Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Pouvez-vous présenter le groupe et ses membres ? Pourquoi avoir changé de nom pour passer de SNAKEBITE à STONEGHOST ?

Jason: Alors moi je suis Jason Smith le chanteur et voici Cris Finniss à la batterie. Manque ici avec nous Jamie Nash à la basse et Andrew Matthews notre guitariste. Le nom de SNAKEBITE date déjà de bien longtemps. A l’époque j’avais 15 ans et je fréquentais pas mal les bars. Je ne sais pas si vous buvez cela en France mais en Grande-Bretagne il s’agit d’un cocktail fait à base de bière, cidre et un peu de cassis. Et je te pris de croire que je ne buvais que cela à l’époque. Et j’avais donc 15 ans, assis dans un bar et alors que je cherchais le nom d’un groupe, ce cocktail s’est imposé à moi.

Cris: Et je te prie de croire que c’est difficile de se faire connaître et se faire remarquer quand tu t’appelles SNAKEBITE car ce nom s’avère beaucoup trop commun. Le label nous a même dit qu’ils ne nous auraient pas signés si nous avions conservé ce nom. Si tu tapes « Snakebite » dans un moteur de recherche sur internet tu as des dizaines de milliers de réponses et nous ne serions jamais apparus parmi les premiers. La leçon que nous avons apprise et de ne pas choisir le nom d’une boisson pour ton groupe, mauvaise idée.

Jason: Changer était aussi un moyen pour nous de grandir et de sortir de cette adolescence. Nous avions vieillis nous avions des responsabilités familiales, il nous fallait gagner notre vie et voir si nous pouvions vivre de cette activité artistique. Donc nous nous sommes dits, nous ne décollions pas vraiment avec SNAKEBITE, asseyons une dernière chose, changeons de nom, redémarrons l’aventure et alors nous saurons si nous avons un avenir dans ce business. Nous avons mis tous les atouts de notre côté en bossant avec un très bon producteur et le sort en était jeté.

 

02. Le nom est-il une référence à ce système de surveillance global entre USA, UK, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande ?

Jason : (rires), si nous avions des cerveaux fonctionnels, nous aurions pu délibérément choisir ce nom pour faire référence et dénoncer ce type de systèmes. Mais en toute honnêteté, il s’agit là d’un pur hasard. C’est tout d’abord le nom le plus cool que nous avons pu trouver et le seul qui ne semblait déjà associé à aucun autre groupe.

Cris : En réalité le nom d’un groupe n’est finalement qu’une étiquette pour la musique que propose ton groupe. Donc il fallait que cela sonne bien, nous n’avons pas cherché midi à quatorze heure pour trouver un nom très symbolique avec beaucoup de sens caché.

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03. Votre second album sort en avril, quel est votre sentiment vis à vis de cette nouvelle aventure ?

Jason : La situation est plus compliquée que cela. Ce qui sort en avril c’est bien notre premier album mais cette fois-ci réédité par notre nouveau label. Mais notre sentiment est un peu fou. Jusqu’à présent tous les retours ont été positifs. Bien sûr nous sommes nerveux, en particulier aujourd’hui car nous n’avons jamais ait cela, nous produire en live à la télévision (Une dose de métal sur l’Enorme TV). Devoir interpréter dans les conditions du direct ne m’inquiète pas, nous en avons l’habitude et nous sommes performants mais ajouter à cela la vidéo complique les choses. Tu peux alors être scruté pour tous les détails. L’expérience fut très intéressante et enrichissante et si l’avenir tourne dans notre sens nous pourrions bien nous prêter souvent à ce type d’exercice.

Cris : Et nous faisons cette première en France, à Paris, au sein de la seule émission métal dans le paysage audiovisuel national s’avère extraordinaire pour nous. C’est une grande fierté pour nous.

Jason : Malgré mes inquiétudes, nous n’aurions jamais refusé de faire cette émission et d’apparaître ainsi en vidéo mais ce fut une première pour nous et la nervosité entre nous a atteint des sommets. Ce stress peut te galvaniser et te pousser à donner une prestation encore meilleure ou il peut te paralyser. C’est très différents de la scène devant un public car les gens en face de toi s’investissent et il y a un échange d’énergie, tu peux t’appuyer sur les réactions ou le regard des gens. C’est la première fois que nous sommes sous les lumières d’un show TV donc pour nous cela représente vraiment une belle étape de notre carrière. Une fois l’image enregistrée elle ne t’appartient plus et donc il y a parfois de quoi devenir un peu parano…

 

04. De votre point de vue, quelles sont les évolutions majeures entre Created from Nothing et New Age of Old Ways ?

Jason : Avant, avec SNAKEBITE, nous faisions d’énormes efforts pour sonner comme ci ou pour sonner comme ça. Nous voulions sonner métal, nous voulions donner aux gens ce qu’ils avaient envie d’entendre. Mais au bout d’un moment tu te rends compte que cela ne fonctionne pas ainsi. Tu grandis, tu gagnes en maturité. Avec New Age of Old Ways nous avons arrêté d’agir avec cette mentalité et nous avons composé ce que nous voulions, en nous disant que si le résultat contenait la passion et l’énergie que nous sommes capables d’y insuffler, les fans seraient heureux. Nous avons décidé simplement d’être honnêtes, d’être nous-mêmes en arrêtant de nous prendre la tête. Si j’avais l’envie de mettre un putain de chœur de gospel sur tel ou tel refrain et bien je le faisais. Qui aurait le droit de nous dire il faut ceci ou cela alors que nous sommes les compositeurs et les paroliers de nos chansons ? Et nous n’avons pas eu peur de mettre beaucoup de diversité dans notre musique. Nous avions peur que les gens nous reproche cette approche éclectique mais en réalité ce fut l’inverse, cela a joué pour nous. Ensuite certains aimeront d’autres pas et ce n’est pas si grave. Certains nous ont dit qu’ils détestaient l’album sauf une chanson (rires) !

