Archive for the ‘ Interviews ’ Category

itw_oshy_Klog_01

01. Nous avions rencontré deux de tes camarades il y a environ un an de cela pour la sortie de l’EP Till You Turn and the tour. Comment pourrais-tu nous résumer cette dernière année ?

Rusty : Tout a commencé par une tournée promotionnelle pour la publication de Till You Turn. J’avais alors été rejoint par les gras de TIMECUT depuis la sortie de notre premier album Till you Decay. Ensuite nous avons donné un maximum de concerts partout en Europe et suite à notre performance lors du Sweden Rock Festival, nous avons reçu un message du management de PRONG nous invitant à la rejoindre sur la tournée à venir.

Nous avons bien sûr accepté avec plaisir et cela nous a donc poussés l’été dernier à nous poser pour composer ce nouveau disque, Blacksnow. Et donc depuis juillet, nous consacrons l’ensemble de notre temps à composer, enregistrer et produire ce disque. Et enfin, nous voici de retour à Paris pour le promouvoir auprès de vous !

 

02. Lors de cette dernière tournée, nous vous êtes produits en Pologne, Lettonie, Lituanie, Estonie, Finlande et enfin au prestigieux Sweden Rock Festival (7 juin 2013). Quels souvenirs conserves-tu de cette période ?

Je peux te dire que ce fut un voyage sacrément long ! Et nous avons tout fait nous-même, par la route à bord de notre propre van. Mais nous avons voulu avoir un périple très rock n’roll en prenant notre temps, sans nous prendre la tête. Pour te donner un idée de la distance parcourue, nous avons acheté notre van en novembre 2012 et il atteint largement au moment où nous nous parlons 80 000 km. Mais ces concerts nous ont été très utiles, nous avons accumulé beaucoup d’expériences et cela a forcément aussi nourri Blacksnow.

Chaque fois que tu joues sur scène, beaucoup de choses se passent avec le public et ce retour des gens de donnent de nouvelles sensations. Et en tant qu’artiste, créatif, je me nourris et cela influence forcément mes compositions. Ces sensations s’impriment dans ton ADN et tu pourras les ressentir à nouveau en travaillant sur les nouvelles chansons. Si tes compositions passent bien en live c’est que tu as su retranscrire avec précision l’émotion envoyée par le public. Pour la tournée qui s’est achevée l’été dernier, toutes les chansons sont nées chez nous en Italie.

Comme nous étions tous dans un van et que je conduisais, je n’avais pas le temps matériel de me poser et de composer de nouvelles chansons. J’ai par contre quelques espoirs avec la tournée partagée avec PRONG car nous bénéficierons alors d’un bus et je pourrais peut-être m’isoler pour travailler.

itw_oshy_Klog_02

03. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Blacksnow ?

Nous avons composé à composer en juin dernier, puis nous avons attaqué la pré-production en juillet et août pour débuter véritablement l’enregistrement à la mi-septembre. A la fin octobre, tout le processus était bouclé et nous avions alors un nouvel album entre les mains. Et nous sommes partis d’une feuille blanche, nous n’avions rien conservé des sessions des précédents disques. Par contre nous avons maintenant sous le coude trois ou quatre chansons qui verront peut-être le jour sur un prochain album.

Toutes les compositions sont nées lors de jam entre nous en studio et nous avons alors capturé beaucoup d’idées. Toutes n’ont pas été exploitées sur Blacksnow donc le potentiel est là pour la suite. Il faudra faire des arrangements et ajouter de nouvelles lignes vocales pour peut-être arriver à un résultat satisfaisant. Et je me ballade toujours avec un enregistreur ou mon téléphone sur moi pour noter tout ce qui me passe par la tête. Et cela m’a souvent sauvé car quand une mélodie te trotte dans la tête tu dois l’enregistrer pour ne pas l’oublier. J’ai toujours aussi à proximité un mini iPad avec différents logiciels me permettant de noter immédiatement les notes qui me viennent à l’esprit. Le riff principal de la chanson « Zero Tolerance » par exemple est venu soudainement et il m’a fallu le graver dans le marbre de suite pour qu’il ne m’échappe pas, sur mon téléphone.

