Davide Nunziante est un artiste, il s’avère vital pour lui de pouvoir exprimer sa créativité à travers différentes formes artistiques. En plus de ses activités de peintre professionnel, il reste le solide capitaine, contre vents et marées, du navire FRAGORE depuis plus d’une décennie maintenant. Initié en 2001 à Giaveno, ce projet a déjà accouché de plusieurs réalisations dont deux démos, et deux albums sept titres : The Dark Side of Ambition (2009) et The Keeper (2011). Les italiens ont su évolué depuis leurs débuts, passant d’une approche rock alternatif à un son désormais très puissant, agressif et résolument métal. Malgré bien des changements de line-up et même un split de 2003 et 2007, Nunziante n’a jamais renoncé et se trouve désormais entouré d’une solide équipe composée du batteur Alessandro Baronetto et du bassiste Andrea Lorenti. Le power-trio a décidé de faire parler la poudre en 2012 avec l’enregistrement d’un EP, Armored, chez Murdered Music et ils présentent fièrement cette année leur nouvel album, The Reckoning.
Avec « Die with Blood », l'auditeur fait d’emblée face à la fureur de FRAGORE. Les italiens proposent un cocktail assez varié mélangeant allégrement les influences heavy, thrash et death. Musicalement parlant, cela reste assez classique avec des riffs bien bourrins, des rythmiques en mode tronçonneuse et quelques soli de guitares bien envoyés. Cette fureur reste canalisée et la musique proposée reste assez accessible, très classique dans le fond. Le chant extrême de Nunziante apporte une touche d’agressivité supplémentaire qui n’est pas pour nous déplaire. Nos trois amis parviennent à faire un sacré boucan à trois et les chansons s’enchainent sans temps mort ni véritables faiblesses. FRAGORE propose une musique directe et sans fioriture à même de provoquer rapidement le headbanging. Ici, pas de virtuosité mal placée ni chanson à tiroir inutilement complexe. Ne cherchez pas midi à quatorze heure, les italiens visent l’efficacité avant tout, le refrain ou le riff qui claquent. Et ils s’en sortent plutôt bien même si vous ne serez pas renversé à l’écoute de The Reckoning. Ces champs ont déjà été maintes et maintes fois labourés dans tous les sens. Sans faire de procès d’intention à nos amis, la chanson « AK-47 » pourrait être mal interprétée avec son intro laissant entendre un appel à la prière d’un muezzin. Disons que l’association d’idées entre le titre de la chanson et cette intro apparait être au mieux maladroite. Soulignons la très bonne production de l’album, la qualité très variable des productions italiennes nous a amené à être prudents de ce côté-là. Ici rien à redire, un son puissant et clair, œuvre d’Ettore Rigotti (DISARMONIA MUNDI, DESTRAGE…).
Les précédents opus du groupe étant sortie dans l’anonymat, FRAGORE se présente avec The Reckoning sous un jour plutôt flatteur. Sans réinventer la roue, ils proposent une série de titres métal pas dénués de charmes, bourrins et rentre-dedans à souhait. L’impact sur scène pourrait être appréciable. Un groupe à surveiller afin de vérifier si les transalpins parviennent à transformer l’essai dans les mois à venir.
Oshyrya (6,5/10)
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Coroner Records / 2014
Tracklist (62:55 mn) 01. Origins 02. Die with Blood 03. Resurrection Nemesis 04. AK-47 05. Barrier 06. Abominevole 07. Sad People 08. I am Evil 09. Leatherface 10. The System has Failed 11. Mental Disorder 12. Thunder Rising 13. White Dust (Re-mastered version) 14. Earth (Re-mastered version)
Drôle de nom pour ce groupe vous l’avouerez. Baptiser ainsi en hommage aux réalisateurs Stephen, Charles, and Edward Chiodo, CHIODOS s’est formé en 2001 dans le Michigan. Issue de la vague dite « post-hardcore », le groupe a sorti un premier album, All's Well That Ends Well en 2005, suivit, deux ans plus tard, par Bone Palace Ballet qui allait rencontrer un beau succès outre-Atlantique en se classant n°5 dans le Top 200 du Billboard aux Etats-Unis. Peu après, le groupe faisait face à une crise avec le départ du chanteur Craig Owens et du batteur Derrick Frost. L’année suivante le groupe sortait quand même Illuminaudio, un opus qui marquait le bref passage de deux nouveaux membres, très bref même, puisqu’en 2012 Owens et Frost réintégraient les rangs. Devil voit donc les américains revenir en force, en pleine possession de leurs moyens. Devil est également le premier enregistrement réalisé avec le guitariste Thomas Erak (ex-THE FALL OF TROY) définitivement adopté en février 2013 à l’occasion de la tournée anglaise effectuée en première partie de BLACK VEIL BRIDES.