Criss : De mon point de vue, beaucoup de groupes contemporains que l’on peut écouter actuellement sur les ondes suivent des tendances qui sont sensés plaire aux gens. Si un groupe dans un genre rencontre le succès, d’autre vont tenter de copier la même recette. JE ne pense que nous ayons peur de la réaction des gens, de savoir s’ils aimeront ou pas. Si cela ne leur plait pas, que peux-tu y faire ? Il faut d’abord que nous soyons heureux et fiers nous-mêmes du résultat et ensuite, espérons, les fans. Nous sommes un groupe de métal, du rock n’roll si tu veux et nous ne voulons pas être coincés dans une boite disant groupe hardcore. Nous composons ce que nous voulons composer.

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05. Vous avez travaillé avec un producteur très expérimenté, Russ Russell (NAPALM DEATH, EVILE, DIMMU BORGIR…). Comment cela s’est-il passé et qu’avez-vous appris ?

Jason : Ce fut une très belle expérience et pour être transparent cela n’a pas été forcément notre choix, nous avons fait confiance à notre manager qui nous a conseiller de bosser avec lui. Il nous a dit que si voulions maximiser nos chances pour cette dernière tentative, c’était la bonne personne qui allait faire un super boulot. Et nous avons fait confiance, nous voulions simplement pouvoir jouer notre musique pas perdre du temps à chercher le bon producteur. Et ce fut un choix sage car Russ parvient à te faire sortir le meilleur de toi. Sans agressivité ni malice, il te pousse dans tes derniers retranchements. Avant d’entrer en studio pour enregistrer mon chant j’étais au milieu de ma période SOUNDGARDEN avec un Chris Cornell au sommet de son art. Et donc en studio j’ai essayé un peu de copier ce dernier sur mes prises de chant.

Et Russ m’a vite calmé et ramené à la réalité, me demandant d’utiliser l’ensemble de ma voix, pas que mes notes les plus hautes mais aussi profiter de mon registre plus grave. Et je le remercie pour cela car désormais je connais ma zone de confort vocale et les erreurs que je peux facilement commettre. Je sais où je peux être le plus performant. Russ te donne son opinion te propose de faire les choses d’une autre façon mais si tu ne veux rien entendre il fera comme tu le souhaites, même s’il pense que tu as tort. Il discute beaucoup, tente d’orienter les choses mais il n’impose rien. Et si tu restes sur ton idée il fera de son mieux pour que celle-ci sonne du mieux possible.

 

06. Comment se passe le chimie dans le groupe pour composer ? Le compromis reste la règle ou un des membres du groupe impose son choix ?

Jason : Nous discutons beaucoup entre nous dans notre local dans de répétition, toutes les semaines jusqu’à ce que tout le monde soit heureux et fiers du résultat. Bien sûr cela amène des disputes, parfois épiques, mais cela ne dure pas. En fois la solution trouvé, nous restons meilleurs amis et après quinze minutes nous allons tous boire une bière ensemble. Nous crevons l’abcès immédiatement. Et c’est grâce à ce fonctionnement, parfois long et compliqué, que nous avons pu progresser et atteindre notre statut actuel.

 

07. A propos des paroles, pensez-vous avoir par ce biais un devoir moral ou social en tant qu’artiste, dénoncé telle chose ou tel évènements ?

Jason : Tu ne trouveras pas un message unique comme un fil conducteur sur la totalité de cet album. Chaque titre raconte sa propre histoire et véhicule donc certains sentiments, certaines leçons. Cette variété est importante à mes yeux, je ne voudrais pas diffuser qu’un message unique. Sur une chanson comme « Let Sleeping Beasts Lie » je regrette un peu le temps où le monde recelait encore bien des mystères et les histoires, superstitions que se créaient les gens pour vivre dans ce monde. Comme à l’époque médiévale par exemple. Actuellement, et de plus en plus, nous ne découvrons plus rien sur notre planète et au contraire nous allons explorer Mars ou l’espace en général. Une certaine magie a disparu.

Par contre, « Faceless Ghost » s’avère être un titre beaucoup plus personnel, où je fais part de mes peurs et de l’insécurité que je ressentais alors car j’allais être père et que j’allais avoir encore plus de responsabilités. Finalement ce fut une bénédiction car j’ai été obligé de faire le point sur ma vie, savoir ce que je voulais faire et le chemin que je devais alors emprunter. Je pesais le pour et le contre quant à ma présence au sein de STONEGHOST, savoir si le groupe devait ou pas faire partie de mon futur. Mon engagement devait être total ou cela ne valait pas la peine.

Criss : Au niveau des paroles bien sûr nous en discutons entre nous mais Jason garde la décision finale pour cet aspect-là. Mais pour répondre à ta question, j’écoute moi-même des groupes qui ont su me faire apprendre certaine chose mais ce n’est pas notre responsabilité d’enseigner quoi que ce soit aux gens. Nous ne pouvons qu’exprimer ce que nous pensons de telle ou telle réalité. Et si quelqu’un peut progresser à l’écoute des paroles de Jason, ce n’est pas une mauvaise chose. Il est naturel que celui qui chante soit en charge des paroles et puisse ainsi croire en ce qu’il chante.

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08. Comment avez-vous travaillé l’aspect visuel comme la pochette ?

Jason : Je suis l’auteur de l’ensemble des visuels de l’album et par chance notre label Mascot a accepté que je me charge de cet aspect-là. Nous avons un control complet au niveau créatif. En fait j’ai redessiné la pochette pour cette réédition. Ces chansons ont déjà environ un et demi et à l’époque j’avais effectivement proposé cette tête de Méduse. Quand Mascot nous a approchés pour rééditer le disque, nous avons dit ok mais je voulais refaire la pochette. En tant qu’artiste, tu deviens rapidement sensible à tous les détails et ce premier dessin réalisé dix-huit mois plus tôt ne me convenait plus.

