Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Quel est ton état d’esprit à quelques jours de la sortie de Between ? délivrance ou stress ?

Un peu des deux. Le sentiment de délivrance je l’ai eu quand j’ai tenu le master dans les mains et quand j’ai reçu les albums. Là je suis un peu anxieux car Between sort en France mais également à l’étranger. Ce n’était pas la cas pour l’album précédent et je stresse un peu quant à savoir comment sera perçu l’album dans des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège… J’ai déjà eu une première chronique suédoise très très bonne, je croise les doigts pour que cela dure comme cela.

 

02. Comment travailles-tu, un an après la sortie de l’album, déjà un EP. L’annonce d’un futur album avec des titres en commun ?

En fait au départ de cet album il y a deux titres que j’avais du produire pour des samplers de magazine et qui ne faisaient pas partie de l’album. J’avais donc déjà dû trouver à l’époque un sujet, une thématique qui fasse un peu spin-off par rapport à From the Past. Donc passer de la mythologie grecque à la mythologie romaine était voilà, prendre les mêmes sans prendre les mêmes… Et je trouvais dommage de laisser ces deux titres comme ça seuls dans la nature et j’ai développé un peu l’histoire pour être cohérent avec l’univers de MELTED SPACE et j’y ai adjoint leur maman, la louve de Rome et le dieu Janus qui fait un peu office de méchant de l’histoire. Après pourquoi ne pas attendre d’avoir un troisième album complet ? C’est vrai que je le vois comme une transition entre From the Past et le prochain opus qui est déjà bien… L’histoire complète est déjà écrite, concept bouclé…

MELTED SPACE me demande énormément de travail logistique, de mise en place, d’enregistrement, de gestion des planning d’enregistrement des uns et des autres… Je suis donc assez vite frustré, tu vois sur Between il y a une semaine de travail de composition pour huit mois de travail d’organisation, puis l’enregistrement. J’aime le studio mais au niveau de la phase de création, c’est tout petit. Cela nourrit énormément mon appétit de composer et donc dès que Between était terminé, j’avais déjà des idées qui partaient dans tous les sens pour la suite. On cogite, l’enregistrement de celui-là donne des idées et il suffit qu’un Batman sorte ou qu’un God of War sorte entre temps et cela inspire également. Je suis nourri de films, de jeux vidéo, d’albums… J’aime pas rester à ne rien faire.

 

03. Quel type de compositeur es-tu ?

J’évoquais le prochain album, donc l’histoire est écrite et j’ai consacré beaucoup de temps à cela. Je rentrais le soir et je m’y mettais jusqu’à saturation. Depuis je me chantonne des trucs, des fois je n’arrive pas à dormir car j’ai une idée en tête. Donc je retourne dans mon laboratoire, j’enregistre trois trucs et cela me calme jusqu’au lendemain. J’enregistre beaucoup de petites choses et à un moment je décide de faire un assemblage : j’ai des histoires, des mélodies, des thèmes, des rythmiques, qu’est-ce que je fais avec tout cela ? Cela prend forme et je en lâche pas l’affaire jusqu’à atteindre satisfaction. J’écris une histoire en français. Un découpage en terme de scène se fait et donc certains thèmes et personnages émergent. J'ai fait des études de musique de film à Paris et donc mon travail est naturellement cadré et je vois assez rapidement les structures exploitables. Je vois MELTED SPACE comme un film, sans image, et donc j’essaye d’avoir un train d’avance sur la suite, en anticipant et en étant le plus précis possible. Donc je connais déjà la direction prévue pour la suite.

 

04. Between, est-il un avant-gout de l’album avec certains titres en commun ?

Pas du tout. Le futur album n’a rien à voir avec Between. Le seul élément commun c’est le concept de Two Gods mis en place avec Janus mais cela sera développé différemment. Between est une transition, une jonction avec From the Past et le suivant. L’univers sera le même, un personnage ou deux reviendront mais le gros des troupes sera tout neuf, de nouveaux guests, pas de titres communs… Il y aura peut-être quelques références au niveau des thèmes musicaux pour que l’on reconnaisse un personnage mais rien de plus.

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05. Après la crème de la scène métal underground française, voici des figures reconnues du métal européen (Liv Kristine (LEAVES' EYES), Ashmedi (MELECHESH), Black Messiah (SETH) et Emmanuel Lévy (WORMFOOD). Quelle est la suite pour MELTED SPACE ?

