Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Le nouvel album, God-Given Right, sortira d’ici quelques semaines. Quel est ton état d’esprit concernant ce nouveau chapitre ?

Michael Weikath : Je dois bien avouer avoir été agréablement surpris des premières réactions face à ce disque, de la part des médias surtout. C’est important pour nous d’avoir ce retour car tu n’es jamais sûr de rien malgré les années et l’expérience. Tu as beau être heureux du résultat, être confiant, le juge de paix reste les fans, une fois que le disque sort du cercle restreint du groupe et du label. Depuis quelques jours, les compliments peuvent de la part de ceux que nous rencontrons, certains affirment même que ce disque est encore meilleur que Straight Out of Hell. C’est étrange. Nous n’avons pas trouvé de formules magiques malgré les années pour être sûrs qu’un disque va plaire et avoir du succès.

Je préfère finalement adopter la méthode Coué et me dire que nous n’avons rien proposé de mauvais sur ce disque et que nous restons dans la continuité de ce que nous offrons depuis le Keeper of the Seven Keys 3. Notre line-up est stable et nous avons à chaque fois appliquée la même recette. Nous avons trouvé notre confort, notre bonne façon de faire pour composer, enregistrer et mixer un disque, entourés de la même équipe. Ces gens et cette façon de faire ont fait leur preuve dans le passé, cela nous convient ainsi. Nous avons confiance, qu’est-ce qui pourrait aller mal ? Notre producteur (Charlie Bauerfeind) fit partie de la famille et il nous dirait honnêtement si tel ou tel élément ne lui convenait pas ou lui semblait être hétérogène avec le reste. Et il n’est pas intervenu cette fois-ci et donc tu avances dans ton processus de création en essayant d’être le meilleur possible.

 

02. C’est la première fois que vous enchainez cinq albums avec le même line-up. Avez-vous trouvé les bons membres du groupe ou êtes-vous devneus trop vieux pour virer des membres (rires) ?

Je pense être entouré des bonnes personnes et je l’espère vraiment. Je serai déçu si l’avenir me donnait tord mais nous avons désormais un très bon environnement de travail. Nous aimons tout simplement passer du temps entre nous et nous prenons alors beaucoup de plaisir, l’ambiance passe vite à la franche rigolade. Nous pouvons faire des vannes les uns sur les autres sans blesser personne car nous savons qu’il ne s’agit que de blagues, rien de très sérieux là-dedans. C’est comme une famille, ou un mariage si tu veux, et nous avons tous mis tellement d’effort pour arriver à ce résultat qu’il serait désormais contre-productif de bouleverser cette organisation. La simple logique, la recherche d’efficacité plaide pour la continuité actuelle.

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03. Tu le mentionnais mais c’est le sept ou huitième album avec Charlie. Peux-tu désormais envisager de travailler sans lui ?

Ce serait difficile car nous nous connaissons tellement bien maintenant, nous savons les bons et les mauvais côté de chacun, les forces et les faiblesses de l’autre. Si je devais dans l’avenir travailler avec un autre producteur, il vaudrait mieux que ce soit un projet amusant qui vaille le coup. Charlie travaille vite et bien car il possède une grosse expérience et applique une méthode et des paramètres efficaces. Je devine que d’autres producteurs sont plus aventureux et pourraient atteindre le même objectif mais je ne pense pas qu’ils puissent être aussi préparés que lui.

Même avec beaucoup d’expérience il serait ardu d’égaler tous les réglages et les configurations préparées et maîtrisées par Charlie. Il anticipe tout et possède une parfaite maîtrise technique. Pour te donner un exemple il travaille sur une ébauche de mastering alors qu’il prépare à peine la phase de mixage puisqu’il termine la phase d’enregistrement. C’est fou d’agir ainsi, il sait ce qu’il fait de façon logique et il anticipe de façon extrêmement rigoureuse et d’une rare efficacité. Je serais bien incapable moi-même d’agir ainsi. Je connais certaines personnes avec qui il serait très amusant et agréable de travailler mais pas sûr qu’ils puissent obtenir les mêmes résultats.

 

04. J’ai lu sur internet que le groupe avait atteint de nouveaux sommets de vente avec l’album précédent dans les charts (en Allemagne, Japon et Finlande par exemple). As-tu été surpris de cela après plus de trente ans de carrière ?

Oui c’est vrai mais finalement, si tu parviens années après année à conserver de très hauts standards de qualités, t’améliorant ici et là par petites touches à chaque fois, tu peux atteindre un tel résultat. Si tu prends Gambling with the Devil ou Seven Sinners, cela a chaque fois été réalisé par des gens d’expérience et tu construis petit à petit ta confiance, à force de faire du deviens encore meilleur et tu peux encore parfaire ton art. Nous conservons un process très similaire à chaque fois et tu peux simplement espérer ne pas dégrader la qualité de ton travail avec le temps. Si nous ne faisons pas les idiots et conservons ainsi cette esprit, cette éthique de travail, nous continuerons à nous améliorer et cette tendance positive peut perdurer avec de plus en plus de gens qui apprécieront notre musique.

Nous sommes sur une pente ascendante et je ne voudrais pas interrompre cette tendance. Je préfère un groupe solide, avec des fondations consolidées et saines que tout le monde respecte et qui génère des promesses positives concernant son travail. Je conserve un grand souvenir de notre concert à l’Olympia ici à Paris. Ce n’était pas le stade de France mais une salle prestigieuse et un environnement magnifique. Ce fut un vrai pas en avant pour HELLOWEEN, un moment à marquer d’une pierre blanche. Je préfère l’Olympia à d’autres salles parisiennes car tu y trouveras un supplément de magie, un goût d’inattendu. Tout sonne mieux.

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05. Quelle a été ta contribution en tant que compositeur pour ce nouvel album ? Dans la passé du composait beaucoup, un peu moins ces temps-ci. Comment trouvez-vous l’équilibre entre les trois principaux compositeurs dans le groupe ?

Eh bien j’ai composé « Battle’s Won », « Creatures in Heaven » et « Claws », soit trois chansons au total. Sur Master of the Rings (1994), nous avions finalement utilisé pas mal de titres composés précédemment. En effet, pour Chameleon (1993), j’avais composé beaucoup et il me restait pas mal de matériel inutilisé. Ces chansons existaient déjà sous une forme ou une autre (à l’exception de « Soul Survivor »), sous forme de démo par exemple. Et à chaque fois, il me restait des choses à la fin de chaque disque. De l’époque Master of the Rings, j’ai utilisé certains éléments pour Time of the Oath… Mais plus tu avances ainsi plus tu épuises ton stock et plus tu dois travailler et composer de nouvelles chansons. Et le temps passe à toute vitesse et je ne peux composer aussi vite.

