Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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Taux de remplissage: Pas excellent mais correcte.
Son : Un peu trop élevé mais plutôt bien en place malgré quelques petits problèmes.
Lumière : Rien de bien transcendant dans une si petite salle.
Ambiance : Conviviale
Moments forts : Une reprise de « Radar Love » endiablée qui se finit mal pour la batterie et « Home Sweet Home » pendant laquelle le public ne laisse pas vraiment l'occasion à Brandon de chanter.
Photos: Non disponibles

En cette magnifique journée où les gens se pressent vers les terrasses, votre humble serviteur est lui caché dans un des nombreux souterrains de la capitale écossaise pour essayer d'en savoir plus à propos de Cheap Thrill, le nouveau bébé de Jeff LaBar et Eric Brittingham (Cinderella) et de Brandon Gibbs (Gibbs Brothers). C'est aussi avec plaisir que le concert de ce soir voit Troy Patrick Farrell (White Lion) s'ajouter au line-up de cette première tournée européenne. Eric nous explique pourquoi Troy apparaît soudainement dans le groupe: 

« Nous utilisons plusieurs batteurs pour des raisons pratiques, tout simplement. Nous sommes tous basés à Nashville, et quand nous tournons dans le grand Sud, mous trouvons plus utile de prendre Chenney Brannon avec nous. Pour cette tournée en Europe, il était logique pour nous de choisir Troy qui est un bon ami, a l'habitude de jouer nos titres et est surtout très efficace sur la route pour garder une organisation sans faille et mettre une batterie en place en quelques minutes. »

La capacité de Troy à gérer une situation d'urgence sera prouvée le soir-même lorsque après avoir prévenu le groupe de première partie Shock! Hazard qu'il ne prendrait pas de pincettes avec la batterie, Troy détruisit la caisse claire durant une reprise de White Lion, devant ainsi interrompre le concert pendant quelques minutes pour pouvoir changer de matériel… Mais ce choix multiple de batteur nous ammène aussi au tout début de ce qui devait devenir Cheap Thrill, comme Jeff nous l'explique:

« Notre choix de batteur est très simple. Nous avons commencé en tant que trio acoustique, et on aurait très bien pu en finir là aussi si ce n'aurait été pour la demande qui a suivit notre concert sur le Monsters of Rock Cruise 2013. Tout d'un coup les promoteurs nous disaient: 'Vous devez vous trouver un batteur et on vous offre telle et telle date ' Alors on a regardé autour de nous et qui était là ? Troy et Chenney, on leur a demandé si ça les tentait et nous voilà ! »

Le groupe semble semble prendre un immense plaisir à jouer en live. Un plaisir facilement transmis au public durant la nuit qu'ils passent à Edimbourg. Après que Guttergodz aient chauffé la salle avec leur sleaze rock sympa mais sans prétention, Shock ! Hazard tentent de sortir l'artillerie lourde mais malgré tous leurs efforts et acrobaties (Le chanteur/guitariste disparaît de scène à un moment pour aller jouer dans le bar adjacent), le groupe ne peut que mettre un petit sourire sur nos visages qui ne se transformera en excitation que lorsque Troy nous annonce depuis la scène :

« Bon allez on va démarrer ! Je ne vais pas faire ma star et sortir de la salle comme les autres, j'ai déjà assez galéré à me retrouver derrière ma batterie ! »

Le groupe nous avoue sans complexe qu'ils ne se prennent pas au sérieux, comme nous le disait Brandon :

« On est fier de pouvoir dire que l'on se nourrit d'un bon public. On aime être sur scène »

Et à Eric de rajouter :

« On ne souhaite pas se la jouer groupe trop sérieux sur scène et on veut que le public puisse ressentir ça. Au final nous ne sommes que quatres gars marrants qui aiment se marrer sur scène et partager ça de la meilleure façon possible avec le public. »

Et effectivement on peut voir ce soir là que le groupe aime partager son énergie avec l'audience présente. Troy s'éclate derrière son kit comme jamais, Brandon prend un plaisir incommensurable à arranguer la foule pendant que Jeff joue les grognons dans son coin mais violente sa guitare comme jamais sur chacun des titres de la soirée, pour le plus grand plaisir d'un public déjà conquis à l'avance par la renommée internationale des musiciens. Mais s'il semble que le groupe s'en donne à cœur joie sur scène, nous nous devons tout de même de leur demander si leurs tournées frénétiques sans même un album sont un choix ou plutot une représentation de notre époque où un groupe préfère tourner que d'enregistrer un cd qui ne se vendra pas aussi bien que prévu. Eric nous répond :

« Ce nest pas un choix, nous n'avons tout simplement pas le temps ! (Jeff confirme depuis son canapé). Nous sommes tout le temps sur la route avec un groupe ou l'autre et nous ne trouvons pas le bon moment pour nous arrêter et nous poser le temps d'un album ensemble »

Brandon ajoute :

« Mais nous allons le faire à un moment, nous ne savons pas encore comment, ou sous quel format, avec quel batteur, mais nous le ferons. Peut-être que nous ferons même en sorte d'avoir tous les batteurs sur l'album ? Qui sait ? Mais nous composons ensemble et nous voulons enregistrer ce que nous faisons. »

Eric continue :

« Avec l'internet maintenant il serait facile de se poser dans un studio quelques jours et d'avoir un produit prêt à être vendu en ligne en un rien de temps, nous devons juste nous décider à franchir le pas. »

Mais puisque le groupe est toujours sur la route, ne serait-il pas plus facile de tout simplement enregistrer un album live ? Jeff approuve :

« On en a déjà parlé et certaines personnes voudraient que l'on se lance dans cette aventure. Nous y réfléchissons… »

Le groupe Cheap Thrill lui même s'est formé d'une façon incongrue. Avec une première apparition lors de la croisière Monsters of Rock, il pourrait même sembler que le groupe se soit formé pour des raisons pratiques plus qu'autre chose. Brandon revient sur les débuts du groupe :