On trouve forcément un progression consciente dans l’ampleur de mon travail. On ne peut pas le nier. Le choix d’Ashmedi et de Liv Kristine n’est pas anodin. Elle fait un louve de Rome parfaite et j’avais presque dès le départ pensé à elle mais c’est vrai que dans la mesure où l’album sort à l’étranger, ces noms-là sont des références fortes. On trouve en Allemagne les deux références du genre. J’ai cette envie de travailler avec des gens reconnus. On m’a demandé avec qui je rêverais de bosser et je réponds la chanteuse Sharon van den Adel et le chanteur de DIMMU BORGTIR, Shagrath. C’est serait un vrai bonheur. Cela ne se fera pas pour l’instant mais j’ai contacté quelques chanteurs pour le prochain et j’ai quelques oui de principe Les noms devraient plaire à la communauté métal.

 

06. Comment contacte-t-on et intéresse-t-on ce type d’artistes internationaux ?

Pour Ashmedi cela s’est déroulé via mon éditeur qui avait déjà bossé avec lui et donc il nous a mis en contact. Cela s’est fait finalement assez simplement. Pour Liv Kristine, je suis passé par le management et je leur ai envoyé un mail : « Je m’appelle untel, j’ai fait si j’ai fait ça et j’aimerais travailler avec Liv Kristine. Est-ce possible ? comment ?… ». Ils en ont parlé avec elle, j’ai envoyé From the Past, ils ont écouté et je pense regardé sur internet voir qui je suis. Donc elle apprécie From the Past, elle apprécie mes maquettes. Je l’ai rencontré lors de son passage avec LEAVE’S EYES et FIREWIND, on a pu discuter une heure en backstage, elle est adorable. Elle est très investie dans son travail.

Même chose avec Ashmedi, lors de l’enregistrement ils proposent des doubles voix et idées de mixage, ils n’ont pas bêtement cachetonné. Elle me l’a dit, « j’aime les chansons, je trouve le projet cool et cela me fait plaisir de le faire ». Pour Liv Kristine, je suis allé dans leur studio, le Mastersound, et j’ai passé une journée de rêve. Je fournis la mélodie, les textes… Sur les démos il y a la voix témoin de la chère et tendre et Liv Kristine s’était préparé quelques jours avant et nous avons donc pu tout boucler en une journée. Après ils sont libres de faire toute suggestion et modification… Nous avons composé les doubles voix ensembles et donc petit moment de grâce de travailler avec l’une des pionnières de ce type de chant métal. Elle avait enregistré des trucs en avance pour que je ne reparte pas trop tard à cause de la neige, bref une charmante collaboration. Et cerise sur le gâteau, elle fait le meilleur café du monde ! (rires).

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07. Le double digipak était déjà beau et ce digipak est magnifique et à prix modique. La forme est-elle aussi importante que le fond ? Comment travailles-tu avec l’artiste en charge de la pochette ?

Effectivement pour moi le voyage commence quand l’auditeur a l’objet entre le mains, que l’on ouvre l’album, quand on met le disque dans la platine et que l’on découvre le livret alors que les premières notes résonnent. On le disait, moi assez dans des AYREON ou AVANTASIA voir DIMMU BORGIR sont des groupes connus pour soigner le visuels et proposer des collectors… J’en ai une armoire pleine… Dans la mesure où mon ambition première est de faire voyages les gens… J’ai l’image de ces films pour enfants où le gamin ouvre un bouquin magique et il est aspiré pour vivre des aventures merveilleuses. C’est ça l’idée avec ce Digipak, cela commence dès que l’objet arrive. Et cela pour un prix modique, 7 euros je crois sur le site de Seasons of Mist… Oui mais il n’y a 35 minutes de musique, ce n’est pas un triple album bourré de chansons. Enfin c’est pourtant le durée d’un album de SLAYER… Pour la pochette, c’est l’œuvre d’Hicham Haddaji de Strychneen Studio. Je lui ai donné les morceaux et deux trois directives générales pour l’inspirer. Et il m’a fait une proposition qui était à 90% le résultat final. C’était pas la statue des jumeaux et on a modifié l’arbre pour lui donner un touche plus « Guillermo Del Toro ». Tout cela pour souligner la dualité de cet album. Il y a deux chansons pour les jumeaux et deux chansons pour la louve et Janus. L’un des instrumental est présenté en miroir pour illustrer les deux visages de Janus, les deux « e » inversé sur le titre… Bref une envie de cohérence jusqu’aux plus petits détails.

