Il n’est pas franchement agréable de tomber sur la pochette de cet album des belges de MEGASONIC de bon matin. Il y a ici de quoi rapidement ressentir une intense nausée devant ces couleurs criardes et cette image pas très ragoutante. Espérons que l’habit ne fera pas le moine et que la musique nous réserve une plus agréable surprise.
A la lecture des informations transmises par le label, il semble évident que les trois larrons qui constituent MEGASONIC sont de véritables touche-à-tout incapable de ne mener qu’une activité de front. Pour un groupe peu connu, le DIY reste la règle mais Dimitri Verhoeven, Jeroen De Bock et Lieven De Wolf ont multiplié les contributions: deux d’entre eux se sont occupés des batteries, même chose pour les guitares ou encore les claviers. Cela aurait rapidement pu se transformer en joyeux capharnaüm. Heureusement, nos amis belges ont du métier et de l’expérience et ils ont dû éviter les principaux écueils. Ils ont surtout pu bénéficier du home studio de Jeroen De Bock pour passer autant de temps que souhaité sur ces chansons pour les peaufiner encore et encore.
Et MEGASONIC a mis les petits plats dans les grands pour frapper un grand coup. Après une petite intro assez incisive, l’offensive débute par un « Bombs Away » puissant et rentre-dedans. Les belges se sentent comme des poissons dans l’eau dans un Heavy Metal burné et pourtant pas dénué de finesse comme le prouve le soin apporté aux introductions comme sur « Demon’s Lust ». Vous aurez droit au grand spectacle avec chant en latin, chœurs virils et légères orchestrations. Les ingrédients utilisés ici sont bien connus des amateurs, grosses guitares, soli assassins, rythmes pachydermiques et chant très accrocheur. Ajoutez quelques touches de légèreté avec chœurs et claviers et vous obtenez un mélange séduisant sur le papier. Les influences sont très variées, la NWOBHM bien sûr mais aussi un peu de VAN HALEN, SAVATAGE ou UFO. Et la litanie pourrait encore être très longue tant MEGASONIC s’inscrit dans la tradition hard-rock / métal. Les compositions s’enchainent sans temps mort et le groupe montre son meilleur visage sur les titres les plus rapides. Les tentatives plus douces comme « Man in the Moon » peinent à convaincre et tombent à plat.
Pour un groupe sorti de nulle part, bien que les trois protagonistes aient déjà évolué dans le passé au sein de DAKOTA, MEGASONIC s’en tire avec les honneurs. Intense est un album solide et bien ficelé, bien enregistré avec un son clair et puissant. Quelques naïvetés et un manque certain d’originalité et de relief viennent assombrir un peu le tableau mais il fallait avant tout avoir le courage de se lancer. Gageons que le prochain opus démontrera de beaux progrès.
Oshyrya (06/10)
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Mausoleum Records / 2014
Tracklist (55:46 mn) 01. Sonic Tension 02. Bombs Away 03. Demon’s Lust 04. Witches Brew 05. Future Shock 06. Love Lost Love 07. Crash and Burn 08. Run for Cover 09. Raging Heart 10. Eye of the Storm 11. Man in the Moon 12. Down to Mexico 13. Does Your Mother Know
Je ne sais pas si une tempête approche mais cet album des britanniques d’IN FAITH risque de générer bien des séances de air guitar, headbanging et podorythmie endiablée. Dès la première chanson, « Radio » le décor est planté et les quarante-huit prochaines minutes s’annoncent riches et agréables.
IN FAITH est donc un nouveau groupe de hard rock originaire de perfide Albion construit autour de trois musiciens très expérimentés: Pete Godfrey au chant, Tony Marshall à la guitare (ex-CONTAIOUS, PRIDE, VAUGHN et Pete Newdeck à la batterie (TAINTED NATION, NEWMAN, ex EDEN’S CURSE). Ils proposent un rock à la fois très mélodie et bourrée d’énergie dans une veine hard rock / AOR du plus bel effet. Les guitares se veulent être lumineuses, précises, bien aidées par une belle rythmique de batterie et des lignes vocales colorées et attrayantes. Au niveau du chant, le petit nouveau Pete Godfrey montre un très beau potentiel avec un timbre de voix qui rappellera parfois Jon Bon Jovi. Un gros travail sur les arrangements de voix et des chœurs a été réalisé, cela reste assez classique et traditionnelle pour ce genre mais l’intégration est réussie. Pour mener à bien ce projet, IN FAITH s’est entouré de beaux invités : Brooke St. James (TYKETTO), Chris Green (RUBICON CROSS, ex-PRIDE, FURYON) et Pat Heath (ex-FURYON) viennent ainsi donner un coup de main à Marshall avec leurs guitares. Quelques soli valent le détour. L’alternance des titres rapides et rythmés et des compositions plus posées est harmonieuse et évite ainsi l’écueil de l’ennui et de la lassitude.
Le fan de plaisirs AOR et rock à la DANGER DANGER et TYKETTO devrait apprécier ce cocktail gouteux bien que restant sagement dans les canons du genre. Les compositions tiennent la route avec de solides refrains et de belles mélodies, il n’en faut pas plus pour notre bonheur. Pas de révolution à l’hoeizon mais une tempête finalement bienveillante et rafraichissante.