« Je joue avec Eric depuis longtemps et nous jammions ensemble quand soudainement nous nous sommes rendus compte que je jouerai sur cette croisière en même temps que Cinderella. Le pas suivant était logique. On s'est tous assis dans mon salon avec Eric et Jeff et quelques guitares et on a  commencé à discuter des titres que nous pourrions reprendre le temps d'un concert acoustique ensemble. Sans vraiment nous en rendre compte nous avons créé une demande et les tournées ont commencé »

Et le groupe est maintenant à l'aise avec sa set-list sur scène. Une liste de titres principalement composée de reprises de Cinderella (« Nobody's Fool », « Heartbreak Station », « Save Me »…), de quelques compos de Brandon auxquelles viennent s'ajouter une reprise inattendue de Michael Jackson, une reprise de White Lion (« Radar Love ») et un titre de Mötley Crüe (« Home Sweet Home »), mais c'est bien évidemment les titres de Cinderella que le public veut entendre, ce qui nous pousse à nous demander comment Brandon gère l'idée de se retrouver à la place de Tom Keifer, il nous explique cela :

« Je suis un grand fan de ce que Jeff fait sur scène, et il le fait parfaitement. Alors je ne suis pas là pour essayer de l'imiter. Dès le départ j'ai voulu faire mon propre truc, avec mon style, et les gens l'acceptent plutôt bien ! Je n'ai encore jamais entendu personne venir me critiquer sur ce que je fais. Les gens sont encourageant et m'aident à trouver ma place dans le groupe. De plus je connaissais Eric depuis un long moment donc je savais qu'il m'aiderait à trouver ma place sur ces morceaux et qu'il me supporterait. »

Mais voir deux membres originaux de Cinderella sur scène jouer leurs morceaux quand Tom est lui en pleine tournée pour un album solo nous pousse à nous demander si cela n'apporte pas un peu de rancoeur. Eric commence :

« Evidemment lorsqu'on ne tourne pas avec Cinderella il faut bien continuer à payer les factures alors on cherche à rester sur la route. Mais Tom a vu cette opportunité de finalement sortir un album solo lui tomber dans les bras alors il ne pouvait certainement pas refuser. Tu sais avec Cinderella on fait notre tournée d'été de dix ou douze semaines et après on sait très bien que ça n'ira pas plus loin… »

Jeff ajoute :

« On ne peut pas critiquer le fait que Ton veuille faire ses propres trucs, mais on sait aussi à quoi s'attendre avec le temps. »

Ce qui nous ammène forcément à mentionner le fait que tant de fans éspèrent encore un album du groupe après tant d'années, et je ne peux pas résister à la tentation de mentionner que Tom dit depuis des années que la raison derrière cela est la crainte de se retrouver encore une fois dans une impasse avec une maison de disque, ce qui ne l'a pourtant pas empêcher de sortir son propre album. Jeff nous donne sa version :

« C'est clair que tu ne risques pas de nous avoir entendu dire que nous ne voulions pas enregistrer. Nous sommes prêts, quand il le veut. Mais quand on voit que cela lui a pris dix ans pour pondre un album solo… »

Eric intervient :

« Dans dix ans je ne pourrais peut-être même plus jouer… Jeff lui a pris quelques semaines pour sortir son album… »

Jeff continue :

« Oui mon album était réglé en quelques semaines. Son album solo a pris dix ans. Ces titres qu'il joue maintenant en solo, la plupart d'entre eux sont des titres que nous avons répété ensemble il y a quinze ans de cela, pour un nouvel album de Cinderella, avant le désastre qu'a été notre contrat avec Sony… Et maintenant les voilà sur un album solo. Donc je peux te le dire, je ne pense pas qu'un album du groupe se fera, mais ce n'est certainement pas notre faute… »

Cette discussion tombe également pile le jour ou un 'nouvel labum live' de Cinderella est annoncé. Stripped, c'est son nom, n'étant en fait qu'une nouvelle version sans aucun ajout du fameux live au Key Club de Los Angeles déjà sorti sous différents noms et supports. Eric et Jeff s'empressent de commenter, unanimement :

« Nous n'étions même pas au courant tu vois. Ça nous emmerde parce que les fans viennent se plaindre vers nous alors que nous n'avons strictement rien à dire dans cette décision… Tout cela est la faute de Cleopatra qui une fois de plus se décide à changer le nom et la pochette de l'album pour capitaliser sur notre nom… »

Cela n'empêche pas le groupe de s'en donner à cœur joie sur scène. Les titres se succèdent de façon intense mais toujours bon enfant. Le public ne se lasse pas d'entendre les vieux tubes cotoyant des nouvelles compos qui ont tout d'un hard rock moderne et confident mais sans grande prétention, et malgré la présence de trois vieux baroudeurs du circuit rock, la star de la soirée est clairement Brandon qui s'éclate sur scène et transmet son énergie au public avec une aisance déconcertante et un sourire à toute épreuve. Jeff nous avait prévenu :

« Si tu veux savoir à quoi t'attendre pour ce soir regarde Brandon, ce gars va t'en mettre plein les dents et les gens vont vite réaliser à quel point il est doué en tant que frontman. On est peut-être les gars connus, mais au final c'est lui le chanteur, c'est lui qui mène la danse, et il le fait extrêmemement bien ! »

Et pendant que Brandon rougit après ces compliments, il est temps de conclure sur les attentes du groupe pour cette première tournée Européenne 

Eric : « Prendre du plaisir sur scène et profiter de l'énergie que les gens ont à nous offrir… »

Jeff : « …Et profiter des seconds shows après les concerts ! On veut rester accessibles avec nos fans et ne pas aller nous planquer backstage ! Alors tu nous trouveras au bar ! »

