Author:
Mister Patate
Juil
1
En deux albums, Allegaeon est devenu mon “dark horse”, ce favori secret qui est loin de remporter les suffrages parce qu’il est méconnu alors qu’il dispose de tous les arguments pour lutter avec les grosses pointures. Après un deuxième album qui m’avait tout à fait séduit, ils sont enfin de retour avec une troisième galette, celle de la consécration et, espérons-le, de la renommée qu’ils méritent.
Dès l’intro de « Threshold Of Preception », ces surdoués lâchent les chiens dans un tourbillon de maîtrise, de technique, de mélodie et ce petit je-ne-sais-quoi de mélodique qui apporte au morceau une dimension supplémentaire. Là où Fleshgod Apocalypse s’était pris les pieds dans le tapis à force d’empiler différentes couches d’un mille-feuilles musical indigeste, Allegaeon se paie le luxe de pondre une intro au son clair comme du cristal et qui rend justice à chaque instrument, à chaque arrangement… et cette intro n’est rien comparé au reste de l’album ! Toute la galette transpire la technicité et la mélodie sans pour autant devenir indigeste. Le travail au niveau des guitares est tout bonnement à tomber à terre (bordel, ces lignes de lead guitar !), la section rythmique fait des ravages (avec mention spéciale au batteur tentaculaire au jeu tout en puissance et en finesse) et on en viendrait presque à oublier la seule petite déception de l’album, à savoir le chant qui, s’il n’est pas mauvais, est tout de même un peu plus banal… Mais j’avoue que je suis dur et que l’on est loin d’un chant foncièrement mauvais qui viendrait gâcher tout à fait l’expérience d’écoute de cette galette musicalement exceptionnelle.
Amateurs de death technique et mélodique, si vous ne connaissez pas Allegaeon, il est grand temps de réparer cet erreur. Elements Of The Infinite s’impose, à mes yeux, comme un des albums de l’année du genre. Plus accessible et plus mélodique qu’un Archspire ou qu’un Origin, il saura vous charmer par sa maîtrise et son inventivité. Jetez-vous dessus, c’est de la très bonne came !
Mister Patate (9/10)
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Metal Blade Records / 2014
Tracklist (58:01) 1. Threshold of Perception 2. Tyrants of the Terrestrial Exodus 3. Dyson Sphere 4. The Phylogenesis Stretch 5. 1.618 6. Gravimetric Time Dilation 7. Our Cosmic Casket 8. Biomech II 9. Through Ages of Ice – Otzi’s Curse 10. Genocide for Praise – Vals for the Vitruvian Man
Author:
Mister Patate
Juin
30
On pourrait croire que les années finissent toujours par avoir raison de la hargne de toute personne, aussi haineuse ou aussi résistante soit-elle. La preuve : même l’invincible Lemmy accuse lentement mais sûrement le poids des années et des excès. Et pourtant, certains s’en tirent encore avec les honneurs, malgré une carrière kilométrique, et un des meilleurs exemples en la matière est Impaled Nazarene. Comme quoi, le plutonium et le blasphème semblent constituer une belle cure anti-âge. Nous sommes en 2014, et Impaled Nazarene n’a pas encore dit son dernier mot, loin de là.
D’un point de vue purement objectif, la recette d’Impaled Nazarene est plus qu’éprouvée, et le groupe n’a donc en aucun cas décidé de surprendre ses fans. On retrouve donc une nouvelle dose de Nuclear Metal plutôt bas de plafond, le genre de galette qui doit son efficacité à sa simplicité. C’est brut, c’est concis, c’est méchant et, au final, c’est ce que l’on attend de ces furieux finlandais. À l’instar d’un Slayer ou d’un Cannibal Corpse, Impaled Nazarene a trouvé son créneau, n’en démord pas et, mieux encore, parvient encore et toujours à garder son statut de référence en la matière.
