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Eluveitie – Origins

oshy_31082014_EluveitPeut-être encore plus qu’ailleurs, chaque nouvelle sortie d’un album rock ou métal pose, au chroniqueur que je suis, la question de ma posture fasse à l’évolution ou au renouvellement artistique (ou à son absence) présenté par les groupes. Doit-on saluer le travail d’un groupe qui ne fait finalement qu’offrir des variations, même de qualité, d’un même recette ou vouloir à tout prix être surpris à l’écoute de chaque nouvelle album. Cette question me parait centrale alors que je m’apprête à rédiger la chronique du nouvel album, le sixième, des suisses d’ELUVEITIE. 

ELUVEITIE est un groupe de folk metal/death mélodique suisse créé en 2002 par Chrigel Glanzmann. Eluveitie signifie « Je suis l'helvète » en gaulois helvète. L'idée étant de mêler métal et musique celtique. Le groupe utilise des instruments de musique traditionnels: flûtes, cornemuse, violon, Vielle à roue etc. Les paroles de certaines chansons sont écrites en helvète, reconstitué ou retranscrit depuis des inscriptions d'époque.

Dans une veine parfois proche de celle d’ELUVIEITIE bien que le ton soit beaucoup moins sérieux, nous avons ici maintes fois déploré l’absence de renouvellement d’un KORPIKLAANI (chronique ici) ou plus récemment d’un ALESTORM (chronique ici). Bien que souvent très sympathiques, les derniers disques de ces groupes laissent un goût amer de redite dans la bouche. Et ce sentiment reste très prégnant alors que l’écoute d’Origins s’achève. Que l’on se comprenne bien, un travail remarquable a encore été effectué ici avec une production à la fois puissante et claire et des chansons en majorité réussies et très attrayantes. L’auditeur est véritablement immergé dans un autre monde, une saga du passé grâce à ces multiples interludes d’ambiance. Malgré toutes ces qualités, on ne peut s’empêcher de noter que la même recette déjà entrevue sur tous les albums du groupe depuis Slania est réutilisée ici ad nauseam. Le charme agit toujours, l’impact est toujours aussi jouissif mais mêmes les plus fanatiques vont commencer à s’épuiser. « Celtos » fera un malheur sur scène et pourrait plaire à un large public pas seulement métal. Les salves « The Nameless » et « From Darkness » et font mouche mais comme le faisait « Primordial Breath » ou encore « Inis Mona » en 2008. Les suisses ont encore affiné leur jeu et l’expérience est toujours appréciable mais les ressemblances commencent à faire tâche.

Bon disque sur le papier, votre serviteur commence à voir une partie de son plaisir gâché à l’écoute d’Origins par ce récurrent sentiment de déjà entendu. Il ne faut entendre des suisses qu’ils se lancent dans un concept de Science-Fiction pour le prochain opus mais le groupe semble stagner et peine à se renouveler, à sortir des recettes un peu faciles. Je suis le premier à être schizophrène, à vouloir à la fois retrouver album après album un groupe à travers un style reconnaissable et être surpris de l’évolution de ce même groupe. Disons que quand la surprise n’est plus là, il faut que la musique touche et s’adresse directement au cœur. Origins malgré bien des qualités manque sensiblement de ce supplément d’âme.

Oshyrya (06/10)

 

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Nuclear Blast / 2014

Tracklist (41:24 mn) 01. Origins 02. The Nameless 03. From Darkness 04. Celtos 05. Virunus 06. Nothing 07. The Call Of The Mountains 08. Sucellos 09. Inception 10. Vianna 11. The Silver Sister 12. King 13. The Day Of Strife 14. Ogmios 15. Carry The Torch 16. Eternity

unnamed-353xIl y a bien un paradoxe quant à Toto et les albums live. Si le groupe de Steve Lukather est incontestablement un excellent groupe de scène, ratant très rarement un concert, il groupe n'a pas de grands enregistrements live à son actif. Des bons enregistrements, certes : citons ainsi le Live In Amsterdam (2003) ou le Falling in Between Live (2009), voire même le vieux concert Absolutely Live (1993). Mais ceux-ci avaient toujours un défaut à relever : une setlist parfois défaillante et trop chiche sur le Live In Amsterdam, un Bobby Kimball souvent en difficulté sur le Falling In Between Live et un Lukather prédominant au chant sur le Absolutely live. Or, ce 35th Anniversary Tour est sans doute parti pour être le meilleur live de Toto et un must incontestable. C'est un vrai tour de force alors que les musiciens de Toto ont dépassé la cinquantaine et que le groupe affiche 35 ans au compteur, mais il est bel et bien là. 

Un choix de morceaux somptueux

Tout d'abord car pour la première fois, Toto a été extrêmement généreux en terme de nombre de chansons : plus de vingt titres sont affichés ici de telle sorte que quasiment tous les disques sont représentés, sauf évidemment Isolation, interprété jadis par feu Fergie Frederiksen et ainsi extrêmement dur à chanter. C'est évidemment Seventh One (1987) qui a la part belle (« Pamela », « Stop Loving You », « Home Of The Brave »), et logiquement IV (quatre titres), mais le superbe Hydra est enfin réhabilité (« 99 », « Saint George and The Dragon », « Hydra » et « White Sister »). Des disques de qualité comme Kingdom Of Desire (« Wings Of Time » ou le puissant « How Many Times ») ou Mindfields (la superbe suite progressive qu'est « Better World ») et quelques morceaux issus du recueil d'inédits sont aussi là (le formidable « Goin' Home » isssu de XX).