Brandon : « Et aussi survivre à l'expérience d'un aéroport avec Eric ! Ce mec ne s'arrête pour personne et pour ma première tournée en Europe je n'ai pas vraiment le temps de souffler ! »

Mais le groupe tiendra ses promesses durant toute la soirée. Brandon prend d'assaut la scène pendant que les autres musiciens, posés dans leurs rôle de vétérans, lui offrent la liberté qui lui est nécéssaire par une solidité à toute épreuve. Malgré le public plutôt clairesemé d'une salle pas tout à fait pleine le groupe s'accroche et nous fait vibrer. Certes, on peut encore ressentir les petits problèmes d'un groupe qui se cherche encore et la présence scénique ne balance pas tout à fait les petites erreurs de placement sur les choeurs ou sur certaines transitions, mais on leur pardonnera bien cela car ils restent, comme il le disent eux-mêmes, un groupe qui ne se prend pas trop au sérieux mais cherchent à se faire plaisir et à partager cela avec le public !

Nombreux sont les pisse-vinaigres en France à pester contre l’absence de grands événements métal dans l’hexagone. Le Hellfest a bien sûr mis un sacré coup de pied dans la fourmilière surtout avec l’affiche exceptionnelle de l’édition 2014. Et pourtant, pas loin de chez nous, dans un pays cher à la rédaction de Métal Chroniques, a lieu en avril depuis des années le PPM Fest. Ce festival très sympathique, mené par des passionnés, vous offre l’opportunité de prendre votre pied grâce, encore cette année, à une pléthore de groupes connus et moins connus. Et tout cela à Mons en Belgique, à 250 km de Paris !

Donc les franciliens, les gens de l’Est, du Nord, bref de quasiment toute la France, vous n’avez aucune excuses pour ne pas y aller. Il reste encore des places, ne vous privez pas ! Nous avons pu rencontrer Tony, un des organisateurs pour parler de son événement et en découvrir les coulisses.

 

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs le PPM FEST ?

Bien sûr, c’est un festival qui a commencé en 2010 avec SCORPIONS en tête d’affiche à l’époque. Nous étions sur une journée en 2010 et 2011 et en 2012 nous sommes passés à trois jours. Cette année en 2014 nous serons donc à la cinquième édition. Un long weekend ! On s’est vite rendu compte que les gens qui venaient au PPM voyageaient souvent de très loin. Quand je te dis très loin c’est le Brésil par exemple il donc pour rendre l’expérience plus intéressante, avoir trois jours devant soi c’est plus sympa que tout concentré en une seule journée. C’est le résultat de discussions avec les gens.

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02. Quel est la philosophie général pour ce festival et pourquoi avoir lancé cette aventure en 2010 ?

L’idée c’était de vraiment un petit fest, quasiment entre nous, pour faire découvrir à un plus large public deux groupes italiens que j’ai déniché à l’époque. Et puis de fil en aiguille, le truc a grossi grâce à nos contacts et cela a pu déboucher sur la programmation de SCORPIONS ! Oui c’est important et cela fait finalement pas mal de temps que nous sommes dans le milieu donc en connaissant les bonnes personnes tu peux arriver à décrocher des grands noms. Le réseau existe. Et puis tu apprends vite que pour faire quelquechose de correct il faut investir, mettre de l’argent et si tu vises petit, même en y mettant de l’argent tu as les meilleures chances d’en perdre, à la fin de l’argent. Tant qu’à faire, on prend un risque et on y va franchement.

Et nous avons payé cher pour le savoir, pour la première édition, cela a « planté au niveau financier et nous avons perdu de l’argent sur la première édition. Beaucoup même. Nous avons commencé seulement l’année dernière pour l’édition 2013 à rentrer dans nos frais et atteindre l’équilibre. En 2013 nous avions une sacrée affiche avec AVANTASIA, QUEENSRYCHE, HELLOWEEN…

Cette année, en 2014, l’affiche le parait presque plus forte, moins de gros noms peut-être mais des groupes plus rares, plus une programmation de connaisseurs en fait. Notre programmation est exceptionnelle cette année avec des premières mondiales comme EPYSODE. Et puis ajoute PAGAN’S MIND DRAGONLAND et d’autres que tu ne vois pas beaucoup, … DRAGONLAND ils n’ont pas joué depuis 2007 ou alors uniquement en Suède donc les fans européens vont pouvoir se régaler ici. IN EXTREMO pareil, GRENOUER, un groupe russe. L’idée était d’offrir une affiche différente et rare. Si tu viens au PPM et que tu vas après au Hellfest, Wacken ou Graspop, tu ne reverras pas les mêmes. Tu n’auras pas la désagréable impression d’avoir claquer ton pognon pour deux fois la même chose.

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03. Comment se fait le choix des artistes ?

Il y a bien sûr les coups de cœur comme EPYSODE ou BOREALIS. Ce dernier, des canadiens, est une super découverte, le groupe qui tue. Même chose pour PERSEPHONE, un groupe d’Andorre avec un niveau technique monstrueux. C’est ça c’est nos découverte et c’est ma partie au niveau organisation. J’aime de fouiller et d’essayer de dénicher des groupes moins connus mais très talentueux. Et en plus de cela il ne faut pas oublier les grands noms comme SAXON ou PAIN et là c’est Greg, l’autre personne en charge de la programmation sua sein du festival qui s’en charge.

Et donc il te faut un équilibre entre les deux, tu ne peux pas faire que des grosses pointures ou que des groupes découvertes. Les deux aspects se nourrissent l’un de l’autre pour le meilleur envers les spectateurs. Chacun gère sa partie mais ensemble. On a des idées et on s’en parle et on avance. Pour le coté extrême nous avions BEHEMOTH l’année dernière. Dans une veine similaire nous avons MY DYING BRIDE cette année. Il faut une affiche éclectique, pour tous les goûts.

