Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Dans quel état d’esprit es-tu vis à vis de ce nouveau chapitre dans la vie d’AT THE GATES, sept semaines avant la sortie de ce nouvel opus ?

Le mot qui me vient en tête est « excité », cela résume bien notre état d’esprit. Nous sommes excités car nous avons mis tellement de travail,de réflexion et de créativité dans ce nouvel album. Maintenant nous avons reçu beaucoup de réactions, de feedback de la part des media et c’est très positif. Comme disait l’intervieweur avant toi, vous êtes également d’abord et avant tout des fans de musique. Ces réactions positives nous permettent de ne pas être nerveux face à la sortie prochaine du disque, inquiets de la réaction des gens. La genèse et le travail sur cet album est fait désormais partie de notre histoire et nous sommes heureux du résultat.

 

02. Malgré votre expérience, pouvez-vous encore voir des doutes sur la façon dont les gens vont accueillir votre musique ?

Oui bien sûr et c’est pour cela que nous avons travaillé très dur, en plus nous avons une super-démocratie en ce moment au sein d’AT THE GATES, tout le monde doit être content dans le groupe en ce qui concerne la musique proposée. Et donc cela implique de très nombreux changements pour que tout le monde soit heureux et fier du résultat. Nous sommes très satisfaits de ces chansons que nous proposons et donc nous pouvons affronter toutes les critiques mêmes les plus négatives car cela ne nous atteint pas, nous savons que nos nouveaux titres tiennent la route. Si tu n’es pas sûr de ton coup et que tu traines toi-même des insatisfactions, là tu risques ne pas savoir affronter la controverse concernant ton travail. Et là nous sommes à l’aise, nous sommes excités et nous voulons bien entendu que les fans aiment notre nouvel album.

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03. Alors, qu’est-ce que ça fait de revenir avec un nouvel album et de devoir se plier à nouveau à tout ce cirque, au jeu des interviews… avec AT THE GATES après plus de 19 ans de silence ?

Après toutes ces années, tout est devenu différent. Et je dois bien avouer ma surprise, pour ne pas dire plus, face au niveau d’intérêt que nous suscitons. Je viens de terminer une séquence promo avec l’Australie et pour cela j’ai passé trois jours entiers au téléphone. TROIS JOURS ! Cela signifie vingt-cinq interviews et cela s’est répété durant trois jours. J’étais absolument sidéré de constater que tant de média pouvaient avoir un intérêt pour nous. C’est une sensation très agréable, tu peux l’imaginer mais nous étions loin de pouvoir imaginer cela.

 

04. Honnêtement, si tu devais présenter AT THE GATES à une personne qui n’a jamais entendu ce groupe, recommanderais-tu ce nouvel album ?

Cela peut sembler cliché mais en tant que musicien et en tant que groupe tu penses toujours que ton dernier album est le meilleur. Je sais que cela peut ressembler à une démarche purement marketing mais si ce n’était pas le cas je ne serai pas dans ce groupe et je ne pourrais pas être en face de toi aujourd’hui. Si nous n’avions eu comme ambition que de faire un disque aussi bon que Slaughter of the Soul nous n’aurions pas fait ce disque. Et donc en un sens ce nouvel album pourrait constituer une bonne introduction à notre univers car tu y trouveras de nombreux aspects de tous nos autres disques, pas de façon intentionnelle sans doute. Nous avons commencé à travailler sur ce disque en essayant de penser sérieusement vers où nous voulions aller et nous nous sommes vites rendus compte qu’à vouloir trop intellectualiser les choses et ne pas faire confiance à son instinct, nous allions nulle part. La meilleure chose était de laisser parler son cœur et composer directement.

Nous pensions au début travailler uniquement à l’instinct mais nous nous vite rendus compte que ce n’était pas le cas, que nous étions en train de beaucoup trop réfléchir et intellectualiser notre démarche. Nous avons été très méticuleux, faisant attention à tous les détails tout au long du processus mais à la fin si ton instinct te dit que le résultat est bon, le résultat est bon. Et pour revenir à ta question initiale, oui ce disque pourrait être une bonne introduction à notre univers car tu y trouveras un peu de chacun de nos précédentes réalisations, la mélancolie, les passages plus abstraits avec des arrangements inhabituels, la puissance, même parfois l’esprit d’un Slaughter of the Soul. Si je le pouvais je ferais comme Georges Lucas et j’irais dans le passé pour changer les choses. Il me semble qu’At War with Reality se positionnerais alors parfaitement juste avant Slaughter of the Soul dans notre discographie.

Je le pense vraiment car Slaughter of the Soul a été un album composé en réaction car nous étions alors des jeunes gens frustrés et nous avons laissés beaucoup de choses derrière nous avec ce disque, au niveau des harmonies et de la mélancolie. Slaughter of the Soul a été un moment de notre carrière et cela n’arrivera plus. Ce n’a pas été difficile de composer un successeur à Slaughter of the Soul car nous ne l’avons pas fait, il faut plus le prendre comme une suite à Terminal Spirit Disease… Je ne suis pas sûr que cela ait vraiment du sens (rires)

 

05. Honnêtement, n’aviez-vous pas plus à perdre qu’à gagner en revenant, au risque de « casser » le mythe d’AT THE GATES et de sortir l’album de trop ?

Oui bien sûr que nous y avons pensé et la première fois qu’Anders (NDLR : Anders Björler – Guitare) nous a présenté de nouvelles compositions, que nous avons commencé à travailler dessus et que nous étions tous d’accord pour tenter le coup, nous nous sommes réunis tous ensemble et nous en avons parlé de façon très ouverte. Si nous allions au bout, nous pouvions peut-être tuer le statut de légende acquis par le groupe au cours des années. Si nous faisons cet album, et nous avions envie de le faire, nous serions simplement un groupe de plus parmi tant d’autres, à nouveau en compétition avec tous les groupes contemporains. Mais nous avions tellement envie de le faire, nous étions fiers de ces chansons.

