Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Pour les métalleux qui ne vous connaissent pas, pourrais-tu nous en dire plus sur le groupe ?

Helena: Nous nous appelons EKLIPSE et nous sommes un quatuor à cordes. Nous proposons des reprises de chansons rock à notre sauce, en version orchestrale adaptée à nos quatre instruments. Nous ne favorisons pas spécialement de chansons du répertoire du heavy métal. Notre choix est varié, des trucs assez modernes et très populaires comme Justin Timberlake mais aussi des tubes orientés rock connus de tous. Le tout est instrumental, sans chanteur.

 

02. Comme tu le dis, vous ne reprenez pas spécialement des chansons métal donc pourquoi pensez-vous que la communauté métal pourrait être intéressée ?

Nous prenions un risque mais nous avons commencé à offrir cette musique sur scène en compagnie de NIGHTWISH il y a deux ans de cela pendant une partie de leur tournée. Ce fut un joli pari mais nous avons toutes un solide background musical sui nous rapproche de cette communauté. Ma théorie est assez simple, nous nous sommes surtout produites avant des groupes de power métal symphonique mais nous partagions à chaque fois la première partie avec un second groupe très métal. Donc le package de la tournée fonctionnait bien ainsi, le public avait la partie symphonique avec nous, la partie métal avec le second groupe de première partie puis le tout mélangé avec le groupe principal. C’est le mariage parfait et le public a très bien réagi à chaque fois.

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03. Liberté, Egalité, Sensualité un nouvel EP va sortir très bientôt, dans quelques semaines. Quels sont tes sentiments à posteriori sur cette nouvelle aventure ?

Nous fondons de grands espoirs sur cet EP afin de mieux nous faire connaître du public français et espérons intégrer d’une façon ou d’une autre de votre paysage musical. Nous souhaitons pouvoir venir jouer chez vous très souvent, le plus possible. Cet EP est vraiment dedié uniquement à la France et il n’y aura pas de versions adaptées pour d’autres pays. Pas de versions anglaises ou japonaises de prévues. Nos concerts en France avec NIGHTWISH ont été géniaux et nous avons voulu vraiment faire un effort pour progresser dans votre pays et faire grandir la bonne impression laissée deux années auparavant.

Le public a été génial lors des concerts, chantant sur nos reprises même si nous n’étions pas très connues d’eux puisque notre album venait de sortir. Cela nous a marquées et donc il devenait évident de devoir poursuivre sur cette voie et battre le fer tant qu’il était chaud envers notre public français. Donc avec notre management nous avons laissé ce projet grandir et maturer et c’était désormais le bon moment pour se rappeler au bon souvenir de nos amis français.

 

04. Comment travaillez-vous en général, et comment cela s’est-il déroulé pour Liberté, Egalité, Sensualité ?

Nous avons modifié notre façon de travailler par rapport à l’album précédent. Au début cela passe par beaucoup d’essais, tu tentes et souvent cela rate donc tu refais en modifiant des petites choses jusqu’à arriver au bon équilibre. Cela nous a fait enregistrer beaucoup de chansons, plus que prévues. A l’époque il fallait que nous apprenions à nous connaître nous quatre et à travailler en harmonie. Pour le deuxième album et cet EP le processus a été facilité par l’expérience que nous avions emmagasinée et notre meilleure connaissance les unes des autres. Les tournées ont renforcé notre collectif et cela rend les choses plus faciles. Nous avons beaucoup progressé.

 

05. Question idiote mais il semble que beaucoup de musiciens classiques apprécient particulièrement la musique métal. Et le public métal lui rend bien en saluant souvent les groupes de rock qui proposent des concerts avec orchestre. Mythe ou réalité ?

Tu as raison et la raison de cet état de fait est très facile à donner, je crois. Les deux genres musicaux reposent beaucoup sur le talent et la maîtrise technique. Il faut s’entrainer encore et encore et atteindre un bon niveau nécessite bien des efforts, cela représente un sacré défi. Certains groupes sont extrêmement techniques en jouant beaucoup sur des rythmes inhabituels et complexes. Personnellement, je voudrais bien qu’un guitariste me montre dans le détail comme il exécute un solo de guitare pour que je puisse apprendre de sa technique et peut-être l’utiliser pour faire évoluer mon jeu au violoncelle.