Mais pour être honnête le concert de BEMEMOTH a été décevant l’année dernière cela n’a pas vraiment accroché. Pendant le show, pas mal de spectateurs sont partis. Mais je pense aussi que c’est BEHEMOTH qui n’a pas joué le jeu. Ils n’ont pas fait leur show, ils ont très bien joué c’est sûr mais ils peuvent s’imposer avec un méchant son sur scène. Un putain de groupe mais là ils ne sont pas rentrés dedans et n’ont pas voulu se prendre à leur propre jeu. Et puis cracher dans la soupe avec Nergal qui fait des commentaires sur STRATOVARIUS s’est un peu dommage. Cela fait partie de leurs personnages mais bon dommage. Alors que ROTTING CHRIST quelques heures avant a remporté tous les suffrages…

 

04. Meilleur souvenir et pire galère ?

La pire galère s’est assez facile, c’est SCORPIONS. Travailler avec un groupe pareil c’est forcément compliqué. C’est un grand groupe, la première année ou nous organisons donc peu d’expérience et un management impitoyable. Le mec a vraiment voulu m’apprendre comment on n’organise un festival et j’en ai vu de toutes les couleurs avec lui. Il m’a mis à l’envers dans tous les sens et m’a expliqué à la dure comment il fallait faire. Côté business, il m’a expliqué le film. Donc une expérience très formatrice mais cela m’a coûté cher, on parlait d’annulation, donc les enjeux était énormes. Je ne vais pas rentrer dans le détail pour on est passé à deux doigts de la catastrophe pour des broutilles.

Je n’ai jamais connu cela avec d’autres artistes, ce fut complétement dingue. AVANTASIA par exemple avec quelques personnalités aussi, à côté ce fut facile. Nous avons eu des mots de remerciements après pour l’accueil. SCORPIONS aussi mais après. On te modifie le running-order trois semaines avant le festival car ils craignaient les retards et donc de jouer à deux heures du matin. Ils ne voulaient pas monter sur scène après 22h30. Donc tu dois convaincre dix-sept autres groupes de changer le planning… Enfin que des trucs comme ça. Et finalement nous étions dans les temps et je me suis permis de les faire attendre trois minutes avant de démarrer leur show.

J’ai énormément de grands souvenirs. Le plaisir, c’est d’arrivé à la fin du festival, et en nettoyant les loges de trouver un petit mot de remerciements de Tobias Sammet ou de Pamela Moore ou des groupes qui apprécient l’accueil. La rencontre humaine est centrale et fait le charme de ces événements. Que ce soit avec les artistes, les bénévoles et bien sûr le public.

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05. Comment vois-tu l’émergence et maintenant la force du Hellfest ?

C’est génial, il faut avoir les couilles. Je n’ai pas vraiment de contact, nous sommes trop petits et je n’ai rien à lui apporter. J’ai quelques échanges avec Bob du Graspop mais rien de plus en général avec les organisateurs d’autres festivals. Je me sens pas comme un concurrent mais certains autres, pas en France, nous prennent pour des ennemis. Et je ne citerai personne. Cette année l’affiche est absolument monumentale, j’ai rien vu d’aussi exceptionnel depuis les années 80 à l’époque des Monsters of Rock. C’est que bonheur et cela reste accessible pour nous.

 

06. Est-ce un avantage d’avoir lieu tôt finalement, comme un rodage pour les groupes en prévision des festivals estivaux d’envergure ?

Il faut se positionner sur un calendrier pour se faire connaître et être attractif et à partir de mai et juin les gros événements débutent et là c’est mort pour nous. Donc nous ne pouvions qu’ouvrir ou ferme la saison des festivals. Si tu décides de fermer la saison, tu es en novembre et décembre, donc l’hiver avec les problèmes de neige donc avril c’est plus simple. En avril tu peux profiter des tournées des groupes et faire plus facilement des one-shot mais cela coûte aussi plus cher. Et cela pose aussi des problèmes. L’année passée nous avions AIRBOURNE qui était presque finalisé mais les membres du groupe ont dit qu’ils se voyaient mal s’enquiller dix-huit heures d’avion pour un show. Et c’est vrai ! Cela aurait pu se faire avec une tournée autour comme HAMMERFALL ou AVANTASIA. Eux ils ont démarrés leur tournée avec le PPM. SCORPIONS pareil… Là ça fonctionne.

Et les avantages sont là, de faire ton concert de chauffe dans une grande salle tout en restant dans des conditions humaines. Tu commences tranquillement avec six ou sept mille personnes alors qu’un stade de soixante-mille ne pardonne pas. Ce rodage peut-être une façon d’approcher les groupes. Même chose pour les groupes US qui sont souvent alors en Amérique du Sud mais si les plans changent hors dehors de nous il n’y a pas grand-chose. Donc nous sommes une bonne solution. 

 

07. En termes de timing, tu commences à bosser quand sur l’édition suivante ?

Cela représente environ un an de boulot donc quand l’édition précédente est finie, tu attaques de suite l’organisation les premiers contacts pour le festival suivant. Cela ne s’arrête jamais car il faut faire des contacts puis les entretenir. Si tu ne peux pas avoir un groupe une année, tu essayes pour l’année suivante. C’est souvent comme cela pour les petits groupes. Cette année nous avons eu du mal à boucler l’affiche car beaucoup étaient dispo pour l’édition 2015. Donc nous avons déjà de belles perspectives. Je ne dis rien pour l’instant, laissons passer d’abord cette édition 2014.

 

08. On sait que le Hellfest a eu des soucis avec des associations catholiques. As-tu fait face à ce type de problème ?

Rien de ce type chez nous. Par contre je voudrais des controverses comme celles-là chez nous car finalement si tu y réfléchis, c’est tellement débile que cela se transforme vers une belle pub gratuite. A la fin cela devient rigolo car toute personne sensée prend cela au trentième degré. Au niveau des commerçants nous sommes bien vus, au niveau de la Police s’est parfait car il ne se passe jamais rien lors des festivals, pas de bagarres. Le métalleux est poli, il vient prendre du plaisir avant tout, discipliné, gentil.

