Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Dust Bolt – Awake The Riot

dust-bolt-awakeDieu Merci, il y a un poil de justice sur cette planète qui ne tourne pas rond. On sait désormais que la Bavière est également touchée de plein fouet par la vague retro Thrash qui n'en finit plus de charrier des groupes dont l'intrêt s'avère le plus souvent anecdotique. Pour être honnête cela fait quelques années que le groupe Dust Bolt sévit, mais jusqu'à présent, en dépit des efforts de Napalm Records pour le promouvoir, cela n'avait pas eu de conséquences au delà de quelques baillements dans la rédaction. Et ce second effort ne risque pas de déchainer l'enthousiasme parmi nous. 
ccordons aux allemands un réel savoir faire pour rendre une copie carbone du thrash d'antan en provenance de la Bay Area. Toutefois ce savoir faire est lourdement pénalisé par une absence totale de personnalité. On constate rapidement qu'il manque de signature propre au groupe qui se contente de reproduire des tonnes de riffs empruntés à Slayer pour n'en citer qu'un. Awake The Riot a au moins le mérite d'être un album qui déborde d'énergie, mais au délà de ça et de l'hommage très appuyé au thrash des années 80 en provenance de Californie, Dust Bolt ne m'a pas laissé d'impression durable.  Par exemple, quel intêret y a t-il a refaire l'intro hurlante d'"Angel Of Death" sur le morceau "Soul Erazor" qui ne soutient pas la comparaison par la suite… Libre au groupe de se contenter du service minimum. Mais cela ne devrait guère convaincre au delà d'un cercle restreint de thrasheurs en manque. Préférez l'original à la copie. C'est plus sûr.

Hamster (04/10)

www.facebook.com/dustbolt

Napalm Records / 2014

Tracklist (58:30) 1. Living Hell 05:03 2. Soul Erazor 04:29 3. Beneath the Earth 05:45 4. You Lost Sight 05:22 5. Agent Thrash 03:35 6. Living a Lie 04:52 7. Awake the Riot – The Final War 02:22 8. Eternal Waste 05:24 9. Drowned in Blind Faith 02:54 10. Worlds Built to Deceive 03:56 11. The Monotonous – Distant Scream 07:14 12. Future Shock (Evil Dead Cover)

 

Winger – Better Days Comin’

BetterDaysCominIl aura donc fallu attendre cinq ans pour écouter un nouveau disque de Winger, après Karma (2009). C'est sans doute un impératif lié au calendrier chargé des musiciens du groupe, puisque Reb Beach joue dans Whitesnake et que Kip Winger poursuit une carrière solo, confidentielle, mais de qualité. Au moins le temps imparti semble-t-il avoir profité au combo puisque, encore une fois, Winger vient d'enregistrer un fichu bon disque. 

Better Days Comin' est dans la lignée de IV et de Karma, voire de Pull (1993) : le hard FM de jadis et des hits tels « Easy Come, Easy Go » ou « Seventeen » est totalement délaissé au profit d'un hard mélodique franchement plus ambitieux, faisant la part belle aux qualités musicales des quatre musiciens. Amateur très modéré des deux premiers disques du groupe, je ne vais pas m'en plaindre. Surtout que Winger propose globalement mieux aujourd'hui. 

« Mieux » mais pas toujours phénoménal : Better Days Comin' s'ouvre sur trois titres de hard rock classique, bien orchestrés, mais en rien renversants. À l'image du titre d'ouverture, « Midnight Driver Of A Love Machine », ces chansons montrent que si Kip Winger sait incontestablement écrire de bonnes chansons, il peut faire mieux. Les choses décollent à mon avis plus nettement à partir du titre éponyme, qui œuvre paradoxalement dans un genre plus pop et groovy, mais dont on retiendra aussitôt l'excellent refrain. Puis « Tin Soldier » et ses parties toute en nuance projette le disque dans une dimension plus ambitieuse. Les morceaux s'allongent et l'on goûte à un hard rock mélodique et technique, à tendances progressives, d'excellent acabit. On remarquera tout particulièrement la subtile semi-ballade « Ever Wonder » ou « Be Who You Are, Now » à la belle mélancolie, qui s'exprime bien dans la longue partie instrumentale finale. Dommage que le heavy « Storm In Me » soit un cran en deçà, rattrapé par les six minutes de l'impressionnant « Out Of This World ».