Une chanson comme « Kings will be Kings » prend du temps car elle contient des passages complexes, beaucoup de détails. De la même manière, des titres plus simples et directs comme « Can Do It » (Gambling with the Devil) nécessitent aussi un certain travail, comme sur la partie de piano de cette chanson en particulier. J’en suis fier car tout a été édité, je ne joue pas de piano et pourtant je suis parvenu à un joli résultat. Mais cela prend du temps… Pour ce disque, je travaillais sur environ six chansons en même temps et puis j’ai préféré en terminer trois qui avaient un joli potentiel et sonnaient déjà bien plutôt que livrer cinq titres à moitié composés seulement. Voyant le temps filer, j’ai arrêté de travailler sur les trois autres chansons pour fournir à temps les démos des autres. Il fallait que je rédige les paroles, que j’ajoute le chant sur ces démos…

A la fin, tout doit être propre, optimisé pour pouvoir les présenter aux autres. Les titres restés en rade ne sont pas perdus, je les retravaillerai sans doute pour la prochaine fois, tout cela avec les nouvelles idées qui me seront venues d’ici là.

 

06. Pourquoi avoir resigné avec Nuclear Blast, le precedent datait de l’époque Rabbit Don’t Come Easy ?

Le temps de notre renégociation de contrat était arrivé après Straight Out of Hell et une personne en particulier au sein de management de Sony nous avait voulu à l’époque et nous avait récupéré alors que SPV connaissait de grosses difficultés. Mais cette personne était en partance, peut-être pour prendre sa retraite ou s’occuper de sa famille et donc nous ne savions pas qui allait alors s’occuper de nous alors que jusqu’à présent nous pouvions bénéficier d’un bel environnement de la part de Sony. Et alors que nous ne savions plus vraiment sur quel pied danser, Nuclear Blast nous a fait une proposition.

Nous nous connaissons, et ils continuaient à nous suivre. La proposition s’est avérée intéressante et nous avons signé. Finalement, ce processus est la façon normale de faire du business, chacun agit au mieux de ses intérêts sans esclandres si sang sur les murs. Tu fais face à une certaine situation et tu y réagis avec les éléments que l’on te propose. Un manager de qualité doit pouvoir alors saisir les bonnes opportunités pour son groupe, anticiper le futur.

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07. Allez-vous tourner un clip pour le premier single, « Battle’s Won » ?

Non, ce n’est pas prévu. Au moment où nous parlons tous les deux, un clip vidéo avec les paroles vient juste d’être rendu disponible sur internet. Il s’agit de faire parler du disque à venir et d’encourager l’appétit des fans. Par contre une vidéo pour la chanson éponyme est bien dans les tuyaux.

 

08. Vous avez à nouveau travaillé avec Martin Häusler pour la pochette. Elle s’avère être pas mal mais je continue à regretter les visuels magnifiques comme ceux de Better than Raw. Quelle importance a les visuels, à tes yeux, pour un album ?

Tu parles du passé et c’était alors une autre époque. Le style grunge était très important et tout semblait prendre une approche assez cynique. Nous avons alors proposé Better than Raw et j’en suis très fier, ce fut un gros travail et un très bon disque. Et pourtant nous avions alors de nombreux détracteurs qui nous accusaient de ne pas évoluer de tourner en rond. Et ils prenaient souvent comme argument cette pochette qui tu aimes tant. Ce visuel résumait tout. Un vieil ami d’Uli (Küsch) l’avait réalisé. Mais les temps ont changé et notre approche aussi. Martin Häusler est un type très talentueux et il maximise au maximum le travail réalisé. Il porte différentes casquettes pour nous : en plus de la pochette il s’occupe des éléments de décors sur scène, des bannières utilisées en live…

Et donc il s’assure que le visuel du disque contient bien tous les éléments nécessaires et les bonnes proportions pour également faciliter son travail pour le décor de scène. Ils anticipent tout et sans lui nous aurions dû utiliser de multiples artistes pour gérer tous ces aspects-là. Il est photographe également. Du point de vue de notre Manager, c’est le type parfait car il travaille bien et livre les choses en temps et en heure. La beauté des pochettes sera appréciée différemment selon les gens, j’ai moi-même mes préférences mais il faut aussi prendre en compte le côté pratique de ces visuels pour la suite des évènements comme les tournées.

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09. Michael, depuis le début de ta carrière, quelle chanson que tu as composée te rend le plus fier ?

Je dois avouer avoir tellement joué depuis tant d’année « Eagle Fly Free » que je sature et que je ne peux plus l’écouter avec plaisir désormais. A part cela, il y a en a beaucoup « The Saints », « Burning Sun » et je suis très fier de toutes cela. Et un « Dr Stein » ? Non je n’en suis pas particulièrement fier car il s’agit d’un amalgame entre différentes parties volées venant d’autres groupes, en particulier THE ROLLING STONES. Et c’était amusant pour moi, presque une blague, je voulais en faire une simple Face B.

Car quand Kai Hansen chante sur la démo car Mickael Kiske n’avait alors pas eu le temps, tu ressens d’évidence la patte d’un JUDAS PRIEST et c’est bien pourquoi nous la jouons souvent en fin de set. Je sais à qui j’ai volé telle ou telle idée et pourtant ce titre est devenu le single alors que j’avais eu d’autres intentions. Je suis fier de beaucoup de choses mais je reste sur « The Saints » et « Burning Sun » qui restent des chansons de qualité. Mais j’aime aussi « Can Do It » et « Do you Feel Good ». Mais pas sûr que tout le monde soit d’accord avec moi.

 

10. Quand tu as créé POWERFOOL en 1978, pouvais-tu imaginer et même espérer continuer à publier des albums et faire des tournées dans le monde des décennies plus tard ?

C’était bien notre intention au début en tout cas. C’est bien pourquoi à un certain moment j’ai quitté POWERFOOL pour rejoindre IRON FIST qui comptait dans ses rangs Kai Hansen. Nous voulions pouvoir poursuivre une carrière dans la musique et faire ce que nous avons fait depuis ce temps-là. Nous avons été chanceux d’être dans les bons wagons mais vu de l’intérieur ce ne fut pas vraiment une grosse surprise. Nous avons beaucoup travaillé pour atteindre cet objectif.

Et enfin "Le Quizz de Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

THE BEATLES, “She Loves You” ou “Let It Be”

 

02. Premier album rock acheté ?

Toujours les BEATLES, avec la compilation 1962-1966.

 

03. Dernier album acheté ?

EUROPE avec War of Kings

 

04. D’où est venue l’étincelle artistique ?

J’étais allongé dans l’herbe en train de regardé le ciel et j’ai eu alors ces idées de mélodies. Et puis j’ai entendu les BEATLES à la radio et ces chansons étaient très fortes. Beaucoup de bonnes choses alors à la radio: Petula Clark, des chansons d’Elvis. Et puis nous sommes allés au cinéma avec d’autres enfants pour voir les diamants sont éternels de James Bond et la chanson titre de Shirley Bassey m’a marqué. Et avec tous ces éléments, j’ai su que je voulais travailler en rapport avec la musique.