Il est difficile de résister à cette vague de créativité, nous ressentions un besoin, une urgence de sortie de nous cet album. La pire des choses est de garder cela en soit simplement par peur de l’impact sur ta carrière. Nous ne nous sommes jamais vraiment considérés comme un groupe carriériste, dans nos têtes, nous sommes toujours un groupe de death-metal underground. Nous pourrions jouer ici dans cette petite cave voutée devant quelques dizaines de personnes. Et si nous jouons au Venezuela, ce sera le cas. Cela ne nous empêchera pas de dormir si notre popularité décroit car nous croyons en ce que nous faisons et c’est important pour nous.

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06. Avez-vous pensé changer de nom même si personne n’aurait été dupe mais pour ne pas porter ombrage la légende ?

Oui nous aurions pu, et cela aurait été surement le cas si tout le monde n’avait pas été de l’aventure, mais comme tout le monde dans le groupe voulait mener à bien se nouveau projet…. Je l’ai déjà dit mais le groupe est une super-démocratie et tout le monde doit être d’accord sur tout pour que nous puissions avancer. Et quand Anders m’a présenté la première fois les chansons, avec Jonas (NDLR : Jonas Björler – Basse) pour vérifier que j’étais ok et que cela correspondait à notre envie, si quelqu’un avait dit non cela ne me convient pas nous aurions dû réfléchir pour définir ce que nous allions faire et cela aurait pu se terminer par un nouveau groupe.

Mais tout le monde a été d’accord pour poursuivre sur ce chemin et essayer d’aller au bout de ce disque, tout le monde ressentait une certaine excitation et alors pourquoi n'aurions nous pas utiliser le patronyme AT THE GATES ? Parce que nous avons sorti un bon disque en 1995 ou 1996 ? Pourquoi ? (rires). C'est à mes yeux la preuve que nous croyons en ce que nous faisons en 2014. Nous n’avons pas peur de détruire notre supposé statut car cela n’a finalement que peu d’importance à nos yeux. Tu y penses un moment et ensuite tu fais ce que ton instinct te dicte.

Tu sais… Je suis un fan de musique moi-même et je vois bien tous ces groupes qui sortent des albums de comeback. Tu peux craindre que les groupes changent trop et que tu n’adhères pas à leur nouvelles orientations. Et cela m’est arrivé souvent de constater que des albums de comeback ne me convenaient pas du tout. Par exemple NASTY SAVAGE a fait ce disque appelé Psycho Psycho qui est quand même une belle m** mais malgré cela j’apprécie toujours autant leurs deux premiers albums. Par exemple aimes-tu Master of Puppets ? Oui bien sûr ! Et que penses-tu de Reload ? C’est moins la fête… Ok mais aimes-tu moins Master of Puppets parce que Reload existe ? Non. Non exactement. Tu vois ce que je veux dire. Ce nouvel album ne ternira pas la qualité de nos précédentes réalisations. Nous y avons mis tout notre cœur mais si tu ne l’apprécies pas ce n’est pas si grave. Si tu aimes Slaughter of the Soul, celui-ci reste gravé définitivement dans le marbre.

 

07. Aviez-vous un sentiment de trop peu, d’inachevé ? Si oui, comment peut-on avoir ce sentiment quand on a sorti une discographie aussi bonne ? Et pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Je pense… et cela va encore sonner comme un mec en train de blâmer d’autres personnes mais bon tant pis… les changements les plus importants dans la carrière d’AT THE GATES ont toujours été le fait d’Anders. Si tu as un compositeur prenant de telles proportions, spécial en tant que personne et en tant que compositeur, un mec hyper talentueux et ultra doué, tu ne peux pas le remplacer et il se doit se sentir à l’aise artistiquement et dans sa vie. Il a quitté le groupe en 1995, non 1996, nous aurions pu le remplacer, nous y avons pensé pendant quelques semaines, nous avions trois noms en tête et nous avons même presque répéter avec l’un d’eux mais nous avons vite compris que ce n’était pas bon. Nous nous sommes donc séparés.

Nous avions déjà perdu Alf Svensson mais Anders était parvenu a intégré dans ses compositions l’influence d’Alf, beaucoup de ses harmonies et Anders compose parfois presque comme un hommage à Alf. Et puis en 2008, nous avons relancé la machine parce qu’Anders nous a demandé de le faire, il voulait vraiment faire cette tournée de réunion et ainsi clore ce chapitre car nous avions tous, comme tu le dis, un sentiment d’inachevé. Anders nous a dit nous avions besoin de cette tournée pour véritablement mettre un point final à ce chapitre de notre carrière à notre manière, selon notre agenda. Nous voulions avoir un contrôle total sur notre final. Et puis cela a continué en 2011 et là ce n’était pas seulement Anders, tout le monde a trouvé que tout cela était trop bon pour tout abandonner.

Mais pour ce disque, pour confirmer notre décision de commencer à travailler en 2013 sur ce projet, il fallait d’abord bien sûr qu’Anders me fasse écouter des riffs. Cela devient plus traditionnel, le guitariste et le chanteur se rencontrent, constatent que la musique plait à tout le monde et je commence alors à écrire des paroles. C’est un processus finalement très naturel. J’ai fait confiance à Anders, il est très cynique en ce qui concerne ses compositions et je savais donc que si lui aimait ce qu’il avait composé, qu’il me le présentait, ce serait de très bonne qualité.

Il me l’a dit lui-même donc je peux le répéter ici, ses principales influences en tant que musicien n’ont pas changé depuis 1995. Oui bien sûr il écoute beaucoup de choses, des albums contemporains, cela l’inspire bien sûr mais ses influences prennent racines toujours au même endroit : AUTOPSY, SLAYER, KING CRIMSON, YES et des trucs suédois… le plan directeur reste le même. La continuité pour AT THE GATES est totale, ce que nous sommes profondemment, et le défi a été de composer un album, ou en tout cas essayer, qui reste cohérent avec cela tout en continuant d’avancer, être progressif à notre manière. Il nous fallait rester fidèle à notre identité : être encore et toujours un groupe de death metal, toujours old school, toujours progressif…

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08. Donc tout l’enjeu, la décision de faire ou de ne pas faire cet album, a été de voir d’abord si les nouvelles chansons allaient sonner comme du AT THE GATES, si l’identité du groupe perdurait ?

