Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

While Heaven Wept – Suspended at Aphelion

WHW-2014Du doom, le vétéran While Heaven Wept ne garde que quelques traces qui se font bien discrètes dans ce cinquième album. Le groupe nord américain sonnera de manière bien plus familière à tout amateur de Dream Theater, d'ailleurs le chant n'en est pas très éloigné tout compte fait. Côté production c'est impeccable, le groupe une fois encore fait sonner sa mixture au poil.
En revanche la volonté du groupe de livrer un album "épique" n'est pas toujours couronnée de succès, le morceau "Heartburst" plonge l'auditeur dans une profonde torpeur mélodique alors que l'album démarrait sous les meilleurs auspices. "Icarus And I" et ses vocalises hargneuses (les seules de l'album), dynamique et accrocheur laissait une bonne impression. Mais c'est un sursaut isolé, un clin d'oeil vers le passé.
Du Doom, While Heaven Wept à conservé l'amour de la lenteur, mais en bazardant parfois l'inspiration, cela laisse sceptique. Quand le groupe se livre avec talent à un exercice progressif endiablé, autant la démonstration mérite d'être saluée, mais pour autant, la cavalcade peut laisser sur sa faim. L'ambition de cet album conceptuel se dégonfle trop souvent comme un soufflé. Le savoir faire du groupe est toujours là, l'horizon vers lequel tendent les musiciens ne m'inspire pas. Les fans de la première heure, si vous appréciez tout autant le metal progressif vous pourrez tenter l'expérience, sinon, fuyez.

Hamster (06/10)

www.whileheavenwept.com

www.facebook.com/whileheavenwept

Nuclear Blast / 2014

Tracklist (39:10) 1. Introspectus 2. Icarus and I 3. Ardor 4. Heartburst 5. Indifference Turned Paralysis 6. The Memory of Bleeding 7. Souls in Permafrost 8. Searching the Stars 9. Reminescence of Strangers 10. Lifelines Lost 11. Retrospectus

 

 

Jimmy Barnes – Hindsight

jimmy_barnes_3030_hindsight_0814Jimmy Barnes a beau avoir vécu quelques temps en France – notamment pour fuir ses soucis dans son pays, l'Australie –, il reste totalement méconnu dans nos contrées. Star aux antipodes, c'est un quasi-inconnu sauf pour les amateurs de rock australien, qui ont pu le suivre à l'époque de Cold Chisel puis de sa carrière solo. En route vers la soixantaine, le chanteur burriné essaie un retour en force avec un Hindisght, tout sauf novateur. Hindsight est en effet un disque de réenregistrement de classiques. Et Barnes en a eu des classiques, qui furent des hits, notamment dans les années 80… Mais est-ce que l'ensemble vaut-il mieux qu'un vulgaire best of ? 

À première vue oui, car Jimmy Barnes a fait appel à quelques jeunes loups dans le vent (Joe Bonamassa sur « Stone Cold » ou le groupe de punk rock The Living End sur « Lay Down Your Guns ») et à quelques vieilles gloires encore bien affutées (Jonathan Cain sur « Working Class Man »). Le tout dans une perspective de modernisation du propos, surtout des hits des années 80, souvent quelque peu typées AOR (« I'D Die To Be With You Tonight »).

Bien produit et bien interprété, Hindsight s'écoute bien et permet une découverte de Barnes pour les béotiens même si le fait de vouloir coller à l'air du temps est parfois agaçant. Pour les amateurs, il est forcément moins intéressant et ce d'autant plus qu'il n'est pas sûr que les nouvelles versions soient supérieures aux anciennes (un exemple entre mille : « Working Class Man » devenue trop mollassonne). Il a toutefois l'atout d'être rentré premier dans les charts australiens. Il maintient une actualité en quelque sorte. 

