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Seether – Isolate and Medicate

oshy_14092014_SeethCette année est a marqué d’une pierre blanche pour le groupe sud-africain SEETHER qui fête ses quinze ans d’existence en sortant un nouvel album, le sixième, Isolate and Medicate. Saluons d’emblée cette réussite, ils ne sont pas si nombreux à atteindre un tel palier. Il faut bien avouer que la scène rock sud-africaine est ainsi inconnue dans nos contrées, rares sont les groupes à émerger de ce fascinant pays. THE PARLOTONES (chronique ici) est le seul autre exemple qui nous vient à l’esprit dans une veine pop rock pas si éloigné que ça de l’approche de SEETHER. Ils sont pour leur part souvent étiqueté rock post-grunge.

Initialement appelé SARON GAS, SEETHER naît en 1999. La musique du groupe est fortement inspirée de la jeunesse douloureuse du chanteur Shaun Morgan, dont les parents ont divorcé alors qu'il était encore jeune. Issu d'une famille très chrétienne, il en sera renié à cause de son amour pour le rock. Un jour, alors qu'il se retrouve assis, pensif, une guitare dans une main et un fusil dans l'autre, il choisit la musique au suicide, et décide de jouer avec qui voudra bien de lui, utilisant la musique comme une sorte de thérapie (source wikipedia). Quinze années d’existence donc et un beau tableau de chasse que les sud-africains peuvent fièrement exhiber : six albums studio au compteur avant celui-ci plus un disque live et trois compilations. SEETHER se présente désormais sous la forme d’un trio, John Humphrey à la batterie et Dale Stewart à la basse venant soutenir Morgan.

L’étiquette rock post-grunge colle parfaitement à la musique proposée ici. Les ressemblances et la parenté avec les maître du grunge comme NIRVANA sautent immédiatement avec un son épais, des guitares distordus mais une dimension très accessible et clairement radio-friendly à même de plaire au grand public et surtout aux médias outre-Atlantique. Les mélodies, les refrains se veulent être les plus accrocheurs possibles et les chansons évoluent constamment autour des trois ou quatre minutes pour maximiser les chances de passer en radio. Et difficile effectivement de ne pas taper du pied à l’écoute d’un « Same Damn Life » aux accents presque punk rock. Le propos général est assez lourd, entre tristesse, mélancolie et colère, la catharsis à l’origine du groupe semble loin d’être achevée.

Si vous êtes d’humeur chagrine, faisant face à un petit coup de déprime, Isolate and Medicate devrait trouver écho en vous. Et pour ne rien gâcher ces chansons font bien souvent mouche même s’il ne faut pas s'attendre ici à trouver monts et merveilles. Trop convenu pour atteindre les sommets, SEETHER a ici joué un peu trop petit bras pour remporter notre totale adhésion.

Oshyrya (06/10)

 

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The Bicycle Music Company – Spinefarm Records / 2014
Tracklist (38:52 mn) 01. See You at the Bottom 02. Same Damn Life 03. Words as Weapons 04. My Disaster 05. Crash 06. Suffer It All 07. Watch Me Drown 08. Nobody Praying for Me 09. Keep the Dogs at Bay 10. Save Today