 

04. Si j’ai bien compris le concept, Black Snow est-il bien le troisième épisode de la trilogie commence avec Till You Decay ?

Oui tu as raison, c’est le troisième épisode de cette histoire. Avec Till You Decay je montre que la société va dans la mauvaise direction et que nous allons dans le mur. La société contrôle notre esprit et nous impose un comportement défini. Avec Till You Turn, je décris à quel point chaque être humain laisse la société autour de lui le maîtriser et prendre le contrôle de sa vie. Avec Blacksnow, nous présentons l’impact de ce contrôle sur notre environnement.

L’humanité a contaminé la Nature pour créer un bien-être illusoire et stérile. Pour la suite, nous ne savons pas encore où nous voulons aller, cela reste mystérieux. J’ai écrit Blacksnow en janvier et février 2013 pendant la sortie de Till You Turn. On verra plus tard, nous voulons rester désormais concentrés sur la tournée à venir.

 

05. Te considères-tu comme un homme profondément pessimiste ?

Non, non, nous essayons d’être réalistes, de parler de réalité qui n’est franchement pas rose. Pour moi, le monde qui nous entoure est très sombre et parfois assez désespérant. Bien sûr nous présentons les choses de façon plutôt sombre mais cela se justifie malheureusement. Quand tu atteins le fond, il te fait réagir pour à nouveau remonter la pente. Nous montrons le monde tel qu’il est pour créer une prise de conscience chez l’auditeur et lui permettre de réagir, de briser ses chaines. Nous pouvons faire changer les choses.

 itw_oshy_Klog_04

06. Avec “Zero Tolerance” vous avez voulu faire la prevue de votre soutien à des associations comme Sea Shepherd (les bergers de la mer). La musique doit-elle être utile ?

Je pense sincèrement que la musique peut changer le monde ou au moins faire réfléchir et réagir les gens. Cela crée de l’émotion dans chacun de nous et nous devons être secoué, être éveillé. Que ce soit à travers une image, un film ou une chanson, trouvez le moyen de vous ouvrir au monde. Nous essayons de le faire à notre petit niveau.

 

07. Avec Blacksnow, Eugenio est arrivé dans le groupe. A-t-il changé d’une façon ou d’une autre la chimie du groupe KLOGR ?

Pendant la session d’enregistrement je me suis rendu compte parfois il était préférable que je lâche un peu la guitare et me concentre sur le chant pour être plus proche, en phase avec le public. C’est pour cela que j’ai demandé à Eugenio de nous rejoindre. Nous avons connu des soucis avec Giampi qui a eu des problèmes personnels à régler. Il ne sera pas sur la tournée avec nous. Et donc je reprends ma guitare et nous serons quatre sur scène. Il n’pas apporté de contribution particulière, il a payé son écot comme les autres. Nous essayons toujours de donner le meilleur de nous-même dans le cadre de KLOGR, pas pour notre propre ego.

Je ne ressens pas de frustration sur scène en jouant de la guitare en plus de chanter mais le public ressent d’abord ta voix et ce médium est crucial dans la musique que nous proposons. Il est toujours préférable de pouvoir prendre le micro et se déplacer, se rapprocher du public, faire ressentir et jouer ton rôle. Je suis parfois un peu statique à cause de ma guitare. L’instrument devient un rempart entre moi et le public. Mais depuis le temps nous avons trouvé un certain équilibre, je laisse certaines parties à Eugenio.

image004

08. Qu’espérez-vous de cette tournée avec PRONG ?

J’aime beaucoup la musique de PRONG. Cela fait partie de ma culture musicale aux côtés des METALLICA, MEGADETH, ANTHRAX, SLAYER… J4aime ce côté lourd et puissant. Avec la tournée, nous voulons partager notre musique avec le public. Nous savons que PRONG est plus lourd, plus métal que nous mais nous allons tout donner et surprendre les gens. Notre setlist va évoluer pour se concentrer sur nos chansons les plus fortes, les plus rapides pour coller avec l’ambiance de PRONG. Le public sera métal et nous le serons aussi ! « Bleeding », « Guinea Pig » ou « Zero Tolerance » seront forcément de la partie.

