Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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Quelques jours avant le concert événement de MASS HYSTERIA à l'Olympia pour fêter dignement les vingt ans du groupe, nous avons eu l'occasion de discuter de ces deux dernières décennies avec Mouss Kelai, le leader/chanteur de la formation française:

 

01. Vingt ans de carrière et un concert à l’Olympia. Est-ce une consécration pour vous ?

Oui je pense que l’on peut parler après 20 ans de carrière et un Olympia à venir de consécration. Sans se la jouer ni paraître trop pompeux, quand on fait un bilan nous n’avons pas à rougir et cet anniversaire se doit d’être fêté dignement. Vingt ans de carrière pour un groupe comme MASS HYSTERIA qui ne passe pas sur les gros médias, ni à la TV, ni à la radio. Et c’est une honte qu’un groupe comme nous n’ai pas sa place sur les TV et radios publiques. Je suis comme tout le monde je paye ma redevance TV, je paye mes impôts. Beaucoup de styles sont représentés, le classique, le jazz, le free-jazz, même le Rn’B et ils ont une case dans les Victoires de la Musique ce que le métal et le vrai rock en général n’ont pas. Mais bref, c’est pas grave… Donc vingt ans de carrière sans ce support décisif de nos jours, sans les gros médias et on est encore là. Et on va faire l’Olympia complet à 2200 personnes. J’ai appris il y a 1 mois je crois que Christophe Willem (Nouvelle Star) est passé récemment et a fait 1300 payants… Lui il passe à la TV dix fois par semaine et passe à la radio 150 fois par jour… J’en conclue que les gens sont intelligents, j’ai confiance dans le public français.

Nous avons sept albums sous le bras et le soutien des webzines, des fanzines, des radios libres et de quelques magazines et grâce à tout cela nous restons dans le paysage. Symboliquement ce concert nous plait pour le pas laisser l’exclusivité de l’Olympia à Sylvie Vartan ou Charles Aznavour. Je respecte mais je n’écoute pas. Pour moi cette salle c’est plus Jimmy Hendrix, Nine Inch Nails et d’autres groupes que j’ai parfois pu voir là-bas. Dans l’imaginaire des gens et dans la mémoire collective française cela représente un accomplissement. C’est le cas pour mes parents par exemple. Ils m’ont toujours soutenu et si j’avais fait boulanger c’était pareil mais l’Olympia cela fait quelque chose, c’est mythique.

 

02. Quelle ambition et quels espoirs aviez-vous en 1993 en lançant l’aventure MASS HYSTERIA ?

Notre premier objectif c’était d’avoir un album dans les bacs et nous n’osions imaginer être encore dans le paysage vingt ans plus tard. Nous voulions avoir un disque et ensuite on se disait avec ce disque nous pourrions avoir une tournée derrière. Donc on a débuté par des maquettes. Nous avions tous déjà un peu d’expérience chacun de notre côté mais rien de très sérieux, le type de groupes que tu fais avec tes potes le samedi et le dimanche pour t’amuser. La semaine tu bosses donc tu fais cela sur ton temps libre. Mais cela a commencé à prendre forme et comme nous avions tous un peu de bouteille cela a fonctionné assez rapidement. L'alchimie a fonctionné assez vite. Avec ces maquettes des gens, des maisons de disque se sont intéressé à nous et nous avons donc commencé à rêver. Mais avec ce premier contrat on était heureux, on s’est dit ça y est, c’est bon c’est signé on aura notre disque. Un deuxième album était prévu via une option. Sous-entendu si les ventes sont bonnes, on enchaine sinon merci beaucoup et au revoir. Et rien n’était écrit dans les étoiles, on a pris les choses petit à petit, un disque puis une tournée, un second disque…

Pas de plan de carrière, on en rêvait pas que ce cela et nous n’étions pas prêt à tout pour cela. On ne trainait pas dans les maisons de disque, pas de copinage avec les gens influents, nous ne connaissions personne, on ne savait pas ou envoyer notre démo, des bras cassés, des branleurs-rockers. Même si tout s’arrêtait le lendemain, nous avions un cd à nous, un truc à montrer à ses enfants ! On aura fait partie de la scène française avec notre petite contribution mais c’était fragile et nous ne savions ou cela pouvait nous emmener.