Oui et c’est pourquoi nous avons agis dans l’ombre, dans le secret, personne n’était au courant à l’exception de nos amis les plus proches. Et certains d’entre eux qui n’étaient pas dans la confidence, ont été très en colère contre nous quand nous leur avons annoncé sur quoi nous étions en train de travailler. Il n’était que cinq ou six a savoir ce que nous faisions. Et puis nous avons fait une annonce officielle quand nous avions une quinzaine de chansons prêtes sous le bras. Nous avions alors une certaine sécurité, nous savions que nous ne serions pas bloqués avec seulement quelques titres et rien d’autres à présenter.

Au pire si nous avions été incertains quant à la démarche utilisée, nous aurions pu ne rien annoncer publiquement et sortir cela sous un autre nom par exemple. Finalement ce fut très amusant, très fun, un mot tellement adapté au death metal n’est-ce pas… d’être à ce point inspiré et excité par cette nouvelle aventure, d’évoluer dans une atmosphère très créative que cela aurait valu le coup de vivre cette expérience même si rien n’était finalement publié. C’était comme allumer une étincelle qui mettait le feu créativement parlant à chacun d'entre nous. J’ai, au cours de ma carrière, travaillé avec beaucoup d’artistes très différents, chacun fantastique dans son genre, de Kristian Wåhlin dans GROTESQUE à Shane Embury mais je n’ai rien trouvé de comparable à la paire Anders et Jonas.

 

09. Les comebacks sont presque devenus un passage obligé maintenant, on ne compte plus le nombre de formations qui reviennent après une période plus ou moins longue et avec plus ou moins de succès… Est-ce un signe que la scène Metal ne parvient pas à se renouveler et dépend toujours trop des grands noms d’antan ?

Tu as raison et il faut vraiment se donner du mal pour trouver quelques pépites dans un océan d'albums très moyens voir carrément pourris. Si tu grattes très fort la surface tu trouveras quelques groupes qui valent la peine. Certains d’eux ne sont même pas à ranger dans la catégorie métal mais pour moi si je devais citer quelques groupes excitant pas trop éloigné du death métal je dirais OBLITERATION, un groupe norvégien, un groupe assez old school mais avec une certaine poésie presque beatnik et qui continue à progresser, citons aussi MORBUS CHRON, un groupe suédois génial dans une veine death métal "cinématique", très bizarre et étrange mais super intéressant, les groupes jumeaux TRIBULATION et STENCH, eux aussi de Suède, fantastiques, ils restent fondamentalement death metal mais ils repoussent les limites et les frontières, PORTAL un groupe australien, un des trucs les plus vicieux, étrange que j’ai jamais entendu.

Donc tu vois quelques pépites continuent de sortir. Mais si tu regardes dans le passé, en 1986 par exemple, même si ce n’est pas le meilleur choix car tous bons disques sont sortis cette année-là, mais prenons par exemple 1989, combien de bons albums de death metal sont sortis cette année-là ? Six, peut-être huit ou même cinq mais il y a avait surtout beaucoup moins d’albums qui sortaient dans les bacs chaque année. Mais maintenant, en 2014, tu auras toujours six, peut-être huit ou même cinq bons albums qui vont sortir, le nombre de disques intéressants reste identique mais tout est noyé dans la masse des sorties. Les trucs génériques et sans intérêt se sont multipliés.

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10. Dirais-tu que les techniques modernes qui permettent à tout un chacun d’enregistrer chez lui un album avec une bonne production représentent une bénédiction ou une malédiction ?

Pour moi, le bilan serait plutôt positif mais tu trouveras toujours un côté sombre à chaque bénédiction. Plus il devient facile d’enregistrer et de diffuser sa musique plus tu peux oser et te permettre d’être créatif, de donner vie à tes idées les plus bizarres. Avant, tu te censurais car les studios coûtent cher mais maintenant il n’y a plus de barrière car tu peux donner liberté à ta créativité à la maison. Donc plus les gens se donnent cette liberté plus les chances augmentent de rencontrer quelque chose de nouveau et d’intéressant. Mais en même temps il faut se préparer à faire face à beaucoup de m***. C’est le prix à payer. Il faut de bons amis, ou des magazines de qualité, pour te recommander de bons albums qu’ils ont eux-mêmes découverts.

 

11. Avec dix-neuf ans de plus, as-tu dû adapter certaines choses au niveau de l’enregistrement, des concerts, etc. ? As-tu prévu d’être « plus sage » après les concerts quand tu partiras en tournée avec TRIPTYKON et MORBUS CRON en fin d’année ? Certains dans notre rédaction se souvienne d'un Neuro bien arrosé…

Absolument, et même si je ne voulais pas, je devrais me calmer car je suis plus vieux maintenant et que cela me tuerait. Je dois faire attention au niveau de l’alcool, des cigarettes… afin de pouvoir assurer un concert tous les jours ou tous les deux jours. Je dois faire attention à mon sommeil, à mon alimentation. Je me dois d'être plus sage et pour être honnête cela ne m’intéresse plus tant que ça de me mettre minable en tournée. J’aime boire une bonne bière car j’aime la bière mais je n’ai plus envie d’être fou et de mettre la tête à l’envers. Bien sûr à l’occasion je peux me lâcher.

Tu mentionnes un Neurofest ou j’ai bien profité, c’était spécial, la première fois que LOCK UP s’y produisait si je me souviens bien ou peut-être que c’était avec AT THE GATES aux côtés d’OBITUARY, NAPALM DEATH, MISERY INDEX… bref cinq ou six groupes qui sont de proches amis et nous en avons profité. J’avais un jour de libre le lendemain et donc je me suis fait plaisir. Donc oui à l’occasion je peux refaire les conneries du passé mais à la maison je ne fais jamais la fête, simplement un verre de vin rouge au dîner avec ma femme.

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12. Disons un mot de THE HAUNTED (avec qui AT THE GATES partage un des frères Björlen et le batteur), est-ce que la présence d’un des frangins Björlen et de Adrian ne risque pas de créer des problèmes d’agenda pour les deux groupes ?