 

09. Pourquoi avoir choisi “Draw Closer” comme premier single de cet album ?

Je pense que cette chanson est très forte et s’apparente à une belle transition par rapport à Till You Turn vers Blacksnow. En tant que groupe indépendant, nous avons un contrôle complet sur notre musique et tous les aspects business. Tous les choix sont les nôtres et ne sont dictés par personne en dehors de nous. Avec « Zero Tolerance » comme premier single, cela aurait fait trop d’emblée, « Draw Closer » est plus accessible, équilibrée, elle décrit d’une certaine manière Blacksnow tout en faisant le lien avec les travaux précédents de KLOGR.

 

10. Vous avez tourné une video pour “Draw Closer”. Comment cela s’est-il passé et aimez-vous ce type d’exercice ?

Ce n’est bien sûr pas facile pour nous car nous sommes tellement habitués à jour en direct sur scène que faire semblant devant la caméra s’avère difficile, sans public, juste en regardant la caméra. Nous ne sommes pas des acteurs, nous sommes des musiciens. Mais nous pouvons le faire et le résultat est plutôt bon, heureux que cela te plaise. Pour être honnête avec toi, le pire c’est le volume sonore du playback, c’est vraiment horrible. C’est beaucoup plus fort que pendant nos concerts par exemple.

Le batteur doit vraiment jouer mais tu n’as presque que lui-même si parfois les guitares sont aussi branchées à un ampli. Le plus dur c’est la voix, tu fais semblant de chanter. Et tu refais cela quarante ou quarante-cinq fois. Mais notre directeur est très bon et a fait un super boulot encore une fois. Dans quelques semaines sortira une autre vidéo pour « Sea Shepherd ». Nous pourrons utiliser ces images lors de nos concerts, que nous sommes le groupe principal, pas pendant la tournée avec PRONG. C’est difficile quand tu fais une première partie. Tu dois aussi t’adapter alors au groupe principal.

itw_oshy_Klog_03

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

“Master of Puppets” de METALLICA

 

2. Premier album acheté ?

Images and Words de DREAM THEATER

 

3. Dernier album acheté ?

Fortress d’ALTER BRIDGE

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

Entretien avec Nic Maeder et Leo Leoni de Gotthard le mardi 25 février à Paris.

Logo

 

Metalchroniques. Firebirth a été enregistré il y a environ deux ans ans. Vous sortez assez vite un nouveau disque, Bang. Avant d’en parler, peut-on faire un bilan de Firebirth et de son écho ?

Nic Maeder. Firebirth est un disque qu’on a dû faire assez rapidement. On a tout fait en un an : écrire, le disque, le produire et puis la tournée. La réception a été incroyable et on a été très content du soutien, notamment des fans, tout à incroyable. Ça fait trois ans que je suis dans le groupe. Cette fois on avait un peu plus de temps et on se connaissait un peu mieux musicalement. On a écrit des chansons plus par rapport à ma voix.

MC. Je me souviens d’interviews données à l’époque par Leo qui disait que changer de chanteurs était toujours compliqué et qu’il y avait toujours des fans qui refusaient de suivre un groupe après un tel changement. J’ai toutefois l’impression que toutefois, dans le cas de Gotthard, tout le monde a suivi.Il n’y a pas de clivages entre les fans qui refusent le changement et ceux qui accèdent l’arrivée de Nic.

Leo Leoni. Je pense que tu as raison. C’est toujours un type de situation compliquée. Il y a très peu de groupes qui ont réussi à ne pas perdre de fans dans un tel contexte. Toutefois, lorsque un groupe connaît une telle tragédie comme c’est notre cas, les fans se clivent. Ça été le cas aussi d’AC/DC d’ailleurs, après la mort de Bon Scott. Et encore, quarante après l’intégration de Brian Johnson, il y a des gens qui disent « oui, mais… ».

Nous, on a vraiement l’impression que quasiment tous les fans sont restés. L’accueil pour Nic et pour le nouveau Gotthard a été un excellent. La première date en Amérique du Sud, où nous n’avions jamais joué, il y avait 2 000 fans pour nous. Une excellente surprise ! 

NM. Je pense aussi que les fans ont très bien compris que le groupe n’essayait de pas de remplacer Steve. C’est plutôt un nouveau chapitre. Une nouvelle époque.