 

03. Pourrais-tu-nous résumer chacun de vos albums par un mot et nous expliquer ce mot ?

 

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1997 : Le Bien-être et la Paix

« fraîcheur »

C’était la période de l’insouciance pour nous. On a fait cet album sans réfléchir, on travaillait, on répétait mais tu donnes sans trop faire attention au fond et à la forme. C’est pas ton métier donc tu mets tout sur la table, sans calcul. On était vierge de référence, pas de passé ni d’historique. On était jeunes. C’est très pur.

 

 

 

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1999 : Contraddiction

« professionnel »

Tu comprends que c’est un métier, tu commences à réfléchir, tu enchaines avec un deuxième album et une tournée. Que tu le veuilles ou non cela génère de la pression, car tu fais de la promo des interviews… Mais tu te la caches cette pression, tu te dis, je dois faire comme le premier mais ce n’est pas possible, la fraîcheur et l’insouciance se sont envolées. On avait l’expérience du premier, des tensions légitimes avec la maison de disque étaient apparues, tu subis des contraintes d’un contrat.

 

 

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2001 : De cercle en cercle

« spatial »

C’est l’album spatial pour moi. C’est très bizarre pour moi, en plus la pochette représente un cosmonaute. Je crois que l’on a fait cet album en essayant de se détacher de tout ce que l’on a fait avant. On ne voulait pas être catalogué et il fallait que cela n’ait rien à voir avec Contraddiction, sans trop savoir comment. Donc un truc « spatial », on était un peu perdu dans l’espace. Les contraintes, plaire aux gens, quelles sont les attentes, on réfléchit trop et on se prend la tête. Un album entre deux lunes.

 

 

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2005 : Mass Hysteria

« noir »

On a pas de mis de nom parce que l’on avait pas trouvé de nom adapté. Pas non plus de pochette car aucune proposition ne nous avait plus et nous sommes très méticuleux. L’album noir car tout nous saoulait. Après de grosses tournées, trois albums chez Sony, un saut vers l’inconnu. On quitte Sony pour Wagram, à l’époque, le plus gros label indépendant européen, on va dire. Et on a lâché prise. Pas de pochette, pas de nom, du dépit. Il fallait que l’on crache ce qui nous restait d’incompréhensions musicale, qu’est-ce que c’est ce métier, pourquoi on le fait… C’est un album que l’on aime pas de tout, entre guillemets. Tout ce que l’on a mis sur c’est album c’est ce que l’on ne verra plus jamais chez MASS HYSTERIA, c’est pas le pire, pas le meilleur c’est à part.

Cela ne reste que la musique. On était détaché de tout, une page se tournait, on savait pas de quoi sera fait notre avenir. Manque de motivation… Cela aurait pu être le dernier opus de MASS, on a touché le fond. Un album nécessaire à posteriori. Mais paradoxalement l’enregistrement qui s’est déroulé dans Manoir près de Dax, région de l’Armagnac, a été mortel : cuistot, bref la totale…

 

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2007 : Une somme de détails

 « renouveau »

La fraîcheur, rien qu’au niveau de la pochette cette belle femme, seins nus, une espèce d’ange, cette couleur bleu. Yann (Heurtaux) avait retrouvé la guitare et des riffs de malade… Pour le précédent c’était notre ancien guitariste, le mec d’Aaron (Olivier Coursier), qui avait beaucoup composé pour un résultat plus pop rock que métal rock. Là, Yann reprend les choses en main et on amalgame tout ce que nous avons vécu, ce que nous sommes. On avait la flamme, le feu sacré des riffs taillés pour la scène.