Alors, Vigorous And Liberating Death est-il meilleur ou moins bon que ses prédécesseurs ? Avouons que cette question est assez piégeuse : même si le groupe ne se réinvente pas, on reste en présence d’un album maîtrisé et plaisant à écouter. Il n’est pas original ? Cela fait longtemps qu’Impaled Nazarene a renoncé à être original. Ils sont intransigeants, et c’est pour ça qu’on les aime ou qu’on les déteste. Vous aviez déjà choisi votre camp auparavant ? Ce nouvel effort ne vous fera pas changer d’avis. Perso, cette nouvelle cargaison de Metal aux relents de soufre et d’explosion nucléaire me convient tout à fait.
Mister Patate (8/10)
Facebook officiel
Osmose Productions / 2014
Tracklist (33:48) 1. King Reborn 2. Flaming Sword of Satan 3. Pathological Hunger for Violence 4. Vestal Virgins 5. Martial Law 6. Riskiarvio 7. Apocalypse Principle 8. Kuoleman varjot 9. Vigorous and Liberating Death 10. Drink Consultation 11. Dystopia A. S. 12. Sananvapaus 13. Hostis Humani Generis
Je suis d’humeur chagrine ce matin et ma victime expiatoire du jour pourrait s’appeler DEAD END HEROES. Dans un style Hard Rock pas très malin et surtout déjà archi-labouré depuis quelques décennies, ce nouveau groupe rassemble des artistes connus et reconnus pour évoluer dans des groupes disons moins exposés pour ne pas dire des seconds couteaux. Tout part du projet solo du batteur du groupe suisse ME & THE REST (oui je ne connais pas non plus) Daniel Voegeli. Au fil des années, il a composé des chansons et souhaite-leur donner vie en gravant le tout sur bande en studio. Dans cette perspective, il fait appel aux talents de Rolf Munkes (EMPIRE, TONY MARTIN, MAJESTY) qui impressionné par le matériel disponible encourage le batteur à s’entourer d’un vrai groupe et à finaliser son répertoire pour obtenir un vrai disque de qualité.
DEAD AND HEROES est alors né avec dans ses rangs des musiciens connus des spécialistes : Voegeli à la batterie, Munkes à la guitare, Carsten Lizard Schulz (EVIDENCE ONE, DOMAIN, LAVALLE) au chant, Paul Logue (EDEN'S CURSE, DOOGIE WHITE, DAVID READMAN, LAVALLE) à la basse et enfin Holger Seeger (MIDNITE CLUB, IAIN ASHLEY HERSEY) aux claviers. Et à l’écoute de ce Roadkill on se demande bien où Munkes a pu trouver tout cet enthousiasme. Les chansons proposées ne sont pas ratées mais elles manquent foncièrement de caractère et d’originalité. Le plan hard rock burné enrichi d’orgue hammond pour donner une petite touche classic rock à l’ensemble est chemin déjà bien trop emprunté depuis les annes 70. Le talent est là, chaque musicien s’acquitte bien de sa tâche mais les compositions tombent souvent bien à plat et peinent à susciter l’enthousiasme. Même des titres qui se veulent forts et fédérateurs comme « Roadkill » ou « Feed the Flames » ratent la cible.
La lassitude et la désagréable impression de déjà-entendu s’installe très rapidement et je me suis profondément ennuyé à l’écoute de ce disque. L’étincelle qui ferait dresser l’oreille à l’auditeur et créerais l’adhésion pour ces chansons manque désespérément à l’appel. Les refrains manquent d’attractivité et les mélodies peinent à marquer durablement l’esprit. Aussi vite écouté, aussi vite oublié. Si la petite histoire racontée par le label est vrai on se demande si Munkes n’a pas voulu cirer exagérément les pompes à Voegeli pour ajouter une ligne à son CV. Le travail a bien était fait mais le matériel de base manquait nettement de qualité. Un coup pour rien.
Oshyrya (4,5/10)
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AOR Heaven – GerMusica Promotion / 2014
Tracklist (58:35 mn) 01. Roadkill 02. Dead End Heroes 03. Cry For The Moon 04. Feed The Flames 05. The Wind Howls Fire 06. Stormfront 07. Hands Off The Wheel 08. And The Loser Is 09. Technicolor Love 10. The Fire’s Worth The Loneliness 11. Gambler’s Crusade