Baptiste (7/10)

 

Mascot / 2014

Tracklist : 1. Lay Down Your Guns 2. Time Will Tell 3. Good Times 4. Ride The Night Away 5. Stand Up 6. I'd Die To Be With You Tonight 7. Stone Cold 8. Working Class Man 9. Going Down Alone 10. Love And Hate 11. No Second Prize 12. I'd Rather Be Blind 13. When Your Love Is Gone 14. The Other Kind

Cadaveria – Silence

J’ai toujours apprécié les productions dans lesquelles Miss Cadaveria était impliquée. Que ce soit au sein d'Opera IX ou au sein de sa propre formation montée en 2001 à la suite de son départ de Opera IX avec le batteur Flegias qui y officiait lui aussi. Dès l’année qui a suivi avec la sortie de son premier album The Shadows' Madame (2002), Cadaveria jetait les bases d’une musique qu’il pratique encore aujourd’hui. A savoir: un Dark Metal empruntant autant au Black/Death qu’au Heavy Metal ou au Gothic Metal et au Postpunk. Le line-up n’a quasiment pas changé depuis 2001 tout comme la fidélité à son label Scarlet Records et c’est peut-être ce qui explique une  régularité dans son parcourt ainsi qu’une certaine stabilité dans la qualité de sa musique. J’avoue avoir zappé à l’époque Far Away from Conformity (2004) et In Your Blood (2007) mais Horror Metal sortit en 2012 m’a redonné goût à leur musique et je les ai écoutés à ce moment-là.

 Pour ce qui est de ce Silence, Cadaveria reprend les mêmes ingrédients et remet le couvert  à une différence près avec leurs précédentes réalisations: il va à l’essentiel en nous proposant des compositions plus ramassées d’une durée moyenne plus courte. Ça n’a peut-être l’air de rien dit comme ça mais ça s’entend croyez-moi ! Cadaveria se fait plus direct et ça rend Silence bien plus accrocheur ! Je ne vais pas me lancer dans une analyse détaillée de chaque titre et je vais faire comme le groupe: aller à l’essentiel. J’ai particulièrement aimé: le frontal "Velo (The Other Side of Hate)" et son envolée remplie de lyrisme Dark sur les chorus et à la fin, le heavy dissonant sur "Death, Again" et "The Soul That Doesn't Sleep" ou "Carnival of Doom" qui me fait penser au riffing du groupe finnois Soulgrind (certains apprécieront), le postpunk accrocheur de "Free Spirit", le majestueux "Existence", les punchy "Out Loud" et "Exercise1" ainsi que les nombreux  rebondissements des Doomy "Almost Ghostly" et "Loneliness". La palme étant attribuée à "Strangled Idols" titre clôturant l’album de manière magistrale avec son piano classique rock !

Miss Cadaveria s’est très bien entourée dès le début de son aventure et ceux qui suivent le groupe connaissent la qualité technique indéniable des membres composant l’effectif de Cadaveria. Chaque musicien se met au service de l’élément structurant l’identité musicale du groupe de manière cohérente: la voix de la Miss ! Il faut dire qu’elle manie toujours avec talent la dualité chant extrême / chant clair.  Elle sait se faire percutante et maitrise l’art de la locution sans en faire des tonnes. Elle met à la ramasse un paquet de ses rivaux masculins ou féminins au sein de la scène Metal Extrême ! Croyez-moi ! Ce n’est plus le chroniqueur qui parle sur ces dernières lignes mais l’ancien vocaliste ! Sa voix est toujours aussi suave sans donner dans la surenchère ! Je la rapproche de certains vocalistes issus de la scène Metal Extrême des 90s ayant été fortement marqués par les chanteurs Postpunk des 80s/90s comme Fernando Ribeiro, Aaron Stainthorpe ou Johan Edlund. Vous voyez ce que je veux dire ? Tout le savoir-faire du Dark Metal made in 90s ! La production est excellente ce qui ne gâche rien au plaisir que l’on a à écouter Silence

On peut résumer Silence en trois mots : sobriété, justesse et efficacité ! C’est simple si vous avez un album à acheter en cette fin d’année et que vous appréciez le Dark Metal 90s cet album est pour vous ! A bon entendeur ! 

FalculA (9/10)

 
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Scarlet Records / 2014

Tracklist (47:14)  1. Velo (The Other Side of Hate) 2. Carnival of Doom  3. Free Spirit  4. The Soul That Doesn't Sleep 5.  Existence 6. Out Loud 7. Death, Again  8.  Exercise1 9.  Almost Ghostly  10. Loneliness  11. Strangled Idols