Entretemps j’étais devenu meilleur, avec plus de technique et je voulais utiliser ces progrès. En fait la pochette n’est en réalité qu’un petit morceau d’un dessin beaucoup plus grand et tu pourras voir la scène complète en dépliant l’album une fois celui-ci sorti. Le dessin complet est assez grand, il m’a fallu un mois pour en venir à bout. Tout a été fait aux crayons. Je l’ai fait encadrer et il est exposé chez moi.

 

09. Que pensez-vous de la scène britannique ?

Criss : La situation est difficile et il me semble que vous gérez cela bien mieux sur le continent. En Allemagne le public aime la musique métal et donc les groupes sont soutenus et les catégories ou les étiquettes ont moins d’importance. Il est fatiguant d’être constamment rangé dans un tiroir et de ne pas pouvoir en sortir. Nous faisons du rock, avec l’assurance de passer un bon moment, avec beaucoup d’énergie à partager. Donc écoutes, profites et bourres-toi la gueule, tu auras passé une bonne soirée.

Jason : L’avantage outre-Manche c’est que, quand le public t’aime, ils deviennent vraiment dingues. Sinon ils te regardent poliment et rien ne se passe. Quand nous avons fait le Wacken, les gens ne nous connaissaient pas et pourtant ils se sont investis dans notre concert, sautaient partout et ce fut un super concert.

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Et enfin "Le Quizz de Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Jason : “In The Woods Somewhere” d’HOZIER

Criss : impossible à dire.

 

02. Premier album rock acheté ?

Jason : Cowboys from Hell de PANTERA

Criss : The End Of All Things To Come de MUDVAYNE

 

03. Dernier album acheté ?

Jason : le dernier Ozzy

Criss : AMERICAN HEAD CHARGE, le dernier EP, Shoot, je crois

 

04. L’étincelle qui a créé ta volonté d’être un artiste ?

Jason : Régulièrement Roadrunner proposait un DVD de ses groupes. Et je me souviens d’un clip de TYPE OF NEGATIVE « Black N°1 » très impressionnant ! Cela m’a donné envie avec cette voix si grave…

Criss : MUDVAYNE sans aucun doute, leur DVD

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l’album ici

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01. Ton aventure avec BLOOD STAIN CHILD n’a duré que deux ans, le temps d’un album. Que s’est-il passé ? Si tu devais résumer cette aventure à travers un souvenir, quel serait-il ?

Aigre-doux. Pour résumer, j’attendais de leur part un environnement plus professionnel et ils attendaient sans doute de moi d’agir en poupée, en plus de ressembler à une poupée (rires): muette, sans trop de personnalité, sans opinion ni leadership (rires). Et en tant que personne, je suis totalement à l’opposé de cela (rires). Je n’élève presque jamais la voix, je suis polie et j’aime m’habiller de vêtements mignons donc les gens considèrent souvent que cette gentillesse s’apparente à de la faiblesse. Grosse erreur. Je ne fais pas de vague jusqu’au moment où je découvre que les gens m’exploite ou font preuve de mauvaises manières à mon égard. Et cela je ne peux l’accepter ni le pardonner. Je suis une des personnes les plus tolérantes de cette planète mais mon histoire avec BLOOD STAIN CHILD a atteint des proportions déraisonnables, donc j’ai été obligé de sortir mes griffes de tigre et faire ce que je déteste le plus: me battre.

Je pourrais exposer de nombreux détails assez frappant sur la façon dont ils m’ont maltraitée régulièrement mais je me contenterais de dire que je me suis parfois sentie embarrassée pour eux. Ils ne comprenaient sans doute pas à quel point leurs comportements s’avéraient embarrassant. Je tolérais la situation dans l’espoir qu’ils allaient changer envers moi et parce que les fans croyaient en moi, aimaient tellement le disque. Mais ne nous voilons pas la face, je supportais tout cela aussi car j’aurais dû payer des montants absolument ridicules pour être en mesure de vivre et jouer de la musique au Japon. C’est quelque chose que tout le monde peut faire, donc en dehors des aspects sentimentaux, j’essayais également de protéger mon investissement. Finalement, la situation se dégradant encore, j’ai donc choisi de privilégier ma santé plutôt que mon investissement (rires).

 

02. Nous avons pu lire ici et là que ce nouveau chapitre, SEASON OF GHOSTS, était né en octobre 2013. Quelle était alors ton idée, ton ambition ? Est-ce un véritable groupe ou un projet studio ?

SEASON OF GHOSTS est bien un groupe dont le seul membre officiel n’est autre que moi. Les autres membres officiels sont des légions de fantômes aliens, mais puisque les instruments sont trop lourds pour eux, j’ai engagé des humains pour partager la scène avec moi, ma propre légion fantôme: Zombie Sam à la guitare, Paul Dark Brown à la basse et Max Buell à la batterie ! J’ai initié l’aventure SEASON OF GHOSTS avec le désir d’y investir toute mon âme et de montrer au monde qui je suis vraiment.

L’honnêteté est une chose importante à mes yeux, donc être honnête en tant qu’artiste à travers ma musique s’avère aussi vital. Quand j’ai débuté ma carrière professionnelle en tant que chanteuse, les gens me disait que je devais me construire une personnalité, un personnage factice pour la scène. Mais cela m’a rapidement semblé inutile de poursuivre dans cette voie à travers des mensonges. Mon vrai caractère est assez compliqué pour que chacun pour apprendre quelque chose de nouveau sur moi tous les jours (rires). Les vérités que je veux partager avec tout le monde sont plus intéressantes que les faux-semblants d’un personnage factice de scène.