MC. Ce ne serait pas aussi lié au fait que vous n’avez pas choisi une « copie » de Steve Lee comme chanteur ? Vous avez plutôt choisi quelqu’un avec une vraie personnalité.

LL. On ne peut pas trouver de nouveau Steve Lee. Il était unique. Chercher une copie aurait été une erreur. Et puis nous avons trouvé quelqu’un qui nous a donné des émotions très fortes. Et si le chanteur nous transmet des émotions, ça sera la même chose pour le public. C'est ce que nous nous sommes dit lorsque nous avons choisi Nic Maeder.

oshy_itw_Gottha_01

MC. Cette fois, qu’est-ce qui a changé pour Bang par rapport à la situation de Firebirth ?

NM. Le processus de composition n’a pas changé. Depuis que je suis dans le groupe, on a toujours écrit de la même manière. Ce qui a été un peu différent pour ce disque, c’est qu’on se connaissait mieux et on a pu écrire pour ces chansons beaucoup plus par rapport à ma voix. Et puis on s’est permis quelques expérimentation, des choses qu’on n’aurait pas essayé sur Firebirth. Chanter très bas.

LL. Après deux années de travail, du live, il y a des choses qu’on a découvertes, notamment le fait de chanter plus bas, ce qu’on ne faisait pas auparavant.

MC. Parmi les nouveautés que j’ai observées, il y a le choix du single : vous avez avec « Feel What I Feel », un morceau beaucoup plus axé radio, que sur Firebirth où c'était « Starlight ». C’est votre choix ou celui du label ?

NM. Non, c’est le choix du groupe. Nous avons un bon système de démocratie.

LL. On est en Suisse !

NM. C’est le morceau qui revenait le plus souvent parmi nous. C’est en effet une grosse décision pour le single. C’est celui qui représentait le mieux l’album. Les couplets y sont chantés assez bas.

LL. Quelle version as-tu écouté ? Il y a une version radio et une version album. Le mix est franchement différent. Le mix radio est un peu plus accessible.

MC. Au niveau aussi des nouveautés, on remarque aussi la présence, plus que jamais, de l’orgue hammond sur le disque. C’était déjà en partie le cas, mais c’est beaucoup plus prononcé que d’habitude.

LL. Ça c’est vrai. Il y a avait des claviers et des cordes avant, mais il y a plus de claviers. Je trouve que ça donne de nouvelles couleurs et que ça capte l’attention. On a fait un essai pour le premier morceau, puis pour le deuxième et ça a bien marché et on a continué. Pourquoi ne pas utiliser de nouvelles couleurs quand c’est possible ? Sur scène, il y a dans tous les cas un claviériste avec nous. Pourquoi ne pas l’utiliser un peu plus dans la production, alors ?

L’orgue hammond est un instrument bien défini qui vient du blues et du rock. C’est un instrument historique, comme nous !

oshy_itw_Gottha_03

MC. Il n’a jamais été question qu’il y ait un claviériste à temps plein dans le groupe ?

LL. Des fois les claviéristes ne sont pas disponibles au bon moment. Il y en a plusieurs que l’on utilise. Il faudrait peut-être leur demander leur avis d’ailleurs !

NM. Il ne faut surtout pas leur demander ! (rires) Plus sérieusement, le format du groupe est ainsi. Le groupe a été quatre puis cinq et c’est la formation stable.

LL. On ne cache pas nos claviéristes et d’ailleurs je crois que sur Domino Effect, il y a une photo de Nicolò (Fragile).

MC. Qui compose les parties de clavier ? Tu joues du clavier Nic, il me semble ?

NM. Je joue un peu de piano mais pas pour enregistrer, c’est surtout pour composer.

LL. L’orgue hammond c’est un vrai instrument. On ne peut pas simplement transposer des parties piano vers l’orgue hammond comme ça. On ne s’improvise pas chef de cuisine ! Ce sont des deux instruments différents et nous avons besoin de quelqu’un de très compétent pour matérialiser nos idées. Nicolò est un très bon joueur d’hammond et c’est un atout pour les parties. On verra qui jouera live cette fois avec nous les claviers.