Cela me trotte dans le tête depuis pas mal de temps déjà et je vais un jour essayer. C’est très difficile de vouloir reproduire sur un violoncelle ce que joue une guitare à cause de la taille du violoncelle en particulier. Et le deux mondes se rapprochent de plus en plus. Et il le faut car, pour être honnête avec toi, il est maintenant très difficile de faire une carrière dans la musique classique et de bien gagner sa vie. Il faut faire face à cette réalité si tu es un musicien classique et il faut trouver des stratégies pour sortir du carcan habituel et proposer autre chose. Pour certains cela passe par l’enseignement tout en essayant de jouer avec des orchestres le plus souvent possible. Difficile d’en vivre sans faire de compromis…

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06. Si l’on revient un moment sur la période A Night in Strings, que retiens-tu de cette époque ?

Bien sûr les concerts, nous avons beaucoup aimé ces moments et j’en garde d’excellents souvenirs et puis plus simplement c’est là que j’ai trouvé la bonne façon d’agencer mes cheveux. J’aime beaucoup cela et j’étais heureuse de trouver ainsi mon style de coiffure. Combien d’heures pour arriver à ce résultat ? Tu serais surpris car j’ai besoin de cinq à sept minutes seulement. Maintenant je suis entraînée. Utilises-tu une matière explosive (rires) ? Simplement un produit pour les cheveux et une poudre spéciale, très collante avec une brosse. En cinq minutes le tour est joué !

Ce fut une petite révélation pour moi. Au début de la tournée avec NIGHTWISH j’avais adopté une autre coiffure et j’étais encore très hésitante. Puis un jour j’ai adopté celle-ci et quand je suis rentré sur scène ce fut évident, ainsi je me sentais être moi, cela me représentait bien en tant qu’artiste. Et pourtant j’avais déjà mon costume de scène et ce signe distinctif roue sur mon visage mais il manquait pourtant quelquechose. Et je veux dire que lors des tournages de vidéo c’est très pratique et assez sympa à voir, direct et intense.

 

07. Vous aviez tourné déjà plusieurs vidéos. Comment cela s’est-il passé et apprécies-tu ce type d’exercice malgré la répétitivité ? Beaucoup d’artistes considèrent qu’il s’agit d’un mal nécessaire…

Mais moi j’aime cet exercice. D’abord il se passe toujours des choses intéressantes pendant les longues périodes d’attente. En plus tu es chouchoutée avec souvent la présence de stylistes ou coiffeuses. Cela peut te donner de nouvelles idées. Par exemple pour le deuxième album, Electric Air, nous nous sommes rendues à Prague pour tourner et ce fut génial avec la présence d’une super artiste pour les photos. Je ne sais pas si tu les as vues mais elles sont superbes. Ce fut un honneur de bosser ave cette femme talentueuse. Un styliste renommé était là aussi donc le package a été très enrichissant.

Tu apprends à très bien connaître les gens en passant beaucoup de temps avec eux. Tu as parlé à beaucoup d’hommes qui ont pu moyennement apprécier l’expérience mas demande aux femmes et tu verras la différence dans leurs réponses.

 

08. Vous avez partagé la scène avec beaucoup de groups différents, de NIGHTWISH à plus récemment THE MISSION. Comment cela s’est-il passé et avez-vous vu des différences entre les publics ?

Oui même si j’ai du mal à te répondre précisément car nous avons passé un mois en compagnie de NIGHTWISH et seulement quatre jours avec THE MISSION. Cela a bien fonctionné dans les deux cas, les artistes étaient très sympas et le public nous avons été très bien accueillies par leurs publics. Nous n’étions pas inquiètes nous n’avons pas connu de mauvaises expériences jusqu’à présent. Je pense que notre arrivée sur scène peut s’avérer assez impressionnante, quatre jeunes femmes habillées et maquillées comme cela…

Cette intimidation du début, cette inconnue concernant ce que nous allons jouer, évite aux gens d’être agressifs avec nous. Nous allons rencontrer les gens sur notre stand merchandising après le concert et cette image froide et distante disparait alors. Nous sommes amicales et les gens apprécient cela. Normalement le public nous aime bien (rires).

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09. Vous jouez beaucoup avec cette image sexy/gothique. Ne pensez-vous pas parfois que cela favorise la forme au détriment du fond, le superficiel de l’image par rapport à la musique qui reste la plus importante ?