 

 

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2009 : Failles

« introspection »

Sans tomber dans le nihilisme ou le no-future, c’était un constat. La société a vécu le début de la crise. Autour de nous beaucoup de choses commençaient à se déliter et nous nous allions bien sans être encore impacté. Cela a représenté beaucoup de travail. La crise du disque était là et on a vu pleins de groupes mettre la clé sous la porte. C’était devenu trop difficile de faire du rock en France à cause du téléchargement. Certains groupes vendaient encore 10 000 albums et avec cela tu pouvais vivre, faire une tournée et avoir un petit job à côté. Tu jonglais un peu mais tu pouvais avoir une vie rock n’roll. Nous jusqu’à l’album noir on vendait entre 25 et 40 000 exemplaires. Notre plus gros carton c’est Contraddiction et on doit être à 60 000. Aujourd’hui, nous serions disque d’or.

Failles c’est la triste réalité qu’il faut surmonter. On a évité le naufrage pour MASS HYSTERIA. L’album rend compte de cela et se projette dans l’avenir. Il faut voir la pochette avec le visage de ce vieil homme. Ce sera peut-être nous dans vingt ans… Nous n’étions à l’abri de rien. Et si c’était le dernier album ?

 

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2012 : L'Armée des ombres

« le réveil »

L’album montre notre société, sachez dans quoi vous vivez, informez-vous ! Il ne faut pas être témoin de la catastrophe sociale mais qu’est-ce que l’on fait concrètement. L’armée des ombres c’est nous tous, les citoyens. Mais il faut faire des efforts pour ne pas être un mouton et suivre un chemin tracé par les autres. On voit tous des clochards dans la rue, il y a en de plus en plus, paupérisation de la société. Et pas qu’en France, aux USA aussi, les inégalités sont abyssales. Prenez conscience du pays dans lequel nous vivons : il est magnifique pour les paysages, la gastronomie. Le génie français n’est plus mise en avant. Nous sommes bernés par cette classe politique, tous les mêmes. Gauche, droite c’est une vaste fumisterie… Nous sommes 99% contre 1 %.

 

04. Quels sont tes espoirs et tes attentes pour MASS HYSTERIA ? 20 ans de plus ?

Je suis réaliste et j’ai quitté le fantasme et le rêve que j’avais à 24 ans quand tout a commencé. Avant nous vivions tous de la musique mais désormais depuis 4-5 ans, nous avons tous un boulot à côté à cause du téléchargement illégal et la crise. Cela nous rend humbles et naturels. Nous sommes des artistes bourgeois, nous sommes tous des locataires, des rockers, nous vivons notre passion. C’est pas grave, nous avons des compensations comme le bruit de la foule avant de monter sur scène, cette adrénaline ne s’achète pas. Et pour le vivre encore, il faut que nous bossions à côté.

Il n’y a que très peu de choses qui me ferait arrêter MASS HYSTERIA. Si l’économie de la musique ne nous permettait plis de tournée, je pense que nous continuerions à nous amuser à sortir des albums. Pas de vrai tournée, à la BERURIER NOIR pour faire une comparaison. Respect. Pour garder nos intégrité, nous ferions notre truc de notre côté, même sans maison de disque. On continuera à exister. Moi personnellement, j’arrêterai si tu me censures, si je ne peux plus dire ce que je pense. Et Dieu sait que dans MASS HYSTERIA ils ne sont toujours d’accord avec ce que je dis, mais il le respecte. Ils n’ont pas poussé leur réflexion politique, leurs connaissances assez loin pour ne pas voir l’évidence. Il faut avoir la substance. Et j’étais berné par le politiquement correct des lobbys. Tout cela c’est pensé, par exemple le 11 septembre et cette vaste mascarade. J’y crois pas 2 secondes ; c’est un inside job. Mais je suis pour le débat, la contradiction. Je suis sûr de ce que j’avance, prouvez-moi le contraire !

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Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est la musique à prendre sur une ile déserte ?

Une symphonie de Mozart, un titre classique. Beaucoup de variations, un truc long pour ne pas m’ennuyer et que je ne connais pas. J’aurais le temps d’essayer de comprendre…

 

2. Premier album acheté ?

THE CURE Seventeen Seconds (1980). Le déclic rock est venu par les BAD BRAINS et le titre « Positive Mental Attitude ». Cela m’a retourné le cerveau.

 

3. Dernier album acheté ?

Le dernier HATEBREED (The Divinity Of Purpose)

 

4. Quel son ou bruit aimes-tu ?

Le joyeux bordel chez moi avec mes enfants.

 

5. Quel son ou bruit détestes-tu ?

La circulation dans Paris.

 

Tous nos remerciements à Sabrina COHEN-AIELLO (Verycords / Veryshow)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

Hypocrisy, entretien à Namur avec Peter Tägtgren :

 

 

 

 

 


hypocrisy par metalchroniques

Chronique de End Of Disclosure .

www.hypocrisy.cc

 

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs MESSALINE ?

Et bien MESSALINE est né en 2003 sur les cendres d’un groupe de prog qui s’appelait ABSURD. Nous avions sorti à l’époque deux albums et également assuré des premières parties intéressantes comme PORCUPINE TREE en 2003 pour la tournée In Absentia et puis après on a splitté. Avec le guitariste et le bassiste de l’époque ont a remonté MESSALINE fin 2003. Nous avons sorti avant Eviscérer les Dieux deux albums. Les membres du groupe ont changé et nous revenons avec une formation toute neuve, une nouveau line-up avec un nouveau batteur et un nouveau bassiste en 2013 pour ce troisième album.

 

02. Pourquoi avoir choisi comme patronyme le nom d’une impératrice romaine du Ier siècle après JC ?

Sa réputation sulfureuse ? Nous y avons bien réfléchi et il fallait un nom de groupe qui sonne bien. La symbolique est belle car effectivement comme tu le dis le côté sulfureux du personnage, une impératrice romaine très « sexe drogues et rock n’roll » ! Et bien j’aime pour un groupe de heavy métal avoir un nom très doux. Le contraste me plait, la sonorité est jolie à l’oreille… Et puis un nom féminin pour un groupe métal c’est marrant, quasi tromperie sur la marchandise entre ce que nous sommes et ce que le nom pourrait évoquer. Pas de filles à poil mais du métal…

 

03. Comment vous sentez-vous quelques semaines après la sortie de votre troisième album Eviscérer les Dieux ?

Sincèrement nous sommes super sereins, c’est notre troisième disque et nous savons faire. Nous avons toujours des choses à prouver mais le groupe est installé, on a fait sur ce disque ce que l’on voulait faire, pas de compromis à l’horizon. Depuis nos débuts, on nous dit : « Pourquoi vous chantez en français ? ». Parce que nous sommes plus à l’aise, la langue est belle et les textes plus intéressants ainsi. Désormais nous assumons à 100 % notre style qui est bien particulier et je pense que nous sommes le seul à le faire : un heavy métal chanté en français avec des textes humoristiques, soignées et on continue contre vents & marées. C’est bien assumé et on est sereins, fiers de notre disque, les mélodies peuvent se chanter aisément… Comme disait Ritchie Blackmore: "un morceau est bon quand tu le siffles sous la douche". Le reste, on s’en fout.

 

04. Travaillez-vous ce côté attrayant, catchy de vos compositions ?

Oui notre but est d’écrire des mélodies, des refrains qui restent. Contrairement à d’autres groupes, j’écris les textes et après on fait la musique. Je viens avec un texte fini, par rapport à la musicalité des mots et après seulement le guitare s’en inspire, trouve des accords qui se marient bien. Finalement cela me semble logique. Si c’est un texte historique qui évoque des massacres par exemple, on va faire un thème musical un peu lourd et tranchant, si c’est plutôt un texte humoristiques, avec des jeux de mots, on va être plus direct, plus léger… C’est plus intéressant pour nous comme cela et cela garantie que la musique collera mieux ainsi. Le texte donne l’ambiance du morceau.

 

05. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Eviscérer les Dieux ?