Revocation – Deathless

revocation-deathlessEn cette rentrée 2014 certains groupes établis manquent de jus et d'inspiration, c'est le cas de quelques combos suédois qui ne sont pas de notre point de vue au meilleur de leur forme au regard de leurs dernières livraisons… Il en va autrement pour le combo Nord Américain originaire de Boston, Revocation, dont le nouvel album Deathless n'a rien d'un coup de fatigue. D'autant que cet album sort pile an après la précédente livraison chez Relapse.
A la limite certaines mauvaises langues pourraient invoquer ledit coup de mou à l'écoute d'un album qui lache une avalanche de notes, d'entrée de jeu, jusqu'à sa conclusion après 52 minutes. On pourrait encore dénigrer l'absence de prise de risque du groupe dont l'exercice demeure somme toute balisé.
Entre Death technique et Thrash qui tabasse agrémenté d'envolées mélodiques, le groupe déroule, avec un son massif concocté par Chris "Zeuss" Harris. Le savoir faire et le cv du bonhomme parlent pour lui (Chimaira, Hatebreed, Shadows Fall, Kataklysm…).
Il n'empèche, le groupe est terriblement efficace, avec une maitrise et un savoir faire au dessus du lot. Le groupe sonne parfois comme un Annihilator virtuose qui aurait ajouté une bonne dose de brutalité dans son propos. Virtuosité et agressivté vont de pair naturellement avec Revocation, le résultat sonne juste. Quelque soit le tempo, le groupe est redoutable, Revocation te saute aux conduits auditifs et ne te lache plus. Pas de faiblesse à signaler tout au long de l'album, seul le titre instrumental "Apex" se distingue, un poil plus calme. Il aurait pu figurer en conclusion de l'album. Le groupe à choisi de terminer par une séquence tabassage et solis mélodiques pour achever l'auditeur.
Le titre "Deathless" est une bonne carte de visite qui démontre tout le savoir faire du groupe, le Death metal technique teinté de thrash mené tambour battant, énergique, frappe fort. Revocation démontre au passage que le Massachusetts n'est pas qu'un cimetierre de groupes metalcore cultes. Un cinquième album sans doute classique,  mais toujours solide et efficace.

Hamster (08/10)

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Metal Blade records / 2014

Track listing (52:30)
1. A Debt Owed to the Grave 2. Deathless 3. Labyrinth of Eyes 4. Madness Opus 5. Scorched Earth Policy 6. The Blackest Reaches 7. The Fix
8. United in Helotry 9. Apex 10. Witch Trials 11. Sworn to the Black (Morbid Angel cover)

 

Wolve – Sleepwalker

oshy_14092014_WolvWOLVE est un groupe de rock francilien formé en 2013 autour de Julien Sournac (guitare – voix) et David Dutoit (basse). Les voici qui se présentent à nos yeux (et nos oreilles) avec ce disque (EP ou album difficile de savoir) en guise de carte de visite. Et le premier contact avec le groupe est loin d’être désagréable. A part quelques passages un peu plus énervé nous sommes ici assez éloigné des rivages métal, nos compatriotes évoluent plutôt dans une veine post-rock, rock alternatif ou rock progressif dans la foulée des KARNIVOOL, JOLLY ou THE PINEAPPLE THIEF. Ils ne se fixent pas de limites stylistiques et déploient leur créativité dans toutes les directions.

Sleepwalker est une invitation au voyage intérieur, à la réflexion sur soi-même et ce qui fait notre nature humaine. Comme le dit le groupe, « WOLVE raconte un voyage initiatique qui conduit l'Homme vers sa part animale ». Il faut s’immerger dans ces circonvolutions sonores et se laisser guider. Tout commence par une petite introduction acoustique, tout en douceur avant que les choses sérieuses ne commencent via un « Cassiah » de plus de onze minutes. Les atmosphères sont le fruit d’un travail méticuleux, une horlogerie de précision qui vise à ne conserver que l’essentiel sans fioritures ni artifices. WOLVE se présente à nous dans le plus simple appareil et se dévoile progressivement. En majorité très calme et atmosphérique Sleepwalker se laisse approcher et apprivoiser petit à petit. Il faudra apprendre la patience mais les efforts seront récompensés. L’auditeur doit faire le gros du travail en menant une réflexion sur lui-même aidé, guidé par ces six chansons. « Ocean » accélère un peu le rythme et ouvre de nouvelles perspectives. Il en est de même pour un « Color Collapse » plus attentif et recueilli.

Décrire la musique du groupe est un exercice périlleux. En plus des groupes cités en introduction, il convient de mentionner THE PORCUPINE TREE ou même le travail de Steven Wilson en solo pour se faire une idée de ce qui vous attend sur Sleepwalker. La source originelle reste à la même et on devine aisément que WOLVE n’est pas insensible aux charmes des britanniques. Nous ajouterons une pointe de Jeff Buckley ici et là pour parfaire le tableau. Vous conviendrez qu’avec de tels parrains et un talent évident, WOLVE possède bien des atouts pour se faire assez largement connaître. Souhaitons que Sleepwalker ne soit qu’une première étape et que la suite arrive rapidement.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Autoproduction / 2014
Tracklist (36:36 mn) 01. The Tall Trees 02. Cassiah 03. Ocean 04. Countdown 05. Colors Collapse 06. Sleepwalker