 

08. Toujours pas de scène ?

C’est le moment du scoop ! Une tournée est prévue pour le mois d’octobre en première partie de THE OLD DEAD TREE. Voir les dates sur internet pour le détail. Je dois recruter une fière équipe sur défendre cette musique sur scène. Le temps sera limité et donc je tente de résoudre une équation difficile : qui fait quoi ? quelle chanson ? mise en scène ou pas ? C’est très compliquée mais j’en suis très heureux et tout le monde est enthousiaste !

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Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques" pour terminer cette interview :

01. Paul Di’Anno ou Bruce Dickinson ?

Bruce Dickinson car je connais beaucoup moins son prédécesseur et je préfère au niveau de la voix.

 

02. Ozzy Osbourne ou Ronnie James Dio ?

Très compliqué. Les deux mais pas pour les mêmes raisons. Je vais dire Ozzy Osbourne parce que je l’ai vu récemment en concert. Dio je l’ai malheureusement jamais vu et là ça va être compliqué. Osbourne a pris de l’âge mais il continue à assurer.

 

03. DIMMU BORGIR ou BEHEMOTH ?

C’est quasiment mes deux groupes préférés… DIMMU BORGIR parce que je fais de black métal dans la vie et que j’ai plus de t-shirts des norvégiens.

 

04. AYREON ou AVANTASIA ?

AYREON ! J’ai récemment acheté le dernier Sammet et je n’ai pas eu de surprise particulière. A sa décharge, quand je mets le tout premier, au bout de 3 notes j’ai la banane pour toute la journée.

 

Tous nos remerciements à Roger Wessier (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Chronique de l'EP ici

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1. Peux-tu présenter à nos lecteurs ATLANTIS CHRONICLES ?

ATLANTIS CHRONICLES c’est un quintet Parisien de modern death métal ayant pour principale thématique l’élément aquatique au sens large: mythologie, créatures sous-marines, légendes, découvertes, explorations des grands fonds marins… Avec une légère pointe de "steampunk Jules Verne" sans que celle-ci soit dominante.

 

02. Comment vous sentez-vous quelques semaines après la sortie de Ten Miles Underwater, quels sentiments dominent ?

Eh bien je dois dire que nous nous sentons plutôt sereins et pleinement satisfaits ! Car Jusqu'à présent les réactions au niveau de la presse et du public sont excellentes. Je dois dire que nous sommes même presque surpris, nous espérions bien évidemment pouvoir toucher les gens grâce à notre musique et ainsi pouvoir partager quelques choses avec eux, mais certaines critiques positives à l'encontre de notre musique nous ont parfois énormément touchées et sont devenus une véritable force motrice dans notre parcours.

 

03. Pourquoi ce choix des thématiques aquatiques/maritimes ?

L’univers marin nous a toujours passionné et effrayé à la fois. La science moderne a mis à jour plus de mystères sur l’immensité de notre cosmos que sur les grands fonds sous-marins de notre planète. Cette ignorance laisse place à des tonnes d’idées où la seule limite est notre imagination. On a donc mis en scène des personnages souvent fictifs pour faire coexister des sentiments humains avec cet univers mystique et fantastique qu’incarnent les profondeurs abyssales. Les possibilités sont toutes aussi vastes que l’océan.

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04. Connaissez-vous le groupe allemand AHAB qui poursuit une démarche assez proche de la vôtre sur les sujets abordés ?

Non absolument pas, mais c'est l'occasion d'aller y jeter une oreille du coup !!

 

05. Que pouvez-vous nous dire des sessions d'enregistrement de Ten Miles Underwater ?

Nous avons commencé par enregistrer les batteries chez Xort au Drudenhaus Studio à Chateaubriand. Un moment d'isolement total pour notre batteur Sydney, qui lui a permis de rester intégralement "focus" sur son instrument et ses séances d'enregistrements durant quelques jours. Ça s’est très bien passé, une belle collaboration et un super son de batterie ont été le fruit du travail effectué en amont. Puis la basse et les guitares ont été enregistrées par Sydney, à moitié dans son home studio et à moitié au studio des "Cuizines" de Chelles. Nous avons pu ainsi prendre le temps qu’il fallait pour tout faire sonner du mieux possible, le bon feeling et le bon placement pour chaque riff et chaque lead. Les voix ont été intégralement enregistrées aux CuiZines, étant arrivé dans le groupe une fois l’album composé, la plupart des voix n’ont pas été maquettées mais directement enregistrées après une mise au point en répétition. Enfin les réamps, le mix et le master ont été réalisé par Joshua Wickman au Dreadcore studio. Encore une collaboration très agréable, il nous a rendu ce processus simple et évident, tant et si bien que tout fut bouclé en 2 semaines.

 

06. Pourquoi avoir choisi et comment avez-vous développé ce concept autour du travail de Charles William Beebe ?

Nous devons la trouvaille du personnage historique qu'est William Beebe à notre batteur Sydney. C'est lui qui, en découvrant l'existence de la bathysphère dans un livre de Clair Nouvian, est remonté jusqu'à l'existence de cet explorateur. Concernant la suite du développement de l'album, je dois dire que le monde sous-marin est une thématique qui représente le cœur même d'Atlantis Chronicles. Tout ce que nous écrivons au sein de ce groupe, la musique comme les paroles, provient d'une imagination collective qui trouve son origine dans les mythes et légendes entourant le monde aquatique. Nous avons donc décidé de raconter ; de mettre en scène même, une véritable fable se déroulant au cœur des abysses avec un personnage principal qui non content de servir de fil rouge à cette histoire, est aussi une sorte de narrateur qui nous as permis d'exprimer plus facilement toute une palette d'émotions que nous souhaitions faire figurer sur ce disque. L'album relate le périple de cet aventurier et surtout sa descente vers les ténèbres abyssales de façon fantasmagorique. Nous avons volontairement amplifié les aspects épiques liés à une telle plongée, car le métal au sens large du terme est un exutoire dans lequel il est très agréable d'exacerber les faits, le contexte et les émotions. Ce style musical nous a permis de complètement lâcher prise sur les dimensions réelles ou fantasmées de ce qui fut une « simple » expérience scientifique au final. Et ainsi la transformer en une réelle épopée.

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07. Quelles sont vos principales influences ?

Et bien je vais vous faire une réponse un peu « geek » et simplette mais qui me paraît être la strict vérité !! De mon point de vu je dirais: les musiques de jeux vidéos, les bandes originales de films et le death métal au sens large du terme.

 

08. Comment un groupe de modern/death/prog Parisien se retrouve signé sur un label italien comme Coroner Records ?

Nous avons démarché énormément de label, mais Coroner Records s'est montré assez vite très intéresser par notre musique et je dois dire qu'ils ont été très patients avec nous. Je dis cela car nous voulions être sûr d'être soutenus par un label actif pour cet album, ils ont donc pris le temps de répondre précisément et sincèrement à toutes les questions que nous avons pu nous poser avant de signer avec eux. Aujourd'hui je dois dire que nous sommes satisfaits à 200% de notre collaboration avec ce label, ces mecs font vraiment sérieusement leur travail, ils nous soutiennent énormément, j'en profite pour faire un petit coucou à Ettore et Eros, nous espérons pouvoir venir jouer en Italie un jour et les rencontrer en chair et en os !!

 

09. De votre point de vue quelles sont les principales différences entre l’EP Against The Sea & Ten Miles Underwater ou entre ABYSS et ATLANTIS CHRONICLES ?

Et bien pour moi le point de vue est spécial car je n’étais pas encore dans la formation à l'époque de cet EP. J'ai donc tendance à le voir comme les fondations de l'album, le prequel qui nous a permis d'accéder à la maturité nécessaire pour accoucher de Ten Miles Underwater.

 

10.Comment voyez-vous la scène métal française ?

Elle a clairement le vent en poupe. Il y a quelques années la seule référence était GOJIRAa. Pas parce qu’il n’y avait que ça en France mais simplement parce que c’était un des seuls groupes à s’être donnés les moyens de franchir les frontières. Aujourd’hui, le reste de l’Europe, les USA, le Canada, l’Australie et même l’Asie se penchent de plus en plus sur les groupes français, voyant une vraie force et une vraie "touch" en émaner. La brèche est ouverte, une petite révolution est en marche et d’ici quelques années on pourra espérer s’aligner avec les pays sur lesquels on a tant de retard.

 

11. Quels sont vos espoirs et tes attentes pour ATLANTIS CHRONICLES ?

À court terme, tourner le plus possible et partout où nous le pouvons. À long terme continuer à tourner le plus possible, continuer d'exister tout simplement.

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Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques,…) ?

Bien évidemment il me paraît impossible de n'en choisir qu'une seule, mais bref… Là comme ça je dirais « Progenies of the great apocalypse » de DIMMU BORGIR.

 

2. Premier album acheté ?

Roh putain j'ai honte mais force est de reconnaître qu'il s'agissait de Cybertrance 4, seul ceux qui suivait Fun Radio à la grande époque avec Max et « le starsystem » se rappelleront de ce genre de compiles 😉

 

3. Dernier album acheté ?

Le dernier album de NEPHALOKIA, Journey

 

4. Quel son ou bruit aimez-vous ?

Beaucoup de sons issus de la nature

 

5. Quel son ou bruit détestez-vous ?

Beaucoup de sons issus du monde urbain

 

Tradition oblige, on vous laisse le mot de la fin…

Et bien un grand merci à vous pour l’intérêt porté au groupe, et un grand merci à tous ceux qui auront pris le temps de s'intéresser d'un peu plus près à Atlantis Chronicles ! À bientôt…

 

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs 6:33 ?

Niko : D’abord le groupe 6:33. Il s’agit de 5 personnes issues de divers mouvements, pas que métal, et cela s’entend. On a décidé, après un premier album, d’entamer une collaboration avec Arno Stobl. Après le départ du premier chanteur, on a sauté sur l’occasion de bosser avec Arno sur un EP de collaboration, en attendant de trouver un remplaçant pour le groupe derrière le micro. Cela s’est très bien passé.

 

02. Quelle était votre démarche à la création du groupe ?

L’idée était de faire une musique que nous aimerions entendre, où tous les éléments que nous aimons serait présents, pas simplement se cantonner au métal. Et encore c’est assez réducteur car nous n’avons l’idée de faire constamment des mélanges, de mettre là un plan jazz… Cela coule naturellement, c’est ce que nous entendre et c’est notre façon d’écrire la musique. Après ça passe ou ça passe pas mais bon aura au mieux.

 

03. Comment vous sentez-vous quelques jours avant la sortie de ce deuxième album ?

Nous sommes tous très excités car cela fait déjà quelques temps que nous avons cet album dans la poche. On a vraiment hâte qu’il sorte et avoir la réponse du public. Nous avons déjà eu quelques retour avec la sortie de l’EP, des réactions très positives mais il n’était que numérique alors que là il y a un support. On avait sorti l’EP sans vraiment le sortir, il avait été mis en téléchargement gratuit pendant un mois mais on avait pas spécialement cherché à le pousser. On donnait une adresse mail avec le message, prenez-le si vous aimez et c’est tout. Là c’est fini, on a l’objet dans les mains et on va lui laisser vivre sa vie.

 

04. Pourquoi avoir proposé gratuitement l’EP pendant un mois sur votre site ?

On a voulu tourner une page avec le premier album et le départ du chanteur. Nous ne nous sommes pas posés toutes ces questions, nous avions juste envie de bosser ensemble et de proposer quelque chose de nouveau. Nous avions envie de le diffuser tout de suite et donc nous avons pris la décision de la mettre sur internet, sans stratégie préétablie ni plan marketing. Nous avons complété ce premier travail et finalement cet EP s’est transformé en preview de l’album malgré lui. Beaucoup de gens ont écrit qu’il s’agissait là d’une nouvelle façon de diffuser la musique, de donner gratuitement une moitié d’album alors que ce n’était pas vraiment voulu, ce fut le hasard. A posteriori cela s’avère être une bonne idée pour intéresser le public. On a fait plus de 2300 téléchargement en un mois et nous étions très heureux. Nous savons que l’album se retrouvera au bout d’un moment en téléchargement… C’est un long un très long débat.

 

05. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de The Stench from the Swelling (a True Story) ?

L’ambiance était un peu spéciale. J’écris environ 90 % de la musique et je fais ça chez moi en studio. Le travail est au départ très solitaire, seul chez moi, beaucoup de choses sont préprogrammées au niveau des claviers… Donc quand nous rentrons en studio pour enregistrer les différentes chansons, les claviers sont déjà bouclés, le bassiste vient, moi je rajoute les guitares… Le seul moment où nous nous retrouvons à plusieurs en studio c’est lors de l’enregistrement du chant. Nous enregistrons chez Emmanuel (NDLR : Rousseau) qui est l’un des deux claviéristes et également le responsable du White Wasteland Studio. Donc nous étions comme à la maison, très relax. On a jamais été, à aucun moment, tous ensembles lors de la création et de l’enregistrement de l’album.

 

06. Tu es à l’origine de quasi toute la musique, tu composes tout seul, tu enregistres presque seul. Comment ce travail en solo devient un projet commun ?

Les morceaux tournent un peu chez tout le monde, chacun apporte son avis. Et cela fonctionne, en tout cas jusqu’à maintenant ça marche. Et puis il ne faut pas minimiser l’aspect live, nous prenons énormément de plaisir à être tous là. On se connait très bien.

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07. Comment nait une chanson de 6:33, c’est parfois tellement dingue et inattendu ?

C’est plus flagrant sur les longs titres mais je ne sais jamais à l’avance où la musique va m’emmener. Je ne sais jamais combien de temps un titre va durer ou encore sa structure. Tout part d’une idée, un riff ou une mélodie de claviers, un riff de guitare, tout sauf le chant et je laisse le flot couler. La chanson se fait finalement d’elle-même. Au bout d’un moment je sens que nous approchons de la conclusion et tout s’arrête. Je relève alors les yeux sur le compteur et je découvre que dix minutes sont passées… C’est la musique qui va dicter la structure comme sur « I Like It » ce sera couplet refrain couplet ou autre chose. C’est jamais prévu à l’avance, tout est libre. L’idée passe si elle est bonne sinon je reviens en arrière et j’efface ce que je viens de faire… Telle partie en amène une autre… Ce n’est jamais le résultat de jam, et le pire quand nous arrivons en studio, nous n’avons jamais jouer les morceaux à part les prises de guitares ou de basses que nous avons testées sous forme de démo avant. En répétition, nous apprenons tous les chansons. Certains découvrent alors leurs parties et me maudissent…

 

08. Cela garantie la fraicheur des chansons sur scène vous n’en êtes pas déjà blasées…

Oui exactement et puis des fois, cela reste subtil, certains remixent des petites choses, font évoluer leurs parties pour donner un petit côté live. Cela peut aussi se faire en studio car comme on enregistre chez Manu, nous ne sommes pas pressés par le temps par des délais donc nous pouvons faire des essais sur les arrangements.

Et à posteriori, je reste très satisfait de ce disque. Autant le premier album je ne peux plus l’écouter car je ne vois que les défauts. Sur le nouveau, c’est Emmanuel qui s’est chargé de toute la partie rythmique et batterie et c’est cool car il a cette âme de batteur, il a joué de la batterie, il aime l’instrument. Il n’était pas là sur le premier et par défaut j’avais dû m’en occuper et je n’aime franchement pas cela, je ne suis pas batteur. Et donc rien que la batterie sur le premier m’exaspère. Alors que celui-là est encore relativement frais.

Sur scène nous continuons à jouer sans batteur, tout est programmé d’avance. Parfois c’est vrai cela peut manquer mais finalement, sur scène, en configuration nous ressemblons beaucoup à un groupe d’électro avec deux gros synthés derrière et devant la ligne rock, guitares et chant. L’avantage c’est que cela nous permet d’être ultra carré, nous essayons de donner le son le plus clean possible.

 

09. Comment décrirais-tu ta musique et tes influences ?

Il y a bien sûr un côté très progressif, j’ai été élevé avec PINK FLOYD, je suis un grand amateur. Je vois cela comme une BO d’un film qui n’existe pas. Et donc tu peux te permettre de multiplier les ambiances, les thèmes musicaux sans que cela ne choque. Quand tu regardes un film que la musique parte un peu dans tous les sens pour s’adapter ou renforcer l’image semble naturel.