Je comprends ta question et je ne parle ici qu’en mon nom. J’ai réfléchis à cet aspect des choses et j’ai pu en parler avec des amies très marquées par le mouvement féministe. Je craignais leurs réactions mais en fait j’ai pris la position suivante : je fais ce que j’aime et je peux ainsi jouer du violoncelle au sein d’un groupe que j’aime beaucoup. Nous sommes toutes très concentrées et travaillons dur pour progresser. Je m’habille comme je l’entends j’ai ma position dans le groupe et sur scène. Notre public est surtout métal et masculin mais nous sommes acceptées comme nous sommes. Je pense que nous les impressionnons beaucoup.

Nous ne sommes pas des poupées idiotes et nous savons ce que nous faisons. Nous sommes sûres de notre fait et cela se ressent quand nous entrons sur scène. Tout cela n’est pas une obligation extérieure, du management par exemple, qui nous demanderait de rentrer dans un moule. Nous restons maîtres du jeu. Ainsi cela me convient. J’en parle avec beaucoup de femmes qui ne trouvent pas que cela soit mauvais ou dégradant. Et les femmes du public ne sont pas hostiles envers nous, elles viennent parler avec nous facilement dans être intimidées. Personne ne nous pousse à aller trop loin, nous restons intouchables et en contrôle de notre image. Cela fonctionne bien ainsi.

 

10. De nombreux artistes (souvent de groupes extrêmes) qui se maquillent et se déguisent également expliquent qu’ils deviennent quelqu’un d’autre une fois le costume enfilé. Est-ce pareil pour vous ?

Oui c’est toujours comme ça au moment où tu rentres sur scène. Mais c’est vrai également même dans un orchestre classique au moment où tu te présentes devant le public. cela fait partie du job de musicien professionnel, il faut jongler avec différentes obligations et il y a parfois de quoi tomber dans une certaine confusion. Tu dois pratiquer et répéter encore et encore, en étant toujours très concentré, être le centre de l’univers pour monter plus tard sur scène et offrir une belle performance. Nous sommes souvent pas très loin de la schizophrénie.

Dans tous les cas tu mets un masque avant de jouer sur scène. Je pense que les autres musiciens seraient d’accord, ce n’est pas un rôle, nous ne jouons pas quelqu’un d’autre cela reste nous mais dans un configuration mentale spécifique entièrement tournée vers la performance à donner. Cela reste moi.

 

11. Vous essuyez pas mal de critiques sur le fait que finalement vous suivez avec opportunisme la voie ouverte précédemment par APOCALYPTICA sans rien apporter de bien nouveau. Comprenez-vous ces réactions ?

Je ne suis pas sûr qu’ils aient bien écouté notre musique s’ils pensent cela, le concept est totalement différent. On nous pose beaucoup cette question et nous sommes également beaucoup comparées à eux. C’est un honneur d’une certaine façon, cela ne me dérange pas. Nous proposons une démarche très différente, maintenant ils proposent des compositions originales, les reprises n’ont duré qu’un ou deux albums. Leur objectif principal n’est pas de reprendre des chansons. Ils ont un batteur et un chanteur désormais. C’est totalement différent. Mais si tu les connais, n’hésites pas à leur parler de moi (rires).

 

12. As-tu entendu parler d’un groupe russe appelé SILENZIUM ? Il vous ressemble beaucoup…

J’ai entendu parler d’elles mais je ne connais pas vraiment. Je regarderai leur site internet pour en savoir plus.

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13. Pour revenir à Liberté, Egalité, Sensualité, comment c’est fait le choix des chansons, des tubes en France mais pas très connus en Allemagne non ?

En fait certaines chansons ont également connu un beau succès en Allemagne. Il s’agit de « Poupée de cire Poupée de son » car France Gall a également fait carrière en Allemagne avec des chansons chantées en allemand. Tout le monde la connait. Pour les autres, j’ai été impressionnée par leur beauté et musicalité. « Marcia Baïla » est un titre très fort avec des jaillissements et une belle intensité. J’ai aimé cette folie et les paroles assez sombres, la vidéo… On m’a posé beaucoup de question aujourd’hui à propos de NOIR DESIR à cause de la polémique en France sur son chanteur. Nous savions que cette polémique existait mais ce n’est pas simple pour nous en tant que groupe de fille de parler de cela. Mais la chanson est géniale.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

C’est super difficile. J’ai étudié le violoncelle baroque, différent du violoncelle moderne et je dirai donc les Sonates de Vivaldi même si cela peut sembler cliché. Elles sont sous-estimées. Pour un choix plus rock, la musique du groupe punk TERRIBLE FEELINGS et la voix magique de Manuela Iwansson ou encore les albums d’OPETH comme Damnation.