On peut en dire d’ailleurs de même pour les arrangements de corde qui apparaissent notamment sur un morceau « Thank You ».

MC. Sur ce titre, c’est la première fois que vous atteignez un format qui dépasse les dix minutes…

LL. C’est un morceau qui s’est agrandi avec le temps lorsqu’on l’enregistrait. C’est un morceau très important : il s’agissait de remercier ma mère. Elle était malade à cette époque et j’ai pu lui dire que nous faisions ce morceau pour la remercier, elle et toutes les mères du monde. On ne prend peut-être pas assez de temps pour rendre tout l’amour qu’on a reçu. Avec ce long morceau chacun peut se faire un petit film, dans sa tête.

MC. Souvent quand on évoque un sujet aussi sensible, on choisit un morceau très simple avec uniquement un clavier ou une guitare et une durée courte. Là, ce n’est pas le cas…

LL. Il s’agissait d’évoquer une vie que l’on passe ensemble : on vit, on grandit avec une personne. La longue durée s’imposait. Il s’agissait d’avoir le panorama d’une vie avec différents moments avec beaucoup d’émotion. Et beaucoup de variété comme dans la vie !

NM. Au début, il n’y avait pas grand chose. Comme tu le dis : une guitare acoustique et une voix. Un très truc très doux. Ça c’est développé aussi du fait du développement des problèmes de santé de la maman de Leo.

oshy_itw_Gottha_02

MC. Il y a aussi un autre morceau où un sujet grave est évoqué, c’est « Spread Your Wings ».

NM. C’est une chanson qui parle d’une situation où quelqu’un est à l’époque et où on sait qu’il n’y a pas d’issue… Il faut alors savoir le laisser partir. Souvent, on ne veut pas laisser partir. C’est pas une chanson négative toutefois.

LL. Il s’agit de donner la force de comprendre et d’accepter que la vie continue. On ne sait pas ce qui se passe de l’autre côté… Peut-être y a-t-il autre chose ? Qu’on garde la même forme ?

NM. Ce morceau à la base est un blues, surtout dans les couplets. Il y a donc ce côté mélancolique donc.

LL. C’est le refrain qui crie plus et ça correspond aussi à l’espoir que le calvaire se finisse…On espère qu’à un moment, cela va se finir. Cela correspond très bien au blues qui est aussi une musique d’espoir.

MC. Pour ce disque, au niveau de la coproduction et du mixage, vous avez fait appel à Ronald Prent et Charlie Bauerfeind soit deux techniciens qui ont un profil assez différents : un profil « classic rock » pour le premier et un profil de producteur de métal moderner (Helloween, Saxon), pour le second. Comment avez-vous eu l’idée d’associer ses personnes ?

NM. On avait une liste de plusieurs personnes dont ces deux personnes pour faire la co-production avec Leo. On a essayé avec les deux, et notamment des versions démo (« Spread Your Wings » avec Charlie car on n’avait jamais travaillé avec lui). On connaissait mieux Ronald avec lequel on avait déjà travaillé. Ronald Prent ne pouvait faire produire l’album dans les dates qui étaient les nôtres. Mais il a mixé quand même. Ce qui était bien c’est d’avoir cette combinaison d’une personne plus rock ‘n’ roll et l’autre, Charlie, plus métal et très fort pour tout ce qui est basse-batterie.

LL. Il s’agissait d’avoir un son digne de 2014. Et Ronald est un des meilleurs techniciens du son au monde. Il est issu de la vieille école ce qui était important.

MC. Une des autres nouveautés, c’est l’existence d’un duo au niveau du chant, sur « May Be »…

LL. C’est la deuxième fois : il y a eu un duo avec Montserrat Caballé. Mais ce n’était pas sur album mais sur un single !

NM. Ce n’était pas du tout prévu. On prend toujours du monde pour faire les chœurs. Un ami à nous nous a conseillé une amie à lui qui était américaine et qui avait une super voix et qui vivait à Lugano.

LL. On voulait une voix pour les backing vocals assez angélique et ce type d’émotion.

NM. Quand on est arrivé à « Maybe », elle faisait juste des harmonies, un chœur mais elle s’est trompée et a chanté un peu plus loin et on a entendu sa voix dans un autre contexte qu’on a trouvé très cool. Pourquoi ne pas essayer un truc alors que sa voix se mariait bien avec la mienne ? On a aimé et on a gardé. Et ça amène quelque chose de plus au morceau et une couleur de plus à l’album.