Côté sponsors c’est dur car dans la région de Mons, tous les budgets sont déjà partis donc il faut ramer. Les attributions sont faites pour d’autres événements. Financièrement, nous ne sommes aidés que par la loterie nationale et Maes le distributeur de boisson. Tous les autres sont des partenaires avec lesquels nous faisons des échanges au niveau promo, service ou commercial… Ils nous apportent les camions, des hôtels… Dans la réalité les clichés en Belgique de quinze brasseurs et dix baraques à frites n’existent pas.

 

09. Tu sembles mettre en avant le fait que contrairement à d’autres festivals, les spectateurs pourront voir tous les groupes (32) et n’en rater aucun. Est-ce important ?

C’est très important pour nous car nous sommes aussi nous-mêmes festivaliers et cette frustration est très énervante bien souvent. Et c’est le cas dans tous les grands festivals. Tu as potentiellement deux cents groupes mais tu n’en verras dans de bonnes conditions que quelque uns car ils jouent en même temps ou tellement loin les uns des autres que c’est mort. Donc même ceux que tu veux absolument voir tu ne vas pas y arriver dans de bonnes conditions. Je reviens du Graspop ou du Hellfest et je n’aurais vu que quatre groupes correctement. Je trouve cela frustrant mais l’ambiance est aussi différente par rapport au PPM donc chacun fait son choix selon ce qu’il attend de ce genre d’évènement.

Et nous c’est clair nous resterons avec une scène unique alors que des propositions ont été faites pour faire une scène extrême et une scène power/prog. Je ne vois pas l’intérêt. Le but c’est le ménage et la découverte d’autres genres. Les russes de GRENOUER personne de les connaît et tu n’as pas payé pour cela. La surprise pourrait être très bonne finalement. J’ai de beaux espoirs pour PERSEPHONE aussi cette année. Et si tu ne fais pas découvrir de nouvelles choses, que se passera-t-il quand les mecs d’AC/DC, METALLICA, IRON MAIDEN s’arrêteront, il restera quoi ? Il faut aussi donner de la place aux nouveaux groupes. Il existe énormément de groupes talentueux.

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10. As-tu pu envisager de faire cela en plein air ?

Non non nous n’avons jamais pensé faire cela en plein air, la météo est trop capricieuse et nous allions à la catastrophe certaines années. Ou alors il aurait fallu se déplacer dans le calendrier. Mais beaucoup de gens font déjà cela correctement. JE pense que nous comblons un manque dans la calendrier et que nous avons une façon de faire bien à nous. Il nous faut installer ce festival à une période fixe pour grandir. Mais je ne te cache pas que cela va changer au niveau du lieu. Oui la salle est fantastique mais comme nous n’avons aucun soutien cela devient difficile.

Donc on va changer, les contacts sont pris pour aller pas très loin, toujours assez accessible pour tous avec des aéroports, hôtels.. Mais on ne va pas se précipiter et attendre pour aller aussi vers un mieux, moins cher, car le coût de la salle est salé. La salle nous coûte 25 000 euros sans compter les jours de montage et démontage donc une semaine pour tout installer et trois jours pour tout remballer. Alors que quand tu loues un champ cela coûte proche de zéro en comparaison.

 

11. Sur le prix d’un billet pour un événement comme le PPM, quels sont les grands équilibres entre les différents frais ?

Au PPM, le budget artistique (avec les frais de voyages) c’est 50% et la structure donc la location de la salle, la scène, la sono… représentent 45%. Le reste c’est les bénévoles le catering. Et le but c’est d’arriver à la fin à rentrer dans ses frais, à zéro. Moi je gagne ma vie de mon côté, je n’ai pas besoin du festival pour faire du fric et vivre. Nous sommes tous des bénévoles, pire nous prenons des sous de notre poche et nous les investissons dans le PPM.

Si on dégage des recettes cela sera réinvesti pour améliorer certains aspects ou pour construire une affiche encore plus forte. Des groupes encore plus exceptionnels. AIRBOURNE ils ne font pas les dix-huit heures d’avion à moins que tu mettes la main à la poche. Il faut avoir des couilles comme Ben pour le Hellfest. Et le souci c’est de tenir. En France vous pouvez aller voir des banques mais en Belgique cela n’en vaut pas la peine, c’est perdu d’avance.

 

12. Artistes que tu rêves de voir jouer au PPM Fest ?

Je choisirai des groupes avec lesquels nous discutons déjà et que nous avons même failli avoir mais souvent des problèmes de calendrier n’ont pas rendus la chose possible. C’est obligé il nous faut un jour DREAM THEATER, un SYMPHONY X… Sinon pas de groupe de rêve. J’aimerai VANISHING POINT les australiens et cela s’est joué cette année à 15 minutes. Les coups de cœur à moi. Il ne coûte pas chers mais il faut que le calendrier soit avec nous. A force, nous les aurons. Il faut venir cette année puisque le bassiste de SYMPHONY X, Michael Lepond sera là avec EPYSODE sur scène.

 

13. Que peux-tu nous dire pour donner envie à nos lecteurs de venir ?

Nous avons remarqué que les gens qui viennent au PPM, reviennent au PPM. Plusieurs raisons pour cela : notre programmation est un peu différente, l’accueil est aussi un peu différent car il ne s’agit que des bénévoles. Le mec qui t’accueille et qui contrôle ton billet c’est le même mec que toi, un fan et il t’accueille avec le sourire, il ne regarde pas l’horloge pour prendre sa thune… Venez pour essayer et vous ne serez pas déçus !

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14. Que retiens-tu de l’aventure Eight Pieces, One World ?

