Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

La Belgique regorge de talents, je n'arrête pas de le dire. Et si certains groupes ont réussi à percer pour maintenant jouer dans la cour des grands, il ne faudrait pas pour autant ignorer la chiée de "petits" groupes du plat pays qui ont tout pour réussir et méritent toute notre attention. Parmi ces seconds couteaux, les Wallons de Neverlight Horizon se rappellent à notre bon souvenir, 7 ans après No Heaven… Only Torment. Au menu : cinq morceaux. C'est peu, certes, mais si la qualité est au rendez-vous, on ne fera pas la fine bouche, bordel !

La recette peut sembler basique et éprouvée, elle n'en reste pas moins efficace. Au menu, un bon vieux Death des familles intéressant à bien des égards. Tout d'abord, soulignons la qualité du son et du mix : chaque instrument est bien placé par rapport aux autres et le chant vient parfaitement s'intégrer dans le tout, ce qui donne un résultat équilibré et agréable à écouter. À une époque où certains ne jurent que par la prod' "mur de béton" tout en section rythmique, nous avons ici droit à une prod plus naturelle et tout aussi efficace. Au niveau des compos, ensuite, le groupe a su frapper fort en proposant cinq pistes simples en apparence et extrêmement efficaces. Pas besoin de batterie qui tente d'exploser le mur du son, ni de soli en sweeping supersoniques ou de lignes de chant crachées avec un débit de Kalach : on peut tenir la route en proposant un Death brutal plus traditionnel… et ça fait plaisir. Neverlight Horizon ne rentre pas dans la surenchère pour en mettre plein les esgourdes : ils prennent les bases et les utilisent intelligemment pour sortir un EP sans fausse note ni morceau faible. Espérons que la prochaine plaque ne prendra pas sept ans, parce que cet Eternal Scream Of Hate m'a mis en appétit !

Mister Patate (8/10)

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Rotten To The Core Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Bleeding To Death 2. Metamorphosis 3. Eternal Scream Of Hate 4. Desperate Final Assault 5. Chaos The Creator

 

Xandria – Sacrificium

oshy_1102014_XandrEnfin ce long tunnel de sortie du nouvel album des principaux groupes de métal symphonique à chanteuse semble s’achever avec ce disque de XANDRIA. Après DELAIN, WITHIN TEMPTATION, EVENOIRE, DIABULUS IN MUSICA et EPICA, un peu de repos ne sera pas du luxe. Vous allez me rétorquer que cette concomitance des sorties n’a pas grande importance si les albums sont bons. Ce n’est pas faux mais l’overdose n’est pas loin malgré l’appétit que l’on peut avoir pour ce type de musique et la qualité des produits.

En ce qui concerne XANDRIA, les nombreux changements de chanteuse ces dernières années ont de quoi laisser perplexes les fans les plus acharnés. Si je résume très brièvement: Lisa Middelhauve, chanteuse et figure emblématique du groupe, quitte XANDRIA en avril 2008. Lui succède Kerstin Bischof qui ne reste pas longtemps et reprend sa liberté en février 2010. Le 20 décembre 2010, une nouvelle chanteuse est enfin officiellement annoncée, dix mois. Il s'agit de Manuella Kraller. Et patatras à nouveau en 2013 avec le départ de Kraller et l’arrivée de la néerlandaise Dianne van Giersbergen (EX LIBRIS – aucun rapport avec Anneke). Ouf !

Musicalement parlant, on ne change pas les bonnes habitudes et Sacrificium reprend là où Neverworld’s End (chronique ici) c’était arrêté. La base métal avec quelques jolis riffs st bien présente mais se voit encore et toujours complété, magnifiée diront certains, par de nombreuses couches d’orchestrations. Cette approche donne un côté très accessible et lisse à la musique des allemands. Ajoutez un cela un chant typé lyrique et vous obtenez des accents assez proches d’un WITHIN TEMPTATION ou d’un EDENBRIDGE. Pas de growls ici ni d’omniprésence des chœurs comme EPICA. XANDRIA ne s’est pas moqué de ses fans avec presque soixante-dix minutes de musique et douze chansons au compteur. Les allemands sont restés sages et raisonnables en ne tombant pas dans le cliché du titre fleuve de plus dix minutes. Cela évite de diluer inutilement le propos histoire de répondre aux canons du genre. Les chansons s’enchainent avec naturel, sans anicroche ni faute de gout. Les allemands livrent la marchandise attendue avec des standards de qualité tout à fait respectables que soit au niveau des titres rapides que des balades. Un « Stardust » fait son office et provoquera à n’en pas douter un headbanging justifié. Soulignons la très belle performance de Dianne van Giersbergen qui assure avec talent et n’a pas à rougir face à celles qui se sont précédés avant elle à ce même micro.