 

Tous nos remerciements à Valérie

 

Site internet

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01. Nous nous étions vu en 2013 pour la sortie d’IRON MASK. Quoi de neuf depuis ?

Dushan : Un nouvel album ! Après la sortie d’IRON MASK nous avons pu donner quelques concerts mais finalement mais choisi de travailler très tôt sur ce nouvel opus de MAGIC KINGDOM. J’avais déjà pas mal d’idées sous la main au moment de la sortie de l’autre disque en 2013.

 

02. Comment te sens-tu à quelques semaines de la sortie de Savage Requiem ?

Je dois dire que je suis très content, les gens qui aiment l’album l’apprécie vraiment beaucoup, il n’y a pas de demi-mesure. Bien sûr nous ne pouvons pas plaire à tout le monde et certains n’apprécieront pas mais nous restons bien confiants et tous ceux que j’ai rencontrés aujourd’hui à travers cette journée promo ont été enthousiastes. Nous sommes restés fidèles à nos idées et à notre marque de fabrique. Mais tu ne sais jamais comment vont réagir les gens.

Quand je compose j’essaye toujours de faire au mieux et de donner mon meilleur mais il n’y a pas de recette miracle. Les chroniques publiées jusqu’à présent me poussent à l’optimisme. Avec l’expérience tu peux ressentir au sein d’un disque les chansons qui pourront avoir un bel impact et celles qui mettront plus de temps à être acceptées. Après avoir composé quelques titres speed, tu veux to poser et alterner avec un titre plus calme. Un album s’avère être, en réalité, un exercice d’équilibriste entre les ambiances et les rythmes. Il faut de la variété.

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03. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Savage Requiem ? Tu as enregistré dans quatre endroits différents ?

Oui le nouveau batteur étant anglais (Michael Brush), nous sommes allez là-bas pour mettre en boite les batteries à Birmingham. C’est un très bon musicien, il s’est préparé pendant six mois et était fin prêt au moment d’enregistrer. En deux jours tout était réglé. Nous sommes revenus en Belgique, entretemps j’ai finis mes guitares, la basse et les orchestrations. Le chanteur (Christian Palin) est venu de Finlande en Belgique et nous sommes tous partis en Italie pour enregistrer le chant.

J’ai confiance dans l’ingénieur son là-bas et nous avions déjà bossé avec lui sur le dernier IRON MASK. Et puis c’est un endroit super, près de la plage donc après le boulot tu peux en profiter. J’ai bien aimé cette façon de faire car rien ne remplace de voir le chanteur faire ses prises en face de toi. Tu juges ainsi mieux et te permet d’avoir encore plus d’énergie et de passion sur l’album au final. Je pense continuer à bosser de cette manière avec le même ingénieur son. Nous avons peut-être une possibilité d’obtenir la collaboration d’un orchestre du Sud de l’Italie pour enregistrer les orchestrations et donc cette perspective fait vraiment envie. On verra.

 

04. Tu nous disais en 2013 : « Cette fois-ci je présenterai huit ou neuf chansons plus de titre de trente minutes ultra-orchestré. J’espère proposer un bon album de speed symphonique ». Pari tenu ! Pourquoi était-ce important pour toi ne pas tomber dans la démesure d’un titre fleuve ?

L’album précédent de MAGIC KINGDOM était double avec un titre de trente minutes. J’étais alors aller au bout de cette idée et cela n’aurait eu que peu d’intérêt ici. Là je voulais revenir à la base et à des choses plus simples et directes. Cela ne présage pas de la suite car si je parviens à bosser avec un orchestre de nouvelles perspectives s’ouvriront alors à moi. Pour ce disque je voulais un disque proche de ceux des années 80 avec huit ou neuf morceaux pointus, soignés. Que le fan puisse avoir le plaisir de réécouter tous ces titres, tous très bons, encore et encore sans se lasser. Et il faut donc que ce ne soit pas trop long, que tu puisses l’écouter partout, dans ta voiture…

Et il était temps d’avoir un nouvel album de MAGIC KINGDOM, le dernier quand même de cinq ans ! Composer n’est jamais facile, cela peut-être aussi compliqué de proposer une chanson courte et attrayante qu’une longue pièce complexe. Tu ne cherches pas à atteindre les mêmes objectifs dans les deux cas. Pour les titres fleuves les orchestrations sont complexes, entremêlées et les couches doivent s’harmoniser entre elles. Dans les deux cas, je me lance un défi et je donne mon meilleur. Nous voulions ce disque direct, rentre-dedans, « in your face » malgré une dimension néo-classique très marquée.

 

05. Au niveau du chanteur, as-tu recontacté Olaf Hayer ?

Oui j’ai parfois de ses nouvelles mais là ce n’était pas possible. Il a eu des problèmes familiaux et donc ce n’était pas tant qu’il n’était pas disponible mais plutôt qu’il est un peu déconnecté. Pour l’instant je pense qu’il est en dehors de tout cela et cela fait longtemps qu’il ne fait pas de la musique professionnellement. Et moi je ne peux plus me permettre d’attendre encore cinq ans. J’avais envie d’un gars avec de la passion.

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06. Tu as presque changé de chanteur avec presque chaque album. Est-ce un besoin pour toi ?

Non ce n’est pas voulu, plutôt subi. Je veux désormais que le mec avec qui je bosserai en live, il soit sur le cd. Les gens finissent à la fin par avoir une mauvaise image du groupe car ce ne sont jamais les mêmes par rapport au disque qu’ils ont aimé. Je voulais revenir à l’esprit des débuts, une équipe soudée, ensemble, des frères qui jouent dans des grands clubs ou des petites salles. Mais avec certains gars ce n’était pas possible. Pareil pour IRON MASK.

 

07. Pourquoi avoir fait le choix de Christian Palin (ex-Adagio) comme chanteur ? Ce dernier ne semble pas très stable et Stéphan Forté n’avait à l’époque pas de mots assez durs contre lui. Cela s’est-il bien passé ?

Je ne sais pas, je le connais de réputation. Maintenant à l’époque Christian était fort jeune avec ADAGIO. Je pense que maintenant il est plus calme, il s’est assagi et je n’ai pas eu de mauvaise surprise jusqu’à présent. Il est calme, il écoute ce que je lui dis et l’enregistrement s’est bien passé. On verra ce qu’il nous réserve ne live. J’espère qui ne va pas trop déconner. C’est un mec qui a du cœur et vraiment un bon fond. Maintenant il peut toujours péter un plomb. Peut-être qu’il se soigne aussi (rires) ! Pour l’instant tout va bien.

 

08. Tu reviens avec régularité tous les 5 années avec un nouvel album de MAGIC KINGDOM sous le bras. Est-ce le délai idéal pour toi pour te ressourcer et retrouver l’inspiration ?

