Nunc Est Bibendum avait marqué un nouveau départ pour Onkel Tom, qui s’écartait des reprises de chansons à boire pour proposer des titres inédits et ma foi assez plaisants. Trois ans plus et avec un line-up entièrement remanié, Onkel Tom revient avec un nouvel album sous le bras avec, comme son prédécesseur, des titres inédits et pas de reprises. Le précédent m’avait plu… HELD parviendra-t-il à en faire autant ?
Contrairement à Nunc Est Bibendum, je n’ai pas ressenti la petite déception de ne pas avoir devant moi un nouveau recueil de chansons à boire. Cet Onkel Tom est mort et enterré, je me suis fait une raison. Toutefois, HELD peine vraiment à convaincre face à tous les albums du groupe, la faute à un manque de punch flagrant. Là où Nunc Est Bibendum contenait son lot de morceaux entrainants, HELD fait l’effet d’un album fatigué joué par un groupe usé. On retiendra, pour le fun, « Ein Bisschen Alkohol » qui fait encore illusion, mais le reste de l’album sent la bière tiède et le cendrier froid. La fête est finie, il est temps de faire la vaisselle et de se dire au revoir.
Après un dernier album de Sodom plutôt faiblard, Onkel Tom vient à nouveau montrer ses limites sur un album franchement inutile parsemé de quelques trop rares moments qui suscitent un petit sentiment de nostalgie chez l’auditeur. Onkel Tom, c’était mieux avant. Après l'ivresse des débuts, nous voilà en pleine gueule de bois !
Steamhammer / 2014
Tracklist (45:28) 1. Flatus antelucanus 2. Prolligkeit ist keine Schande 3. Zu wahr, um schön zu sein 4. Ein bisschen Alkohol 5. Am Morgen danach 6. Was euch nicht passt 7. Vom Paradies gen Süden 8. Wer nach dem Lied noch stehen kann 9. Der Duft von Lavendel 10. Im Suff 11. Der Onkel kommt zum Hausbesuch 12. Auf Gedeih und Verderb 13. Ich bin noch am Leben
Ca fleure bon la fin de contrat pour les méchants barrés d’Umea, avec coup sur coup un live (dont nous vous parlerons bientôt) et la réédition de I, remasterisé pour l’occasion et agrémenté de deux titres live et du morceau « Pitch Black ». Et honnêtement, je ne vois pas la valeur ajoutée de cette réédition. Tout d’abord, parce que le pavé I bénéficiait déjà, à l’époque, d’une prod’ qui ferait rougir plus d’un groupe. Près de 22 minutes, un voyage dans l’esprit tortueux de Meshuggah, avec une étape à chaque stade d’évolution du groupe, I était un monstre, le genre de morceau improbable, de démonstration technique à la fois époustouflante et vaine (parce que impossible à reproduire en live). Comme Nothing, donc, I fait maintenant l’objet d’une version 2.0, et à part peut-être jouer au jeu des 7 différences ou boucler un contrat avant une renégociation ou un changement de locataire, je ne vois pas l’intérêt. Il serait surtout intéressant de savoir quel aurait été le résultat si le groupe avait réenregistré ce morceau en une prise (ce qui serait alors une énorme prouesse) plutôt que de se contenter d'un remastering de ce monolithe dissonant.
Et les « bonus » ? Deux morceaux live tirés du live à venir (il suffira donc de s’acheter le live pour les retrouver placés dans leur contexte) et que l’on considèrera comme amuse-bouche (le son est énorme, une fois de plus,les cages à miel prendront cher) et « Pitch Black » qui traîne déjà sur la toile depuis longtemps. Un produit à la valeur ajoutée nulle, donc. Les fans absolus craqueront leur tirelire, ceux qui ont un poil de jugeote dépoussièreront leur original d’I et garderont leur argent pour se procurer le DVD live.
Orange Goblin. Presque 20 ans et à notre connaissance, toutes leurs dents. Et voilà un huitième album qui débarque. On sait à quoi s'attendre avec les londoniens. Une leçon de metal rugueux, toujours ancré sur une solide base Stoner / Doom, avec une prédilection pour les années soixante dix. Une pincée de Black Sabbath, un soupçon de Motorhead (il ne manque que Lemmy sur "The Devils Whip"), et une bonne dose d'énergie ("Bloodzilla" n'en manque pas pour ne citer que lui). La recette est connue, mais le plus étonnant avec Orange Goblin, c'est bien que la formule fonctionne au poil. L'album démarre au quart de tour, sur un tempo énergique, et quand le groupe ralentit cela n'a rien d'une torpeur digestive. Le chant mi abrasif, mi clair, sera toujours là pour te maintenir réveillé si nécessaire.
Les londoniens savent attirer et retenir l'attention de tout auditeur qui veut bien s'en donner la peine. "Heavy Lies the Crown" sonne avec une bonne dose de groove. Le groupe britannique déroule, et une fois encore le fan du groupe verra sa tendance un poil conservatrice rassurée. Le confort douillet de l'habitude peut susciter le débat, mais il n'empèche qu'à défaut de surprendre Orange Goblin livre un album qui captive. S'il fallait dénicher une surprise ce serait sans doute l'incursion inédite du groupe dans l'univers de HP Lovecraft avec le titre évocateur "The Shadow Over Innsmouth". Mais cela ne change rien aux figures de styles pratiquées par le vénérable groupe britannique. Orange Goblin demeure fidèle à ses racines, et sans mettre d'eau dans son vin, livre un album convaincant. Si vous avez apprécié les efforts précédents du groupe, l'évidence s'impose, Back From the Abyss est une valeur sûre.
Tracklist (54 minutes) 1 Sabbath Hex (04:47) 2 Ubermensch (03:56) 3 The Devil’s Whip (02:14) 4 Demon Blues (04:40) 5 Heavy Lies the Crown (06:18) 6 Into the Arms of Morpheus (07:06) 7 Mythical Knives (04:47) 8 Bloodzilla (04:10) 9 The Abyss (05:33) 10 Titan (01:59) 11 Blood Of Them (05:47) 12 The Shadow over Innsmouth (02:53)