Entretien avec Baptiste

 

itw_oshy_Mylidia_01

01. Peux-tu présenter à nos lecteurs MYLIDIAN ?

Notre musique est basée sur un jeu de rôle appelé MYLIDIAN. La première trilogie raconte commet le monde de MYLIDIAN va être créé. Sept entités, les sept seigneurs luttent entre eux et vont arriver sur Terre pour poursuivre ce conflit. Et en parallèle les péripéties d’un groupe d’adolescents dont Antoine est le personnage principal.

 

02. Pourquoi être passé de PHOENIX à MYLIDIAN ?

Un changement de nom s’imposait. Armendar (chant, guitares) avait participé à la création de ce jeu de rôle et nous a proposé au sein de PHOENIX de faire une autre musique, de changer d’orientation musicale. Le tout allait être basé sur cette histoire, la trame narrative allait se construire autour des dialogues. Bref un projet plus conceptuel avec un mélange de styles variés, des voix qui s’adaptent à la psychologie des personnages. Avant nous faisons du heavy, teinté de speed alors que là nous cassons un peu les barrières qui peuvent exister entre le heavy et l’extrême.

Donc tu trouveras désormais des choses plus dures mais aussi du symphonique pas très éloigné d’un THERION par exemple. Un nouveau nom pour une ambition différente. Un album raconte une partie de histoire cadrée et donc nous faisons l’extraction de toutes les scènes importantes pour ensuite composer sur ces scènes et sur les personnages présents.

 

03. Deux mois après la sortie de ce deuxième album comment vous sentez-vous vis-à-vis de ces chansons ?

Nous en sommes toujours très fiers. Bien sûr je l’écoute encore régulièrement, moins qu’avant car il faut aussi avancer mais une grande fierté de notre côté. Ce fut un peu long à accoucher mais ce disque me semble être vraiment dans l’air du temps car des touches symphoniques mais résolument modernes via des refrains accrocheurs, de solides riffs. Nous avons obtenu l’ambiance voulue. Nous sommes allés au bout de notre idée.

itw_oshy_Mylidia_02

04. De ton point de vue, quelles sont les principales évolutions musicales entre Rise of the Cursed Son et Seven Lords ?

Le premier album finalement marquait une tendance assez heavy, avec quelques passages extrêmes mais le style d’ensemble restait quand même très heavy au niveau stylistique même si le mélange de style était déjà présent. Là nous avons voulu aller plus loin, sans compromis. Ce qui doit être violent va être très violent, ce qui doit être ambiance va être très ambiance. Nous voulions du contraste, mettre en valeur les scènes, comme dans un film. Il nous fallait créer du contraste, du changement, de l’émotion. Il ne faut pas que l’auditeur s’ennuie.

 

05. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Seven Lords ?

Notre processus est finalement assez simple. Une fois que nous avons fait le découpage des scènes à mettre en musique, je travaille avec Armendar pour la mise en place de la musique. Chacun apporte ses idées de mélodies, de riffs et de voix ou des thèmes d’orchestrations. Ensuite nous répartissons ces idées selon les scènes. Les musiques plus agressives pour les scènes les plus violentes et ainsi nous créons la chanson tous les deux, je ne dirais pas de A à Z mais pas loin en fait. Et puis suite à cette phase de composition, nous travaillons ces chansons en studio avec les autres musiciens qui contribuent au groupe. Des choses changent alors, certains passages ont été entièrement réenregistrées voir recréées en studio pour correspondre mieux à notre attente.

Pour la dernière chanson, tu trouveras à un moment un passage assez long avec des soli, des duels de guitares etc… et donc tout ce passage-là a été créé en studio. A deux, en une après-midi, nous avons tout remis à plat et tout refait. Tout est fait à la base avec Armendar puis dans un deuxième temps tous les musiciens apportent leur touche. Quand nous entrons en studio, tout est déjà très écrit, peaufiné. Nous faisons un gros travail de home-studio pour tout fixer à l’avance. Tout es très « maquetté » pour cet album-là A un moment lors de l’enregistrement, nous avons dû faire un break car le studio a déménagé. Tout s’est passé à Dreux au MI et MII et donc avions soit le choix entre attendre et enregistrer ailleurs avec quelqu’un d’autre que Didier Chesneau. Mais nous avons préféré être patients.