Il faut bien dire que tous les récents changements au sein de THE HAUNTED sont plutôt en notre faveur car désormais, mais je ne veux pas trop en dire, tu peux discuter et trouver des compromis avec les membres actuels de THE HAUNTED alors que ce n’était pas possible précédemment. Et donc cela devient beaucoup plus facile de gérer les problèmes et les potentiels conflits de calendriers quand tout le monde autour de la table est raisonnable. Nous sommes tous amis et donc nous pouvons parler et discuter entre nous. Si un show se présente pour un groupe alors que l’autre a aussi une opportunité, il n’y aura pas d’amertume entre nous, les problèmes d’ego ne rentrent pas en compte. Sans que j’en dise beaucoup plus, dans le passé ce n’était pas si simple mais je ne veux me créer des problèmes (rires). Tu liras entre les lignes…

 

13. Est-ce que le retour d’AT THE GATES porte atteinte à tes autres projets (DISFEAR et LOCK UP par exemple) ?

En ce moment il reste principalement deux autres groupes, LOCK UP et DISFEAR. Le premier a toujours été actif ou en sommeil selon les agendas de chacun de ses membres. NAPALM DEATH doit faire face à un sacré programme, ils sont en studio pour proposer un nouvel album et donc je ne sais pas trop ce qui va se passer dans les temps à venir. Pour DISFEAR, tout avait été un peu mis en sommeil et nous avons déjà donné récemment un show pour se rappeler au bon souvenir de chacun. Là aussi reste un gros point d’interrogation, le futur s'avère assez brumeux et ce n’est pas un groupe qui est très chronophage. Nous faisons les choses quand tous les membres le peuvent et le veulent. Cela reste un processus très naturel et doit le rester.

Mais même avec AT THE GATES, nous n’allons pas faire une tournée mondiale avec des centaines de dates. Nous allons nous produire autant que possible. Nous avons vieillis, nous avons mûris et nous savons désormais faire la part des choses et trouver la meilleure solution pour nous tous en cohérence avec nos autres projets.

 

14. En lisant Wikipédia, j’ai été impressionné par le nombre d’albums auxquels tu as pris part: j’en ai compté près de trente en vingt-cinq ans de carrière. Es-tu un bourreau de travail et comptes-tu poursuivre sur le même rythme dans le futur ?

Une partie de ces sorties ne sont que des EPs, pas des albums complets. Mais cela reste très plaisant et amusant d’interagir ainsi avec d’autres musiciens. Je suis le type de personne qui ne sait pas vraiment dire non, ce mot n’existe pas dans mon vocabulaire. J’ai essayé de continuer mon développement en tant que chanteur, je me suis confronté à de nouvelles musiques ou de nouveaux styles. Mais je pense peut-être freiner dans les années à venir même si je prends beaucoup de plaisir à chaque fois. On verra bien.

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Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

En ce moment j’écoute beaucoup SWANS et mon titre préféré reste « I Was a Prisoner in Your Skull » extrait de l’album Soundtracks for the Blind. Album fantastique !

 

2. Premier album rock acheté ?

Un disque de Chuck Berry, un best of je pense.

 

3. Dernier album acheté ?

Il s’agit d’un EP, la dernière sortie des suisses de BÖLTZER, juste deux chansons pour trente minutes de musique, absolument génial.

 

Tous nos remerciements à Valérie. 

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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01. Un peu plus de deux ans après notre dernière rencontre, quoi de neuf ?

SF : Eh bien un nouvel album ! Un changement de marque guitares, de micro aussi, de nouveaux projets à venir, une nouvelle maison de disque, de nombreux changements… Des changements subis ou provoqués ? Provoqués. A partir du moment où je sens qu’un truc ne va pas comme je veux, que cela pourrait être mieux optimisé ou mené plus à fond, j’y vais sans me poser trop de questions.

 

02. Sur la page Facebook d’Adagio, on peut lire le 17 septembre 2013 Oui je sais ce que tu vas dire « You guys like Underworld right ? Stéphan Forté just sent us a message to tell he's writing a new song for Adagio's next album, and this is on the good way to be the new "Next Profundis" About the famous question: When will the new Adagio be released: Answer: November 2014 ! And yes, it's gonna be more progressive than ever Cheers”. Donc on se dit le voici le nouvel ADAGIO… Pourquoi ce renversement ?

Nous ne sommes pas encore en Novembre (rires) ! Il faut préciser que ce disque Enigma Opera Black n’a jamais été un potentiel nouvel album d’ADAGIO. Le disque d’ADAGIO est en fait quasiment terminé, depuis assez longtemps d'ailleurs. Je dois encore bosser sur les arrangements et on doit enregistrer également quelques petites choses ici et là. Mais ce "retard" est voulu, j’avais besoin de prendre du recul par rapport au groupe, une certaine lassitude s’était installée pour des tas de raisons, le management de l’époque voulait nous diriger vers une voie qui ne me plaisait pas pour le groupe et donc j’ai eu besoin de prendre l’air. Il fallait que je respire.

 

03. Donc ton précédent album solo a fait naître une envie qui t’a poussé à enchainer avec un second opus solo dans la foulée ?

Oui absolument. Je me suis tellement éclaté que je me suis dit qu’il fallait que j’attaque un un nouveau disque solo dans la foulée. Enfin "dans la foulée" est une expression exagérée car je suis assez long à travailler. Cela fait quand même déjà deux ou trois ans pour The Shadows Compendium donc tu vois ce n’est pas si rapide que cela.

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04. Quel est ton état d’esprit à quelques semaines de la sortie "dans les bacs" de Enigma Opera Black ?

Les guillemets autour de "dans les bacs" sont importants mais nous y reviendrons. Je suis excité, motivé enthousiaste. Je ressors extrêmement positif de la période précédente autour de The Shadows Compendium. Oui ces albums solo, des instrumentaux, ne s’adressent et n'intéresseront peut-être qu'une partie réduite du public métal mais ce qui est fou c’est que les retours que j'ai reçu avec cet album instrumental ont été bien meilleurs qu’avec l'ADAGIO des derniers temps. Avec le groupe nous étions un peu dans le flou, dans un certain stand-by. Un exemple, plus de gens me suivent sur mon Facebook que sur celui d’ADAGIO. C’est révélateur.

Mais il s’agit aussi du reflet de l’enthousiasme que je mets dans les choses. Je passe beaucoup de temps à correspondre avec les gens, à répondre aux messages sur les médias sociaux… Ma carrière perso prend le dessus en ce moment, j’ai fait des dates avec Marty Friedman dans toute l’Europe, des changements au niveau de mes partenaires et je progresse de côté-là aussi. Et j’ai fait tout cela sous mon nom.