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03. Comment as-tu decide de collaborer avec l’équipe de rêve de Coroner Records composée d’Ettore Rigotti (DISARMONIA MUNDI), Zombie Sam et Neroargento ? Comment s’est déroulé le travail de composition ?

Pour dire la vérité, j’ai étudié les offres de nombreux labels au début. Ces propositions venaient à la fois de gros labels européens et japonais mais les conditions proposes ne correspondaient pas à ma vision donc j’ai fait le choix du DIY (fais le toi-même) et j’ai pris ma carrière directement en main. J’étais déçue et triste après le naufrages BLOOD STAIN CHILD, j’étais déprimé et j’ai donc demandé mon équipe de producteur de composé pour moi à partir de mes idées. Puis, en parlant avec mon frère et Zombie, j’ai réalisé que j’étais capable de subvenir à mes besoins créativement parlant sans avoir à compter sur les autres pour me fournir des chansons. J’ai alors piqué une grosse colère et je me suis enfermé dans une pièce, convaincue de devoir alors DETRUIRE mes limites et mes purs, à l’image de ce que j’avais fait avec BLOOD STAIN CHILD au moment d’accepter leur proposition de rejoindre le groupe. Il me fallait surmonter ma peur de la scène et mes attaques paniques.

Donc j’ai composé The Human Paradox en dix jours environ réparti sur un mois. Dès que j’ai touché mon piano, les idées ont commencé à se bousculer, au point que j’ai composé assez pour remplir deux albums (rires). Les producteurs devenaient dingues, me suppliant d’arrête. L’inspiration s’est déversée par torrent. Comme dit l’expression anglaise, « Quand il pleut, c'est le déluge ». Après cette phase de composition, j’avais à l’esprit une idée assez claire et solide de la façon dont l’album devait sonner. Certaines de ces idées ont été mises au défi par Zombi et Nero mais la majorité d’entre elles sont restées intactes. Je suis resté stricte et inflexible quant au choix des instruments, des effets, des sons… tout ! Donc j’ai fini par co-produire l’album réalisant ainsi que je suis une « control-freak » dans le boulot (rires). Je ne vais pas me coucher tant que tout n’est pas parfait et cela a pu causer de jolis maux de tête aux producteurs. Mais nous nous sommes tous sentis fiers devant le résultat final.

Imagine produire un album à travers ce satané Skype ! Il fallait gérer le problème de la distance, la barrière de la langue car la maîtrise de la langue anglais de Zombie n’était alors pas extraordinaire et le fait qu’il s’agissait de ma première tentative de produire de la musique. Il me manquait la bonne terminologie, le bon état d’esprit et la technique, j’ai dû exprimer mes idées parfois de façon assez primitive (rires) Mais ce fut une expérience fascinante malgré tout !

 

04. Les paroles sont plutôt sombres, mélancoliques et pas très optimistes. Cela é-t-il été une expérience cathartique, une libération pour toi ?

Tu me connais bien désormais (rires). Oui, l’objectif de mon part a toujours été cathartique. Je veux guider l’auditeur à travers un processus qui va éventuellement le mener à un état supérieur, spirituellement parlant ou eu moins lui faire apprendre quelque chose de moi. Je trouve cela divertissant de travestir mes messages au sein de concepts sombres et pas vraiment optimistes, même si le message final reste toujours optimiste, si tu regardes de plus près, même si certaines expériences te laissent avec des cicatrices et des ecchymoses, du sang sur tes mains. Mon message final est de ne jamais abandonner et de toujours tendre vers la meilleure version de toi-même. Il s’agit d’une quête sans fin vers la connaissance, grandir spirituellement.

C’est ainsi que je mène ma vie et c’est ce type de soin que j’investis dans mon art. Pour résumer cela, je voudrais pouvoir laver le cerveau de mes fans pour qu’ils dépassent leurs limites et soient des gagnants dans la vie. Pour parvenir à ce résultat, il faut parvenir à réaliser beaucoup de choses, et souvent la vérité fait souffrir. Donc mes chansons peuvent paraître très pessimistes, c’est pour une bonne cause. La connaissance très précieuse que tu peux acquérir grâce à l’expérience, qu’elle soit ou non douloureuse, peut servir de détonateur pour aboutir à l’épanouissement spirituel, si tu aspires à cela bien sûr.

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05. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement du nouvel album, as-tu agis différemment par rapport à Epsilon ? Comment as-tu travaillé entre Italie, Grèce et Japon ?

L’enregistrement d’Epsilon a été ma première expérience de studio et tout s’est en plus déroulé sur un aure continent avec tout le monde parlant japonais. Donc le niveau était sacrément élevé, supérieur à 9000 (rires). Tout a été plus simple avec The Human Paradox. Tout d’abord il s’agissait de mon album, donc j’ai fait tout ce que je voulais. Sur Epsilon, Ryu avait une vision très claire de ce que l’album devait être et donc il m’a dicté toutes mes lignes de chant sans me demander mon opinion. Je pense qu’en agissant ainsi, il n’a pas utilisé mes capacités vocales de la meilleure façon possible. Avec The Human Paradox, je mets en œuvre toute ma palette vocale, qui couvre environ 4,5 octaves après m’être bien échauffée au piano. Dans ce sens, Epsilon était limité au niveau de la voix, donc j’étais déterminée à compenser cela sur The Human Paradox.

J’ai également rejeté l’utilisation d’effets bizarres sur ma voix, cela m’a avait porté préjudice dans le passé, beaucoup passant que je ne pouvais véritablement chanter à l’époque. Donc l’album sonne plus clair et naturel. Comme je le mentionnais plus haut, nous avons principalement créé l’album via internet, et ce fut un sacré défi.

