Alors que je me morfonds en repensant à mes vacances en partie gâchées par une météo franchement capricieuse cette année dans l’hexagone, voici qu’arrive sur mon bureau cet album des américains de WARNER DRIVE. Il s’agit sans doute là d’une provocation pour des artistes originaires de la cité des anges, Los Angeles. Je suis sûr qu’il fait toujours beau et chaud là-bas. Les plus chagrins me rétorqueraient qu’au moins en France nous ne serons pas tous annihilé dans les soubresauts d’un horrible tremblement de terre mais il ne s’agit là que d’un détail.
D’après quelques lectures sur le web, nos amis passent leur temps à sillonner toutes les Californie et donnent quelque chose comme 250 concerts pour ans. Ils comptent quelques albums (Fully Loaded en 2005 et K-GO ! en 2011) à leur actif et tout le monde loue l’énergie qu’ils développent sur scène. Bien bien… mais sur disque qu’est-ce que cela donne ? Et bien une musique pas fondamentalement mauvaise mais simplement beaucoup trop entendue depuis des années maintenant.
Ce mélange entre rock, hard-rock et punk peut faire son petit effet sur scène mais sonne de façon quand même très convenue et plate dans son salon. Ok quelques mélodies et quelques refrains vous feront taper du pied mais vous oublierez rapidement ces ritournelles assez gentillettes. Le savoir-faire est évident pour distiller les riffs catchy et les chœurs mais en dehors de quelques soirées beuverie je peine à trouver ici de quoi vous conseiller City of Angels. Et je ne parle pas de la durée vraiment chiche du disque qui atteint avec bien des difficultés les trente-quatre minutes. Je vais encore faire mon gros lourd mais WARNER DRIVE pourra peut-être vous séduire par la jolie plastique de Candice Levinson qui assure avec talent une des guitares.
City of Angels se laisse écouter en fond sonore et ce rock pour tous saura plaire au plus grand nombre. Facilement accessible et mémorisable WARNER DRIVE a su intelligemment intégré tous les ingrédients du music business californien. Il n’est finalement pas très étonnant qu’ils rencontrent un succès grandissant car tout est fait sérieusement avec un beau professionnalisme. Maintenant je déconseille d’investir quinze euros dans cet album, pas sûr que vous y reveniez beaucoup un fois le boitier rangé.
Oshyrya (06/10)
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Cyber Tracks / 2014
Tracklist (33:57 mn) 01. Rising From the Fallen 02. The City of Angels 03. Boys N’ Girls 04. Radio Love Song 05. Open Our Eyes 06. King of Swing 07. West Memphis Three 08. Ah-Ha 09. Falling Down 10. Fully Loaded
Il y a un peu de mystère derrière le patronyme de ce groupe suédois : « Captain Black Beard » n'évoque pas grand chose à part peut-être quelque écho de la piraterie au Grand siècle. Et le titre de son second album, Before Plastic, n'est pas bien plus éclairant. L'illustration de Before Plastic a le mérite de nous donner une idée de la dégaine des musiciens de Captain Black Beard : on se trouve au milieu des seventies, sur les traces d'un Thin Lizzy par exemple. C'est dire que nous sommes bien dans la vague de revival hard rock qui fait florès actuellement. Cependant, à la différence de Witchcraft, The Answer, The Dagger ou Black Trip, Captain Black Beard est plus apaisé que ses confrères.
Sur ce Before Plastic, on ne trouve pas de références à Black Sabbath, ou à Iron Maiden mais plutôt à Thin Lizzy pour les harmonies à la guitare (« Music Man ») et surtout à Kiss pour les refrains et le sens des prononcé de la mélodie (« Aiming For Love » qui commence d'emblée par le refrain). On retrouve même l'influence de grands noms de l'AOR, comme celle des Journey (« Somebody » et son refrain immédiat) et Foreigner, lorsqu'ils conservaient une certaine partie de leurs sonorités 70'. Voici pour le pedigree, somme toute intéressant. Mais pour quel résultat ?
Il est plus que satisfaisant : réjouissant. Certes la musique de Captain Black Beard n'est en rien prétentieuse, mais Dieu qu'elle s'avère plaisante ! Les riffs groovy s'accumulent, les refrains chatoient, les guitares enchaînent les mélodies (« Keep On Drivin' ») sans que jamais Before Plastic ne s'enlise. Si la première partie est la plus immédiate et accrocheuse à l'image du single évident qu'est « Bad Girl », on recommandera d'explorer la fin du disque qui révèle un important nombre de bon moments, dans un cadre plus remuant et franchement hard rock (« Shout » fait parfois penser au UFO de la meilleure époque et l'influence d'AC/DC se fait sentir).
Certes, le deuxième disque de Captain Black Beard n'est pas très bien distribué, mais l'avalanche des qualités qui sont les siennes ne peut qu'inciter à chercher qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir « avant le plastique ». Des bonnes choses en tout cas.