C’est le hasard car comme je te le disais le deuxième album était prêt à peine un an après le premier. Mais avec les problèmes légaux que nous avons eus il a pris du retard. Et puis l’album d’IRON MASK a vraiment bien fonctionné ensuite et donc on a joué partout. Il me faut aussi du temps pour composer mais ce sont principalement des aléas de la vie et du business qui explique ce délai assez long. Il était temps d’avoir un MAGIC KINGDOM après deux albums consécutifs d’IRON MASK. Je ne sais pas de quoi sera fait le futur, je me fixe le défi de bosser sur les deux projets en parallèle mais cela s’annonce ardu.

Il est important pour moi de vraiment séparer les deux projets car chacun évolue dans un style propre même si la famille s’avère être la même. IRON MASK est plus hard rock parfois FM alors que MAGIC KINGDOM prend une orientation plus speed et symphonique. Quand je compose je me fixe sur un genre et quand je compose pour IRON MASK je ne peux pas faire du MAGIC KINGDOM et inversement. Pour le prochain IRON MASK j’ai déjà une composition de prête et aussi le titre de l’album. On verra.

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09. Que peux-tu nous dire de la pochette, comment et pourquoi travailler avec Stan W Decker ? Est-ce important pour toi de maintenir une identité visuelle différente pour tes deux groupes (Genzoman pour IRON MASK) ?

Son nom ne le dit pas mais l’artiste pour MAGIC KINGDOM est français. Et oui il est important pour moi de bien séparer les deux univers visuels. Pour MAGIC KINGDOM notre mascotte est plutôt à chaque fois un dragon. Après deux albums d’IRON MASK ou j’ai collaboré avec Genzoman je voulais avoir quelqu’un d’autres pour MAGIC KINGDOM. Cela donne un souffle d’air frais et c’est une belle pochette. Je lui ai dit que je voulais un dragon qui explose une cathédrale et il est revenu avec cela. Nous l’avons alors retravaillé pour ajouter des anges par exemple. Difficile parfois de tout caser mais il a fait du très bon boulot.

 

10. Vous tournez régulièrement des clips. Quid de cet album ?

Oui c’est prévu et d’ailleurs c’est déjà mis en boite. Cela devrait bientôt arriver. Il s’agit de la chanson « Dragon Princess ». Nous avons fait à l’ancienne dans une tour du XIIIème siècle. Le tournage a eu lieu en décembre et nous avons gelé dans les environs de Bruxelles. Pas de fond vert mais un décor réel. Ce n’est pas la grande production hollywoodienne mais cela reste un beau produit.

11. Comme pour IRON MASK, tu as changé de label pour MAGIC KINGDOM laissant Limb Music pour passer chez AFM Rec. Décidemment ce sont tes nouveaux partenaires….

Avec Limb ce fut intéressant pour une certaine période du groupe mais finalement le label est devenu plus petit qu’avant, il investissait moins. Etant déjà chez AFM avec IRON MASK j’ai pris ma chance et heureusement ils ont accepté et nous ont aussi signés. Sinon je serais peut-être en train de chercher un label. Cela s’est fait vite, il avait apprécié notre collaboration sur IRON MASK, ils utilisent le même distributeur que Limb en Allemagne, Soulfood, et donc pouvaient avoir les chiffres pour juger en connaissance de cause. Ils avaient l’historique. Et ils nous ont autorisés à proposer nous-même une version collector très limitée dédié aux fans purs et durs. Tout est dispo sur mon site et notre page Facebook.

 

12. Qui s’est chargé des claviers sur cet album ? Tu avais fait appel à Philippe Giordana (FAIRYLAND) pour le précédent…

Non c’est moi qui m’en suis chargés, Christian aussi pour quelques petites parties ici et là. A l’origine Giordana devait aussi s’en chargé mais il a eu un accident et n’était plus disponible. Mais apparemment il va mieux, je le lui souhaite en tout cas. Je suis déjà intervenu en guest pour des groupes pas très connus, des solos par exemple. Quand j’ai le temps j’accepte avec plaisir.

 

13. Quelle est la suite ?

Pouvoir jouer le plus possible car nous aimons vraiment cet album-là. Pour moi, c’est vraiment un des tout meilleurs que j’ai pu proposer. Nous travaillons avec le label pour monter une tournée à l’automne avec d’autres groupes mais rien n’est encore gravé dans le marbre. Nous avons un line-up solide, celui qui apparait sur le disque et je suis confiant.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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1. Avant de commencer et afin de faire plus ample connaissance, peux tu te présenter aux lecteurs de Metalchroniques et nous expliquer le rapport que tu as avec notre courant musical ? Exemples : La pratique d'un instrument ? Comment êtes-vous venus à la musique ? A quelle période de votre vie personnelle ? Depuis combien de temps vous en écoutez ? Vos styles de prédilections ? Quelle est votre implication au sein de la scène Metal  (autre que l'activité au sein de votre groupe) et la musique en général (si il y en a) ?
Aurélien (chant lead) : Large question ! J'ai toujours écouté de la musique, aussi longtemps que je me souvienne. Il paraît que j'adorais l'Ave Maria de Schubert quand j'avais deux ans. Durant mon enfance c'était chanson française à texte chez ma mère (Brel, Ferré, Ferrat, Renaud…), jazz/gospel chez mon père, plus classique chez les deux. De mon côté j'ai découvert le rap avec Prose Combat de Mc Solaar et ça m'a énormément marqué. J'ai commencé à pratiquer le chant à partir de la sixième – j'étais alto dans la chorale de mon collège – et je n'ai jamais arrêté depuis. J'ai découvert le métal au collège via un ami qui m'a fait découvrir Iron Maiden et Manowar. Ensuite j'ai creusé dans le heavy et le power (Angra, Stratovarius, Helloween et autre trucs gays) avant de découvrir Machine Head, Korn, SOAD et Slayer via un autre ami. Et là ma vie a changé… entre autres parce que j'ai capté que c'était beaucoup plus facile pour moi de faire du Robb Flynn avec ma voix que du Andre Matos. En parallèle j'ai découvert Dream Theater avec Scenes From A Memory qui a été une énorme claque, et du coup mes deux styles préfères étaient le néo-métal et le métal progressif. Donc l'envie de faire du néo-metal progressif m'est venue assez naturellement. Mes dernières influences marquantes en termes de chant sont Poun de Black Bomb A et Julien Cassarino de Psykup, qui m'ont énormément influencé pour les divers registres hurlés. Quant à mon implication dans la scène métal, j'ai fondé le webzine Les Éternels en 2007 et j'ai quitté sa direction en 2011.