On ne voit pas trop de quoi faire la fine bouche, surtout que l'abondance des morceaux n'exclut pas ici les longs développements musicaux. On appréciera les superbes parties solos de Lukather, notamment sur un fougueux « White Sister » ou le solo jazzy de Paich sur « Pamela ». Remarquons tout particulièrement la prestation exceptionnelle du désormais ancien membre du groupe, Simon Phillips : la qualité de son jeu, notamment sur les titres d'Hydra ou sur le la longue partie instrumentale cloturant « Stop Loving You », scelle de bien belle manière vingt ans de présence dans Toto. 

Des interprétations meilleures que jamais

Mais le gros point fort est incontestablement est Joseph Williams : le retour en forme déjà constaté sur la tournée précédente est avéré. Sans aucun dérapage, autant à l'aise sur ses chansons que sur celles de Bobby Kimball, Williams justifie pleinement sa réintégration. Il est certes servi par un son de haut de gamme : puissant, chaleureux et riche. Et par un groupe qui propose des versions quasiment toujours supérieures aux versions studio de ses chansons (« On The Run », « Goobye Elenor », « White Sister », « Better World »…). Le son et l'interprétation beaucoup plus heavy y sont d'ailleurs pour beaucoup dans ce constat. Et rarement Toto a sonné aussi rock et moins pop. Mais la forme de Williams est un des énormes points forts de ce Live In Poland.

Si on additionne tous ces éléments, on ne peut qu'être totalement bluffé : Toto a non seulement proposé à ses fans un superbe anniversaire pour ses 35 ans de carrière mais aussi son live de référence. Enfin ! 

Baptiste (9/10)

 

Eagle Vision / 2014

Tracklist : CD 1 – 1. Intro 13 2. On The Run / Child's Anthem / Goodbye Elenore Medley 3. Goin' Home 04. Hydra 05. St George And The Dragon 06. I'll Be Other You 07. It's A Feeling 08. Rosanna 09. Wings Of Time 10. Falling In Between 11. I Won't Hold You Back 12. Pamela 

CD 2 – 1. 99 2. The Muse 3. White Sister 4. Better World 05. Africa 06 How Many Times 07. Stop Loving You 08. Hold The Line 09. Home Of The Brave (Rappel) 

Astpai – Burden Calls

oshy_24082014_AstpCertains semblent prendre un malin plaisir à se compliquer inutilement la vie. Les autrichiens d’ASTPAI semblent faire partie de ce club select qui rassemblent divers masochistes artistiques. Si vous ne me croyez pas il vous suffira de regarder plus attentivement la petite image qui se trouve à gauche de ces quelques mots, cette horrible pochette qui donne envie d’enterrer ce disque sous des tonnes de terre pour ne jamais plus avoir à saigner des yeux à sa vue. Est-ce le résultat d’un pari stupide ou tout simplement de l’inconscience ?

Pour revenir aux racines, le groupe viennois compte déjà un joli tableau de chasse, deux démos entre 2002 et 2003 puis deux albums les années suivantes : Feeling Safe In Prgrammed Channels en 2005 et Corruption Concealed (Under Deceptive Slogans) en 2006. Ils continuent sur ce beau rythme avec un split-cd, des montagnes de concerts en Europe et outre-Atlantique et enfin deux nouveaux albums Heart To Grow en 2010, Efforts And Means en 2012 et enfin un EP, Crohnicles, l’année dernière. Il faut remarquer que le choix des visuels ne semble pas être leur fort tant on passe du moyen au très moche.

Cerise sur le gâteau, après la pochette bien laide, on découvre que ce Burden Calls cache son jeu en proposant treize compositions mais pour seulement trente-quatre minutes de musique. La musique a intérêt à être géniale si nos amis ne veulent pas faire face à une belle déconvenue dans ces pages. Malheureusement ce n’est pas la cas et le passage de ce disque sur ma platine ça s’avérer être très court. Il me semble que ces groupes punk rock pullulent particulièrement en ce moment et mêmes les meilleures choses finissent par lasser surtout que le meilleur de cette scène a déjà été fait ces trente dernières années. Quelques riffs feront mouches, ce mélange entre tendances hardcore et punk pourraient être séduisante sur le papier mais le soufflé finit par rapidement retomber. Les autrichiens ne s’attardent pas et leurs chansons peinent à passer la barre des trois minutes. Aller à l’essentiel c’est bien mais l’auditeur risque de rapidement s’ennuyer malgré la débauche d’énergie mise en œuvre par ASTPAI. Zock n’est pas très convaincant derrière le micro même si ce n’est pas le plus important dans ce genre punk rock.

Si je devais synthétiser mon propos, ASTPAI se prend très largement les pieds dans le tapis. Les chansons proposées sont assez basiques et déjà entendues des dizaines de fois, il manque un souffle pour remporter l’adhésion de l’auditeur. Ajoutez à cela une pochette hideuse et vous obtenez un repoussoir franchement efficace. Les autrichiens récoltent ce qu’ils ont semé, et Burden Calls n'est pas à la hauteur.

Oshyrya (03/10)

 

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Ass Card Records / 2014

Tracklist (34:19 mn) 01. Single Use 02. Dead End Talking 03. Out 04. Death Everywhere 05. After All 06. Departure 07. Ground Control 08. Down by Love 09. Resignation 10. Careers 11. Small Change 12. Oxygen 13. Emotion in the Way