Baptiste (8/10)
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GerMusica – Dead End Exit Records / 2014
Tracklist (38:36) : 01. Please Come Home 02. Somebody 03. New York City 04. Bad Girl 05. Music Man 06. Aiming For Love 07. Keep On Drivin’ 08. Shout 09. Life’s What You Make It 10. Takin’ You Out 11. Listen U
Certains regardent les britanniques de DRAGONFORCE avec beaucoup de condescendance, se moquant allégrement de leurs gimmicks et de leur esprit un peu geek. Nos amis s’en tapent comme de leur première chemise et poursuivent leur bonhomme de chemin, avec succès il faut bien le reconnaître, sans dévier de leur philosophie : proposer un power-métal tonitruant, très rapide et joyeux à même de ramener à la vie les plus dépressifs d’entre nous. Maximum Overload est déjà leur sixième album, les britanniques ont voulu battre le fer tant qu’il chaud deux années seulement après la publication du précédent, The Power Within (chronique ici).
DRAGONFORCE devait encore une fois travailler avec une certaine pression sur les épaules car The Power Within avait rassuré quant à la capacité des britanniques à continuer avec un nouveau chanteur, Marc Hudson, mais nous attendions encore plus avec ce nouvel opus, que le groupe puisse démontrer qu’il peut se renouveler et proposer des chansons véritablement adaptées aux capacités vocales de nouvel arrivant. Nous allons heureusement être rapidement rassurés sur ces deux points.
Les plus grincheux se trompent en pensant que la recette DRAGONFORCE est simple à décrire. Bien sûr ces rythmes d’enfer et ces soli de guitares stratosphériques constituent la marque de fabrique du groupe mais il ne faut savoir dépasser les apparences et creuse la question. Tout l’édifice du groupe est construit sur des mélodies solides et souvent très très attrayantes qui vont vous imprimer l’esprit pour de nombreuses semaines. Il faudrait être malhonnête pour ne pas reconnaître un vrai à talent à Sam Totman et Frédéric Leclercq, les principaux compositeurs de ce disque, pour nous pondre des refrains frais et accrocheurs. Oui effectivement ils ne réinventent pas la roue et utilisent les bonnes vieilles recettes power métal mais c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. Vous trouverez donc ici les influences des cadors comme IRON MAIDEN, HELLOWEEN ou JUDAS PRIEST. Bien digérées, ces inspirations font encore une fois des merveilles sur Maximum Overload une fois assaisonnées à la sauce DRAGONFORCE. Ce disque contient son lot de brûlots qui feront des malheurs sur scène chantés à tue-tête par une foule en délire : « The Game », « No More » et surtout « Three Hammers » vous rentreront de force dans le crâne et vous aurez un mal de chien à vous en débarrasser.
Et cerise sur le gâteau, le groupe progresse, expérimente et évolue. Les compositions sont plus compactes et resserrées, DRAGONFORCE a acquis une grande expérience après 15 ans d’existence et évite désormais les longueurs et les fioritures stériles et excessives. Les soli de guitares sont toujours bien présents mais l’overdose des débuts a disparu. Marc Hudson s’en sort comme un chef et impressionne par sa prestation. Ajoutez à cela la participation sur trois titres de Matt Heafy (TRIVIUM) au chant qui apporte une (très) légère touche plus agressive. C’est pas beau ça ? Alors tout n’est pas parfait bien sûr et nos amis pêchent parfois par facilité avec des titres trop basiques comme « Symphony of the Night » très STRATOVARIUS ou une reprise sans grand intérêt du « Ring of Fire » de Johnny Cash. Mais pour un fan des classiques power/speed métal comme votre serviteur ce petit écueil se pardonne très facilement face au plaisir ressenti à l’écoute de Maximum Overload. La production est excellente avec un son puissant et limpide savamment concocté par Jens Bogren au Fascination Street Studios en Suède.
J’étais le premier à m’être lassé de DRAGONFORCE avec les albums Inhuman Rampage (2006) et Ultra Beatdown (2008). Saluons le second souffle apporté par l’arrivée d’un nouveau chanteur. The Power Within contenait déjà bien des promesses mais Maximum Overload montre un DRAGONFORCE inspiré et au top de sa forme. Si vous êtes amateurs de speed/power-métal ce disque est fait pour vous et vous ne le regretterez pas. Espérons que le départ de Dave Mackintosh et son remplacement par Gee Anzalone ne change pas cette heureuse lancée. Une belle confirmation !
Oshyrya (8,5/10)
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VeryCords / 2014
Tracklist (49:39 mn) 01. The Game 02. Tomorrow’s Kings 03. No More 04. Three Hammers 05. Symphony of the Night 06. The Sun is Dead 07. Defenders 08. Extraction Zone 09. City of Gold 10. Ring of Fire