Alexandre (basse) : Mon rapport à la musique et mon évolution en son sein est fait de claques prises en pleine face. J'ai été élevé au classique et à Maxime Le Forestier ; et j'ai fait deux ans de conservatoire au piano entre 6 et 8 ans. Puis je me suis pris Doc Gynéco en pleine tronche, pif, Louise Attaque, paf. Ma plus grosse patate a été la découverte du métal : un après midi chez un pote, début de 3e "Tiens, c'est ce que j'écoute en ce moment." :  Cannibal Corpse, Gallery of Suicide. BAM ! J'ai commencé à jouer de la guitare et à décortiquer les instrumentations de la musique que j'écoutais. Pendant longtemps, je n'ai écouté que du gros métal qui tache, je ne considérais pas la basse, voire me questionnait sur l’intérêt de cet instrument. Jusqu'au jour ou j'ai rencontré CE pote de fac ; un mois plus tard, j'achetais une basse ! Après il y a eu d'autres claques : John Zorn, Gâtechien, Shai Maestro récemment,… qui m'ont façonné et font qu'aujourd'hui je suis l'heureux bassiste de Human Vacuum, et que j'aimerais bien faire du jazz également. J'ai été chroniqueur chez Soil Chronicles pendant quelques années, j'ai même un peu aidé à sa sortie de terre. Mais maintenant c'est fini, je laisse faire les gens qui savent écrire.


Baptiste (guitare, chant, programmation) : Alors, déjà niveau musique, j'ai commencé avec le violon dès l'âge de six ans, en me farcissant le conservatoire pendant une dizaine d'années, et me suis mis en autodidacte à la guitare durant le collège, puis ai eu ma première guitare électrique au lycée vu que ça pouvait se brancher dans un ampli, que sur un ampli on peut mettre de la disto et ça tombait bien, j'aimais bien ça les guitares avec de la distorsion, un peu comme chez Mark Knopfler (mon Papa aime beaucoup Mark Knopfler. Ma maman c'est plus les Beatles) mais en moins vieux monsieur. Puis entretemps un copain en classe de 6è m'avait fait découvrir Rhapsody et ça collait bien avec mes lectures de bouquins de fantasy. Au début du collège, je suis tombé dans la composition sur ordinateur, n'en suis jamais ressorti et vers la fin du collège, j'ai découvert la scène extrême, avec une préférence pour le black metal, avant de découvrir réellement le néo avec Limp Bizkit, dont le guitariste Wes Borland s'est vite imposé à mes yeux comme une référence en terme de jeu personnel. Je n'ai pas tellement de style de prédilection, là par exemple, tout en répondant, j'écoute à fond Florence + The Machine, parce que c'est super bien. Mais mon groupe préféré reste Indochine. Dans le cadre du metal en dehors de Human Vacuum, j'ai été chroniqueur chez Les Éternels durant quelques années et sinon je compose dans le projet öOoOoOoOoOo avec Asphodel au chant (qui avant était dans Pin-Up Went Down et chante sur le prochain album de Penumbra).


Wojtek (batterie) : Petit, j'ai été nourri à grosses louches de Beatles (merci frérot !) 4 ans de piano pour faire plaisir aux parents (mais j'aimais bien en fait). Enfin mes 14 ans arrivent, mes hormones se réveillent, je troque 10 doigts contre 2 baguettes, je garde mes pieds sur des pédales, transition en douceur, moins pour mes parents, je m'exile au sous-sol. Après quoi j'apprends sur le tas, je prends tous les CD et K7 qui me passent sous le nez (rock/funk/post-rock), et je joue par dessus en essayant de faire pareil… Je me suis mis au métal début 2000, en découvrant SOAD, Papa Roach, Limp Bizkit, Incubus, 311 (merci les amis de Newborn)


2.  Quelle a été la genèse de HUMAN VACUUM ? Comment  vous êtes vous rencontré ?  Vous pouvez  aussi en profiter pour vous présenter et nous dire les rôles respectifs de chacun au sein du groupe.
Aurel : J'ai fondé le groupe avec la bassiste originelle Alexandra en 2009. Nous étions collègues et nous faisions des reprises acoustiques, jusqu'au moment où nous avons capté que nous voulions tous les deux faire du métal. J'ai recruté Wojtek (notre batteur) via le taf, sa compagne était une collègue à Alexandra et moi. Baptiste était chroniqueur pour les Éternels et je savais qu'il avait des goûts très éclectiques, on se retrouvait pas mal sur nos analyses musicales et j'ai eu envie de travailler avec lui. Alexandra a ensuite quitté le groupe pour raisons perso et a été remplacée par Olivier (qui joue sur l'album), qui a lui-même quitté le groupe pour raisons perso avant d'être remplacé par Alexandre. Au niveau des rôles dans le groupe, j'assume la fonction de dictateur non-musical : en gros je fouette les gens pour faire avancer le projet. Je suis celui qui a les dents qui rayent le parquet, qui veut jouer à Bercy, devenir une star et me vautrer dans des montagnes de coke. Du coup je fais souffrir les autres pour arriver à ça ! En termes de composition Baptiste et moi apportons le plus de matériel brut mais nous n'avons pas une position privilégiée pour autant : la règle dans HV est que chaque plan doit être validé par tous, sans exception. Donc si j'amène un riff ou un pattern de batterie et qu'il ne plaît pas ne serait-ce qu'à un autre membre je le remballe sans discuter, et c'est la même chose pour chacun.
Alex : Ma genèse, c'est il y a à peu près un an et demi quand un pote a vu HV en concert au moment ou Olivier quittait le groupe. Il a alors proposé de me les faire rencontrer et après invitation et verre de l'amitié, il y a eu entente. C'était une rencontre idéale, après 2/3 ans de célibat musical, j'avais envie de retrouver une dynamique de groupe. C'est assez drôle parce que j'y suis allé au tout début parce que j'avais envie de jouer, la musique de HV n'était pas vraiment mon trip. Mais aujourd'hui, il m'est impossible d'imaginer ma vie musicale sans ces trois zozos. Tout s'est goupillé à merveille et maintenant on partouze tous les samedi matin. Qui plus est, le fait d'être dans cette dynamique "communiste" ou chacun a voix égale au chapitre me convient parfaitement. J'ai toujours fonctionné de même dans mes groupes précédents et je suis donc dans mon élément et créatif et relationnel.
Baptiste : Aurélien et Alexandra m'ont proposé de faire de la musique et j'ai dit "Ouais, super !", parce que j'avais un autre groupe à l'époque et que je me disais qu'être dans plusieurs groupes à la fois c'était rigolo et qu'en plus c'est des gens bien. Au sein de Human Vacuum, je m'occupe de la guitare et je bricole des samples en plus de faire parfois des harmonies de voix avec Aurélien. Puis j'ai des idées et je crie fort.
Wojtek : en arrivant en 2004 sur Paris, j'ai continué un peu la musique, mais rien de bien sérieux, (avec Olivier notamment, qui est devenu ensuite second bassiste de HV), et puis en effet je rencontre ce petit groupe de cinglés. Après le départ d'Alexandra je propose à Oliv de se remettre à la basse et de nous rejoindre. Il a pris quelques G également, et ce fut bien cool.