Une période très chouette, nous n’avons eu que des belles réactions. Je reste quand même au peu déçu parce que je trouve que nous n’avons pas pris assez de temps dans la réalisation, nous avions un deadline vis-à-vis du studio. J’ai écrit les textes, composé les lignes de chant et réalisé mes prises de chant en cinq jours. C’est un peu dommage car nous aurions fait encore mieux avec un peu plus de temps. Mais cela reste que du bonheur sans grande prétention, se faire plaisir et proposer de la musique sympa.

 

15. Tu n’as fait jouer ton groupe (MAX PIE) que sur certaines éditions et pas systématiquement année après année. Pourquoi ?

Cela n’a rien à voir et il n’y a pas eu de démarche de ce type en créant le PPM. Il faut se rendre compte que quand nous organisons ce type d’évènement, nous recevons entre 15 et 20 sollicitations par jour de la part de groupes. Et toi tu es dans un groupe et tu dis à tes camarades que parce que tu organises les autres vont jouer mais pas toi. Et crois-moi c’est dur à dire et c’est dur à attendre pour tes camarades. Je ne sais pas toujours leur dire non. Pendant le PPM ce n’est pas là où je m’amuse je suis pris et speed du matin au soir à régler tous les problèmes qui surviennent forcément. Donc assurer un concert dans ces conditions-là alors que tu dois tout gérer en même temps, c’est l’horreur. Les deux fois où nous y avons joué, mn m’attrapé quinze minutes avant de monter sur scène, on m’a arraché mes talkies, j’ai changé de fringues et vas-y pour ton concert.

Ensuite je ressors de scène je reprends mes talkies et c’est reparti. Franchement cela n’a rien d’agréable. Je le fais par respect pour tes autres musiciens. On l’a fait l’année dernière car il y avait un intérêt avec la sortie du nouvel album. Mais en 2014, cela ne se justifie pas. Et même à l’inverse le PPM coûte à MAX PIE car j’ai peu de temps à lui consacrer. Cette année j’ai longtemps hésité avant d’accepter le DURBUY ROCK deux semaines avant le PPM. Je ne sais pas dans quel état je serai. Ce n’est pas lors du PPM que tu me verras en forme. Quand j’ai des sous et qu’une équipe d’en occupera oui peut-être.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Hell Patrol » de RAVEN

 

2. Premier album acheté ?

Je ne me souviens plus mais ce doit être Spellbound de TYGERS OF PAN TANG ou le premier MONTROSE mais je ne sais plus si je l’ai acheté, volé ou s’il s’agit d’un cadeau.

 

3. Dernier album acheté ?

Le BOREALIS ou le dernier ASTRA.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

Site internet

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01. Après une tournée épuisante avec NIGHTSWISH, nous aurions pu penser que tu aurais pris un break pour toi et tu te lances dans ce nouveau projet. Es-tu un travailleur compulsif ?

Non non je travaille seulement quand je le souhaite, sans pression particulière, je me sens bien. J’ai finalement pu bénéficier d’un moment de liberté dans ma vie, un « trou » dans mon agenda. Et puis j’avais assez d’économies sur mon compte en banque pour pouvoir me lancer dans ce projet qui me trotte dans la tête depuis quatorze ans maintenant. Et je ne me sens pas oppressé par le travail car ce que j’accomplis avec NIGHTWISH ou ce Scrooge ne me semble pas vraiment constituer un travail.

Je m’étonne toujours quand les gens désignent mon activité artistique comme un travail. En tant que musicien, tu es toujours en train de travailler et en même temps toujours en vacances, rien à voir avec l’usine… Bien sûr en tournée cela peut s’avérer plus difficile, tu ne dors pas très bien et une certaine routine s’installe mais cela reste un privilège et nous ne devons jamais l’oublier.

 

02. Quand tu as dévoilé ce projet, nombreux ont été surprise par le choix de ce thème. Pourquoi t’es-tu lancé là-dedans et cela-t-il un lien avec ton enfance ?

Oui absolument, le lien avec mon enfance est évident mais ce n’est pas pour cela que je me suis lancé dans ce projet. Ce livre est celui que je prendrais sur une île déserte, c’est mon œuvre de fiction préférée. Ce livre est tellement profond, beaucoup plus que beaucoup de gens peuvent l’imaginer, la philosophie de vie qu’il illustre me convient parfaitement, la dimension morale est magnifique et il contient un humour très délicat et subtil, un ensemble parfait. Chaque fois que je le lis j’entends de la musique et je me suis dit que ce serait une bonne idée de laisser sortir cette musique et de proposer un album. Et si cet album peut amener un coup de projecteur sur cet ouvrage, que les gens s’y intéresse et redécouvre cet univers, j’en serai très heureux.

Il est important pour moi de présenter le travail de Don Rosa sur ce personnage de l‘oncle Picsou. Des dizaines d’artistes ont chacun développé leur propre vision de ce personnage et, pour la plupart d’entre eux, je ne suis pas d’accord avec leur version, leur portrait de ce personnage. Au contraire, Donc Rosa a su lui insuffler un âme, une telle épaisseur à travers les histoires qu’il a développé, que tous pourront trouver un intérêt à la lecture de ces aventures, pas uniquement les enfants mais aussi les adultes. Des leçons doivent être tirées de cette lecture quelquesoit son âge.

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03. Est-ce que tu considères que cet album est la bande son parfait de la lecture de ce livre ?des aventures de l’Oncle Picsou (Scrooge McDuck) ?

C’est en tout cas ce que j’ai essayé de faire même si bien sûr cela ne représente que ma vision de la chose. J’ai essayé d’illustrer au mieux l’évolution de l’histoire de ce livre génial et de donner une épaisseur musicale à l’ensemble. Pendant tout le processus de composition j’avais le livre devant moi et cela m’a servi en permanence de référence pour m’assurer que je correspondais bien à l’histoire. La première chanson du disque « Glasgow 1877 » correspond en réalité au premier chapitre du livre. Ensuite tu trouveras « Into the West » qui couvre les trois chapitres suivants. Donc je n’ai pas été l’esclave du livre mais j’ai tenu à conserver cet aspect chronologique tout au long de l’album.