 

05. Je vais être honnête avec toi ADAGIO a commencé comme une bombe avec un super premier disque, David Readman, de supers visuels, le deuxième pas mal et ensuite une lente descente aux enfers, des galères de chanteurs, une orientation plus extrême qui ne me plaisait pas… Pour beaucoup ADAGIO devenait synonyme de galères.

Tu résumes le parcours du groupe depuis ces débuts… Et tu mets le doigt sur les raisons pourquoi j’avais besoin de respirer. ADAGIO doit rester pour moi une activité dans laquelle je peux prendre beaucoup de plaisir, être content de faire de la musique avec mes camarades, mes potes. Cela doit rester un truc d’amis. Et là je ne me reconnaissais plus, je n’aimais pas le chemin que nous étions en train de prendre… Nous devions formater la musique d’une certaine façon parce que, voilà…

Je mets beaucoup de temps à sortir le nouvel ADAGIO parce que j’ai d’abord essayé de coller aux demandes du management, enregistrer, refaire, encore et encore à la demande du management. Il s’agissait alors d’un management anglais, de chez Sanctuary (qui a géré IRON MAIDEN…) et sa volonté était d’aller vers le mainstream, de faire d’ADAGIO à groupe à hits, si cela est possible, dans un genre métal mélodique. Donc moi bêtement j’ai essayé d’aller dans cette direction là et cela m’a gonflé. Il fallait des structures format chanson diffusables en radio, uniquement basé sur le refrain, un refrain super accrocheur et ADAGIO ce n’est pas ça. Mais on l’a fait, j’ai les bandes, avec deux chanteurs, Mats Leven et Kelly Carpenter.

Il y a des trucs cool que je pourrais réutiliser dans le futur peut-être. Vu le temps que j’y ai passé, les refrains sont top mais l’ensemble n’est pas ADAGIO. Peu ou pas de soli, très courts, pas trop techniques… bref plus une obligation qu’un plaisir. J’ai besoin de liberté et c’est pourquoi je suis autant à fond sur mon truc solo.

 

06. Le site internet officiel d’Adagio n’est plus mis à jour depuis 2011, inquiétant ? Quel est le devenir du groupe ?

Du bon est à venir. Ma décision a été de revenir à ce que j'aime, ce qu’est ADAGIO pour moi et j’ai donc arrêté ma collaboration avec ce management. Effectivement les sites d’ADAGIO sont en pause pour l’instant. Mais je veux revenir sur ce que tu disais sur le fait qu’ADAGIO est un groupe qui est parti en trombe. Le bordel est venu des changements de line-up aussi c'est sûr mais aussi de l'environnement du groupe. Le label a mis le paquet pour lancer le truc au début. Et puis ensuite le deuxième album ne lui plait pas, il est trop progressif donc il a tout arrêté, démerdes-toi. Donc d’un coup nous sommes passés de tout en haut à tout en bas en termes de soutien autour de nous, de support de notre label… Un solide budget a été mis dans la production, c’est vrai il faut le reconnaître, mais l’enthousiasme du label n’y étais plus.

 

07. Et en plus cela commence alors à foirer avec Readman

En plus oui, nous avions recommencé à tourner un peu avec lui mais cela devenait compliqué. Pas avec David directement d’ailleurs mais avec une partie de son entourage. Chaque fois que j’avais un plan ou un concert, il fallait rediscuter et le cachet augmentait. Je n’ai rien de négatif à dire sur David que j’aime beaucoup mais ce n’était pas lui qui décidait en réalité. Le management devenait une barrière. ADAGIO lui plaisait, il était mis pas mal en avant, sa voix était bien utilisée, il pouvait faire la preuve de sa palette vocale mais il a préféré rester accrocher à son autre groupe (PINK CREAM 69). Pour revenir au début de te question. Quand je compose cela sort comme du ADAGIO ou comme autre chose. Ce qui sortait naturellement était plutôt dans la veine de The Shadows Compendium, cela me plaisait énormément et donc le choix naturel s’est fait pour un second opus solo avant un nouvel ADAGIO.

 

08. Combien de temps as-tu mis pour composer, enregistrer… ce nouvel opus ?

Cela représente environ un an de travail, un an de demi en fait. Mais j’y suis allé tranquille j’ai choisi de prendre mon temps et de ne pas brusquer les choses. Je me fixe un agenda, pas au quotidien mais au moins une deadline, la date où tout devra être bouclée au niveau de la composition. A partir de là, j’agence mon emploi du temps avec mes autres obligations quotidiennes. Le risque n’est pas de ne rien avoir au moment fatidique mais que finalement à posteriori, après réécoute, cela ne me plaise pas. Si c’est le cas, et bien je reprends tout. A tout moment je peux enregistrer sur mon téléphone ou écrire sur le coin d’une nappe une idée une inspiration soudaine. Je peux même me coucher, m’endormir et tout d’un coup une mélodie me trotte dans la tête et malgré la fatigue je me lève, je rallume l’ordi et je l'enregistre. Parfois tout viens d’un coup, très précisément et je grave alors sur bande le tout, les arrangements, les orchestrations… C’est un flot.

Sur une année, certains moments sont très calmes, rien ne vient ou cela ne me plait pas. Et d'un coup les digues lâchent et là je peux y passer des heures et des heures. Je jette énormément. Des fois ce n’est pas génial sur le moment mais je le garde car parfois je le réécoute à froid et une autre idée va faire tilt et cela va me lancer sur une autre piste. C’est un rebond d’un rebond d’un rebond et cela fonctionne tout le temps ainsi pour moi. L’inspiration peut venir à chaque instant. C’est marrant car tous les matins, je n’ai pas le souvenir d’un matin ou ce ne soit pas arrivé, je me lève avec un air dans la tête et cela peut rester ainsi toute la journée. Et il faut que je l’écoute pour l’exorciser. J’ai de la musique dans la tête tout le temps.

