Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Alors que certains labels se la jouent hypocrites et nous dévoilent chaque mois de nouveaux groupes qui ne sont en fait que de pâles resucées de leurs illustres ancêtres (la palme revenant à ceux qui ont signé la chiée de clones de Black Sabbath qui profite du dernier sursaut de vie d'Ozzy pour se faire un peu de notoriété), Century Media a opté pour une voie certes plus mercantile et fainéante, mais plus "honnête" : les rééditions d'anciens albums. Aujourd'hui, c'est au tour de Dark Funeral de passer à la casserole. Le groupe ayant rejoint le label, il semble que Century Media en profite pour dépoussiérer vite fait un classique du groupe, le gonfler avec un peu de live et des reprises, histoire de faire patienter avant la prochaine galette.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas leurs classiques, Diabolis Interium est une violente claque de Black Metal à la suédoise. "The Arrival Of Satan's Empire" déboule sans crier gare, dans un tourbillon de blast, une avalanche de grattes straight out of Satan's Garden et Emperor Magus Caligula dégueule sa haine et ses blasphèmes comme un vrai possédé. C'est rapide, c'est méchant, c'est sacrément bien exécuté (et servi avec une production bien claire, qui filera des boutons aux orthodoxes amateurs de productions hasardeuses et d'enregistrements dans des caveaux) : pas une once d'originalité, mais Dark Funeral compense par une efficacité à toute épreuve.

Et les bonus, dans tout ça ? Une version démo plutôt anecdotique, des reprises plutôt inattendues (il s'agit en fait de celles de l'ep Teach Children To Worship Satan : "The Trial" de King Diamond, un "Dead Skin Mask" plutôt pas mal réussi même si le batteur a dû pas mal s'emmerder, lui qui est habitué à cogner comme un malade, "Remember The Fallen" de Sodom et un "Pagan Fears" de Mayhem qui n'a rien à envier à l'original) et trois titres enregistrés en 2003 lors d'une tournée en Amérique Latine, histoire de montrer que le groupe est tout à fait en mesure de jouer à la même vitesse en live tout en proposant un résultat qui ne tourne pas à la bouillie (mais ça, on le savait depuis les deux DVD sortis en 2007 et 2008).

Alors, cette réédition, on achète ou pas ? Si vous ne disposez pas encore d'une copie physique de cet album (déjà réédité en 2007 par Regain Records avec un deuxième disque reprenant les covers), je dois avouer que c'est une bonne affaire. Les fans du groupe, eux, passeront leur chemin. Personnellement, je trouve que cette campagne de réédition permet, dans certains cas (mais pas ici), d'enfin mettre la main sur certains albums sans devoir payer une fortune pour espérer dégotter un first press. L'initiative est bonne, certes, mais j'espère que Century Media n'oubliera pas de nous proposer aussi de nouveaux groupes qui en valent la peine…

Mister Patate (8,5/10)

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Century Media Records / 2013
Tracklist (xx:xx) 1. The Arrival of Satan's Empire     2. Hail Murder     3. Goddess of Sodomy     4. Diabolis Interium 5. An Apprentice of Satan 6. Thus I Have Spoken 7. Armageddon Finally Comes 8. Heart of Ice 9. An Apprentice Of Satan 2000 10. The Trial 11. Dead Skin Mask 12. Remember the Fallen 13. Pagan Fears 14. Hail Murder 15. Thus I Have Spoken 16. Armageddon Finally Comes

 

Celeste – Animale(s)

Voilà le genre d’album difficile à appréhender. Là où certains s’efforcent de rentrer dans le cadre qui leur est imposé par « la mode », dans un monde de la musique où d’aucuns optent pour le « prêt-à-écouter » qui ratisse large, il subsiste des groupes qui ne font aucun compromis. Des groupes qui entrent dans la démarche inverse. Certains optent pour la technique à outrance, Celeste a choisi une autre voie. Celle de la violence brute du post-hardcore. Impitoyable. Le propos n’est pas forcément des plus compliqués, certes : à l’instar d’un Amenra, Animale(s) déverse un océan de rancœur sans fin sur fond de rythmiques pesantes, de riffs de plomb et de cordes vocales déchirées. Mais il n’en est pas moins redoutablement efficace. Sur ce double album, Celeste nous prend par la main et nous emmène dans son monde, un monde sombre, dur, rugueux.