 

2. Premier album acheté ?

Imaginations from the Other Side de BLIND GUARDIAN de la part de mon petit ami. J’ai acheté moi A Night at the Opera.

 

3. Dernier album acheté ?

J’ai acheté Damnation d’OPETH car j’avais perdu le mien.

 

4. Le clip vidéo favori puisque tu aimes cela ?

Un clip de Britney Spears car c’est toujours soigné et assez trash, comme « Toxic » ! Très frais. Aussi un clip de CAUGHT IN THE ACT, un boys band. On les voit eux tout simplement, sans t-shirt. Thrash à souhait, j’adore !

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

La chronique c'est ici

Site internet

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01. Parlons de cette aventure, the Sirens. Comment a débuté ce projet et qui en a été l’initiatrice ?

Anneke van Giersbergen: eh bien copié/collé de l’interview précédente (rires) !

Liv Kristine : Il y a de cela un an et demi j’ai rencontré Anneke lors d’un festival en République Tchèque dont je ne me souviens plus du nom. Assez bizarrement d’ailleurs ce n’était là que la deuxième fois que nous nous rencontrions même si nous sommes toutes les deux dans le business et en tournée avec nos groupes depuis bien longtemps. Je suis donc allé la voir dans les coulisses pour lui dire combien j’apprécie sa musique, son travail, sa voix. En discutant, je lui ai demandé si elle connaissait Kari qui est norvégienne comme moi et la conversation aidant, après l’échange de cinq ou six emails cette idée de proposer des concerts uniques ensembles a émergé.

AvG: les grandes dames du métal pour résumer (rires) !

 

02. Comment avez-vous construit la setlist ?

LK : Et chacune de nous a beaucoup de chansons à disposition…

Kari Rueslåtten: En réalité le processus de sélection s’est avéré très démocratique. Nous avions à choisir six chansons chacune partagées en deux parts égales : trois titres de nos carrières solos et trois chansons de nos anciens groupes métal. Et pour ma part comme une partie de mes chansons allaient s’avérer assez métal, je devais favoriser mes chansons en solo les plus rock pour ne pas créer de déséquilibre. Mais il ne fallait pas non plus que tout soit blanc ou noir donc les titres plus acoustiques avec simplement le piano et le violoncelle sont également proposées lors de cette tournée. Cela rend l’expérience spéciale et amusante aussi pour nous et pour le public.

LK : les gens sont finalement très attentifs, calmes quand le rythme baisse et beaucoup plus participatifs sur les chansons métal. J’ai le sentiment de créer l’événement via cette tournée car ce n’est pas souvent possible de rassembler ainsi l’histoire de près de sept groupes lors d’un concert. Laisse amène pour nous et pour le public un certain vertige…

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03. Et comment s’est faite la sélection des duos, qui allait chanter avec qui sur les chansons des autres ?

AvG : Chacune a pris le ou les chansons qu’elle préférerait dans le choix des autres : « J’aime beaucoup ce titre je voudrais pouvoir la chanter avec toi ». Parfois cela s’imposait de toute façon à nous, pour une chanson en particulier deux voix s’imposaient d’elles-mêmes. Et nous pouvions donc dire, « sur cette chanson j’imagine bien ta voix avec la mienne… ». Via l’échange de quelques emails tout était tranché et nous avions rapidement notre plan de bataille.

LK : nous n’avons pas eu besoin de faire des essais ou de nous échanger des fichiers. Nous avons toutes les trois beaucoup d’expérience maintenant et nous pouvons avoir une intuition assez précise de ce que cela donnera avec la voix de l’autre. Nous avons bien sûr travaillé chacune de notre côté en réécoutant très attentivement les chansons et nous étions fin prêtes lors de la première répétition en commun.