Cela peut venir de tout, un jingle, une pub ou parfois des mélodies qui viennent de chansons connues. Cela peut-être Cabrel ou un chanteur de ce genre mais je n’entends dans ma tête que le thème et pas les accords réels. Derrière, dans ma tête, j’entends mes accords. Je transpose automatiquement dans mon univers. Ce ce qui fait la musique ce n’est pas le thème mais bien les accords derrières. Transformer ces accords peut changer radicalement le truc et les gens ne peuvent souvent pas deviner d’où cela pourrait venir. 

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09. Parle-nous de ta collaboration sur Enigma Opera Black avec Marty Friedman, comment s’est-il déroulé ? Que représente ce dernier pour toi ?

Je commence par le deuxième point. C’est une de mes plus grandes influences avec Jason Becker. Les deux forment un ensemble avec CACOPHONY bien sûr. L’un est très technique, Jason, et l’autre est, à son sens… Tous les deux sont très techniques et mélodiques mais l’autre est… un peu comme Murray et Smith dans IRON MAIDEN, ils se complètent admirablement bien. L’un joue sur le mélodique et l’approche des notes alors que l’autre est peut-être un peu plus véloce. Et là c’est le même principe, à un autre niveau de maîtrise guitaristique bien sûr. Oui Marty Friedman c’est une référence, tous les solos de Rust in Peace, pour moi, il n’y a rien à jeter, ils sont prodigieux.

Pour ma première rencontre avec lui, je travaillais alors pour un magazine qui s’appelait Guitariste et je m’occupais de la rubrique pédagogique métal. Et donc j’avais eu à l’interviewer, cela doit faire six ou sept ans. Il était venu à Paris et j’avais assuré l’interview à travers une private lesson, j’avais été dans le bus avec ma gratte. Et au bout d’un moment il me dit que cela le gonfle et qu’il préfère que nous jammions tous les deux. Donc je dis ok et nous avons joué deux heures ensembles et tu devines que j’étais aux anges, nous avons jammé sur des trucs de CACOPHONY de MEGADETH… Nous nous sommes alors liés d’amitié avant de perdre finalement contact. A la sortie de mon album solo, The Shadows Compendium, mon agent me demande si je suis partant pour faire le Guitare Universe Tour avec Marty en Europe. Tu devines le kiff et donc là nous avons pu passer beaucoup de temps ensemble. Le lien était rétabli et quand j’ai bossé sur ce nouvel album j’ai pensé à lui naturellement. J’aime bien avoir mes potes avec moi sur mes disques. C’était l’occasion de voir si cela le branchait. Il accepté et je lui ai donc envoyé les parties sur lesquelles je voulais qu’il joue.

Pour l’anecdote, c’est assez drôle, la première partie que je lui ai envoyé, j’avais anticipé le fait qu’il me dirait oui car la tournée s’était bien passée et donc j’avais composé une rythmique à la MEGADETH, car c’est ça qui me manque, son travail avec MEGADETH période Rust in Peace. Tout y est au niveau de la progression et si tu l’écoute, même sur le solo tu sais que c’est MEGADETH. Et je me suis dit, parce qu’il a quand même un peu d’amertume envers son ancien groupe, qu’il fallait tenter le coup mais qu’il pourrait ne pas adorer la surprise. Et il m’a répondu qu’il préférerait que je lui envoie autre chose car c’était trop progressif trop compliqué, il n'a pas dit parce que cela sonne trop MEGADETH… Il voulait quelque chose de plus simple et rock n’roll. Bref j’ai compris et je n’ai pas insisté. Donc j’ai refait une rythmique et il m’a envoyé son solo en me disant qu’il en avait trouvé un deuxième mais qu’il voulait que je sorte l’album d’abord avant de me l’envoyer. Depuis j’ai écouté et je préfère la première version.

 

10. Un mot des autres guests, pourquoi eux ? Marco Sfogli, Paul Wardinghamn & Andy James ?

Je connais vraiment bien Marco et Andy et le public aussi un peu à travers leur projet comme les disques de James LaBrie pour Sfogli. Les gens connaissent sans doute un peu moins Paul Wardinghamn, il a un concept cyber assez intéressant mais son solo sur cet album est absolument fou, prodigieux. C’est un mec phénoménal. Je le connais via Facebook, il habite en Australie et ne voyage pas aux USA ou en Europe. Nous avons beaucoup échangé mais je ne l’ai jamais rencontré. Mais je suis fan de ce jeu. Notre approche et notre technique sont très similaires mais si son positionnement n’est pas néo-classique : tapping, sweeping des trucs comme ça. Très heureux de sa contribution.

 

11. Pourquoi ce choix de lancer son label Zeta Nemesis Records ? Démarche surprenant et à priori à contre-courant de l’histoire qui veut qu’il n’y a plus d’argent à gagner avec des disques… Déçu du music system ?

Il y a plein de raisons et surtout pas une brouille avec Listenable qui avait sorti The Shadows Compendium. J’apprécie beaucoup Laurent de Listenable, ils ont fait un super boulot avec le disque. Il a bossé un disque instrumental de guitares comme il travaille un groupe de métal et ça c’est rare. Mais pour moi le modèle a encore évolué, chaque année cela change sur le moyen de consommer de la musique, de générer des revenus… Et je voulais être libre de savoir comment et avec qui je bossais. Et la grosse différence finalement quand tu es avec un indépendant petit ou moyen, pas un major ou un très gros indépendant, se place au niveau de l’investissement pour couvrir les coûts.

Généralement le label avance les sommes nécessaires pour l’enregistrement et la mise en bas et il récupère ensuite une belle partie des ventes. Et moi j’ai trouvé que ce n’était plus vraiment intéressant pour moi, vu le paysage, de sortir un album en bac, donc devoir verser de l’argent à un distributeur pour cela, à un label pour cela, payer pour une promo alors que je préfère faire tout cela moi-même car je vise la marché nord-américain et Listenable n’est pas implanté là-bas. Donc je préfère investir moi, gérer moi-même la promo en France et en Europe grâce à mes contacts et mon carnet d’adresse car je tourne depuis 10 ans avec ADAGIO donc j’ai les contacts, embaucher une assistante pour la mise en place… Le budget ainsi dégagé par le DIY me permet de mettre le paquet sur les Etats-Unis via une grosse agence de relations publiques là-bas.

