Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Babymetal – Babymetal

Se pencher sur le cas de Babymetal n’est pas évident : entre les fanboys qui vouent au groupe une admiration sans faille qui frise la masturbation et les haters qui n’en finissent pas de déverser leur bile et de dire tout le mal qu’ils pensent de ce projet, il semble qu’il soit aujourd’hui obligatoire de choisir son camp. Ma curiosité ayant été aiguisée au fil du temps par plusieurs facteurs (notamment ces bons vieux rosbifs de Carcass qui prenaient la pose avec les filles de Babymetal au Sonisphere), je me suis penché sur ce phénomène tout droit sorti du pays du soleil levant. Je vous entends déjà, les gars : « ouais, Patate s’attaque à des ados parce qu’il sait qu’il ne risque pas de représailles ». Mouais, des pseudo-rockstars qui habitent à moins de 300 bornes de chez moi menacent aussi de me casser la gueule depuis 3 ans après une chronique, et elles ne sont toujours pas venues me rendre visite non plus.

Babymetal, donc.

Au risque de vous surprendre/décevoir, je dois reconnaître que Babymetal est une bonne surprise. Babymetal est peut-être même le coup Marketing le plus fumant depuis Ghost. Voire même depuis Slipknot, dont l’un des principaux arguments de vente était cette image de tarés dangereux. Parce que Babymetal a su à la fois saisir quelques lignes directrices du Metal pour les « pervertir » à sa façon et exploser toutes les barrières du genre en y ajoutant tout ce qui leur passe par la tête. Electro, dubstep (avec un résultat équivalant à la collaboration entre Korn et Skrillex), pop japonaise, flow rap, même une touche de reggae : rien n’est trop fou, rien n’est exclu, tout est permis. Dans un univers du Metal qui, à quelques exceptions près, tourne majoritairement en rond, Babymetal se distingue par sa liberté totale, son attitude « no limits ». En fait, à ce niveau, Babymetal a plus de couilles que la majeure partie des groupes actuels qui se contentent de reprendre les quelques ingrédients standard éculés du Metal. C’est frais, c’est osé, c’est catchy as fuck sur certains morceaux et ça, ça fait plaisir. À part Diablo Swing Orchestra, je ne vois pas quel groupe m’a autant surpris depuis au moins 5 ans.

Et pourtant, je ne comprends pas tout à fait comment on peut tant porter ce groupe aux nues. Ok, c’est super bien foutu (pas mal de groupes de Metalcore devraient en prendre de la graine, d’ailleurs), l’album contient son lot de morceaux mémorables et efficaces en diable, mais de là à faire de Babymetal un album excellent, il y a un sacré pas que je ne franchirai pas. Ainsi, certains éléments (je pense surtout à l’incursion reggae sur « 4 No Uta » ou au passage rap sur « li ne! ») auraient pu être mieux intégrés aux morceaux. Ici, ces idées affaiblissent justement ces morceaux en cassant leur dynamique. À vouloir être à tout prix original, l’album souffre donc d’un manque d’homogénéité au niveau de la qualité, et le très bon côtoie donc le très moyen.

Au final, j’aurais donc envie de me positionner entre les deux camps. Sans être parfait, Babymetal parvient à être plus convaincant que bon nombre de groupes purement Metal, et je suis persuadé que l’effet « pop » n’y est pas étranger, car ces compos sont taillées sur mesure pour être catchy et mémorables… et contrairement au Metalcore de base, elles sont originales.

Par ailleurs, ce groupe est clairement le fruit d’une opération marketing énorme (on voit aussi les efforts au niveau visuel dans les clips réalisés avec des images live, rares sont les groupes de Metal capables de proposer une telle expérience audioVISUELLE) et à la différence d’un Ghost, il a su conserver un peu plus de Metal dans ses veines… mais si on en parle aujourd’hui hors du Japon, ce n’est pas en raison des qualités musicales du groupe, mais bel et bien parce que ce groupe a eu la chance, contrairement à des centaines d’autres, de bénéficier d’un arsenal Marketing énorme. Sans ce petit coup de pouce, la déferlante Metal débridée de Babymetal n’aurait probablement jamais atteint nos côtes…

Mister Patate (5/10*)

Facebook officiel

Universal Music Japan / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. BABYMETAL DEATH 2. Megitsune 3. Gimme Choko!! 4. Ii ne! 5. Benitsuki -Akatsuki- 6. Do・Ki・Do・Ki☆MORNING 7. Onedari Daisakusen 8. 4 no Uta 9. U.ki.U.ki★Midnight 10. Catch me if you can 11. Akumu no Rinbukyoku 12. Headbanger!! 13. Ijime, Dame, Zettai

* oui, c’est donc un point de plus que le dernier Behemoth. Vous ne rêvez pas.

Engineers – Always Returning

oshy_31082014_EngineeDepuis sept ans que je sévis dans ces pages, me voici pour la première fois confronté à un groupe appartenant à la scène dite « shoegazing ». Késako me direz-vous ? Ce terme décrit un courant musical appartenant au rock alternatif, proche du courant dream pop. Il est apparu au sud de l'Angleterre à la fin des années 1980 et se caractérise par une approche à la fois bruitiste et mélodique de la musique. Bref, nos amis d’ENGINEERS proposent une musique très accessible, douce et planante qui met l’accent sur la mélodie et une certaine légèreté.