Nous avons la chance de donner ces concerts en étant accompagnées du groupe d’Anneke et ils avaient super bien bossés de leur côté et ils connaissaient toutes les chansons sur le bout des doigts. Nous avons donc pu venir au dernier moment, tout caler et apporter la touche finale. Avec le groupe tout le processus a été très naturel et doux.

 

04. En ce qui te concerne Liv, le choix de « Love Decay » un duo présent sur ton dernier disque solo (Vervain – chronique ici) était évident non ?

LK : oui c’est vrai mais il fallait s’assurer d’abord que la chanson pourrait plaire à Anneke et qu’elle se sentait à l’aise avec elle et voir comment marier nos voix.

 

05. Vous avez expliqué la répartition définie entre chansons solo et d’avec vos anciens groupes mais comment avez choisi au sein de l’importante discographie de vos anciens groupes ?

LK : J’ai pris deux chansons d’Aegis et une de Muzik. Pour moi, il était important de m’imaginer moi-même dans cette situation, sur scène tout en restant dans l’atmosphère et la démarche qui sous-tendent ce projet THE SIRENS. Il ne fallait pas déranger ou parasiter ce projet par un choix de chansons inapproprié. Donc deux critères : comment me représenter et représenter les sirènes ? Pas facile…

AvG : ce fut la même démarche pour moi et il faut bien sûr également prendre en compte et les chansons attendues, les favorites du public. Il nous fallait prendre nos plus grands hits mais surtout comme le disait Liv qu’ils prennent harmonieusement leur place dans l’ensemble. Si tu as une chanson très puissante et un peu folle mais qui fera tâche avec la setlist, il ne faut pas la proposer.

Par exemple, en mettant toutes nos envies en commun, nous nous sommes rendu comptes que nous avions trop de ballades programmées. Et c’est tentant d’aller dans cette direction là car nous avons un certain talent dans ce genre en particulier. Il s’agit de supers chansons, aimées du public, mais il a fallu en écarter certaines pour maintenir un bon rythme tout au long du concert et ne pas endormir les gens.

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06. Cette tournée, The Sirens, a été organisée en plusieurs temps. Une première partie en octobre puis la deuxième partie se termine ce soir à Paris puis une troisième partie outre-Atlantique. Avez-vous modifié certaines éléments entre octobre et maintenant ?

LK : En réalité nous n’avons pas eu besoin car nous avons su trouver la bonne alchimie dès le début et les premiers concerts d’octobre ont pu confirmer que nous avions fait les bons choix. Bien sûr nous avons dû l’adapter quand nous nous produisons dans le cadre d’un festival car notre temps de jeu se voit réduit. Mais les réactions du public ont été géniales jusqu’à présent et certains spectateurs sont venus nous voir plusieurs fois entre ces différentes parties de la tournée. Donc nous n'avons rien changé.

KR : Par contre ce soir, étant le dernier concert de l’année pour nous, si proche des fêtes, nous proposerons une surprise adaptée pour Noël. Nous l’avons déjà fait hier et cela a très bien fonctionné.

 

07. Via internet vous avez annoncé des dates de concerts en janvier en Amérique du Sud et lors des festivals pendant l’été. Espériez-vous aller si loin avec ce projet The Sirens ?

AvG : Dès que les premières vidéos sont apparues sur YouTube, cela a créé de très belles réactions en Amérique du Sud en particulier. Les gens nous connaissent individuellement mais en commun, The Sirens est un nouveau groupe. Donc les concerts passant, le public a compris notre démarche et les concerts sud-américains sont alors devenus une évidence. Et je dois bien dire que je trouve cela génial car le public là-bas est de grande qualité, des connaisseurs.

KR : Mais ce sera une première pour moi !

AvG : Et pour les festivals comme le Summerbreeze nous ferons des choix en favorisant les chansons les plus fortes avec des rythmes rapides. Tu as moins d’échange avec le public mais ce sera génial, c’est toujours une très belle expérience.

 

08. Dans ce cadre sud-américain, pensez-vous modifier le concert d’une façon ou d’une autre ?

LK : Non pas du tout, comme nos fans européens, ils ont le droit d’assister au même concert que ceux que nous venons de donner, avec les mêmes chansons.

AvG : Mais c’est vrai que le public réagi différemment en Amérique du Sud, ils connaissaient très bien les chansons et ils chantent très fort ! Le public aime les grandes émotions et c’est je crois au cœur de notre musique. En ce sens, les concerts à Paris sont également assez proches de cet esprit-là. Les réactions du public viennent directement du cœur et la musique est si appréciée ici. C’est assez proche de ce que nous pouvons expérimenter en Amérique du Sud.

 

09. Pensez-vous déjà à l’avenir de The Sirens, lui donner une suite après les concerts déjà programmés en 2015 ?

LK : Le processus est lancé et nous avons déjà quelques éléments à partager. J’ai une chanson, Anneke a aussi une chanson et je peux te donner un scoop, Kari viendra aussi avec une chanson en janvier pour la tournée sud-américaine. Donc tout doucement les choses prennent corps. Nous partagerons ces chansons sur internet pour que tout le monde puisse en profiter. Faire un album live est un projet lourd et dispendieux, tu sais, nous n’avons pas de label derrière nous pour The Sirens. Il faut que cela reste amusant. Il faut conserver l’esprit !

AvG : franchement sur scène c’est un bonheur donc nous ne voulons pas aller trop loin

KR : oui ces chansons rentrent en harmonie les unes avec les autres, nous prenons du public au même titre que le public. Cela passe par un échange, une communion et une énergie commune.

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10. Nous sommes à quelques jours de Noël. Quelle est l’importance de cette célébration pour vous et quel souvenir conservez-vous de cette période des fêtes ?

KR : En ce qui me concerne Noël est une période dédiée à la famille, au moins une fois dans l’année être tous ensembles et se retrouver. Pouvoir mettre en œuvre les traditions recèle également une grande importance à mes yeux. Chacun sait ce qu’il doit faire et son rôle.

LK : et nous nous faisions toute à l’heure la réflexion toutes les trois, c’est très agréable d’être à Paris à ce moment de l’année avec toutes ces décorations. Nous sommes allées à Montmartre pour y prendre un café, c’est véritablement un privilège.

 

 

Facebook officiel

Nos remerciements à Claudia et Mona (Napalm Records) ainsi qu'à Paul Simons. 

01. Bonjour à vous et merci d’accorder un peu de votre temps pour les lecteurs de Metalchroniques.fr.  Tout d’abord,  pouvez-vous vous présenter et brièvement nous expliquer ce qui vous a amené à vous intéresser au metal et plus particulièrement à jouer dans ce groupe de Black/Death Metal qu’est Lelahell. Vous pouvez en profiter pour nous dire les anciennes formations dans lesquelles vous avez joué (s’il y en a) ainsi que les étapes importantes dans la jeune vie de Lelahell.

Lelahell est un groupe de death metal algerien qui existe depuis 2010. Formé par Lelahel (litham, devast, carnavage) qui était au début en one man band et qui a été rejoint une année après par Slaveblaster et nihil du groupe Barbaros. En Juillet 2012 le premier Ep du groupe "Al Intihar" est sorti sur le label Goressimo records en Pologne et distribué par Sevared Records aux USA. Le 5 Aout dernier sort le premier Album du groupe "Al Insane…The (Re)birth of Abderrahmane" sous le label Horror Pain Gore Death productions aux USA.

 

02. Est-ce difficile de nos jours d’écouter du Metal Extreme et à en jouer dans un pays comme l’Algérie ? Je sais qu’il y a des scènes qui se développent au Maroc et en Egypte mais j’avoue ne pas être au courant de ce qui se passe dans votre pays.
Ca fait plus de vingt ans que l’on joue cette musique, c’est vrai que c’est toujours les mêmes problèmes qui reviennent depuis le début c’est à dire de trouver les lieu de répétition car c’est une musique qui fait du bruit et aussi de trouver des endroits ou jouer car en Algérie les spectacles se font dans des salles de cinéma où il y a des chaises. Mais on aime cette musique et on est vraiment passionnés donc on y met toute notre énergie ! On ne peut pas dire qu’il y a vraiment une scène mais on lutte depuis des années pour qu’un jour cette musique soit enfin reconnue dans le milieu culturel Algérien !


3. Chose assez surprenante pour un groupe Algérien, vous êtes signés sur un label américain  Horror Pain Gore Death Productions.  Comment s’est présentée cette opportunité ?
Au début il devaient nous signer pour notre premier Ep « Al Intihar », mais on a choisi un autre label pour ça (Goressimo records en pologne). Deux ans après on a recontacté Mike du label et il était super emballé !

 

 

04. J’ai adoré votre manière de faire sonner le Black /Death notamment votre riffing  oriental et vos structures rythmiques assez particulières.  Pensez-vous continuer dans cette voie à l’avenir ?

Dans l'avenir on va ajouter un peu plus de technique et essayer de pousser le coté oriental un petit chouya !

 

05. J’ai aussi apprécié votre travail sur les vocaux, notamment la locution parfaite et efficace dans toutes les langues. Pensez-vous dans le futur multiplier les langues dans lesquelles vous vous exprimez ou allez-vous vous fixer sur une seule en particulier ? 
Sur notre premier Ep, on a fait un titre en espagnol "Hermanos" et cette fois ci Hypnose en français. mais en général on écrit en anglais et arabe classique et dialectal. peut être que dans le prochain album on fera un titre en italien ou portugais, qui sait?

 

6. Pouvez-vous nous parler de  vos textes ainsi que des thèmes qu’ils abordent ? 
L’album commence avec une intro "Mazaghran", qui est le nom d’une bataille qui a eu lieu avec les Espagnols au 16eme siècle, et le texte est titré d’un poème  du célèbre poète Algérien Sidi Lakhdar Benkhlouf qui justement parle de cette bataille et qui s’est terminée par une victoire des Algériens. Le second titre "Al intissar" qui veut dire la victoire, n’est autre qu’un hymne à la victoire dans tous les sens. "Voices revealed" est inspiré des mémoires du Philip Garrido qui a kidnappé une petite fille de 11ans pendant 18 ans avec qui il a eu 2 filles ! "Kalimet essir" qui est un petit clin d’œil a nos moudjahidines (combattants) lors de la guerre de révolution avec la France. puis s’enchaine "Hypnose" un titre écrit en français et qui parle de nos gouverneurs (tous pays confondus) qui nous ont hypnotisés avec leur discours et leur lois à deux balles !

La seconde partie de l’album commence avec "Am I in hell?" c’est une question que tout le monde à du se poser au moins une fois dans sa vie, non ? le 8eme titre "Hillal" parle de la relation des éléments de la nature avec notre existence ! L’avant dernier titre "Black Hands" parle de la différence qu’il y a entre les riches et les pauvres et comment ils sont vus en société. Du fait les pauvres ont les mains sales (noires) de pauvreté et les riches ont aussi les mains sales (noires) de richesse ! Le dernier titre "Mizmar" qui n’est autre que la flute traditionnelle jouée lors des soirées et fêtes, et qui a un son envoutant captivant et ensorcelant, fait référence au libertinage et aux plaisirs recherchés par l’humain. On s’inspire de notre quotidien, de notre passé, de notre histoire et de notre vécu  en général…

 

7. Dans ma chronique disponible ici de votre dernier album je vous ai rapproché de groupes comme Melechesh,  les brésiliens de Krisiun mais surtout des chiliens de Inferis. Je trouve que votre travail sur les rythmiques et ce côté transcendantal et similaire bien que vous ne fassiez pas la même musique.  Je voulais savoir ce que vous en pensiez et si j’ai tort de penser cela ? 
Tu sais je suis un grand fan de Melechesh, autrefois j'étais en contact avec leur guitariste et l'on s'échangeait quelques mails de temps en temps, siinon Krisiun j'étais aussi un fan de leur anciens albums mais plus maintenant !
Dans le sonorités on s'approche de Melechesh (bien que l'on ai pas les même sources d'inspiration), sinon pour Krisiun on va dire que c'est la même approche technique ! Il faudrait que j'écoute Inferis !


8. Comment abordez-vous le live ? Est-ce un exercice qui vous plait ? Arrivez-vous à  tourner facilement hors de vos frontières ? 
Pour nous le live c'est très important! car c'est une façon de donner vie à notre musique et de la partager a d'autres gens ! Ca va te paraître bizarre mais il nous est plus facile de jouer à l'étranger que chez nous. Comme je te l'ai dit précédemment par manque de salles. Jusqu'à maintenant on a fait que cinq concerts seulement chez nous et bien plus à l'étranger !

 

9. Pour finir un dernier mot pour les lecteurs de Metalchronique.fr ? 

Vous pouvez vous procurer notre album sur: http://lelahell.bigcartel.com/ Support Lelahell or Die !!!