En fait je sors le disque sur toutes les plateformes numériques et ceux qui l’ont pré-acheté le recevront le 28 octobre. En physique il ne sera disponible que sur deux endroits, je fais un essai. Amazon, donc j’ai fait un deal avec eux (le site US, le site Japon…) et uniquement sur mon site via une boutique en ligne refondue est optimisée.

 

12. Donc à la FNAC on ne trouvera pas le disque en version digipak ?

Non car aujourd’hui, en discutant avec beaucoup, qui va encore à la FNAC pour acheter ses sds ? Beaucoup commande sur Amazon ou sur les sites numériques ou de streaming. Donc est-ce que cela vaut encore le coup de donner un pourcentage à un certain nombre d’intermédiaires ? C’est un essai mais il faut s’adapter, il y a moyen de générer de l’argent.

 

13. Tu as lancé une action de financement participatif pour réaliser un clip. C’est un succès avec 7000 euros récolté. Pourquoi ne pas avoir fait aussi du crowdfunding pour financer l’enregistrement ?

A la base je n’ai pas très favorable à ce moyen de financement. Car pour moi cela fait genre, l’artiste n’a vraiment pas de thunes, il n’a aucun moyen donc il a recours à cela pour avancer. Et en voyant que STEEL PANTHER le fait, que Georges Benson le fait alors que c’est un énorme artiste donc avec la multiplication des expériences le système a évolué et remet le fan au centre. Et c’est bien lui le plus important. Il aime ta musique et il te soutient donc autant travailler avec lui plus en lui offrant des choses en échange plutôt qu’avec un label qui va faire des deal à 360 et prendre sur tout car ils ne s’ne sortent pas uniquement avec les disques. Donc je me dit allez, j’essaye sur le clip.

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14. Mais cela reste surprenant car cela sert encore à quelque chose un clip de ton point de vue ?

A l’origine je ne voulais pas faire de clip mais pour la promo US eux ils ont besoin de matière pour bosser et cela passe par un clip. Même pour YouTube cela prend une telle ampleur maintenant. Toi ou moi on doit être de la même génération donc on a du mal à se rendre compte mais aujourd’hui c’est vital. Regarde le nombre de gens devenucélèbres uniquement par YouTube ! Il existe des stars de la guitare sur YouTube. Donc il me fallait investir dans une vidéo chiadé pour exister et avoir une vitrine sur les plateformes vidéos.

Je parle avec mes neveux qui ont dix-huit ou vingt ans et eux ne fonctionnent plus comme nous les vieux. Je leur demande comment ils consomment, je fais mon petit sondage. C’est fou, ils ne consomment plus du tout comme nous, ils n’ont même pas d’appareils pour lire des cds… Tu vois, le promo de ce nouveau disque est sur une page internet plus de version physique. Et j’étais comme toi avant très attaché aux versions physique et maintenant j’ai tout viré, tout numérisé et c’est un gain de place fou. Même mes vinyles, j’avais tous les MAIDEN de mon adolescence. Désormais plus rien.

 

15. Petit tremblement de terre dans le landerneau métal, passage de LAG à Ibanez. Que cela t’apporte-t-il ?

Avant toute chose comme pour Listenable, je suis très respectueux et reconnaissant envers mes anciens partenaires et je ne les remercierai jamais assez du boulot fait. Donc après une super collaboration de quinze ans avec LAG, j’ai changé. Je suis ultra fan d’Ibanez depuis des lustres mais avant j’étais sans doute trop jeune et pas assez exposé pour pouvoir les intéresser. Quand j’étais chez LAG il était hors de question de passer chez qui que ce soit d’autre. Je vais chaque année au selon de la musique à Los Angeles (NAMM) et je rencontrais là-bas les représentants d'Ibanez. Ils sont venus me voir lors d’un concert avec ADAGIO en Hollande, bref bous étions en contact.

A un moment l’opportunité est apparue et c’est plutôt bien tombé. J’avais fait mon temps chez LAG cela ne pouvait plus t’apporter alors ce dont tu as besoin car ils ont pris une direction différente de la mienne. C’était le bon moment et j’ai donc sauté le pas, j’ai accepté de travailler avec Ibanez et je suis super heureux. Une guitare signature arrive, le proto est fini nous attendons juste le micro pour boucler.

 

16. Donc pour terminer quelle est la suite des événements ?

La sortie de ce second disque le 28 octobre avec une tournée masterclass dans toute la France à partir de novembre. Facebook pour avoir toute les infos. Et donc rappeler que le disque sera uniquement disponible sur Amazon.com et sur le site du label.

 

17. En 2012, je t’interrogeais sur la malédiction du chanteur chez ADAGIO ? Tu me disais alors ton espoir que Kelly Sundown Carpenter soit le bon. Alors deux ans plus tard ?

Et bien je n’en sais rien. Cela peut être lui, cela pourrait être Mats voir même les deux j’en sais rien encore. Le but comme pour mon projet solo n’est pas commercial, l’idée est de se faire plaisir, tous ensemble et comme ces deux chanteurs ont deux timbres différents cela peut s’avérer intéressant et complémentaire. Pourquoi pas deux chanteurs. C’est peut-être la solution… Donc peut-être pour 2015 sur mon label.

 

Tous nos remerciements à Ingrid pour avoir rendu cette interview possible.

 

Facebook de Stéphan Forté

Site du label

Boutique de Stéphan Forté

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01. Tout d’abord merci de prendre le temps de répondre à nos questions

Dan Kenny: Pas de souci, que le jeu commence !

 

02. You Can't Stop Me est désormais disponible en Europe. Avez-vous déjà reçu des réactions de sites internet / fans et de personnes ayant téléchargé l’album illégalement ? Dans l’affirmative les réactions sont-elles positives ?

Eh bien, nous avons donné le disque à de très nombreux media pour qu’ils publient des chroniques avant la sortie et donc nous avons eu les première reactions environ un mois avant la sortie en magasin. Honnêtement les gens l’ont vraiment aimé et ils sont très fiers de nous. Et putain, je suis très reconnaissant de cela. C’est la première fois que les chroniques sont toutes positives de toute part.

 

03. Quel était votre état d’esprit au moment de rentrer en studio pour l’enregistrement de l’album ?

Nous voulions donner le maximum pour que Mitch soit fier et que chaque fan soit persuadé que le groupe est bien vivant et heureux de continuer l’aventure.