D'où un avis contrasté : Winger est plus à l'aise lorsqu'il sort du créneau hard rock classique et s'essaie à autre chose. Que faire, dans un tel contexte, quand on est un groupe aussi typé que Winger ? Je ne sais.

Baptiste (7/10)

 

Site officiel

Frontiers / 2014

01. Midnight Driver of a Love Machine 02. Queen Babylon 03. Rat Race 04. Better Days Comin' 05. Tin Soldier 06. Ever Wonder 07. So Long China 08. Storm In Me 09. Be Who You Are, Now 10. Out Of This World
 

Crowbar – Symmetry In Black

Crowbar-Symmetry-in-Black

C'est l'heure du dixième album pour le groupe originaire de la Nouvelle Orléans (Louisiane) et qui affiche un état de santé qui laisse rêveur. A l'écoute de Symmetry In Black on se félicite que le groupe se soit montré plus rapide à composer un successeur à l'excellent "Sever The Wicked Hand". 3 ans tout de même, c'est toutefois plus supportable que les 6 années qui séparaient les deux efforts précédents. Kirk Windstein démissionnaire de Down, plus sobre, se concentre sur son bébé, et on ne pas s'en plaindre.

Symmetry In Black possède tout ce qui fait la force du groupe, cohésion, tempo lent, riffs écrasants, section rythmique qui en impose, sans oublier le chant torturé et mélancolique de Kirk Windstein. Lourd, accrocheur, avec une pincée mélodique. Le fan ne sera pas dépaysé et devrait apprcécier ce nouvel album à sa juste valeur. Crowbar manie le doom avec toujours autant de talent comme en témoigne les écrasant "Symmetry In White" ou "A Wealth of Empathy". Crowbar comme à son habitude ne se contente pas de cette seule figure de style, et lorsque qu'il tape dans le metal sudiste, "The Taste Of Dying".

Et lorsque Crowbar sonne la charge, c'est un appel irrésistible à se jeter dans un circle pit, comment résister à la furie d'un "Ageless Decay" ? Seul Amaranthyne apparait comme un petit coup de mou au milieu de l'album. L'album défile d'une traite, solide et accrocheur, avec une production au poil (menée par Duane Simoneaux qui avait travaillé sur Sever The Wicked Hand et Josh Wilbur au mixage). On retient également le titre "Symbolic Suicide" en hommage à Peter Steele, survitaminé, à l'influence thrash / punk, avec un final doomesque qui fait frémir les poils. L'album s'achève sur une conclusion instrumentale sobre et mélodique. Classieux.  Symmetry In Black s'impose comme une valeur sûre, sans bouleversements majeurs dans la recette du groupe, il va de soi que si le groupe n'est pas votre tasse de thé, vous ne devriez pas changer d'avis. Décidément en 2014, la scène de la Nouvelle Orléans se porte bien, en tout cas Down, Eyehatefgod et Crowbar en font l'éclatante démonstration.

Hamster (08.5/10)

www.facebook.com/crowbarmusic

Century Media – E1 Entertainment / 2014

Tracklist (48 minutes) 1. Walk with Knowledge Wisely 05:21 2. Symmetry in White 04:08 3. The Taste of Dying 03:12 4. Reflection of Deceit 05:00 5. Ageless Decay 03:40 6. Amaranthine 02:46 7. The Foreboding 04:13 8. Shaman of Belief 03:38 9. Teach the Blind to See 03:41 10. A Wealth of Empathy 04:08 11. Symbolic Suicide 04:21 12. The Piety of Self-Loathing (instrumental)