ENGINEERS avait fait son petit effet au sein de la scène rock indé/alternative avec la sortie de son premier album éponyme en 2005. Des chansons évanescentes, toutes en subtilité comme « Home » avait alors su charmé un nombreux public. Depuis, les britanniques continuent sur le même chemin avec Three Fact Fader en 2009 et In Praise of More l’année suivante. Après un hiatus de quatre ans, les voici de retour avec ce quatrième opus, Always Returning. Après une décennie d’existence, il ne reste qu’un seul membre originel, Mark Peters, le chanteur / bassiste / guitariste et claviériste du groupe qui a su s’entourer de nouveaux camarades de jeu à partir de 2010.

Vous l’aurez compris, nous sommes assez loin ici des terres heavy-métal que nous parcourons habituellement. ENGINEERS se rapprochent par contre de certains groupes progressifs touche à tout dont nous nous délectons régulièrement. Certaines chansons récentes d’un ANATHEMA présente un son et une démarche assez proche de cette scène shoegaze. Le dyptique « Firelight » et « Distant Satellites » colle assez bien à cette étiquette. Avec Always Returning vous touchez à une horlogerie de précision, fragile et subtile. Les britanniques tissent différents voiles sonores, très doux et accessibles, sans vagie ni violence et l’auditeur peut s’immerger apaisé dans cette océan de douceur et de volupté. Les mélodies se déploient avec grâce et s’épanouissent au sein d’un rock/pop sucré et accessible. Les plus sensibles y trouveront leur compte, les autres risquent de s’ennuyer ferme.

J’ai beaucoup pensé au groupe français AIR en écoutant ce disque. La patte électroc est moins présente au profit d’une approche peut-être un peu plus rock mais les démarche sont finalement assez similaires. Si vous aimez les ambiances très calmes et atmosphériques qui ne tombe pas rapidement dans une noirceur mélancolique, ENGINEERS saura vous faire vibrer. Cette musique douce, sucrée et colorée fait beaucoup de bien en cette rentrée déprimante. Always Returning s’apparente à un bon remède fasse aux déprimes post-estivales.

Oshyrya (7,5/10)

 

Site Officiel

FaceBook Officiel

 

Kscope / 2014

Tracklist (41:24 mn) 01. Bless The Painter 02. Fight Or Flight 03. It Rings So True 04. Drive Your Car 05. Innsbruck 06. Searched For Answers 07. Smiling Back 08. A Million Voices 09. Smoke And Mirrors 10. Always Returning

John Wesley – Disconnect

oshy_31082014_Joh_WeslePour les amateurs de rock progressif qui nous lisent, John Wesley est loin d‘être un inconnu tant le guitariste et chanteur américain écume la scène outre-manche depuis de très nombreuses années. Il est surtout connu pour ses contributions en tant que musicien de session ou de tournées mais il n’en mène pas moins en parallèle une fertile carrière solo. Disconnect est quand même son sixième album. Sa dernière sortie a pris la forme d’un EP, The Lilypad Suite, en 2011 mais son dernier album solo date quant à lui de 2005 avec Shiver. C’est que notre ami a été très occupé ses dernières années en donnant un coup de main sur scène aux prestigieux PROCUPINE TREE pendant près de neuf ans lors des tournées mondiales organisées pour célébrer les albums In Absentia, Deadwing, Fear of a Blank Planet et The Incident. Il faut également mentionner à son palmarès son travail de composition aux côté de FISH sur l’album Fellini Days et ses nombreux concerts donnés en première partie de MARILLION, BLACKFIELD ou encore SOUND OF CONTACT.

Accompagné de Dean Tidey, Patrick Bettison et Mark Prator, Wesley laisse à nouveau éclater son talent et sa grande sensibilité à travers ces dix nouvelles chansons. Les influences sont nombreuses et il est difficile de classer le musique proposée ici, entre rock alternait, progressif et crossover. De très belles mélodies, bourrées d’âme et de feeling, se voit magnifier par un chant à la fois doux et dynamique, à même de transmettre beaucoup de sentiments et d’émotions. Difficile de ne pas évoquer ici le travail d’un Roger Waters et surtout d’un David Gilmour qui ont montré la voie à suivre à Wesley, en particulier Gilmour. Chaque chanson nous entraine dans un autre univers, un autre état d’esprit, les très rock « Any Old Saint » et « Once A Warior » laisse ensuite la place au plus doux et progressif « Window » puis au catchy et radio-friendly « Gets You Everytime ». Plus l’écoute avance plus vous risquez d’être surpris par la richesse développée lentement par Disconnect. Même les plus exigeants pourront trouver de larges motifs de satisfaction à l’écoute de ce disque. Welsley ne révolutionne pas le genre mais il se rappelle au bon souvenir de la scène progressive après de longues années d’absence en solo.

A force de le voir sur scène interpréter la musique des autres, nous en aurions presque oublié que John Wesley possède lui-même un sacré talent de compositeur en plus d’être un guitariste accompli. Ce Disconnect a l’avantage de remettre immédiatement les pendules à l’heure. Ces chansons sont plus que recommandables pour que le rock progressif parle au moins un peu à votre cœur. Comme une nouvelle n’arrive jamais seule, John Wesley pourra se faire connaître d’un encore plus large public et démontrer la qualité de son travail sur scène dans les semaines à venir en première partie de FLYING COLORS en Europe. Un bien package si vous voulez mon avis.

Oshyrya (7,5/10)

 

Site Officiel

FaceBook Officiel

 

Inside Out Music / 2014

Tracklist (51:39 mn) 01. Disconnect 02. Any Old Saint 03. Once A Warior 04. Window 05. Gets You Everytime 06. Mary Will 07. Take What You Need 08. How Goes The War 09. New Life Old Sweat 10. Satellite