A propos du chant, des effets et de la production final, Zombie est venu en Grèce et puis je suis allée en Italie pour quelques semaines. Zombie adore la cuisine grecque et il a donc pris du poids en venant et j’ai moi-même pris du poids lors de mon séjour en Italie. Nous avons sans aucun doute été tous les deux plus ronds à la fin de la production mais au moins l’album sonnait parfaitement bien (rires).

 

06. SEASON OF GHOSTS met en avant le mélange des genres et des influences dans la musique. Quelle importance accordes-tu au fait de proposer à la fois sur une même album des titres hyper rapides et bourrés d’érngie comme « Genesis – The Phoenix Syndrome » et des compositions plus douces est subtiles comme « “[NE]: MESIS – The Kiss Of Justice » ?

Tout d’abord, The Human Paradox est un album concept, donc utiliser des chansons proposant des humeurs et des sensations différentes s’avère être une obligation. Le disque raconte le cycle de la vie à travers les yeux d’un voyageur du temps, donc certains titres sont plus énergiques, certains sont plus en retrait. En dehors du concept, je suis une enthousiaste du Visual Kei, donc la philosophie est de mélangé les choses au maximum jusqu’à l’épuisement (rires). J’ai toujours adorée comment MALICE MIZER pouvait mêler métal, classique, bossa-nova, électro-goth et animation dans un même album, le tout en parfaite harmonie comme dans Merveilles donc j’ai adopté cette même idéologie dans ma musique.

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07. Quelle importance donnes-tu à la pochette et comment as-tu travaillé celle-là ?

J’ai tenté de travaillé avec huit artistes différents afin de créer cette pochette. Aucun d’entre eux n’est parvenu à capturer ma vision du monde et leurs propositions ne respectaient pas ma vision. Donc à la fin, après avoir gaspiller huit mois, j’ai fini par co-produire cette pochette avec Zombie Sam, comme pour la musque finalement. Zombie, parmi tous ses talents, est un designer graphique et donc nous nous sommes assis tous les deux et avons réalisé cette pochette en quelques jours. Nous avons atteint notre but, le sentiment qui se dégage reflète parfaitement les chansons.

La pochette montre une réalité plutôt mélancolique et peu réjouissante avec des éléments d’hyperréalisme, comme la méduse volante dans le fond et également le trou de serrure sur le devant. C’est assez facile à comprendre mais je voulais montrer la réalité dans la réalité. A travers ce trou de serrure, tu pouvais apercevoir un monde plus optimiste. La tour a beau être détruite, mais il y a plus de couleur et de vert… Il y a plus de vie dans le monde du trou de serrure. Cela signifie que tu peux créer une meilleure vie pour toi si tu fais le choix de regarder à l’intérieur, effaçant les croyances qui finissent par te limiter. Comme tout ce qui importe vraiment, le chemin vers le succès et le bonheur n’est pas facile, mais cela vaut la peine d’en voir le bout.

Tu vois ? Encore un message optimiste dans ce qui peut sembler être, de prime abord, un visuel mélancolique (rires).

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08. Avec ton groupe, vous avez participé au Metal Female Voices Fest 2014 en Belgique. Quels souvenirs en gardes-tu ?

Ce fut une expérience fantastique et je suis très reconnaissante aux organisateurs et à toit ceux qui ont rendu cela possible. Merci encore ! Ce fut mon premier concert avec SEASON OF GHOSTS et le premier depuis mon départ de BLOOD STAIN CHILD. Cela a synthétisé deux années et demi d’absence, loin de la scène. Tu devines que j’étais stressée et c’était la première fois que je me produisais le matin (11h30). Cela a rendu l’expérience encore plus bizarre mais j’ai remporté le défi !

J’ai décidé de soulager mon stress et j’ai improvisé à travers du self-sarcasme, comme d’habitude, j’ai demandé aux gens s’ils voulaient bien entamer une séance matinale d’aérobic et ils ont trouvé l’idée cool, bien que pas vraiment métal effectivement. Nous avons terminé avec plus de 1500 personnes appréciant le spectacle et nous avons vendu presque tout notre merchandising. Une expérience véritablement inattendue ! (rires)

 

09. Quels sont tes attentes et espoirs pour SEASON OF GHOSTS à moyen termes ?

Pour l’instant, je veux partir en tournée en Europe, aux Etats-Unis et en Asie, explorer de nouveaux continents si possible ! Je veux être la musicienne que les parents considéreront être une bonne influence pour la nouvelle génération. Je veux être amusante et choquante mais d’une manière qui aide et apporte un bénéfice aux autres. JE veux apporter pleine conscience, santé et motivation positive aux gens qui me suivent. Je ne peux décrire à quel point je suis heureuse quand je reçois des messages disant « ce disque a été une inspiration pour moi pour devenir une meilleure personne » ou « cette chanson m’a aidé à surmonter une situation difficile ». C’est bien pour cela que je suis là, je ne fais pas cela pour vous montrer ma frimousse ou suggérer que je veux me taper la totalité de la population mâle…

Je ne suis pas là pour parler de se faire mal à soi-même, de maladies mentales ou de romances pourries. Tu trouveras assez d’artistes qui travaillent dans cette philosophie-là. Ma mission est différente. Vendre du sexe rend les choses beaucoup plus faciles et aisément commercialisables, mais je préfère rester en conformité avec mes idées et le respect que je me dois à moi-même. Je parle à qui veut bien m’écouter et je montre le chemin à ceux qui ont le regard près à le voir.

 

10. Tu continues à multiplier les projets en Europe et au Japon. Peux-tu nous en dire plus sur tes activités et Invictus Media par exemple ?

Invictus Media est une société que j’ai montée avec Zombie Sam il y a quelques mois de cela. Notre principale activité tourne autour de la production d’album et de music de film. Nous produisons actuellement un artiste américain, travaillons sur des projets de films et sur de la gestion, marketing et stratégie dans le domaine du business des hôtels. J’aspire à être un entrepreneur multi-cartes, donc Invictus Media ne se limitera pas qu’à la musique.

Je travaille également en collaboration avec des artistes du monde entier donc je pense pouvoir présenter de jolies surprises dans un futur pas si lointain. The Human Paradox continue également son expansion vers d’autres continents et et nous aurons bientôt des nouvelles à propos du Japon !

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11. Quel est ce son à la fin du titre fantôme présent sur l’album ? J’ai deux théories : Zombie Sam en train de ronfler ou ton chat (Dictator Linda) en train de ronronner ? Ai-je raison ?

HAHAHAHAH! Ta première proposition risque de bien fait rire Sam quand je lui en aurais fait part… mais non ce n’est pas lui. Cependant, le sifflement à la fin de « Reincarnation » vient bien de lui. Le titre fantôme s’avère effectivement être Dictator Linda et le titre de cette chansons s’avère être « Space Cat ». C’est un hommage à la dictature imminente de Linda, quand la technologie permettra de se transformer en vaisseau spatiale qui sortira alors en trombe dans l’espace, comme la chanson le suggère.

 

Tous nos remerciements à Sophia Aslanidou et Steven J à INVICTUS MEDIA

Chronique de l’album ici

 

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01. Quel est ton sentiment sur cette nouvelle aventure dans la vie du groupe avec ce nouvel album, Haven ?

Tommy Karevik : Tout d’abord nous en sommes très heureux et satisfaits, ce fut un long voyage, c’est toujours le cas quand tu veux créer quelque chose de nouveau. Et ce fut bien du travail avec une toute nouvelle énergie que nous avons essayé d'insuffler à ce disque. Mais nous très heureux, très très heureux du résultat. Et nous sommes tellement impatients de pouvoir le partager, il est particulièrement douloureux de devoir attendre avant que le public puisse s’en emparer et l’écouter. Bien sûr il existe toujours, oui toujours, des craintes face aux réactions que cela va créer. C’est un peu un voyage sur des montagnes russes. Tu fais de ton mieux, ton maximum et puis ce qui doit se passer se passera. A partir de ce moment-là, la suite ne t’appartient plus et autant que cela sorte le plus tôt possible. Et pour moi, personnellement, il s’agit toujours d’un sentiment fort de pouvoir ainsi faire quelquechose, sortir quelquechose et tu termines le travail avec le sentiment du devoir accompli. Cela devient alors de l’excitation qui reste frustrée jusqu’au moment de la sortie réelle. Certains aimeront, d’autres moins, mais ce disque est vraiment vraiment cool.

Je ne ressens pas une pression supplémentaire avec KAMELOT du fait du nombre plus important de gens que cela touchera par rapport à mes autres groupes. Une tension existe mais est venue plutôt du tourbillon lié au changement de chanteur. J’ai pris la place d’un chanteur qui était très populaire et bien connu des fans au sein d’un groupe possédant un statut et une réputation de haut niveau. Donc cela pouvait être intimidant, un peu effrayant à certains moments, mais je me suis vite rendu compte du fait que j’étais l’homme que j’étais et que je ne pouvais être que moi.

Et je ferai de mon mieux pour que les anciens albums puissent briller car ces chansons avant que j’arrive là seront toujours là et constituent l’identité du groupe. Personne ne retirera cela de KAMELOT. Donc je travaille pour rendre hommage à l’héritage du groupe en apportant bien sur également quelque chose de nouveau. J’espère que les gens ont compris ma démarche et cela semble le cas car tellement de fans ont su très bien m’accueillir à mon arrivée.

 

02. Si l’on revient un moment sur la période Silverthorn. Que retiens-tu de cette époque ?

Oui et si je devais ne retenir qu’un souvenir, ce serait mon premier concert avec KAMELOT en tant que chanteur du groupe. Nous étions alors en République Tchèque lors du Festival Masters of Rock. Nous avions 35 000 personnes devant nous, le soleil brillait, mon premier concert avec le groupe et ce fut génial, tu sais. Un concert parfait pour cette nouvelle aventure. Le groupe était soulagé, j’étais moi-même soulagé et très très heureux. Je savais qu’il fallait que je me lance, que je passe par cette épreuve, et je l’ai fait.

J’ai essayé de ne pas me prendre la tête et ne pas gamberger avant. Il me fallait y aller, en guerrier, et faire ce que je fais de mieux. Je ne voulais pas savoir combien de spectateurs seraient là, j’ai écouté l’intro, j’ai écouté beaucoup de bruit de la part des fans, des cris, des encouragements et j’ai alors pensé que cela allait être génial. Je suis passé par bien des sentiments.

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03. La similitude entre ta voix et celle de Roy (NDLR : Kahn ex-chanteur) est assez frappante. De ton point de vue, cette similitude a-t-elle pu t’aider ou eu contraire de poser problème au moment où tu as dû te confronter aux chansons des anciens albums du groupe ?

Afin de pouvoir faire du bon travail avec un nouveau groupe et donner son meilleur pour le nouvel album, il te faut forcément t’intéresser à l’héritage et au passé de ce groupe. Et avoir fait cette démarche a aussi pu m’aider à être accepté car cela me semblerait bizarre et malvenu de venir et de changer complétement le son du groupe car j’aurais sonné complétement différemment. Et je ne pense que les fans auraient approuvé une telle façon d’agir. Donc bien sûr j’ai fait mes devoirs, j’ai fait mes recherches pour comprendre l’essence du groupe, sa marque de fabrique, ses mélodies, et savoir comment KAMELOT pourrait sonner avec moi. Cela me permettait alors de me fondre dans ce collectif et de proposer aux gens l’expérience KAMELOT, quelque soit le chanteur devant eux. Tout ne gardant à l’esprit un grand respect et une continuité avec le passé, je me dois aussi d’innover et d’apporter de la nouveauté.

De mon point de vue, ce que j’apporte de nouveau sur la table est à chercher du côté de la relation, de la connexion que je parviens à créer avec les fans. Peut-être que je peux avoir des postures ou des mouvements assez proches de ce que proposait mon prédécesseur, je ne sais pas mais je n’ai jamais fait la démarche consciente. Je n’ai pas étudié la gestuelle de Roy car mon comportement reflète aussi ce que je comprends de la musique, ce qu’elle me dit. Le groupe possède une grande dimension théâtrale et tu sens devoir faire certains mouvements sur telle chanson. Sur scène lors des concerts, j’apporte ce lien avec le public, ce que ne faisait pas forcément Roy, il prenait plus de distance et restait parfois un peu en retrait.

Moi j’essaye d’être là, présent lors de ce concert, concentré sur mon environnement et les gens qui me font face : j’ai besoin de sentir le public à travers des contacts entre les regards, les touches à certains moments. Je fais que ce que je trouvais cool quand j’étais moi-même spectateur et que j’allais voir des groupes sur scène. Avoir l’impression que tel musicien me regarde, joue ou chante pour moi, me donne un médiateur ou autre chose, mais qu’à un moment ou un autre je sois rentré en contact avec lui. Et j’essaye de donna cela aux gens.

 

04. Il s’agit de ton deuxième album avec le groupe après Silverthorn. Ta relation avec le groupe et en particulier Thomas qui reste le leader a-t-elle changé, évolué entre ces deux albums ?

Bien sûr nous nous connaissons tous personnellement, bien mieux maintenant après avoir passé toutes ces semaines ensembles. Et donc il existe désormais une relation, une connexion encore bien meilleure. Et je pense que tu peux l’entendre dans la musique également. Nous sommes quatre compositeurs dans le groupe, Thomas (Youngblood), Oliver (Palotai), Sascha (Paeth) et moi et je travaille en relation très proche avec lui. Nous travaillons comme une équipe, je le rejoins et nous travaillons ensemble très étroitement. Je contribue au niveau des mélodies, des paroles, des structures des chansons, un peu au niveau de la musique. C’est un travail d’équipe, chacun apporte sa contribution propose quelque chose sur la table et ensuite tout cela est mélangé et sert à définir le son de KAMELOT.

 

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05. Que peux-tu nous dire de la composition et de l’enregistrement de Haven. Avez-vous changé votre façon de travailler par rapport à Silverthorn ?

D’habitude cela commence avec quelques idées sur l’orientation que prendrait le nouvel album. Après la fin de la tournée le groupe a pris du repos mais moi pas vraiment car je mène également d’autres projets. Ensuite l’inspiration revient progressivement pour KAMELOT et tu commences à t’y mettre sérieusement. Je dirais que cela représente environ une année de travail intense et difficile. Et cela s’entend, nous avons beaucoup travaillé. Je me balade toujours avec un moyen d’enregistrer sur moi et dès qu’une idée ou qu’une mélodie me vient, je l’enregistre sur mon téléphone, parfois je me réveille au milieu de la nuit pour cela. Il y sans doute des milliers d’idées dans mon téléphone au moment où nous nous parlons mais seulement quelque unes seront utilisées et deviendront quelque chose de concret.

Ensuite nous nous envoyons entre nous des démos par internet et nous demandons l’avis de chacun. Bien sûr une partie du groupe vit aux Etats-Unis et une autre partie en Europe donc il est plus simple de passer par ce processus pour préparer le disque. Nous nous faisons des suggestions et rien n’est véritablement terminé jusqu’au moment où le master est bouclé. Là, tout est terminé. Avant cela, les changements sont incessants. Ces allers retours sont nécessaires mais quand tu es dedans cela semble durée une éternité. Certaines idées ont été travaillées pour ce disque et finalement n’ont pas été utilisé et n’apparaissent pas ici. Elles ne semblaient pas répondre aux thèmes que nous voulions développer ou cela ne sonnait pas assez comme du KAMELOT.

Nous faisons très attention aux rythmes, que nous distillons les émotions que nous souhaitons mettre en avant. Il faut que le voyage s’apparente à des montagnes russes pour l’auditeur, ce ne peut pas être que des titres rapides, ou des titres lents, pou puissants, il faut des pics et des bas émotionnels. Nous n’avions rien conservé de la période Silverthorn, tout avait été utilisé, nous sommes partis d’une feuille blanche. Mais à la fin nous avions plus que nécessaire et donc il nous fallait faire des choix.

 

06. Vu de l’extérieur, on se dit que le groupe se réunit au moment d’attaquer un nouvel album et discute de l’orientation musicale à venir. Est-ce que cela se passe ainsi pour vous et quelle était votre démarche pour ce nouvel opus ?

Oui absolument et nous avions déjà parlé de cela il y a déjà assez longtemps, lors de la tournée par exemple. Nous décidons alors de ce que nous voulons dire, des valeurs ou des idées que nous voulons mettre en avant. Et nous étions tous d’accord sur l’idée d’avoir une touche plus moderne dans notre musique, des influences indus ici et là. Et nous avions également parlé des thèmes que nous voulions voir abordés : ce monde futuriste, sombre et dystopique qui en même temps peut refléter les problématiques du présent. Et avec le recul, nous sommes allées avec Haven exactement où nous voulions aller, il reflète bien nos projets du début. Et ce n’est pas toujours le cas car il est très semble de dévier de son chemin sans même s’en rendre compte.

 

07. Dans ses thèmes ou son univers, KAMELOT ne semble pas être un groupe heureux ou en tout optimiste. En tant qu’artiste, trouves-tu plus de créativité dans les sujets sombres ?

Oui et pourtant sur Haven tu trouveras ici des passages plus positifs et chargés d’espoir, sur un refrain ici etc… Pour moi, je vois aussi dans ce disque quelques éléments plus lumineux. Mais oui dans l’ensemble le paysage est plutôt sombre, mélancolique. Et cela correspond bien à l’esprit de l’album car nous voulions justement peindre une image de ce monde sombre qui est en train de s’effondrer. Tout le monde est extrêmement stressé, un exemple avec les média sociaux qui atteignent certains extrêmes, tout allant de plus en plus vite, les gens regardant plus facilement leur téléphone que les uns et les autres.

Oui ce monde sombre, égoïste et froid que nous dépeignons n’est pas très positif mais il reste cependant de la lumière, de l’espoir. Nous pouvons changer ce que nous faisons, nous pouvons retrouver la situation. Par exemple avec « Under Grey Skies », il y a l’idée d’une certaine beauté de la naïveté, même si tu ne crois pas en toi, moi je crois en toi. Je sais que tu as quelque chose de magnifique au fond de toi et que tu peux donc faire le bien même si tu ne le crois pas toi-même. Le message peut être positif, n’abandonnez pas, vous pouvez changer les choses.

 

08. Pour ce nouvel album, vous avez quitté SPV pour Napalm Records, pourquoi ?

Tu devrais poser la question à Thomas mais nous avons simplement reçu une très bonne offre de leur part. Cela dépend à chaque fin de contrat quelle est la situation du groupe et si nous sommes attractifs pour les différents labels. Le label a-t-il la même vision et le même projet que nous pour le groupe. Quelle est leur vision au niveau de la promotion… Thomas a géré cela a été séduit par les idées et propositions de Napalm. Nous sommes une de leurs premières priorités et ils nous heureux de nous avoir et nous sommes heureux d’être chez eux.

09. KAMELOT ses dernières années a eu l’habitude de proposer de très beaux vidéos clip comme pour « Sacrimony ». Qu’est-ce qui est prévu pour Haven ?

Oui tu as raison, c’est important pour nous et nous avons déjà mis en boite deux clips. Je ne peux pas t’en dire plus mais les deux vidéos seront connectées. Comme par le passé, le résultat est très soigné, il y a un vrai côté interactif, nous jouons des rôles avec d’autres personnages en plus du groupe. Cela va tuer franchement, je suis impatient de pouvoir faire découvrir cela à tout le monde. J’aime beaucoup cet exercice mais si au premier abord cela peut vraiment être intimidant. Nous utilisons beaucoup les écrans vers pour pouvoir ensuite incruster l’image dans un univers. Mais tu te retrouves tout seul dans une grande pièce verte et tes seules aides viennent de ton imagination. Tu ne vois rien, tu ne peux qu’imaginer le rendu final.

C’est très difficile il faut être vraiment un acteur pour se sentir à l’aise avec cela et ce n’est pas simple comme exercice. Cela représente un véritable défi pour moi. Je découvre les choses presque comme le fan. Dans « Sacrimony » nous évoluons dans un château mais en réalité il n’y avait pas de château, simplement une pièce verte. Et tu travailles avec un producteur qui essaye de te donner une vision de ce qui se passera pour te permettre d’évoluer correctement. Il te décrit la scène, te demandant de décrire les choses de telle ou telle façon. Parfois la première prise est la bonne parfois il en faut une vingtaine. Nous avons tourné deux vidéos en deux jours. Ce fut des journées particulièrement longues et nous avons réalisé ces vidéos en Serbie. C’est également là que nous avions mis en boite « Sacrimony » et « My Confession ». Nous connaissons les gens sur place, tout le monde est très cool.

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10. Comment avez-vous travaillé l’aspect visuel comme la pochette ?

Nous avons encore une fois travaillé en très étroite collaboration avec Stephan Heilemann. Nous luis fournissons les paroles des chansons et il peut alors s’en imprégner et se les approprier pour les transformer en images. Chaque détail est travaillé car certains correspondent à certaines paroles, au niveau du livret également il y a des références ici et là. C’est un travail pointilleux mais c’est ainsi que nous agissons. Nous le précisons les scènes cruciales des chansons et nous lui demandons donc de les illustrer et alors il les incorpore. Il propose alors un premier jet et nous discutons, modifions tel ou tel détail… C’est un processus très long. Je n’étais pas spécialement impliqué cette fois-ci mais Stephan a sa façon de travailler et nous la respectons. Il est super talentueux et j’aime beaucoup cette pochette.

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11. Quelles sont tes principales influences, passées et contemporaines ?

En grandissant, je n’écoutais pas du tout du métal et j’avais 15 ou 16 ans quand j’ai été initié en écoutant un titre de DREAM THEATER. Et cela m’a plu, j’ai senti un lien avec cette musique. Avant cela j’écoutais des choses plus habituelles, mon héros reste Michael Jackson. Et c’est de la là que je viens musicalement parlant: Pop / rock, de QUEEN, TOTO de la country, je n’écoute pas beaucoup de métal en fait, je préfère des choses plus simples à écouter. Dans mon travail avec KAMELOT, tout est assez fort et puissant et donc je préfère un certain calme pour me détendre. J’aime les contrastes.

 

Et enfin "Le Quizz de Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« The Show Must Go On » de QUEEN

 

02. Premier album rock acheté ?

Le premier cd que j’ai eu… cela devait être 4 Non Blondes (rires). Sinon au niveau rock le SONATA ARCTICA avec Ecliptica.

 

03. Dernier album acheté ?

Lars Winnerbäck avec son album Hosianna

 

04. L’étincelle qui a créé ta volonté d’être chanteur ?

SONATA ARCTICA car je suis immédiatement tombé amoureux de leur musique: les mélodies et le talent de composition sont impressionnants. Et aussi DREAM THEATER avec Scenes from a Memory.

 

Tous nos remerciements à H.I.M.MEDIA

 

Chronique de l’album ici

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