Cela a nourri notre réflexion car nous étions parti sur un plan plus orienté NIGHTWISH avec l’orchestre très en avant de changer d’idée de de proposer quelque chose de plus moderne avec de grosses guitares, une grosse rythmique et des refrains plus accrocheurs et plus présents.

itw_oshy_Mylidia_03

06. Comment trouvez-vous l’équilibre au niveau du chant entre les voix masculines et féminines ?

Finalement nous ne cherchons pas vraiment l’équilibre. La voix féminine n’intervient que si cela se justifie par la présence d’une femme dans l’action ou la scène illustrée dans la chanson en question. Pour cet album, un personnage féminin joue un rôle vraiment important d’où l’intervention de Béatrice Descamps sur plusieurs titres. Nous ne nous posons pas la question en termes d’équilibre, cela pourrait être simplement une touche ou même une omniprésence si cela se justifie au niveau de l’histoire. Tu trouveras ici pas mal de dialogue dans les deux chanteurs se répondent. Parfois Béatrice est totalement absente.

 

07. Le chant en anglais est-il une évidence ?

Non non, l’anglais s’est toujours imposé à nous. Globalement nous trouvons que cela passe bien mieux et les groupes chantant en français ne constituent pas forcément notre tasse de thé. Et puis en anglais tu peux toucher un public plus large et te connaître plus facilement hors de tes frontières.

 

08. Que peux-tu nous dire de la pochette plutôt sympa, comment travailler vous avec l’artiste ?

Donc pour celui-là nous avons bossé avec Alexandre Chaigne qui avait déjà réalisé les deux pochettes d’ASYLUM PYRE (http://alexartcreations.fr/). C’est un groupe que nous connaissons bien puisque Armendar y contribue et nous les avions rencontrés au studio chez Didier Chesneau. Nous avions aimé le travail fait sur leur album au niveau du visuel. Donc nous l’avons contacté et il nous a fait quelques maquettes. Il est doué pour retranscrire les ambiances et celle de l’univers Mylidian en particulier via les textures et les couleurs.

C’est du très bon travail et cela fait plaisir de vous un artiste de cette qualité. Bien sûr nous lui avons donné quelques pistes, il fallait le personnage principal, Antoine, transformé en vampire qui tue le cyber-traître, c’est un moment clé de l’histoire. Et pour le décor, nous voulions un paysage post-apocalyptique, l’illustration de la guerre que se livre les seigneurs. Et enfin l’église qui rappelle le côté omniprésent du religieux dans la société.

 

09. Vous annoncez dès le début travailler sur un trilogie. Voici les deux premiers chapitres, où en êtes-vous du troisième opus ?

Bien sûr l’histoire existe déjà. Nous avons des stocks d’idées et de riffs, disons que trois ou quatre chansons sont déjà bien avancées. Les idées sont là pour des instrumentales ou pour ajouter ensuite du chant dessus à voir. Cette année nous allons essayer de continuer à composer en parallèle des concerts avec un enregistrement si tout va bien pour 2015.

 

10. Vous avez partagez des scène avec des groupes divers de MISANTHROPE, VANDEN PLAS, ADAGIO. Comment cela s’est-il passé et qu’avez-vous retiré de ces expériences ?

Nous avons appris… pas tant de chose que cela car nous avons-nous-mêmes une bonne expérience, nous avions déjà fait pas mal de concerts déjà à l’époque PHOENIX. Côtoyer ces groupes n’a fait que confirmer nos impressions, il faut être prêts, être capables de jouer dans différentes conditions. Les gens au final sont très humains et accessibles. Que ce soit dans un petit club ou sur une grosse scène, un groupe vient jouer et donner à faire voir son spectacle et il faut assurer même si tout n’est parfois pas idéal. Ce n’est souvent pas juste tu branches tes instruments et tu joues.