 

04. A travers tout l’album, nous pouvons sentir une vibration typique de SUICIDE SILENCE, il est aisé de vous reconnaître. Penses-tu qu’il s’agit là de votre marque de fabrique, de votre son ou avez-vous fait le choix de proposer un album « prévisible » pour faire plaisir aux fans qui auraient été déçu du fait que le groupe continue même sans Mitch (car pour eux sans Mitch plus de SUICIDE SILENCE) ?

Nous ne sommes pas aussi intelligents et calculateurs, nous avons simplement le maximum pour être heureux des nouvelles chansons. Si nous sommes satisfaits, nous savons que les fans le seront aussi car nous fonctionnons ainsi depuis toujours. Nous avons essayé de nous contrôler et de suivre le programme prévu mais nous avions cette fois-ci de nombreuses muinitions et nous avons joué avec beaucoup d’émotions. Nous avons composé ce qui nous rendaient heureux, une musique qui nous a fait du bien.

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05. Il s’agit de votre premier album sans Mitch et, avant même la sortie, certains fans ont exprimé leur déception par rapport à votre décision de continuer malgré sa disparition. Peux-tu comprendre cette réaction ou penses-tu que SUICIDE SILENCE ne se résume pas à Mitch et que les fans devraient tourner la page comme vous l’avez fait ?

C’est beaucoup plus profond que cette question superficielle en pièce jointe d’un email qui patiente dans ma boite mail depuis quelques semaines. Je peux comprendre le point de vue de chacun sur le groupe et leurs opinions face à la décision que nous avons prise. Mais à la fin ce qui est arrivé est arrivé et nous sommes là où nous sommes. Et je tiens juste à remercier ceux qui me lisent d’être encore avec nous.

 

06. Après la mort de Mitch, avez-vous envisage de changer de nom ou même de splitter ou était-il clair dans votre esprit que vous ne pouviez pas arrêter et qu’il fallait continuer ?

Toutes les idées nous ont traversé l’esprit comme tu peux l’imaginer. Il faut bien comprendre que nous venions de perdre l’un de nos meilleurs amis et notre chanteur. Le groupe constitue notre activité à temps complet et nous vivions un rêve qui était devenu réalité. Donc perdre Mitch a été comme se réveiller de se rêve et être privé d’une personne fabuleuse. Donc ce fut un sacré traumatisme pour nous tous.

 

07. Quelle a été l’apport d’Eddie pour cet album ? A-t-il apporté des idées neuves pour que SUICIDE SILENCE soit encore meilleur ou n’a-t-il fait « que » chanter ?

Il a été présent dès le début, dès le premier jour de composition du disque. Ce groupe est une famille et nous voulions qu’il le comprenne. Il nous a tous beaucoup aidé et il était présent tous les jours pour la composition et l’enregistrement, il a apporté son énergie et son excitation. Il voulait que nous soyons fiers de nous et que Mitch le soit aussi et il a vraiment tout défoncé pour cela.

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08. A propos d’Eddie, les membres d’ALL SHALL PERISH ont déclaré dans une intrview qu’il avait été forcé de les quitter car le management de SUICIDE SILENCE leur a dit ce qu’ils pouvaient et ne pouvaient pas faire (par exemple ASP ne pouvait pas se produire en concert tant qu’Eddie n’était bien établi en tant que nouveau chanteur de SUICIDE SILENCE). Es-tu au courant de cela ? Et dans l’affirmative, n’est-ce pas un peu délirant de « voler » ainsi le chanteur d’un autre groupe ?

Je ne vais pas me lancer dans la polémique et commencer ici un drame. Les mecs d’ALL SHALL PERISH sont en réalité revenus sur leur parole. Ils ont essayé de nous allumer en affirmant que nous leur avions volé Eddie mais ils lui ont donné leur bénédiction et puis ils l’ont viré de façon assez brutale. Nous n’allons pas de notre côté entretenir cette controverse et les allumer à notre tour. Je leur souhaite le meilleur et j’’spère que nous pourrons à nouveau partager ensemble une scène dans le futur. Eddie pense de même.

 

09. Quelle est la suite (en plus de la tournée européenne avec TAIM et FFAA) ?

Nous allons être co-tête d’affiche avec BLACK DAHLIA aux Etats-Unis en octobre, avec en support ALTERBEAST et CHELSEA GRIN. Nous nous produirons au KNOTFEST également avec en particulier le retour de SLIPKNOT. Mais avant tout, nous allons nous faire plaisir en jouant notre musique et rencontrer certains des meilleurs fans dans le monde qui nous ont soutenus depuis le début.

 

10. Sur FaceBook vous avez plus d’abonnées que des groupes très établis comme CANNIBAL CORPSE, MORBID ANGEL… Penses-tu que SUICIDE SILENCE est plus gros que ces groupe et mérite plus de concerts en tête d’affiche que ces « vieux » groupes ?

Non, non même pas en rêve. Si le nombre d’amis Facebook déterminait qui assure la tête d’affiche d’une tournée, nous serions vraiment dans un monde à la con, qui a perdu la tête. Le rayonnement au sein de ces nouveaux média n’est pas optimal pour ces vieux groupes car, soyons un peu rationnel ici, leurs fans ne sont pas sur FaceBook à cherches leur actualité. Ce n’est pas la façon de faire des fans de la vieille école, ces groupes sont d’une autre génération que nous. Nous sommes des enfants d’internet et nos fans aiment utiliser Facebook pour rester en contact avec nous de la même façon ils utilisaient avant MySpace et avant cela Friendster. Je te parie que si tu demandes à David Vincent s’il a déjà utilisé Friendster dans sa vie, il te répondra sans doute qu’il n’a aucune idée de quoi tu peux bien parler.

 

11. Un dernier mot pour nos lecteurs ?

J’espère que vous avez apprécié la lecture de cette interview autant que moi pour en rédiger les réponses. Cela ne devrait pas être difficile !! Mais si vous voulez vraiment prendre du bon temps, venez nous voir en concert et devenez dingues avec nous car nous faisons cela pour ça. Merci à tous et j’espère vous voir bientôt sur la route. Faites que tout cela reste une réalité !

 

Chronique de l'album ici

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