Oshyrya (07/10)
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Rocktopia – Cargo Records / 2014
Tracklist (48:35 mn) 01. Radio 02. Does It Feel Like Love (Radio Single) 03. Church of Rock n’ Roll 04. Where I Wanna Be 05. Addicted 06. If That's What Love Means 07. All Or Nothing 08. In Flames 09. Million Ways 10. Leave Me Now 11. Bitter End
Ah AqME ! Enfin je vais pouvoir m’exprimer sur un groupe qui clive, fait le buzz et m’a posé durant de nombreuses années un problème ! Je vais tenter de l’expliquer brièvement. Tout d’abord il faut que vous sachiez que je suis un metalhead des 90s et que de ce fait j’ai écouté (et écoute toujours) beaucoup de Metal alternatif et de Metal Fusion. Une scène effervescente et à la base de ce que les journaleux et autres acteurs ont à l’époque vulgarisé par le terme Neo Metal. Cependant je fais aussi partie de ce publique Metal qui a pendant longtemps boudé AqME. J’ai pourtant eu l’occasion de les voir à plusieurs reprises aux cours des années 2000 notamment en première partie de Watcha. J’ai d’ailleurs, et c’est assez paradoxal, trouvé leurs prestations live toujours convaincantes et carrées mais je n’arrivais pas à m’intéresser à leurs albums.
Ayant subi la déferlante Neo Metal de plein fouet, leurs gimmicks m’agaçaient quand elles ne m’exaspéraient pas. Là où la musique d’un Eths, par exemple, me parlait celle de AqME glissait inlassablement sur moi et faute de pouvoir m’en imprégner j’ai fini par jeter l’éponge ! Chemin faisant, je me suis mis à découvrir à la même période le Postcore et le Sludge américain et en parallèle à toujours plus m’enfoncer profondément dans les méandres sinueux du Metal Extreme. J’ai quand même été interpelé en 2012 à la sortie et au tournant artistique pris sur Epithète, Dominion, Epitaphe par le groupe. J’avais salué à l’époque leur virage Postcore/Sludge même si je restais toujours hermétique au chant clair de Thomas Thirrion, leur premier chanteur, qui me laissait toujours de marbre.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce qu’avant de donner mon point de vue sur le AqME de 2014, il me semblait nécessaire de vous brosser ce portrait croisé et ce qui m’a amené de nouveau à m’intéresser à leur musique. Je ne suis pas du genre à aboyer avec la meute et je me borne toujours à donner mon ressenti sur l’aspect et le contenu musical. C’est donc avec un peu d’appréhension que je me suis lancé dans l’écoute et la critique de Dévisager Dieu. Le démarrage en trombe de cet album m’a vachement ébranlé dans mes certitudes ! Les trois premiers morceaux "Avant le Jour", "Enfants de Dieu" et "Au-Delà de l'Ombre" sont de véritables bombes d’un Postcore /Metal accrocheur aux refrains immédiats et très efficaces ! Une vraie surprise ! AqME domine sont sujet de A à Z et un constat s’est alors imposé à moi : ce AqME me plait !
Puis "Ce Que Nous Sommes" et "Un Appel" surgissent avec toujours des compositions au feeling et à l’accroche tonitruante mais avec un peu plus d’ampleurs et des poses progressives qui n’interfèrent en rien la dynamique impulsée depuis le début de l’album. AqME déroule avec un étonnant savoir-faire son propos ! Il prend même le luxe de ralentir le tempo sans que ça devienne choquant ou gênant. C’est simple, à la moitié de l’album j’ai eu la crainte que tout ne s’étiole ou ne s’essouffle. Je me demandais après tout cet attelage ce que le groupe pouvait bien encore nous réserver. Malgré mes craintes, il continue sur sa lancée et les morceaux que sont "Entre Louanges et Regrets", "L'Homme et le Sablier" et "Pour le Meilleur, le Pire" sont tout aussi brillants et on arrive à l’ultime "Les Abysses" sans encombre ni malaise ou lassitude comme s’était souvent la cas par le passé.
J’aurais tendance à décrire la musique comme un judicieux mélange de Rock/Noise à la Cave-In, de hardcore évolutif et bourrin à la Converge et de Sludge /Postore à la Isis ou Cult Of Luna. J’ai même souvent pensé à nos Lyonnais de Overmars lors de certains passages ! La voix de Vincent Peignart-Mancini est juste parfaite pour AqME et sa prestation devrait clouer le bec de tous ses détracteurs. Il a trouvé l’équilibre qui sied à merveille à la musique. De par mon expérience passée avec ce groupe je peux vous dire qu’il est bien plus convaincant et qu’il éclipse son prédécesseur ! La locution est parfaite et je sais que s’est une chose bien difficile à atteindre quand on chante en français, à l’instar de Xavier de Malemort, Vincent est brillant dans ce domaine ! Il faut aussi saluer la prestation de chacun des membres ainsi que du staff qui s’est chargé de la production car pour arriver à un tel résultat tout un collectif a dû être mis à contribution.
Dévisager Dieu s’avère être un excellent album entre gravité Postcore, efficacité Metal et légèreté Pop. Plus on l’écoute et plus c’est une évidence : AqME a frappé un grand coup sur la table et nous allons la fermer et applaudir car il en impose !
FalculA (9/10)
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AT(h)OME / 2014
Tracklist (41 minutes) 1. Avant Le Jour 2. Enfants De Dieu 3. Au-Delà De L'ombre 4. Ce Que Nous Sommes 5. Un Appel 6. Entre Louanges Et Regrets 7. L'Homme Et Le Sablier 8. Pour Le Meilleur, Le Pire 9. Les Abysses