Animale(s) ne s’écoute pas avec plaisir. Animale(s) est une épreuve. Un peu comme si vous allumiez une allumette et que vous essayiez de la garder le plus longtemps possible entre vos doigts, jusqu’à la morsure de la flamme. Beaucoup n’adhèreront pas à la démarche et trouveront ce double album indigeste. Personnellement, et pour la première fois depuis des années, je tiens entre les mains un double album qui ne souffre pas du fameux « syndrome du double album » : aucun filler, aucun coup de mou, juste une déferlante de douleur et de violence sans répit. Parvenir à maintenir une telle tension sur une telle durée n’est pas une prouesse. C’est un art. Beaucoup de groupes devraient en prendre de la graine.

Mister Patate (8,5/10)

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Denovali Records / 2014
Tracklist (69:14) Disque 1 1. Laissé Pour Compte Comme Un Bâtard 2. Au Pied D'Une Bicoque Peu Séduisante 3. Sans Crainte De S'Avouer Un Jour Naufragée 4. (X) 5. Tes Âmes Soeurs Immaculées 6. Dans Ta Salive, Sur Sa Peau Disque 2 1. D'Errances En Inimitiés 2. Cette Silhouette Paumée Et Delabrée Qui Sanglote Et Meurt 3. Empreinte D'Érotisme 4. (Y) 5. Serrés Comme Son Coeur Lacéré 6. Outro

 

Alestorm – Sunset On The Golden Age

Tiens, ils existent encore, les gars d’Alestorm. Je pensais qu’ils avaient mis la clé sous le paillasson après la trilogie Pirates des Caraïbes. Ou du moins après le quatrième film, celui avec Penelope Cruz. Eh bien non, tout comme Swashbuckle (qui se rappelle à notre bon souvenir avec un EP), Alestorm fait son retour avec un nouvel album qui fleure bon les embruns, les fruits de mer et le rhum. Je doute que tous ces fumets fassent bon ménage ensemble.

Bon, coupons court : Alestorm ne s’est pas renouvelé. Alors si vous aimiez leur folk aux forts relents de piraterie et d’alcoolisme, leur chanteur qui roule ses R comme un pirrrrrrate et leurs compos funs et catchy as fuck, vous allez kiffer cette galette, moussaillons ! Mon Dieu, je n’en reviens pas que j’ai utilisé le mot moussaillons dans une chronique. Il est temps de se reprendre en main. L’air de la mer, certainement.

Cependant, Alestorm souffre du syndrome Korpiklaani : les morceaux semblent tout droit pissés du même tonneau que les albums précédents, avec même une légère baisse de niveau. Mis à part quelques morceaux plus efficaces (et l’intro en 8bit de « 1741 (The Battle Of Cartagena » qui a eu le mérite de me faire hausser un sourcil), on dirait presque un recueil de faces B agrémenté d’une reprise hasardeuse de « Hangover ».

B comme Bateau. Oui, Sunset On The Golden Age est bateau. Ça tombe bien pour un album de Pirate Metal. Les moins regardants apprécieront, ceux qui ont un poil de sens critique lui préfèreront les albums antérieurs, quand Alestorm était encore frais et inattendu. Ici, ça commence à sentir la morue pas fraîche pour le groupe.

PS : l’édition limitée comporterait des versions acoustiques de leurs meilleurs titres. Je n’ai pas vérifié. J’ai suffisamment perdu de temps avec l’édition normale.

Mister Patate (3/10)

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Napalm Records / 2014
Tracklist (48:41) 1. Walk The Plank 2. Drink 3. Magnetic North 4. 1741 (The Battle Of Carthagena) 5. Mead From Hell 6. Surf Squid Warfare 7. Quest For Ships 8. Wooden Leg! 9. Hangover (Taio Cruz Cover) 10. Sunset On The Golden Age