 

04. Certains fans pourraient être déçus en se disant que cela aurait pu être en partie le prochain album de NIGHTWISH…

Quand tu composes de la musique, quand tu crées des histoires ou que tu te lances ainsi dans un activité artistique, tu ne fais finalement qu’être honnête envers toit même. Tu satisfais d’abord tes propres besoins. Et c’est ce que j’ai fait ici. Ce n’est pas une perte de temps, j’ai eu besoin de faire ce disque à ce moment-là. Ceux que pense que j’ai perdu mon temps n’ont rien compris et je suis désolé pour eux mais c’était important pour moi. Certains sont assez obtus pour penser cela, et bien tant pis. Et en plus cela n’enlève rien à NIGHTWISH et je pense même que c’est le contraire. Cet album a été une telle source d’inspiration pour moi que cela va forcément nourrir le prochain album de NIGHTWISH.

Je suis d’accord avec toi, ce disque est mon œuvre et donc les liens existent avec NIGHTWISH. Certaines chansons parleront forcément aux fans de NIGHTWISH, après tout je suis le même homme dans chacun des projets. J’aime utiliser certaine structures ou sonorités et donc il existe des caractéristiques communes entre les deux projets.

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05. Si je te disais que cet album pourrait être un NIGHTWISH dans le côté métal, les guitares et la batterie omniprésentes. Serais-tu d’accord ?

Dès le début il était clair pour moi que ce ne serait pas un album rock ou métal. Je voulais vraiment faire une bande originale de film et le résultat est très atmosphériques, quelques voix, quelques percussions mais l’objectif est vraiment d’inspirer des scènes ou des atmosphères du livre, vraiment comme pour illustrer un film. Je n’irai pas aussi loin que toi disant qu’il s’agit de NIGHTWISH sans le groupe, l’atmosphère est différente. Une chanson comme « The Last Sled » pourrait effectivement être retravaillées et modifié pour correspondre aux canons de NIGHTWISH.

 

06. Parfois l’écoute de ce disque m’a rappelé la musique d’œuvres classiques comme le casse-noisette de Tchaïkovski. Cela fait-il fait partie de tes influences ?

En fait je ne me suis pas pris la tête ni intellectualisé le processus. Ce fut très simple, je lisais un chapitre du livre, cela m’évoquait des sons des mélodies et je me lançais alors dans la composition. J’imaginais à quoi la scène que je venais de lire allait ressembler si c’était un film et quelle pourrait être la bonne musique pour accompagner cette scène. J’ai tout transformé dans ma tête en petits courts-métrages dont j’ai écrit la bande originale.

 

07. La présence sur ce disque ici de Tony Kakko (SONATA ARCTICA) est-elle un clin d’œil vis-à-vis de ton activité de musicien métal et comment as-tu, en général, choisi les musiciens et chanteurs invités ?

Tony est là pour une bonne raison. C’est le premier à qui j’ai parlé de ce projet en 1999. Et puis je lui en ai récemment reparlé en lui disant que j’allais enfin m’y attaquer sérieusement. Et c’est un fan absolu comme moi du travail de Don Rosa et du personnage de l’Oncle Picsou. Il adore Don Rosa, je ne pouvais pas ne pas lui proposer de participer, il aurait été tellement en colère sinon. En ce qui concerne les autres musiciens, ce sont tous des gens de mon cercle restreint, une véritable famille. Il y a mes meilleurs amis à mes côtés.

 

08. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de ce The Life and Times of Scrooge ?

En août dernier, nous nous sommes envolés vers Londres pour enregistrer toutes les parties avec l’orchestre, les chœurs, certaines percussions. Il s’agit du même orchestre que celui que nous avons utilisé avec NIGHTWISH. Ensuite nous nous sommes rendus dans quelques studios en Finlande pour enregistrer l’ensemble : le piano, les claviers, le chant, les guitares… Et enfin ce fut le tour du mixage qui a été réalisé à Helsinki au Finnvox. Avant d’enregistrer j’avais construit des démos très très détaillées. Chez moi, j’avais composé toutes les parties orchestrales avant de les envoyer pour qu’elles soient retranscrites pour que l’orchestre puisse les interpréter. Il m’a fallu environ quatre mois de travail pour boucler l’enregistrement avec avant une année, une année et demi pour composer l’ensemble.

Je n’ai pas travaillé pendant la tournée de NIGHTWISH sur ce disque mais à chaque fois que nous rentrions à la maison pour faire un break, je m’y remettais. Par exemple, après la tournée australienne, en janvier, nous avons pu bénéficier d’une coupure de quatre mois. Et c’est à ce moment-là que j’ai finalisé l’ensemble des chansons. Composer ces chansons a aussi eu un effet thérapeutique, je dois bien l’avouer. NIGTHWISH a pris une direction plus orchestrale avec une dimension théâtrale plus marquée et donc The Life and Times of Scrooge représente le sommet, le bout de ce processus. Les chansons que j’ai déjà composées pour le prochain NIGHTWISH me semblent être moins dans cette veine, plus orientée autour du groupe. C’est peut-être un rééquilibrage par rapport à ce disque qui est très orchestral.

 

09. Deux mois avant la sortie de cet album comment te sens-tu vis-à-vis de ces chansons ?

Toujours très satisfait où tu n’entends que les défauts, ce que tu aurais-pu faire différemment ? Après l’avoir terminé, je n’ai plus écouté ce disque pendant environ un mois. Je m’y suis remis en fait pour préparer ce voyage promo pour me souvenir en détail de l’ensemble et pouvoir ainsi t’en parler avec justesse. Et je reste pleinement satisfait et heureux du travail accompli.

