Histoire d’enfoncer le clou après la sortie du très attendu album éponyme en 2014 et d’occuper un peu le terrain, John Garcia se lance dans un nouvel exercice, l’album acoustique. C’est un pari intéressant et un peu casse-gueule pour l’un des parrains du stoner/desert rock. Avec presque trente années de carrière derrière via KYUSS, SLO-BURN, UNIDA, HERMANO ou VISTA CHINO, plus personne ne doute du savoir-faire du californien mais c’est avec un mélange d’excitation et curiosité que débute l’écoute de ce disque.
Signalons tout d’abord que ce The Coyote Who Spoke In Tongues s’avère assez court avec moins de quarante minutes au compteur. Pour les acheteurs de la version digipak ajoutez à cela deux titres live. Sans grande surprise, des reprises de certains classiques de KYUSS comme « Green Machine » ou « Gardenia » sont bien au rendez-vous, complétées de nouvelles compositions dans la continuité de son disque de 2014 (« Argleben II »). Ce qui frappe dans les premières secondes reste la voix de Garcia, une pépite immédiatement reconnaissable qui prend une toute autre ampleur dans ce contexte acoustique où les autres instruments ne viennent pas rentrer en concurrence. Il peut rester détendu lors de chaque session d’enregistrement et ainsi se concentrer sur le moindre détail sans avoir à s’inquiéter d’un mur de grosses guitares derrière lui.
L’exercice acoustique ne laisse rien passer et si vos compostions et votre maîtrise vocale ne sont pas au top, cela saute immédiatement aux oreilles de tous les auditeurs. Là bien sûr, rien à redire, cela passe tout seul et on peut profiter de ces courtes chansons tranquillement. Des brûlots comme « Green Machine » se voit ici métamorphosés, le rythme est plus lent, plus d’agressivité ni de tension comme sur le titre original. Intéressante réinterprétation qui projette une nouvelle lumière sur ces chansons déjà bien connues. Bien sûr la transformation pour un « Space Cadet » est moins radicale car l’élément acoustique est déjà présent à l’origine. Les chansons hors KYUSS tiennent également très bien leur rang, Garcia varie les plaisirs et affiche une belle conviction dans chacune de ses interventions. Le son est limpide et rend hommage au travail effectué par les musiciens.
A leurs manières, les chansons ainsi présentées dans leur plus simple appareil, presque à nu, laissent aussi vagabonder l’esprit de l’auditeur vers ces plaines et des paysages désertiques. Autant le stoner/desert rock en version électrique rappelle la chaleur intense, le vent et la poussière du désert au plus fort de la journée, autant ce The Coyote Who Spoke In Tongues évoque le calme d’une soirée à la fraîche, une fois le soleil couché, autour d’un feu de camp. Qui a dit que les amateurs de cette musique n’étaient pas, en fait, de doux poètes ?
Oshyrya (07/10)
Napalm Records / 2017
Tracklist (39:25 mn) 01. Kylie 02. Green Machine 03. Give me 250 mL 04. The Hollingsworth session 05. Space Cadet 06. Gardenia 07. El Rodeo 8. Argleben II 09. Court Order
Difficile de ne pas être surpris et admiratif devant le talent des personnes en charge de rédigé les textes qui accompagnent chaque album promo mis à disposition par certains label. Arriver ainsi à pondre des lignes et des lignes sur rien ou presque relève de l’exploit. Chapeau donc à la victime qui a rédigé ces lignes concernant le nouvel album des allemands d’OHRENFEINDT. Groupe presque totalement inconnu chez nous, nos mais d’Hambourg possède déjà un joli tableau de chasse puisque Zwei Fäuste für Rock’n’Roll s’avère être leur septième album.
Certains phénomènes restent inexplicables, les géoglyphes de Nazca, les sphères mégalithiques du Costa Rica, la capacité d’absorption de bières de nos amis belges et surtout le succès des allemands de STAHLMANN. Dans le genre naze et formaté, les teutons font forts années après années. Et ils trustent joyeusement, à chaque fois, les charts outre-Rhin, franchement, il y a de quoi perdre son latin. Donc voici Bastard, le cinquième depuis leurs débuts en 2010. Tout un chacun pourrait être impressionné par la créativité de nos amis mais non c’est une illusion vue la qualité et la pauvreté artistique de ce qui est ici proposé.