  
3. Vous avez sorti votre premier album en novembre dernier, je voulais savoir si les compositions dates toutes de la même période car on peut voir que la période de réalisation de l'album s'est étalée sur près de deux ans (décembre 2012 à mai 2013) ? Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet et revenir sur la réalisation de votre album ?
Aurel : Effectivement la période de composition a été très longue, et s'explique entre autres par le changement de bassiste. Quand Alexandra est partie nous avons dû attendre qu'Olivier aie assimilé les titres existants pour composer avec lui. On retrouve sur l'album les premiers titres composés par le groupe, soit "Les gens qui parlent seuls", " The Grain" et "Néo". Ils figurent d'ailleurs sur notre première démo dispo sur notre site officiel et sur Soundcloud. Si ça amuse les gens de comparer ils peuvent d'ailleurs écouter les évolutions entre les versions démo et les versions album, il suffit d'aller dans la section " audio" de www.humanvacuum.net ! L'enregistrement a également été long car nous devions trouver des jours de dispo pour aller enregistrer au studio Zoé von H. à Vanves, il fallait que Zoé soit dispo aussi… ça s'est étalé, quoi. De plus je voulais absolument qu'Asphodel soit avec moi en studio pour coacher mes prises de chant, donc il a aussi fallu attendre qu'elle puisse se libérer une semaine et monter à Paris depuis Lyon.
Alex : J'ai découvert HV avec l'album, qui n'était pas encore sorti officiellement. Il y a des petits problèmes de production, certes, notamment la basse sous-mixée (je prêche évidemment pour ma paroisse), mais j'ai fini par être conquis.  Et pourtant, ce n'était pas un style qui m'attirait de prime abord. Il y a vraiment un beau boulot de créa. Hurrayyy Zoé et HV ! 😀
Baptiste : L'essentiel a déjà été dit par Aurélien, je trouve.


4. Parlez-nous des divers intervenants extérieurs à Human Vacuum que l'on retrouve dans la réalisation de Enter The Playground. Je pense notamment aux guests bien sûr mais aussi du  studio Zoé von H. et de son propriétaire ainsi que de la personne qui s'est chargé de votre artwork et Olivier Guyot.

Aurel : J’ai rencontré Zoé quand j’étais chroniqueur pour les Eternels. Il faisait la promo de son groupe Herrschaft et de The Outburst dont il était le bassiste à l’époque et on a réalisé qu’on habitait à cinquante mètres l’un de l’autre. Du coup il est passé, on a bu des bières, on a écouté de la zique et on est devenus potes. Je savais que c’était un producteur de talent suite à son boulot sur Entertainment de The Outburst et les albums de Herrschaft, donc vu que son home-studio est à côté de chez moi ça s’est imposé. Nous avons commencé par enregistrer notre première démo chez lui et vue l’expérience on a rempilé pour l’album. Il a été précieux pour nous : non seulement il aime vraiment ce qu’on fait (ou alors il fait très bien semblant), mais en plus il a proposé des idées d’arrangements ici et là qui ont en partie fini sur l’album. Il est toujours calme, toujours positif, il ne met pas la pression aux zicos et fait en sorte que tout le monde soit à l’aise. Et malgré le manque de confiance que pourrait inspirer ses diverses coupes de cheveux, il est techniquement très bon. Olivier était notre bassiste au moment de l’enregistrement et a mis en boîte toute les parties de fretless de l’album parce qu’il a un toucher de malade de ouf. Sur les parties de basse “classique” on s’est partagé le taf lui et moi pour des raisons pratiques. Il nous a quittés en très bon termes vu que c’était vraiment sa vie de famille qui lui prenait trop de temps, y’a eu zéro prise de tête et on s’aime toujours d’amour humide. C’est à part ça un photographe de très grand talent et je vous invite tous à aller voir son taf. Quant à l’artwork, j’avais un concept en tête depuis longtemps qui aurait dû mettre en scène des salles de classe (cf. les paroles de “Enter the Playground”) mais je n’ai pas pu trouver de lieu. J’ai fini par abandonner mais comme je voulais quand même une référence à l’enfance et à l’école j’ai cherché dans les sites d’images payantes, et j’ai trouvé cette marelle qui collait parfaitement. Notre graphiste de l’époque Tiphaine Larue  s’est chargée d’intégrer notre logo à l’image avec l’aide de Baptiste.
Alex : Un peu dur pour moi de parler de ça. Je suis arrivé un an après que l’album soit fini et je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer Zoé et Aspho. Petite chose quand même, c’était très plaisant de jouer “Unicorns Represent” au festival des Éternels en compagnie de Nicolas Muller (Helioss) qui est le créateur et performer du solo de ce morceau sur l’album. Quant à Olivier, je suis heureux de prendre sa succession dans ce groupe qui déchire ! 🙂
Aurel : Pour Asphodel c’est une rencontre qui date de 2008. Je l’avais interviewée pour les Eternels à la sortie de 2 Unlimited de Pin-Up Went Down et on est devenus potes à partir de ce moment. Nicolas Muller c’est un chroniqueur des Eternels (oui, ce webzine a été très précieux pour HV) qui a tendance à composer des projets de métal extrême mâtiné de musique baroque tout seul dans son coin, des chansons avec 1523 pistes qu’il enregistre et envoie à la face du globe avant de repartir dans sa cave. Il m’avait engagé au chant pour un projet appelé Arkness et je connaissais ses capacités à la guitare. Donc quand il a fallu un solo outrageusement excessif et néoclassique pour “Unicorns Represent”, j’ai tout de suite pensé à lui. Son groupe principal est désormais Helioss et son nouvel album One With The Sun sort très bientôt. Je suis guest sur deux titres. La famille, le crou, la bande, le possi, tu vois ?
Baptiste : Asphodel est venue sur Paris pour coacher Aurélien durant ses prises de chant (ainsi que moi pour quelques morceaux). La veille de l’enregistrement des voix du morceau “Tout s’efface”, Aurélien lui avait proposé  auparavant de faire un duo dessus. Du coup, nous nous sommes posés à trois dans la piaule d’Aurel, on a posé les harmonies des lignes de chant et répété le morceau deux-trois fois avec une guitare acoustique pour s’accompagner. Le lendemain, Asphodel a plié ses voix en quelques prises et le résultat est super cool.
L’autre truc cool c’est qu’environ un an après, elle m’a proposé de monter un projet avec elle, chose que j’ai acceptée d’office et que nous avons baptisé öOoOoOoOoOo (et qui se prononce “chenille” en français), dans un genre bien différent de Human Vacuum.