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10. Ce personnage de l’Oncle Picsou semble être extrêmement populaire en Finlande. Pourquoi ne pas avoir choisi d’illustrer une autre aventure, The Quest for Kalevala (publiée en 1999), qui reprend une grande tradition culturelle finlandaise à la place du The Life and Times of Scrooge ?

J’aime aussi l’aventure que tu mentionnes mais celle que j’ai choisi d’illustrer reste de loin ma préférée. L’histoire du Kalevala est une histoire de fiction magnifique mais elle ne contient pas la même philosophie de vie que le livre que j’ai choisi. Et cela m’intrigue et donc le choix s’est fait tout à fait naturellement.

 

11. Quelle importance accordais-tu à cette rencontre avec Don Rosa, sa bénédiction et même sa participation à ce projet ?

J’aurais mené à bien ce projet même si Don Rosa n’avait pas dessiné la pochette du disque. Et Disney n’a eu aucun rôle à jouer car j’ai bien fait attention de ne pas utiliser les titres originaux des chapitres, le nom des personnages, j’ai bien fait attention de ne rien utiliser qui était une marque déposée. J’ai depuis entendu dire que Disney était d’accord avec le projet mais il fallait que je la joue sécurité pour ne pas voir mes efforts être entravés. Je n’utilise pas l’image ou même le nom de Scrooge McDuck dans cet album. Aucune mention dans les paroles. Le « McDuck » est déposé pas le Scrooge. Et la mention d’œuvre « inspirée » est importante car tu peux être inspiré par tout et rien et créer à partir de cela. J’ai rencontré Don Rosa, il a pris l’avion jusqu’en Finlande et il a réalisé la pochette comme on peut le voir dans le clip.

C’est la véritable star de la vidéo. Et il reviendra en Finlande dans deux mois pour la sortie officielle du disque. Il est très excité par le projet. Et ce fut, tu peux l’imaginer, un grand moment pour moi de le rencontrer, j’étais un peu nerveux quand il est venu dans le studio. Je voulais vraiment qu’il apprécie mon travail, mon interprétation de son œuvre, son imagination. Et je pense qu’il a sincèrement apprécié l’album.

 

12. Préfères-tu le travail de Don Rosa ou Carl Barks (le créateur) sur le personnage de l’Oncle Picsou ?

Les deux artistes sont très largement au-dessus de tous les autres, de très loin. Et le choix que tu me demandes est très difficile car ce sont des maîtres. Mais si je devais faire un choix, je dirais quand même Don Rosa. C’est le meilleur créateur d’histoires parmi tous ceux qui ont travaillé avec ce personnage.

 

13. Sur ce disque comme avec NIGHTWISH tu as déjà souvent utilisé des éléments celtiques, folk. Apprécies-tu particulièrement ce genre musical ?

Oui bien sûr, j’aime en particulier la musique élémentaire, utiliser des instruments qui semblent venir des siècles passées, qui sont chargés d’histoire. Et la corne-mise est un parfait symbole de cela. En faisant commencer l’histoire en Ecosse, je n’ai pu m’empêcher d’intégrer ces sonorités dans ma musique. Certaines percussions plus typées ethniques font également parties de mes sons fétiches que tu retrouveras aussi bien dans NIGHTWISH que sur ce disque. Ces instruments ont un pouvoir énorme et je vais continuer à les utilier.

 

14. Pour mieux te connaître et sortir de ce disque. En parlant de bandes-dessinées, apprécies tu l’école américaine des comics pour exemple ? et l’école belge ?

Je ne supporte pas les livres et bande-dessinées de super héros. Cela ne m’intéresse pas du tout. Tout le contraire d’Astérix que j’aime beaucoup, tout comme Lucky Luke, Tintin. Et tous ces héros sont énormes en Finlande, tu peux les trouver partout et font partie de nos héros préférés. Astérix est très très connu en Finlande. Mais tous ces trucs de super-héros me passent au-dessus complétement. Etant plus jeune, les aventures de Superman ou Spiderman ne m’intéressaient pas et au contraire je me jetais sur le dernier livre paru de l’Oncle Picsou.

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15. Et maintenant, quelle est la suite pour toi ?

Peut-on imaginer de voir ce disque interprété sur scène ? Peut-être mais pas dans les années qui viennent. Je dois bien avouer être intrigué par l’idée de pouvoir proposer l’intégralité de The Life and Times of Scrooge dans des conditions live une ou deux fois. Ce serait génial mais pas dans un futur immédiat.

 

16. Et concernant NIGHTWISH avec l’intégration de nouveaux musiciens ? Ce disque aura-t-il un impact sur le nouvel album ?

J’ai dit et je pensais alors que l’album serait peut-être plus direct moins orchestral. Mais maintenant que tout est presque bouclé en terme de composition ce n’est plus tout à fait exact et le résultat s’avère être tout aussi orchestral que nos travaux précédents. Mais on verra ce que cela donnera avec l’ensemble du groupe. Il ne faut pas réfléchir ou trop intellectualisé tout cela en avance, l’évolution sera naturelle. Il ne faut se fixer de restriction, laisser les options ouvertes. Notre est de pouvoir le sortir en avril 2015, dans un peu plus d’un an, pas cette année c’est sûr.

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"The Metal Chroniques Quizz" pour finir cette interview:

1. Quelle est ta bande dessinée préférée de tous les temps ?

Celui-là bien sûr, La grande épopée de Picsou.

 

2. Quelle est la première bande-dessinée que tu as achetée ?

En 1979, un magazine dédié à l’univers de Donald.

 

03. Quelle est la dernière bande-dessinée que tu as achetée ?

Le dernier Astérix et ce fut une bonne surprise.

 

04. Ton personage préféré dans l’univers Don Rosa / Carl Barks ?

Scrooge McDuck (Oncle Picsou) et de loin.

 

05. Ton méchant préféré dans l’univers Don Rosa / Carl Barks ?

Magica De Spell (Miss Tick en français)

 

Tous nos remerciements à Valérie

 

Chronique de l'album ici

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