Rassurons-nous, malgré les péripéties relatives aux chanteuses du groupe, Marco Heubaum reste le capitaine du navire et tient fermement la barre. Il est le garant du son et de l’orthodoxie XANDRIA. Sacrificium impressionne sur la forme avec sa très belle pochette colorée et flamboyante, un peu moins sur le fond. Ce nouvel album reste de bonne qualité mais ne dévoile aucune surprise ni évolution. Un peu dommage même si les changements de line-up n’aident pas. Pour pouvoir grandir et progresser régulièrement, XANDRIA devra trouver de la stabilité. Ils seront sinon condamner à faire encore et encore leurs preuves. A choisir entre les candidats, les EPICA, WITHIN TEMPTATION et DIABULUS IN MUSICA semble avoir encore une longueur d’avance sur les allemands.

Oshyrya (07/10)

 

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Napalm Records / 2014

Tracklist (68:40 mn) 01. Sacrificium 02. Nightfall 03. Dreamkeeper 04. Stardust 05. The Undiscovered Land 06. Betrayer 07. Until The End 08. Come With Me 09. Little Red Relish 10. Our Neverworld 11. Temple Of Hate 12. Sweet Atonement

Epica – The Quantum Enigma

 

oshy_1102014_EpicIl était grand temps qu’EPICA redresse la barre et revienne avec un nouvel après la catastrophe industrielle représentée par un Requiem For The Indifferent (chronique ici) raté sur (presque) tous les aspects, de sa pochette bien moche aux chansons fourre-tout, sans âme. Mais comme le disait alors Clayman, tout le monde a le droit à un faux pas et les espoirs s’avèrent être assez élevé pour ce sixième opus, The Quantum Enigma. Notons un changement au niveau du line-up. Le bassiste Ives Huts a décidé de quitter le groupe est rapidement remplacé par Rob van der Loo (MaYaN/ex DELAIN).

C’est peut-être de la méthode Coué mais les astres semblent enfin alignés pour que le cru 2014 soit réussi. Il faut croiser les doigts mais la pochette, colorée et agréable donne envie d’en découvrir plus et de glisser la galette dans la platine. Les bataves ne se moquent pas de leur public en proposant treize nouvelles chansons pour presque soixante-dix minutes de musique. Passons rapidement sur l’introduction orchestrale habituelle (très sympathique) avec moult chœurs, pour attaquer le cœur du sujet avec une série de chansons assez courtes, entre trois et quatre minutes, comme « The Second Stone ».

Divine inspiration

Et là, c’est un vrai plaisir de retrouver la version d’EPICA tant aimée. Il semble que Mark Jansen ait retrouvé la divine inspiration. Ces compositions vont à l’essentiel avec des mélodies directes et simples magnifiées par le chant d’une Simone Simons en grande forme. Ajoutez à ce tableau la bonne dose de riffs bien sentis, les couches d’orchestrations, les chœurs caractéristiques du groupe et quelques growls ici et là et vous obtenez un hit potentiel. Il semble que Requiem For The Indifferent n’a jamais existé et les bataves ont repris leur chemin sur la lancée de Design Your Universe sans quand même atteindre les sommets de ce dernier.

EPICA a pris le parti sur et album de ne pas se disperser inutilement avec de très longs morceaux à tiroir. La majorité des chansons proposées sont ramassées et vont à l’essentiel tout en conservant l’identité propre et le style du groupe. Comme d’habitude, un énorme travail a été abattu du côté de la mise en forme. Les néerlandais n’ont encore une fois pas lésiné sur les chœurs et les couches d’orchestrations. Certains détesteront ces montagnes de fioritures et de guimauves mais cela fait partie de l’identité d’EPICA.

Un sacré voyage

Mais le naturel revient quand même rapidement au galop et nos amis ont laissé plus de liberté à leurs penchants sur un « Sense Without Sanity » et un « The Quantum Enigma » plus longs et touffus. Le talent est évidemment là et les bataves impressionnent encore une fois par leur capacité à développer de longues trames mélodiques tout en y intégrant tous les ingrédients savoureux de leur recette. Au sein de ces compositions, l’auditeur passera par de nombreux hauts et bas en termes d’intensité et de rythmes. Les atmosphères évoluent sans cesse et laissent l’auditeur exsangue, sur les rotules après un sacré voyage.

L’anomalie a été identifiée et corrigée, Requiem For The Indifferent est désormais un lointain souvenir et EPICA a su reprendre son bâton de pèlerin, faire marche arrière et reprendre le chemin là où il l’avait laissé après Design Your Universe. Les plus chagrins diront que le groupe tourne en rond et nous ressert sans cesse le même plat. C’est vrai que le style du groupe n’évolue pas mais il s’agissait ici avant tout de rassurer les fans forcément échaudés par les dernières sorties discographiques décevantes. Les camps resteront figés avec ce nouvel album, les fans adoreront et les détracteurs détesteront. Votre serviteur est soulagé et ne boude pas son plaisir avec The Quantum Enigma.

Oshyrya (08/10)

 

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Nuclear Blast / 2014

Tracklist (69:33 mn) : 01. Originem 02. The Second Stone 03. The Essence Of Silence 04. Victims Of Contingency 05. Sense Without Sanity 06. Unchain Utopia 07. The Fifth Guardian 08. Chemical Insomnia 09. Reverence 10.Omen 11. Canvas Of Life 12. Natural Corruption 13. The Quantum Enigma