Nous utilisons des samples pour retranscrire la complexité de notre musique, toutes les orchestrations et une partie des chœurs. Nous ne pouvons pas tout faire seul sur scène. Mais nous mettons l’accent sur notre présence scénique. Nous avons maintenant deux guitaristes sur scène, Armendar au chant mais aussi Béatrice qui assure tous les refrains avec lui. Le bassiste Fabien assure lui aussi beaucoup de chœurs. Malgré les samples, le groupe est là et s’impose sur scène. Nous sommes plus agressifs, plus « métal » sur scène. La musique s’exprime vraiment plus et est moins adoucit par les orchestrations. Les guitares sont plus flagrantes, plus en avant. En studio pour que le son soit propre, il faut que tout soit carré et droit alors que là on se lâche plus.

 

11. Vous avez tourné récemment une vidéo pour la chanson « Cyberduel ». Comment cela s’est-il passé et appréciez-vous ce type d’exercice ?

Cela s’est très bien passé sur deux jours en totalité. Une première petite journée de tournage dédiée au groupe en train de jouer, les scènes live et le lendemain était consacrée à toutes les parties scénarisées, le kidnapping que l’on voit au début, l’opération avec l’implant matriciel. Ce côté-là était assez marrant avec tous les maquillages. Nous voulions des scènes très soignées pour avoir une belle dimension musique de film et donner envie de creuser le concept et l’histoire. Pas juste un groupe qui joue. Nous n’avons pas trop eu d’attente, j’ai surtout assisté à la partie groupe en live.

Tu attends parfois quand sont réalisés les plans musicien par musicien mais l’ambiance est bonne. La personne en charge fait pas mal de clips et de court-métrages et il nous guidait. C’était super réglé et la journée est vite passé avec à chaque fois des plans tournés vite et bien, une organisation très efficace. Si tout va bien, nous devrions encore faire un ou deux autres clips pour ce disque. Normalement nous devrions au moins avoir aussi « Opus Dei ». Avec un prêtre, dans un cadre visuel religieux, un beau potentiel…

itw_oshy_Mylidia_04

12. Qui a eu l’idée de proposé un string en vente dans la boutique dédiée au groupe ?

Ah ah ah, je ne sais plus qui a eu cette idée, cela date du merchandising du premier album en fait. Nous avons trouvé cela sympa et marrant comme goodies pas cher, que les gens puissent repartir pas simplement avec un T-Shirt. Moi, je ne connaissais que MANOWAR pour faire cela… NO RETURN aussi l’a fait à une époque.

 

13. Vu de Paris/Normandie, comment voyez-vous la scène métal française ?

Je suis le parisien de service, les autres sont en Normandie. La scène française étonne et montre un vrai gros potentiel je trouve. Certains groupes émergent et pourraient connaître un beau succès. Je citerai TANK qui monte sérieusement, ASYLUMP PYRE aussi. Bref du potentiel mais il est toujours très difficile de s’exporter et c’est là que le bât blesse. Il faut aussi se battre pour trouver des dates ou des premières parties dans les salles intéressantes. Il faudrait que nous puissions plus largement nous exprimer. Les groupes collaborent pas mal, ils montent des collectifs, montent conjointement des dates. C’est surtout au niveau des salles que faire jouer un petit plateau métal est périlleux. Ils préfèrent programmer des têtes d’affiche pour les remplir.

 

14. Quels sont tes espoirs et tes attentes pour MYLIDIAN ?

A court terme des avons des concerts comme celui d’Eragny dans quelques semaines. Il faut voir tout cela sur notre site internet. Nous démarchons et finalisons des dates pour 2014. Ce serait une bonne chose si nous pouvions décrocher une belle première partie et cerise sur le gâteau un deal au niveau européen. On démarche les tourneurs et on verra bien.

itw_oshy_Mylidia_05

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Love is All » de Roger Glover avec Dio et « Babe I'm Gonna Leave You » de LED ZEPPELIN

 

2. Le déclic qui t’as fait de lancer dans l’apprentissage de la guitare ?

C’est quand j’ai commencé à écouter AC/DC.

 

3. Premier album acheté ?

Back in Black d’AC/DC

 

4. Dernier album acheté ?

Le dernier JAMES LABRIE (Impermanent Resonance)

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet