opus ne plaira probablement pas à tout le monde, les amateurs de black et d’underground en général le trouveront sûrement à leur goût.
Lisa (6/10)
Facebook officiel
Non Serviam Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Ancient Glory 2. Wrath of Aeshma 3. Nightly Praise for Seventh Guardian 4. Kamak 5. Davalpa 6. Temple of Daevas 7. Alborz Rising 8. Djahi, the Vicious Wizard
Je ne suis pas un grand fan de Deathcore. Ne me demandez pas pourquoi car je n’en sais fichtre rien ! Le fait est là : tout comme pour le Metalcore, je ne me sens pas transcendé par ces deux courants et vais certainement manquer de références pour parler d’un groupe pratiquant du Deathcore. Toujours est-t-il que je n’en demeure pas moins un metalhead très ouvert, amateur de musique et qu’il m’est arrivé d’en écouter voire d’apprécier certains groupes étant à la base du mouvement. Autant vous dire aussi tout de suite que je ne connaissais pas Aversions Crown, une formation australienne et encore moins leur troisième réalisation répondant au doux nom de Tyrant. Comme j’aime les challenges je me suis lancé dans son écoute attentive pour pouvoir tenter de vous en parler ici.
Musicalement le groupe me fait beaucoup penser à du Brutal Death/Grind qui aurait élargi son propos. J’ai d’ailleurs immédiatement pensé à Cephalic Carnage qui a une approche évolutive du Death/Grind et ce à de nombreuses reprises en écoutant cet album. C’est flagrant à l’écoute de morceaux tels que : «Hollow Planet», «The Glass Sentient» ou «Earth Sterilister». Bon jusque-là vous allez me dire qu’il n’y a rien de bien nouveau et vous n’aurez pas tort. Sauf que ce n’est pas tout ! Puisque en plus d’une certaine progressivité rondement bien menée, Aversions Crown en profite pour s’attarder en terrain Modern Metal (comprendre Djent Metal) usant toujours à bon escient de riffings saccadés et de poli rythmes inhérents à ce genre. Ecoutez « Xenoforms » ou « Vectors » et vous comprendrez aisément si vous avez un tant soit peu de bouteille et pas de merde dans les cages à miel que l’on a à faire à un groupe exceptionnel !
J’ai aussi beaucoup apprécié leur mélodicité qui malgré une musique très violente et énergique transpire sur tous, et je dis bien tous, les morceaux composant Tyrants ! Pour ce faire le groupe use à foison de leads guitares qui tapissent l’intégralité de l’album. Elles sont parfois jouées de manière mélodique, rapide et avec une grande technicité un peu comme dans le Melodeath suédois ou le Black metal scandinave de la seconde vague des 90s. A d’autres moments elles se font plus discrètes, en toile de fond et jouées de manière plus atmosphérique comme on en retrouve dans le Swedish Death Metal ou dans certains groupes de Doom Death comme sur les vieux albums de Katatonia, Paradise Lost ou chez les finlandais de Rapture. Ah ! Je vous imagine sceptique à ce moment là de la chronique : si vous doutez de mes dires et bien jetez donc une oreille attentive à «Overseer» ou à «Faith Collapsing» et succombez !
Tous ces éléments que je me suis évertué laborieusement à vous retranscrire donnent une sacrée ampleur et énormément de caractère à la musique de Aversions Crown. Impossible pour moi d’extraire un morceau plus fort que les autres car tous transpirent le génie. Je vais d’ailleurs clôturer ma chronique en vous citant deux autres O.V.N.I avec lesquels je range ces australiens : leurs compatriotes de The Senseless et les californiens de The Secrets Of The Sky ! Donc pour moi Tyrant est devenu un classique du Metal Extreme à tendance Modern et ce en moins de trois jours ! Et pis, blague à part, j’ai quand même réussi à boucler cette chronique sans vous citer une seule référence Deathcore ! Ahahahahahaha !
FalculA (9/10)
Facebook Officiel
Aversions Crown – Tyrant (album en streaming)
Nuclear Blast / 2014
Tracklist (39:30 mins) 1. Hollow Planet 2. The Glass Sentient 3. Conqueror 4. Vectors 5. Earth Steriliser 6. Avalanche 7. Xenoforms 8. Overseer 9. Controller 10. Faith Collapsing
Je suis tout fier ce soir car je viens de découvrir un nouveau sous-genre jusque-là inconnu de votre serviteur. Les finlandais de GRAVEYARD SHIFTERS proposent ainsi du crust punk 'n' roll, sympathique expression qui laisse entrevoir moult headbanging.
L’histoire commence à Kerava, en Finlance donc, où le groupe a vu le jour en 2012 par la grâce du chanteur J. Matilainen et du chanteur A. Salmenoja. Partis à la recherche camarades de jeu, ils constituent rapidement un groupe et applique consciencieusement la règle suivante: jouer du rock une fois tous les réglages mis à fond. Au bout de six mois de travail, les voici qui nous présentent une première carte de visite sous la forme de cet EP cinq titres, Brainwashed by Moonshine.
Reconnaissons d’emblée que les finlandais livrent la marchandise attendue, un métal très « couillu » et ultra boosté. Ils ne se sont pas posés trop de questions, les guitares tronçonnent des forets entières, la section rythmique tire à vue sur tout ce qui dépasse et Matilainen fini d’achever les (rares) survivants avec un coup hurlé de bon aloi. La bonne humeur et l’énergie dégagée font plaisir à entendre, GRAVEYARD SHIFTERS s’adresse aux plus bas instincts des métalleux et tout a chacun aura de quoi s’amuser, taper du pied et headbanguer, un shot de Jägermeister à la main. C’est brut de décoffrage, sans fioriture et pas très malin mais un coup de pied au c.. comme celui-là aura l’avantage de remettre les idées en place. En cinq chansons, les finlandais montrent un certain potentiel mais il va en falloir plus pour convaincre. Cet EP ayant été autofinancé, il aura sans aucun doute tapé dans l’œil de certains. Attendons d’avoir en main un album complet et émettre un avis plus définitif.
Oshyrya (06/10)
Site Officiel
FaceBook Officiel
Eternal Sound Records / 2014
Tracklist 01. Chicken Cage of Terror 02. A Good Day to Die Hard & Loud 03. Graveyard Shifters (Necromance) 04. Molotov Cocktail 05. Play the Victim