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Miss Behaviour – Double Agent

Miss-Behaviour-Double-Agent-350x350Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas franchement enthousiasmé pour un disque d'AOR. Pas depuis le deuxième disque de Work Of Art peut-être… Les semi-inconnus suédois de Miss Behaviour n'étaient pas a priori les candidats idéals pour ce rôle. Après deux albums très confidentiels (Heart of Midwinter – 2006 et Last Woman Standing – 2011), on ne peut pas dire que le quintet avait percé le mur de la notoriété. La faute sans doute a des distributions erratiques et à une musique, il faut en convenir, extrêmement classique. Ici tant au niveau de la composition, de l'interprétation que de la production, tout nous renvoie au milieu des années 80, à une époque où Survivor, Toto, Foreigner et Journey trustaient le sommet des charts à coups de hits plus accrocheurs les uns que les autres… 

Et le tout est pourtant excellent : malgré la profusion de chansons (douze au final), l'inspiration de Miss Behaviour ne faiblit pas. Emmenée par la voix chatoyante de Sebastian Roos, les claviers très présents de Henrik Sproge et la guitare féline de Erik Heikne, la musique de ce Double Agent fait mouche à chaque fois, notamment grâce à une entame de disque tout à fait énorme : le nerveux « Double Agent », le très pop « Cold Response » ou le defleppardien « Magical Feeling » auraient été des hits il y a trente ans de cela. La fin du disque ne s'étiole pas pour autant grâce à la belle power ballad « Edge Of The World » ou au plus épique « The Cause Of Liberty » et ses sept minutes de belles mélodies et de breaks bienvenus. Quant au groovy « Dancing With Danger », il renvoie à l'inspiration immédiate et accrocheuse du début de l'album.

Ce Double Agent de Miss Behaviour témoigne encore une fois que si l'AOR est un genre musical qui survit, c'est bien en Scandinavie qu'il faudra l'y chercher. Miss Behaviour débarque un peu de nul part. Espérons que le groupe ne reparte pas aussi vite qu'il est arrivé. 

Baptiste (8/10)

 

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GerMusica–AOR Heaven / 2014

Tracklist : 1. On With The Show 2. Double Agent 3. Cold Response 4. Magical Feeling 5. Corporation Arms 6. Love Reflector 7. Edge Of The World 8. Don’t Let It End 9. Midnight Runner 10. The Cause Of Liberty 11. Dancing With Danger 12. Silver Rain

Nachtblut – Chimonas

Débarquant déjà avec un quatrième opus sous les bras, Nachtblut nous vient tout droit de la Germanie chère à notre Patate national. Mais ici, pas d’oberbayern, pas de Frida Oum Papa en culotte de peau, pas de foire à la currywurst : Nachtblut n’est pas là pour rigoler mais pour nous asséner avec force son black metal.

Enfin, c’est ce qu’on pourrait croire si on se limitait aux premières compos. En effet, dès le début, le combo attaque fort et balance une compo très sombre, très black metal pur souche mais pas non plus trve ivool. Le groupe propose un black metal ouvert, avec des ambiances très épiques (telle l’intro de Wien 1683 avec son côté peplum) et même des sonorités de musique classique comme l’intro de Und immer wenn die Nacht anbricht. Vu les ambiances et mélodies développées, les premiers brulôts s’enchainent sans lasser. Pourtant, très vite, plus on avance dans l’album, plus un constat s’impose : les parties plus mid-tempos (qui sont les plus nombreuses dans la deuxième partie) sont tirées en longueur et manque de pêche. Si elles étaient contrebalancées par des parties rythmées plus pêchues, plus black pure souche comme au début. Mais non, les mid-tempos tirent sur un metal beaucoup moins black, beaucoup plus « mainstream » (même si le chant reste majoritairement black). Et les parties blastées du début disparaissent presque complètement pour laisser la part belle à un rythme plutôt lent qui manque de concision et de force de frappe. Pas que le tout soit mal fait mais cet opus commence à toute vitesse comme un bon album de black et finit par retomber. C’est un peu la branlette de trop : on commence avec une belle érection et finit avec une demi-molle.