5. En ce qui concerne votre musique je l'ai volontairement qualifiée de Fusion Metal typé 90s dans ma chronique de Enter The Playground. Comme Baptiste le dit un peu plus haut on retrouve ce jeu aérien de lead guitares assez caractéristique de Limp Bizkit ainsi que ce chant au flow hip hop, j'ai aussi parlé du groupe 311 ou SOAD  mais vous métissez toujours ce propos musical avec d'autres courant assez improbable comme certaines instrumentations de Rammstein ou le Metal Progressif de Opeth. Comment voyez-vous la chose et expliquez-nous votre démarche musicale ? Êtes-vous d'accords avec ce terme Fusion Metal 90s ? Quel est votre secret pour que ça sonne si bien à chaque fois ?
Aurel : Déjà merci pour le compliment et oui, on est grave d’accord avec ce terme fusion métal des nineties ! Et Wojtek (notre batteur) étant très fan de 311, il sera fort heureux que tu y fasses référence.  Il y a plusieurs éléments qui font notre son: déjà le fait qu’à la base, Human Vacuum ce sont deux métalleux au chant et à la gratte et deux fans de wesh-groovy-yo à la section rythmique. Ça a changé depuis l’arrivée d’Alex à la basse qui écoute du Cannibal Corpse et mange des bébés, mais l’idée est là. Après il n’y a pas de recette de composition chez nous, c’est super différent d’un morceau à l’autre. On peut partir d’un riff, d’un pattern de batterie, d’un texte (“Néo” par exemple, le texte a précédé l’instru), de n’importe quoi… le seul truc récurrent c’est que je pars très souvent d’une intention alors que Baptiste est beaucoup plus instinctif. J’adore les exercices de style, les what if, le principe de consciemment essayer de faire rentrer tel ou tel style dans notre formule. Baptiste, lui, il se branche et il joue.
Baptiste : Et surtout on parle, on voit ce qui nous plait ou non, on rejoue, on laisse reposer et on rattaque. En ce qui concerne le terme “Fusion Metal 90’s”, perso je suis assez d’accord, même si de par les mélanges que l’on fait, le “90’s” n’est pas forcément toujours présent, par exemple sur des morceaux comme “The Void Ahead” ou encore “Tout s’efface”.

Aurel : Pour le “ça sonne bien” (et merci encore), je pense que c’est aussi du au fait que chaque plan doit être validé par chaque personne, sans exception. Je pars du principe qu’une musique est forcément meilleure quand tout le monde kiffe tout ce qui est joué, à tout moment.
Alex : Entre nous soit dit que je ne mange pas de bébés, mais je bois du jus de choux (si si, ça existe, c’est allemand). Je suis encore novice en dans mon cursus “composition dans un groupe qui fait beaucoup de bruits de plein d’inspirations différentes”, je n’ai pas complètement trouvé mes marques. Pour ce qui est des riffs, je suis énormément Baptiste et Aurélien, mais la réflexion commune apporte le confort d’un morceau vraiment composé ensemble.

Wojtek : YEAH, 311 POWER !!! J'adore ce groupe (et surtout le batteur et sa caisse claire qui claque), du rap, du groove, de purs zikos (même s'ils ont l'air de teenagers éternels), est c'est vraiment le rap/fusion/métal que j'affectionne, une batterie qui penche largement plus vers le groove que vers les rafales de kick. C'est clairement ma contribution à HV : ne pas utiliser de double (ils ont bien tenté de m'en acheter une, je l'ai mise sous verre).


6. Ça fait maintenant quelques mois que l'album est sorti. Pouvez-vous tirer un premier bilan par rapport aux retours que vous en avez ?

Aurel : Pour l’instant c’est bonheur sucré, tout le monde le kiffe ou presque ! On a eu une chronique négative d’un mec qui n’avait visiblement pas écouté l’album plus que ça (sinon il aurait su qu’il n’y a pas de prière adressée à une licorne sur le disque, par exemple), et toutes les autres chros sont bonnes voire dithyrambiques. Ça fait vraiment très plaisir. La plupart des défauts soulevés par les gens qui ont vraiment écouté le truc concernent des points sur lesquels je suis moi-même pas forcément satisfait en plus. Il y a la basse que l’on n’entend pas assez, mon chant qui est largement perfectible, des subtilités du jeu de Wojtek (notre batteur) qui sont passées à l’as dans le mix… des défauts de jeunesse qui ne demandent qu’à être corrigés ensuite, quoi. Concernant mon chant je suis par exemple très heureux qu’on ait enregistré une version acoustique de “The Void Ahead” pour Youtube parce que c’est comme ça que j’aurais voulu sonner sur l’album. De toutes façons j’essaye de progresser sans arrêt, donc ça signifie logiquement être toujours insatisfait a posteriori… mais aussi pouvoir mesurer ses progrès de sortie en sortie, ce qui est très agréable.
Alex : Que du bon ! Les retours que j’ai sont ceux de mes proches. Petite chose très drôle, suite à “j’ai intégré un groupe de métal”, dans ma famille, on m’a regardé en coin. Mais maintenant tout le monde me dis “Mais en fait… c’est bien !?” 😀 Jusqu’à mes grands parents, 95 et 100 ans avec toute leur tête !!

Baptiste : Mis à part la chronique tièdasse dont Aurélien a parlé, les retours sont globalement remplis de kiff et d’amour. Mes parents à moi n’aiment pas du tout par contre, donc je ferai pas écouter à mes grand-parents parce que bon, voilà, j’ai envie qu’ils vivent encore longtemps.
Wojtek : Avec mon précédent groupe métal, ma mère était déjà bien vaccinée ! Elle préfère même HV me dit elle ! J'ai eu quelques critiques sur le son, le côté trop années 90, les morceaux trop compliqués. Mais bon, si on voulait faire du mainstream, ça se saurait… Mon grand regret est en effet la batterie, beaucoup de choses perdues au mapping. Le prochain album sera avec une batterie acoustique, ou ne sera pas !


7. Je voulais savoir si vous aviez déjà  travaillé sur de nouvelles compositions et si oui savoir à quoi peut-on s'attendre ?