A voir les photos du groupe, il y a de quoi s’inquiéter en en espérant ne pas se retrouver devant un énième groupe bien pourri dans la veine des SUICIDE SILENCE. Finalement les premières écoutes de ce Devil sont plutôt rassurantes car les chansons proposées s’avèrent variées et intenses. Le chant est principalement clair avec de belles prestations, toutes en douceur et en finesse de Craig Owens. Ce dernier sait aussi accélérer et se péter les cordes vocales quand cela s’avère nécessaire. En bon groupe américain, CHIODOS a bien appris sa leçon et offrent ici des compositions très léchées, calibrées pour le marché local et à même de plaire aux ados rebelles de tout le pays. Les chansons durent entre trois et quatre minutes et présentent une musique accessible avec toujours une pointe plus bourrine à même de satisfaire les sombres pulsions des fans. Les singles potentiels sont bien présents, avec des mélodies accrocheuses et des refrains forts. Citons entre autres « We're Talking About Practice » ou encore « Ole Fishlips Is Dead Now » qui ont le potentiel de faire un beau carton. CHIODOS semble innover en proposant « I Am Everything That's Normal » une composition fleuve de plus de neuf minutes mais ce n’est qu’illusion. Au bout de cinq minutes, le titre fini en eau de boudin avec quatre minutes d’ambiance, de bruitages. Dommage car les américains auraient pu alors montrer une autre facette de leur talent.
La bonne impression des premières écoutes s’avère être assez pérenne. CHIODOS fait le boulot et donne à ses fans, avec Devil, son lot de chansons sympathiques à défaut d’être renversantes. L’album s’avère être finalement très sage et calibré, il aurait été appréciable de voir le groupe se lâcher un peu plus et sortir des canons et des gimmicks post-hardcore.
Oshyrya (06/10)
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Razor & Tie / 2014
Tracklist (51:30 mn) 01. U.G. Introduction 02. We're Talking About Practice 03. Ole Fishlips Is Dead Now 04. Why The Munsters Matter 05. 3 AM 06. Sunny Days & Hand Grenades 07. Duct Tape 08. Behvis Bullock 09. Looking For A Tornado 10. Expensive Conversations In Cheap Motels 11. I'mAwkward & Unusual 12. Under Your Halo 13. I Am Everything That's Normal
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Hamster Forever
Mai
16
Les supergroupes c'est pour moi comme la roulette russe, on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre, au meilleur comme au pire. Killer Be Killed à priori partait pour le être le hold-up parfait que personne n'avait vu venir. Avec un casting prometteur : Greg Puciato de the Dillinger Escape Plan, Max Cavalera de Soulfly/ex-Sepultura, Troy Sanders de Mastodon, et Dave Elitch of the Mars Volta.
On aurait pu s'attendre à une espèce de grenade dégoupillée qui éclaterait les conduits auditifs. On en ressort avec une impression mitigée. Car ici ce n'est pas un Nailbomb ravageur qui est aux commandes, on a un metal teinté d'influences industrielles mais qui se retrouve trop souvent nappé d'un chant clair mou du genou. Un titre ramolli à tous les étages comme "Dust Into Darkness" remporte la palme de la baudruche qui se dégonfle.
Vous l'aurez compris, pour le carnage auditif on repassera. l'amalgame laisse perplexe, Max cavalera fait du Max cavalera, en mode service minimum… il ne fait que radoter quelques gimmicks poussiéreux de Sepultura (la valeur ajoutée d'un gars qui beugle "We are what we are" c'est très relatif, et usé jusqu'à la corde). La volonté d'associer quelques clichés du metal industriel avec une sauce mainstream (notamment l'accélération sur "Snakes Of Jehova" et le chant clair très "soupe commerciale faite sur mesure pour les radios") n'est guère convaincante.
Seul le titre "I.E.D." et son ambiance post-apocalyptique sort du lot. Libre au groupe de proposer une recette le cul entre deux chaises, mais je reste sur ma faim. Le menu et le casting promettaient bien plus que ça.
Hamster (04/10)
www.facebook.com/KillerBeKilledMusic
Nuclear Blast / 2014
Track listing (45 minutes) 1. Wings of Feather and Wax 2. Face Down 3. Melting of My Marrow 4. Snakes of Jehova 5. Curb Crusher 6. Save The Robots 7. Fire To Your Flag 8. I.E.D. 9. Dust Into Darkness 10. Twelve Labors 11. Forbidden Fire 12. Ghosts of Chernobyl" (édition vinyle)