Beaucoup de groupes à l’heure actuelle cherche à se différencier de la masse en incorporant des éléments d’autres genres, ou en essayant de mixer deux styles plutôt opposé en un seul opus. Malheureusement, peu de groupes arrivent à le faire tout en restant cohérents et intéressants sur la longueur. Nachtblut, avec son album à deux vitesses, à deux parties sans cohésion, ne fait pas partie de ceux-là.

(03/10) Supercastor

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Napalm Records / 2014

Tracklist : 1.Gotteskrieger 2. Wien 1683 3. Wie Gott sein 4. Kalt wie ein Grab 5. Und immer wenn die Nacht anbricht 6. Schwarz 7. Dort wo die Krähen 8. Märchen 9. Töte mich 10. Chimonas

Amaranthe – Massive Addictive

C’est assez marrant. À chaque fois que tu penses avoir enfin touché le fond, le destin met sur ton chemin la preuve que l’on peut toujours faire pire, que l’on peut descendre encore plus bas. Sortez les pelles, n’oubliez pas les lampes sur vos casques, parce qu’aujourd’hui, pour rejoindre Amaranthe, on va atteindre des profondeurs abyssales.

Avant toute chose, reconnaissons que les membres d’Amaranthe ont cependant tout compris. Au niveau marketing et packaging, Amaranthe frappe fort. C’est de la pop, purement et simplement, et la seule différence avec les Britney et Miley est l’emballage Metal, une poignée de soli, quelques riffs et cris noyés dans une soupe pop-électro radio friendly as fuck. « Drop Dead Cynical » en est un parfait exemple, un single taillé sur mesure pour diffusion sur les ondes, du Evanescence en plus pop, en plus joyeux, sortez le bubblegum et shakons notre booty tous ensemble, les filles ! Ces lignes de chant dans la première partie du morceau sonnent comme du Britney Spears dans le texte, à tel point que j’ai failli vérifier si elle n’avait pas fait un guest sur cette galette. Vraiment, je déconne même pas. Et le reste ? Le genre de musique qui pourrait représenter un pays à l’Eurovision si on met le chanteur en sourdine et qu’on ajoute encore un peu plus d’effets électro. J’exagère à peine. Indica doit commencer à s’inquiéter.

Et le plus flippant dans l’histoire, c’est que ce groupe a clairement le potentiel de frapper très fort, parce que tous les ingrédients sont réunis. C’est frais, c’est catchy à crever, c’est plein de bonnes idées pour séduire un certain public (public dont je ne fais pas partie), on sent qu’Amaranthe a bien bossé son sujet et maîtrise toutes les ficelles… mais ce groupe, à l’instar de bien trop d’autres, participe à l’édulcoration du Metal. Je vais encore passer pour un vieux con, mais putain, c’est pas ça, le Metal. Vous voulez faire de la pop ? Faites vraiment de la pop alors, n’essayez pas de jeter une passerelle entre ces deux univers musicaux. La seule raison, selon moi, pour laquelle le groupe a opté pour ce style hybride est le fait qu’il ne dispose pas des arguments nécessaires pour s’avérer convaincant en combo purement pop ou purement Metal. En gommant ses faiblesses dans ces deux genres et en gonflant ses atouts, Amaranthe pense pouvoir jouer sur les deux tableaux… mais est-ce que cela sera suffisant ? J’en doute beaucoup malgré, je le répète, l’efficacité de ce produit formaté au possible.

Mister Patate (pop/10)

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Spinefarm Records / 2014
Tracklist (41:03) 1. Dynamite 2. Drop Dead Cynical 3. Trinity 4. Massive Addictive 5. Digital World 6. True 7. Unreal 8. Over and Done 9. Danger Zone 10. Skyline 11. An Ordinary Abnormality 12. Exhale