Aurel : Yup, on a déjà deux compos de bouclées que nous jouons déjà sur scène. “Here We Go Again (Motherfucker)” venait d’une volonté perso de commencer le futur nouvel album par une compo pied au plancher où on aurait hurlé comme des porcs. J’avais décrit l’intention à Baptiste et quelques jours plus tard il avait maquetté une chanson de A à Z. C’est notre chanson la plus violente et la plus courte, et elle marche à mort en live. “Shattering” est plus expérimentale et ambiancée, avec des couleurs electro, c’est une compo que Baptiste avait maquettée depuis longtemps et qu’on a utilisée telle quelle. Perso j’ai plusieurs idées de compo sous le coude dont une qu’on essaye de mettre en forme quand on a le temps, une tentative d’intégrer du tango dans la formule HV qui s’appelle “Dance of Extinction”. Après les seules directions claires et précises que j’ai en tête concernant le nouvel album, c’est que j’aimerais tenter de nouveaux mélanges musicaux et augmenter la dose d’harmonies vocales avec Baptiste
Alex : Oui, oui, oui ! On a du morceau ! Et du qui envoie ! Notamment un, non finalisé, un peu jazzy (exclu ! :)). J’ai du mal à savoir si pour l’instant j’arrive à apporter ma patte à HV, plutôt jazzy justement, mais je peux vous dire que c’est du bon !
Baptiste : Et il y a encore d’autres trucs en stock et en réserve, maquettés ou non, qui n’attendent que l’approbation ou les modifications de toute la bande. Je nuancerais par contre le terme “electro” concernant le morceau “Shattering” dans le sens où il ne faut pas s’attendre à de la dance ou quoique ce soit. Maintenant, j’en dirai pas plus, il faudra venir aux concerts pour entendre tout ça si vous êtes intéressés.
Wojtek : Faut juste qu'on arrive à trouver le bon équilibre entre compos / préparations de concerts, parce que ces derniers mois ça a pas été évident.


8. Vous avez récemment participé au Headbang Contest un tremplin Metal en compagnie de Waverly Lies North, Flying Dogs, A Million Shells, One Last Shot, Heal Heaven, Aanod, ADRENALINE, Monolyth, ArtWeg, Icon Of Destruction, MagoYond et Ethmebb. Comment avez-vous vécu l'aventure et qu'en avez-vous retenu ?
Aurel : C’était génial, et ça a été génial tout du long. Le premier round au Klub était un peu rude parce que le son n’était pas top, mais le second au Zèbre était absolument orgasmique. Je pense d’ailleurs sincèrement que le concert du Zèbre était un des meilleurs qu’on ait donné durant notre courte carrière. Le feedback des gens, l’ambiance générale, la scène, le son… c’était ouf. Quant à la finale parisienne, elle nous a donné l’occase de partager la scène avec nos brothers of steel de One Last Shot qui ont remporté une victoire bien méritée vu qu’ils ont absolument tout défoncé. C’était la première fois qu’on rejouait avec eux depuis que je ne suis plus leur bassiste et c’était vraiment cool. Sinon c’était aussi plein de rencontres, comme Julien de Monolyth à qui je fais une grosse bise baveuse ainsi que Cyril et Manu de l’orga qui ont été des modèles de professionnalisme et de disponibilité. Très, très bonne expérience… et l’année prochaine on gagnera !


Baptiste : De très chouettes conditions de jeu, une ambiance générale très bon enfant, loin de tout côté compétitif et une orga vraiment sympa et pro. Et effectivement, le concert au Zèbre était un très bon moment à passer, bien que trop court. Au Petit Bain aussi c’était chouette, malgré des problèmes de son assez handicapants, mais le public avait l’air d’être réactif – ils ont fait un wall of death sur un plan reggae, si ça, ça n’est pas de l’amour – du coup le kiff était présent en masse.
Alex : Que dire de plus ? Le Zèbre était Le Kiff et le Petit Bain était un super moment également, malgré les soucis de son. On a d’ailleurs eu la possibilité de se revoir grâce aux potos d’OLS qui nous ont prêté leur Go Pro et en toute humilité, on a déchiré ! Des supers rencontres et encore une fois un gros big up à Julien de Monolyth. Un bukkake de bonheur en somme.

Wojtek : Tout est dit. Gros kiff, le seul bémol sont les conditions pour nous pauvres batteurs ! On monte sur scène, et pendant que le chanteur branche son micro, moi j'ai quelques minutes pour virer la moitié de la batterie précedente et la remplacer par mon kit. Une fois que c'est fait et qu'il faut commencer à jouer… tada ! tout est de travers, la grosse caisse fout le camp, la caisse claire se met à pencher, une cymbale se dévisse… c'est vraiment pas les meilleures conditions pour jouer. Sinon grosse claque au Zèbre, ambiance de folie.


9. Quels sont les projets de Human Vacuum dans un futur proche ou plus lointain, notamment le live ?
Aurel : Nous avons une date au festival “Sons d’ici” de Châtenay-Malabry le 29 mai, une date avec Kera, Fallen Eight et Deflesher à Bastille le 5 juin et nous ferons la fête de la musique à Châtenay Malabry le 21 juin, ce qui est un retour aux sources fort agréable vu que notre tout premier concert était là-bas. La date du 5 juin avec Kera est un bon exemple des retombées positives du fait d’avoir fait le Headbang Contest : le mec qui nous a contacté pour nous la proposer était un des juges du premier tour, il nous avait repérés à ce moment-là et avait besoin d’un groupe pour compléter son plateau. C’est le gros bonus de ce genre d’évènement : l’exposition. Et nous sommes toujours partants pour jouer, donc SI TU ES TOURNEUR, ORGANISATEUR DE FESTIVAL, SI TU MONTES UNE DATE QUELCONQUE, ENVOIE-MOI UN MAIL A L’ADRESSE CONTACT(AT)HUMANVACUUM.NET TU VAS VOIR ON VA CAUSER ÇA VA ÊTRE BIEN. 
Sinon vu que nous avons rejoint le collectif la Voix des Hères qui est basé à Rennes, notre objectif à moyen terme est d’aller jouer en province. Nous avons déjà joué en Italie mais pas en Bretagne, c’est quand même couillon !


10. Encore merci de nous avoir accordé un peu de votre temps. Un dernier mot pour les lecteurs de Metalchroniques ?

Aurel : Ben merci à toi de nous avoir encensé comme tu l’as fait surtout ! J’invite les lecteurs de Metalchroniques à nous écouter vu que tout l’album est dispo en streaming sur Bandcamp ET Deezer ET Spotify ET j’en passe et des meilleures. Vous pouvez d’ailleurs utiliser Enter The Playground pour renforcer votre aura sociale :  “Unicorns Represent”, “La vérité”  et “Néo” feront rire vos copains en soirée et “Tout s’efface” devrait vous permettre de choper de la gothique plus facilement. Essayez, vous m’en direz des nouvelles. Cheers !
Baptiste : Mille mercis tout d’abord pour la chronique et pour cette interview. Si vous aimez l’album tant mieux, sinon c’est pas grave, je ne vous en voudrai pas. Je sais où vous et votre famille habitez, mais je ne vous en voudrai pas.
Alex : Ayez toujours l’album dans votre mp3, ça peut toujours sauver un mariage ou la surboum de votre petite soeur. Et puis bien sûr, viendez nous voir sur scène et n’hésitez pas à emmener votre petite soeur !
Wojtek : Merci pour l'hospitalité de cette interview !! Ecoutez l'album, mais surtout, venez aux concerts (qu'on espère de plus en plus nombreux) C'est là que HV prend toute sa dimension.

 

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