Nos influences sont variées, on peut dire Devin Townsend, FAITH NO MORE, des compositeurs de musique de film comme Danny Elfman, Ennio Morricone que j’adore…

 

10. Comment avez-vous collaboré avec Arno Stobl ?

Ce qui est amusant c’est que nous avons découvert ses parties de chant et ses paroles en studio. Il est venu avec nous les avons entendues pour la première au moment où il les enregistrait. En plus de l’aspect musical, ce qui a été très agréable concerne l’aspect humain. On s’est très bien entendu dès le début. Nous parlions un peu la même langue et cela a fonctionné immédiatement. Nous évoluons dans des univers très proches, no limit, très libres, comme CARNIVAL IN COAL et c’est pourquoi il nous semblait intéressant de le faire venir sur le premier album.

 

11. Quels souvenirs du concert le 11 Janvier 2013 à Paris au Paris Metal France Festival V (Divan du Monde) ?

Nous étions très très très contents. Nous sommes passés assez tôt, c’est dommage, mais nous avons fait avec. Nous étions honorés de partager la même scène que LOUDBLAST, AGRESSOR… J’écoutais LOUDBLAST quand j’avais 15 ans. On avait fait des concerts excellents l’an dernier également, nous avions ouvert pour Devin Townsend, que j’adule, pour SHAKA PONK à Bordeaux, une belle folie. Le Paris Metal France Festival V était le premier festival que nous faisions avec Arno. Nous avions quand même la pression. Autant notre nouveau chanteur, Rorschach, est un animal de scène et nous nous connaissons tous très bien autant c’était la première fois avec Arno et donc nous avions quand même une petite appréhension. La résultat avait été concluant en studio mais sur scène cela peut-être une autre paire de manche.

 

12. Et quelles sont vos perspectives scéniques pour les mois à venir, le Hellfest qui approche cela doit titiller non ?

Oui bien sûr, le Hellfest fait envie et nous aimerions bien un jour nous y produire. Bon ce ne sera pas cette année mais on va tout faire pour l’an prochain. On va continuer les concerts nous-même et de temps de temps pour les plus importantes Arno nous rejoindra.

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13. Comment travaillez-vous avec Vincent Petitjean de Dehn Sora sur vos pochettes et l’aspect graphique ? Et pourquoi ce titre la puanteur de la tumeur ?

C’est le même créateur que pour l’EP, il a un côté très publicitaire et cela se voit. La seule chose que nous lui avons demandé c’est de mettre en avant deux contradictions, deux choses qui ne s’attirent pas. Donc il a proposé cette jolie femme avec ce squelette de bouc improbable. Deux choses qui ne devraient pas se marier et qui pourtant s’assemblent. Et puis nous voulions se petit côté élégant… Ce qui est amusant c’est que ce squelette fait tâche sur la pochette mais l’album lui-même, avec ce visuel, fera tâche dans le rayon métal des magasins. Le vendeur risque de se planter… et nous en rigolons d’avance.

Pour le titre, cela vient d’Arno et plusieurs textes traitent de cette part sombre que nous avons tous en nous. Le titre de l’album qui reprend le titre d’une chanson parle de cela, « éloignes-toi de moi car je suis nocif… ». La puanteur des mauvais côté des personnes.

 

14.Comment voyez-vous la scène métal française ?

Elle se porte très bien, elle commence à foutre le nez dehors mais ce n’est pas encore complétement cela. Nous n’avons rien à envier aux autres, j’adore des groupes comme KLONE, TREPALIUM, HACRIDE, je ne suis pas un grand fan de GOJIRA mais j’ai le plus grand respect pour leur travail. Nos groupes ont vraiment des trucs à dire et c’est dommage qu’ils doivent parfois se battre plus que les autres.

Soit les groupes s’entraident soit ils s’ignorent. Et finalement notre éclectisme, la difficulté à nous étiqueter nous sert beaucoup, avec l’aide d’Arno, à être sur des affiches très diverses. Nous serons avec des groupes de prog ou des groupes ultra-violents et finalement cela se passe bien tant que nous ne rappons pas.

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview :

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Deep Peace » de l’album Terria de Devin Townsend. C’est sans doute le solo que j’ai le plus écouté de ma vie.

 

2. Premier album acheté ?

Le premier IRON MAIDEN

 

3. Dernier album acheté ?

Deconstruction du DEVIN TOWNSEND PROJECT

 

4. Quel son ou bruit du quotidien aimes-tu ?

Le "plop" avec le doigt dans la bouche (il le fait)

 

5. Quel son ou bruit du quotidien détestes-tu ?

Le crissement des dents, des ongles, d’une fouchette…

 

Tous nos remerciements à Roger Wessier (Replica Promotion)

 

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