Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Pourquoi avez-vous décidé de revenir d’entre les morts après 18 ans de silence ?

Hr. General Cerastes: Salut, merci de tes questions et de ton intérêt pour MYSTICUM. Nous avons toujours su qu’à un moment ou un autre nous allions à nouveau nous réunir et produire Planet Satan. Et après une rencontre entre nous en 2011, nous avons décidé qu’il était temps de libérer la bête. Même si nous n’avons pas été actifs pendant une longue période, notre créativité a toujours tourné à différentes vitesses, souvent inconsciemment.

Donc après avoir pris la décision et après avoir mis à jour notre matériel et nos logiciels nous avons fait face à une vague d’idées et MYSTICUM a repris alors sa pleine mesure pour atteindre sa vitesse de croisière. Sans que la situation de la scène Black Métal ne nous intéresse plus que cela, nous sommes de retour avec le désir de proposer un métal digitalement fou et qui te prend directement à la gorge. Nous naviguons sous des bannières antireligieuses et anti-chrétiennes.

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02. In the Streams of Inferno est considéré par certains comme un disque culte. Qu’en penses-tu et est-ce important pour vous d’avoir une certaine reconnaissance ?

Eh bien, ce n’est pas notre rôle de nous décrire ou d’étiqueter nous-mêmes notre musique. C’est aux autres d’avoir une opinion. Nous reconnaissons cependant le fait que nous avons été les premiers à faire cohabiter les mondes du Black Métal et les sonorités synthétiques. Nous avons également été pionniers dans le fait d’industrialiser le rythme et donc nous avons été considérés comme faisant de Black Métal Industriel.

In the Streams of Inferno a suivi son propre chemin pour atteindre un statut culte car il s’agit d’un effort très puissant et original, sans rien d’autre de comparable. Etre si différent et ne pas avoir d’héritier l’a transformé en gemme cachée dans les abysses de la scène Black Métal. Il est bon de voir son art reconnu et apprécié. Mais le plus importantr pour nous est de rester 100% vrai avec MYSTICUM.

 

03. Que penses-tu de l’évolution de la scène Black Métal depuis 1996 ?

Après nos grands débuts en 1996, nous avons tiré notre révérence et quitté la scène. Nous étions déçus de la direction qu’elle prenait. Après certains événements qui se sont déroulés au milieu des années 90, le genre a été soudainement sous le feu des projecteurs et cela a résulté en une perte d’intégrité et de qualité. Avant cette vague, le scène Black Métal norvégienne était privée, fermée à l’extérieur. Et d’un coup toutes les portes se sont ouvertes et tout le monde a pu participer et s’amuser.

Etant plutôt des fondamentalistes, nous sommes partis. Donc nous n’avons regardé cela que de très loin et toutes les nouveautés ont échappé à notre radar. Donc honnêtement tout cela ne nous intéresse pas plus que cela et nous n’avons pas d’opinion franche.

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04. Comment résumerais-tu Planet Satan en trois mots et pourquoi ce choix ?

Millénaire – car In The Streams of Inferno a été le meilleur album du dernier millénaire et Planet Satan possède le même statut pour le présent (rires)

Dictatorial – car bientôt nous aurons fait la conquête du monde avec Planet Satan et nous serons les vos nouveaux maîtres.

Agenouillés – car tous s’agenouilleront devant les orateurs en écoutant et adorant Planet Satan.

 

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 01. J’aimerai pour commencer savoir comment êtes-vous venus à la musique et à la pratique d’un instrument au sein d’un groupe de Metal, puis par la suite, comment s’est formé Grorr ? Vous pouvez par la même occasion en profiter pour faire l’inventaire des individus composant le groupe en guise de présentation.


Grorr à la base c’est Gaël et Bertrand deux guitaristes qui étaient dans le même lycée. Fan de métal, ils ont montés Grorr à la fac avec pour objectif de faire de la « mule ». Puis arrive Yoann guitariste lui aussi, (plutôt dans le rock prog) mais connaissance du lycée et motivé pour tenir le poste du bassiste avec les copains. Se rajoute ensuite Jérémy, batteur/cofondateur de Pottiin (groupe de death Tech bordelais) mais passant ses hivers à Gourette comme Yoann. Et puis finalement Sylvain (encore un guitariste) multi-instrumentiste qui se charge de tous les instrus trad, samples, chœurs, etc …

 

02. Connaissant Grorr que depuis la sortie de votre précédent album Anthill, j’aurai aimé  savoir  si le groupe était, dès le départ, prédestiné à accorder une part importante de sa personnalité  musicale  à la musique  Folklorique ou si cet élément  est venu se greffer par la suite ?


A la base nous n’utilisions pas d’instruments ethniques. On jouait avec des samples, mais ceux-ci étaient plutôt indus. Les instruments traditionnels sont arrivés à compter du moment où notre objectif a été de faire voyager l’auditeur un maximum. « Anthill » était une immersion dans une fourmilière et l’apport d’instrus du monde entier nous a permis à la fois d’affirmer la personnalité de notre musique, et également de créer un cadre tribal qui collait très bien à notre propos.

 

03. Je me suis posé la question  en écoutant ce superbe nouvel album. Comment organisez-vous au sein du groupe  la composition de votre musique ?  Travaillez-vous d’abord sur la trame « Metal » ou partez-vous des instrumentations  Folkloriques  et autres orchestrations pour ensuite y apporter les éléments « Metal » ?


Le processus à évolué avec le temps. A l’époque d’Anthill on découvrait à peine l’univers « folklorique ». Les instrus trads se sont donc greffés à des squelettes de compos « Metal ». Pour « The Unknown Citizens », on a composé toute la structure des morceaux en partant des instruments trads, des rythmes et du chant. Les éléments « Metal » sont arrivés ensuite. Après on reste des métalleux, et on avait une idée de comment ça sonnerait avec les grosses guitares ..

 

04. J’ai beaucoup apprécié des morceaux comme Pandemonium ou Facing Myself  à l’emphase  symphonique. Etait-ce  voulu de votre part et avez –vous été influencés  par des groupes de Metal jouant dans ce registre ou par la musique symphonique elle-même ?


La musique symphonique est une influence importante.  Dans le cas présent, c’est de la musique de film que nous vient l’idée d’intégrer des cuivres. Cela colle parfaitement à l’histoire : Pandemonium, Facing myself, Oblivion, sont des titres qui traitent de la guerre et de ses conséquences irréversibles. Nous voulions que le décor dressé à l’aide de notre musique puisse situer l’action sur un champ de bataille, tout en mettant en relief le combat intérieur du soldat, torturé dans son  moi profond, et abîmé par les choix qu’il a pu prendre.

 

05. J’apprécie aussi particulièrement votre manière d’user de polyrythmies et de  riffings  très saccadés à l’instar de groupes qualifiés (ou qui se qualifient eux-mêmes)  de Moderne Metal ou Djent Metal. Avez-vous été  inspirés par cette scène et si oui de quels groupes sentez-vous proche ?


On est tombé dans la polyrythmie en écoutant Stravinski, King Crimson, Magma etc… Puis on est devenu fan de Tool et Meshuggah et d’autres groupes de prog. Les riffs saccadés viennent aussi de Fear Factory, Pantera, qu’on a découvert au lycée … On a des influences communes avec les groupes de cette scène. On adore Karnivool aussi !! Et puis en métal on est obligé de citer Gojira et Devin Townsend. 
Dans les groupes très « récents », on aime Vildhjarta, Animal as Leaders ou Monuments entre autres (même si on n’a pas forcément beaucoup de points communs). Et puis je rajoute Hacride car Lazarus et Back to where you’ve never been … ont bien usé nos enceintes !


06. Pour ma part j’ai tendance à  rapprocher votre démarche et votre approche musicale de groupes comme  Hypno5e ou S.U.P ? Ai-je tort de penser ceci ?

 

C’est probablement la démarche de l’album concept qui rend cette analogie possible. Il est vrai que nous tenons à cœur de toujours proposer un album cohérent, que l’on pourrait qualifier de « storyboardé », et c’est effectivement une démarche que l’on peut retrouver chez S.U.P/Hypno5e, 2 groupes d’ailleurs appréciés par Grorr.

 

07. J’ai lu dans votre présentation que The Unknow Citizens vous avait  été inspiré par un poème de W .H Auden . Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de cet auteur et de ces « trois citoyens ordinaires » ?


W.H. Auden est un écrivain né en 1907 qui a comme beaucoup à son époque, participé à la guerre d’Espagne puis connu la seconde guerre mondiale. Il a notamment écrit « The Unknown Citizen » qui est l’épitaphe d’un citoyen ordinaire dans une société « Orwellienne », totalitaire et déshumanisée. On apprend qu’il a bien fait tout ce que cette société attendait de lui, mais on ne sait rien de ses « états d’âmes ». On a imaginé se placer dans la tête de 3 de ces citoyens types. Ils forment la quasi-totalité de la population, ils n’accomplissent pas d’actes spectaculaires mais font tourner la machine. Sont-ils libres, sont-ils heureux ? C’est la dernière question du poème, et ça a été le point de départ de notre histoire.

 

08. Comme c’était déjà le cas pour Anthill, doit-on considérer ce nouvel album comme un album concept ?


C’est bien un album concept. Il est coupé en 3 parties bien distinctes avec des instruments propres à chacune. Nous avons voulu représenter 3 vies différentes qui dans la narration comme dans l’écoulement du temps se suivent. L’histoire revêt un aspect « fable sociale ». Le premier personnage est parti se battre quand on le lui a ordonné. Il est rentré de la guerre « différent », et ne pourra finalement plus reprendre une vie normale. Il ne trouvera le repos que dans l’oubli et la mort. La 2eme partie de l’album concerne la reconstruction et notre personnage du « travailleur ». Celui-ci sacrifie sa vie à la reconstruction de ce que la guerre a détruit, pour que ses enfants aient un avenir meilleur. 
Le troisième personnage naît dans un monde en paix. Il aspire donc à son épanouissement personnel. C’est l’histoire du hippie dont tous les membres de son ancienne communauté ont fini par devenir trader à Wall-Street.

 

09. Qu’attendez-vous de votre récente signature avec le label Suédois ViciSolum Productions et pouvez-vous nous expliquer comment s’est présentée  cette opportunité  ?

 

La signature avec ViciSolum Productions a été un coup de chance. Nous avons eu une relation privilégiée par le biais de notre ancien manager avec Thomas Hörnkvist le président de ViciSolum. Sans même avoir entendu les maquettes de nos travaux en cours, et en fiant sur l’album Anthill, Thomas nous a proposé un contrat.
Nous en attendons surtout une promotion plus importante de notre album afin de pouvoir se faire connaître. Pour des petits groupes comme le notre, il n’est pas facile de se faire une place sur la scène metal actuelle ; il faut des ressources, des connaissances… Disons que notre signature avec ViciSolum nous permet de rendre notre album disponible au plus grand nombre, et c’est ce qui nous importe le plus.

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10. Grorr se produit-t-il en concert et si oui comment vous y prenez-vous pour restituer la richesse des ambiances ainsi que les diverses interventions d’instruments traditionnels ?

 

Oui bien évidemment nous faisons des concerts, et nous adorons ça. Nous avons toujours mis un point d’honneur à restituer au mieux nos albums en live. Par chance, Sylvain notre multi-instrumentiste, se charge de tous les instrus trad et des ambiances grâce à un sampler. Il gère également des chœurs ainsi que des percussions. Nous sommes autant exigeants avec nos albums qu’avec nos prestations live.


11. Pour finir, un dernier mot pour les lecteurs de Metalchronique.fr ?


Merci ! Nous espérons que vous aimerez l’album autant que nous !

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs la cuvée 2014 de THE PINEAPPLE THIEF ?

Bruce Soord : Je dirais que nous sommes un groupe de rock qui, je l’espère, fait preuve d’une certaine profondeur, qui ne se laisse pas facilement dévoiler, qui nécessite plusieurs écoute pour laisse entrevoir la complexité de son travail. Nous expérimentons beaucoup au niveau sonore, essayant sans cesse d’innover au sein de la structure de nos chansons, construisant maille après maille une tapisserie sonore très dynamique qui nous correspond. Nous n’hésitons jamais à changer nos habitudes à travers, par exemple, l’utilisation de cordes et d’instruments acoustiques.

Nous mettons tout notre cœur dans notre musique. On nous colle souvent l’étiquette « progressif » et cela ne me fait pas peur. Nous proposons avons tout une musique rock mais c’est vrai que certains peuvent considérer que notre démarche, nos expérimentations comme nous faisant appartenir à ce genre. Mais en même temps nous luttons un peu contre cela, par exemple ici avec Magnolia, en proposant des titres plus courts tout en conservant cette profondeur que je mentionnais précédemment.

 

02. Tu as mentionné deux fois la fait que tu voyais votre musique comme un travail profond, avec du sens. Travaillez consciemment dans ce sens-là ?

C’est difficile de répondre à cela, l’inspiration est un phénomène naturel et assez peu intellectualisé. Mais même si tu prends nos chansons les plus accessibles, avec une mélodie toute simple, comme ce titre avec piano, chant et quelques cordes comme « A Loneliness » par exemple. Le rythme de batterie est le plus simple imaginable. Et pourtant moi-même je continue encore à découvrir certains aspects de cette chanson après pourtant de très nombreuses écoutes. La découverte ne s’épuise pas, c’est un mystère et je serai bien incapable de l’expliquer.

En ce qui me concerne, s’il doit exister une magie pour donner de la matière, de l’épaisseur à ta musique, cela ne passe pas par une simple accumulation de couches les unes sur les autres, profond ne signifie pas dense, mais simplement cela tient à ma maturité en tant que compositeur après l’écriture de plus de dix albums. A force j’ai appris à rapidement reconnaître si une chanson va finir par fonctionner ou pas. Je détecte vite sur le potentiel est là et si ce n’est pas le cas, la chanson passera à la poubelle.

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03. Oui mais finalement comment trouves-tu le bon équilibre ? Dois-tu parfois revenir en arrière et simplifier les arrangements, la mélodie pour que la chanson fonctionne ?

Avec le recul dans ma carrière si tu prends mes vieux travaux, certaines chansons m’apparaissent maintenant assez moyennes. Et je finissais par les améliorer et leur apporter un lustre supérieur en ajourant des couches. Désormais je me rends compte que ce n’était pas la bonne approche. Maintenant pour la majorité des chansons je commence dans le plus simple appareil avec une guitare acoustique et ma voix parfois dans ma cuisine, pas forcément en studio. Et quand je sais que la chanson en cours est bonne, possède ce fameux potentiel je pars alors en studio pour explorer différentes options et lui donner corps, lui donner l’épaisseur que je recherche.

Je peux ajouter des couches mais naturellement, à un moment, tu sens que cela devient contre-productif et tu t’arrêtes. « From Me » par exemple se présente sur l’album là aussi dans un habit très simple mais à l’origine il y avait des guitares et puis j’ai eu l’idée de les rendre muettes et là ce titre a pris vit et a atteint une autre dimension. Si une chanson est bonne elle restera bonne en acoustique, toute nue. Si à la base la composition est mauvaise, tu peux y mettre toutes les couches que tu veux, ce ne sera qu’un cataplasme sur une jambe de bois.

 

04. Que retiens-tu de la période All the Wars ?

Cela reste un très bon souvenir pour moi et je garde surtout en mémoire le fait d’avoir travaillé avec tous ces instruments à cordes. Et je suis très fier du labeur que nous avons pu accomplir, la chanson titre reste l’une de mes préférées. L’idée était vraiment de me mettre au défi, voir su j’allais être capable de composer et de travailler avec un orchestre. Et bien sûr l’opportunité a été rendue possible du fait du budget qui nous avait alors été alloué. Enregistrer avec un orchestre coûte très cher et nous avons pu investir sur cet aspect-là car le reste du disque a été très économique à enregistrer. Nous avons fait la majorité à la maison, avec simplement un studio extérieur pour la batterie.

Avec le recul, je me rends compte maintenant de la quantité de choses que j’ai pu apprendre lors de cette session avec cet orchestre, en particulier en tant que compositeur, comment tu dois t’adapter à eux dans ton écriture. Notre progression a été phénoménale et cela reste un des points culminant de notre carrière jusqu’à présent.

Je travaillais ainsi : je programmais à la maison à l’aide de mes samples les mélodies jouées par chacun des instruments et je donnais le tout à notre arrangeur Andrew Skeet et il modifiait le tout, réarrangeait pour obtenir la quintessence, le maximum de ces mélodies. Cependant sur ce nouvel album, Magnolia, car j’avais appris à faire confiance à Andrew, je lui cette fois fournis une base aveugle, des chansons avec des endroits particuliers où devaient se positionner des cordes. Et là il pouvait laisser parler sa créativité en ayant moins de contraintes de ma part. Et il peut alors donner son meilleur dans ce contexte. Et j’ai été enchanté du résultat, il est absolument brillant et surtout il a proposé des choses que je n’aurais pas faites ni même envisagées. Après dix albums j’étais prêt à cela à lâcher un peu prise et prendre un risque. Cela aurait pu être une catastrophe, ne pas du tout aimer le résultat et cette erreur aurait alors pu nous coûter cher.

Nous avons aussi beaucoup appris pour All the Wars à propos de l’enregistrement et du mixage d’un album car ce fut des épreuves difficiles. Nous avons des erreurs donc pour Magnolia nous avons su tirer les bonnes leçons du passé pour ne pas reproduire les mêmes écueils. Et j’ay alors pu rencontrer une personne de confiance pour assurer le mixage. Le processus nécessaire pour créer un album engendre toujours des erreurs, pour ce nouveau disque aussi, mais l’essentiel est de progresser et de ne pas les répéter. Cela me fait avancer. J’ai beaucoup de mal à écouter mes albums car j’ai tendance à n’entendre que ce que nous aurions pu faire différemment. Pour certaines chansons tout va bien mais pour d’autres, ça coince ! (rires)

 

05. Quelle était votre idée à l’entame du travail sur Magnolia, le dixième album, la preuve d’une belle longévité. Vouliez-vous marquer le coup particulièrement ?

Non, le fait que ce soit notre dixième album n’a rien changé concrètement. Je le savais bien sûr et cela m’a mis d’une certaine façon une pression supplémentaire, cela m’a forcé à travailler encore plus dur sur ces chansons. Car pour moi il fallait que la progression soit évidente, que ce disque constitue un moment clé de notre carrière. Il fallait qu’il justifie lui-même son existence en tant que dixième album. Donc beaucoup d’efforts ont aussi été faits au niveau de la production, du mixage, l’usage des instruments à cordes… Le fond et la forme étaient importants.

Cela n’aurait pas eu de sens de faire un disque énorme, « larger than life » car nous conservons sans cesse à l’esprit que ces chansons devront pouvoir prendre vie sur scène. Nous utilisons bien sûr quelques samples en concerts pour les cordes justement car elles constituent un bloc cohérent. Dans un monde idéal, nous aurions sur scène un orchestre avec nous comme le fait par exemple PETER GABRIEL mais ce n’est pas viable à notre échelle bien sûr. J’adorerai pouvoir me produire sur scène pour interpréter la totalité d’All the Wars et maintenant de Magnolia avec le groupe accompagné d’un orchestre. Il faudrait en discuter Nous discutons avec le label dans le cadre dans DVD, là sur un one-shot pour une captation vidéo cela pourrait être envisagée.

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06. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Magnolia, des différences d’ambiance ou de feeling par rapport aux sessions passées ?

Là où nous avons progressé l’expérience aidant c’est que désormais nous savons très précisément dans quel domaine cela vaut le coup d’investir et de dépenser le budget à notre disposition. Nous avons pu bénéficier d’un peu plus d’argent pour Magnolia et donc nous avons un peu investi dans mon studio pour être capable d’obtenir à la maison un résultat très professionnel, nous avons loué un super studio pour mettre en boite les batteries, Adam Noble a été notre ingénieur du son (PLACEBO, Paul McCartney, Robbie Williams)…

Ce fut génial mais si moins amusant que pour All the Wars car alors nous étions dans un studio qui possédait des logements donc nous y avons passé beaucoup de temps avec des moments de détentes très agréables et nous avons pu énormément enregistrer. Pour Magnolia nous avons été un peu plus professionnel et nous n’avons enregistré que ce nous avons réellement besoin d’enregistrer. Le reste a été fait à la maison. Il existe une chanson qui n’a pas été mixée et donc n’apparait pas sur le disque. J’ai promis un titre bonus pour l’édition japonaise, tu me rappelles donc à bon escient qu’il va falloir que je m’atèle à cela rapidement.

 

07. Le 8 février dernier, le groupe a annoncé un changement de personnel avec l’arrivée de Dan Osborne à la place de Keith Harrison à la batterie. C’est le premier changement depuis plus de dix ans, cela a-t-il eu un impact sur la chimie interne du groupe ?

Oui cela a eu forcément un impact et Magnolia aurait sonné différemment si Keith était resté avec nous. Ce dernier ne pouvait simplement plus s’investir autant que nécessaire avec nous dans le groupe. Et donc afin de travailler et d’enregistrer Magnolia nous avons fait appel à Dan. Nous avons aussi quelques festivals à assurer entre temps. Son style de jeu de batterie est différent de celui de Keith te donc cela a impacté l’album. Dan est un batteur beaucoup plus rock alors que Keith était plus orienté jazz.

 

08. Es-tu, artistiquement parlant, une personne voulant tout régenter, décidant de tout ou laisse tu de la marge à tes camarades ?

Au début de notre carrière j’étais un « control freak » mais en vieillissant, en magnat en maturité, expérience et en confiance j’ai appris à me détendre et à laisser plus de place aux autres. En particulier au début, le groupe était un fait le projet d’un homme, toi ! Oui je compose les chansons mais une partie de la magie vient de ce que chacun peut apporter dans sa façon d’interpréter telle ou telle partie ou de suggérer de modifier telle ou telle chose. En tant qu’artiste il faut apprendre et accepter que parfois les autres puissent faire mieux les choses que toi. Et ce n’est pas facile à faire. Parfois cela échoue lamentablement et cela crée beaucoup de frustration mais cette collaboration artiste fonctionne, le résultat peut atteindre des sommets. Et si je n’y croyais pas je n’aurais pas monté un groupe et je me serais contenter de musiciens de session.

 

09. Et quand vous entrez en studio tout est prêt et millimétré ou te tu laisses des plages de liberté ou de créativité lors de l’enregistrement ?

Je travaille de mon côté et je démo les chansons pour les rendre présentables. Ensuite je les envoie aux autres et on discute tous ensembles de trier le bon grain de l’ivraie. Je joue de la basse, les batteries sont programmées… Ensuite je donne à chaque les chansons sans leur instrument respectif et ils s’accaparent alors les chansons et les réinterprètent comme ils le sentent. Et puis j’écoute et je fais mes commentaires si telle partie me plait ou me déplait. Donc je conserve le contrôle malgré tout sous la forme d’un échange par exemple avec Jon (Sykes – basse) jusqu’à obtenir le bon équilibre. Donc oui il reste parfois des relents de ce besoin de maîtrise mais c’est mon enfant et donc je suis assez protecteur.

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10. Que peux-tu nous dire de la pochette, comment avez-vous travaillé avec l’artiste (Patrick Gonzales) ?

Alors que je travaillais sur ce disque, en ayant déjà finalisé la chanson « Magnolia », rien à voir avec le film mais à propos de l’arbre dans mon jardin et le concept avec ces fleurs qui s’avèrent très fragiles et éphémères, un symbole de la vie et des chansons que nous perdons dans la vie. Il faut lire entre les lignes « Carpe Diem » (profites du temps présent) ? Oui absolument. Et j’avais la chanson en tête et à la fin de l’enregistrement nous avons découvert le travail de Patrick et j’ai vu cette image. Cela a fait tilt et nous avons alors su que cela devrait être la pochette du disque. Ce visuel est fantastique, tellement fort et marquant de mon point de vue. Tu peux le voir de très loin et être malgré tout abasourdi. On ne s’attend pas forcément à voir cela pour un album rock et tu te demandes toujours qui est cette femme. Est-elle en train de dormir, est-elle morte, heureuse, triste… ?

Le visuel de nos pochettes a toujours été très important pour nous. A nos débuts bien sûr il fallait très largement se débrouiller tout seul, DIY, faire tout soit même. La première fois où nous avons eu l’argent pour investir a été pour Someone Here Is Missing avec ce superbe travail de Storm Thorgerson. Heureusement le label a accepté d’investir car travailler avec un artiste légendaire aussi culte représentait un beau coup pour eux. Et il a disparu peu de temps après finalement. Storm a écouté notre disque et il a alors dessiné à partir de son ressenti différentes idées et concepts. Nous n’avons pu mener à bien la première idée choisie car il aurait fallu pouvoir creuser un énorme trou dans le sol et ce n’était pas la bonne saison et il aurait fallu trouver un agriculteur coopératif. Et donc nous avons la deuxième option qui apparait sur la pochette.

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11. Comment as-tu évolué artistiquement parlant en termes d’influences depuis tes débuts ?

Pendant mon adolescence et pour mes premiers pas dans la musique en tant que compositeur, j’atais très influencé par le rock progressif des années 70 avec des groupes comme CAMEL, YES, THE ALAN PARSONS PROJECT, SUPERTRAMP… et PINK FLOYED bien sûr. Mais j’aimais aussi beaucoup écouter des groupes de rock modernes comme SOUNDGARDEN et plus tard BIFFY CLYRO… Et ces deux éléments se sont mélangés dans ma propre musique toutes ces années. J4ai appris à apprécier certains compositeurs en particulier. Un de mes albums favoris reste Sea Change de BECK. La première fois que j’ai écouté ces chansons reste un moment clé de ma vie artistique. Sa façon d’utiliser les instruments à cordes et la guitare acoustique est phénoménale.

 

12. D’où est venue l’étincelle confirmant que tu voulais poursuivre une carrière artistique ?

J'ai eu beaucoup de chance car comme enfant je n’étais pas spécialement intéressé par la musique et ma famille ne baignait pas non plus spécialement là-dedans. J’écoutais de la merde pop des années 80 comme MADONNA. Et puis j’ai rencontré un camarade et nous avons commencé à jouer ensemble, je me souviens de reprises de Tales of Mystery and Imagination de THE ALAN PARSONS PROJECT. Et alors seulement l’étincelle est née. J’ai acheté une guitare et j’ai commencé à composer des chansons… Rapidement je voulais être un clone des THE SMASHING PUMPKINS (rires) pour la mélancolie comme sur l’album Adore. Ma voix n’étant pas très éloignée de celle de Billy Corgan. Et puis année après année j’aime penser que j’ai su développer un son personnel sans les influences évidentes citées ci-dessus. Et je fais très attention maintenant et j’écoute très peu de groupes prog contemporains, en particulier ceux de mon label (KScope) pour ne pas être influencé. Maintenant que le disque est fini je rattrape un peu mon retard avec le nouveau disque d’OPETH par exemple.

 

13. Qu’as-tu appris de cette expérience avec Jonas (Renkse) au sein de WISDOM OF CROWDS ? Et cela-a-t-il eu un impact sur Magnolia ?

J’ai rencontré Jonas pour la première fois au moment où il est venu enregistrer ses lignes de chant en studio. Le disque était prêt, enregistré, mais sans piste de chant. Et ce fut une merveilleuse rencontre. C'est u’ artiste super doué, qui maitrise plusieurs instruments. Il a commencé comme batteur mais à un moment de sa carrière il a préféré se concentrer sur le chant. Et face à lui j’ai réalisé que je pouvais moi-même aller beaucoup plus loin de mon côté quand je chante avec THE PINEAPPLE THIEF. Il m’a appris quelques trucs et donc au moment de Magnolia je savais que je pouvais encore positionner la barre plus haute au niveau du chant. Et ce fut aussi génial de partir en tournée avec KATATONIA.

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14. Pourquoi avoir fait le choix, inconscient peut-être, de te mettre en danger avec WISDOM OF CROWDS en confiant ta musique à un autre pour l’interpréter au niveau du chant ?

En travaillant sur le disque, nous savions d’emblée que les compositions ne seraient pas adaptées à mon timbre de voix. C’était évident pour moi, je n’ai pas essayé de chanter mais après cela s’est imposé naturellement à nous. Et ce disque a attendu des années avant de pouvoir le sortir car nous n’avons pas le bon chanteur. Donc j’ai été heureux, presque soulagé de laisser Jonas prendre ses marques et s’intégrer dans ce projet. J’ai pris beaucoup de plaisir, je n’avais pas la responsabilité du chant et je me suis concentré sur la production. Un vrai espace de liberté.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Je change beaucoup d’avis. En ce moment, « Paper Tiger » de BECK

 

02. Premier album rock acheté ?

Je pense qu’il s’agit du Eye in the Sky de THE ALAN PARSONS PROJECT.

 

03. Dernier album acheté ?

Le dernier OPETH. C’est si courageux de faire ainsi que qu’ils veulent. Le voyage que propose le disque est merveilleux.

 

04. Quel son ou bruit du quotidien aimes-tu ?

Le silence. Mais pas le silence comme l’absence total de bruit mais quand je suis seul chez moi, j’ouvre la fenêtre et j’entends les bruits étouffés, au loin, de la ville.

 

05. Quel son ou bruit du quotidien détestes-tu ?

Oui, les mouettes ! Les mouettes ont envahi la ville où j’habite. Et les parviennent à générer un bruit assez horrible dès cinq heure du mat. Et en plus elles ont pris l’habitude de venir taper avec leur bec sur mes vitres…

 

06. En enfin, Chelsea ou Arsenal ?

Arsenal !

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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