On a essayé de travailler de la même façon que pour le précédent, In Cauda Venenum, mais on a mis plus de temps car les plannings étaient plus compliqués à gérer. On arrive en studio avec des chansons très avancées, au niveau rythmique c’est déjà nickel, John enregistre au click tout seul pour la batterie puis la basse vient se mettre dessus etc… Et ensuite on commence à délirer. Une fois en studio on va mettre une basse acoustique, avec de la disto et on va enregistrer pleins de trucs. Les guitares pareilles, on va enregistrer quatre ou cinq rythmiques différentes, le chant pareil… Sur le chant pour certains refrains j’ai expérimenté cinq ou six voix différentes, plus ou moins aigus, grave ou médium et après on attaque un boulot énorme de mix. C’est la même d »marche que les mecs de DEF LEPPARD à l’époque, tu enregistres un maximum, tu expérimentes selon ton feeling et puis tu fais tes choix au moment du mix final. J’ai enregistré trois basses mais je vais n’en mettre qu’une, j’ai des pistes de quinze guitares mais celle-ci sonne plus rock. Parfois tu enlèves, parfois tu ajoutes, tel refrains sonnent mieux à trois voix parfois c’est mieux à deux…

C’est du bidouillage mais on ne s’est pas limité, nous avons enregistré ce que nous voulions. Cela prends beaucoup de temps et nous essayerons d’être plus rapides pour le prochain. Là huit ou neuf mois ont été nécessaires mais il faut dire que notre ingé-son est parti deux mois en forêt amazonienne enregistré les sons de de la nature au Guatemala pour le compte du CNRS. Donc une partie du disque a été mixé au Costa-Rica, il est parti avec le disque dur et au casque dans la jungle pour mixer. Avant sa sortie le disque a déjà beaucoup voyagé, c’est marrant.

 

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06. De ton point de vue quelles sont les principales différences entre votre second album In Cauda Venenum & Eviscérer les Dieux ?

Pour moi, tu es plus marqué, le curseur a été poussé à fond. Quand cela doit être heavy c’est plus direct que sur le premier et quand cela doit être catchy, cela l’est encore plus. Le calme est plus calme et le tranchant est plus tranchant.

 

07. Comment doit-on comprendre le titre, Eviscérer les dieux ?

Un titre presque death métal. Il faut le comprendre comme un contraste. Si on avait été un groupe de Black suédois on aurait dit éviscérer le Dieu et on aurait été anti-chrétiens… Là c’est bien au pluriel. Je n’ai rien contre les religions, la référence s’adresse plus aux religions polythéistes de l’Antiquité mais pas seulement, cela résonne parfois de nos jours. Malraux disait : « Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas. ». Et il a bien raison, notre temps est spirituel, mystique à bien des niveaux. Cela ne se passe plus trop à l’église mais dans les sectes ou dans d’autres types de croyances : le dieu-foot, dieu-fric et dieu-télé réalité. J’éviscère ces dieux-là, je conchis The Voice et « j’emmerde » Beckham au PSG. Et puis éviscérer appelle l’organique, les tripes, c’est très corporel alors que les dieux appellent le spirituel. Le contraste entre le matériel et le spirituel, intéressant pour un titre l’album.

 

08. Que peux-tu nous dire de la pochette ?

C’est un extrait d’un tableau classique. Il est représenté presque en totalité on a juste rajouté un petit bord orange pour le côté visuel. L’œuvre est de Franz von Stuck un peintre allemand symboliste et expressionniste fin du XIXème, début du XXème siècle (voir ici). C’est intéressant car si on regarde bien, la femme a un serpent autour du cou et tous nos textes parlent indirectement du corps de la femme, dominatrice devant, nous en filigrane derrière. Nous l’avons un peu retravaillé mais on peut y voir pleins de choses, un certain érotisme se dégage.

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09. Etes-vous désormais en dehors de toute influence prog ? Christian Descamps (ANGE) fait un duo avec toi, vous faites une référence dans le livret au Vae Victis de GALAAD. Comment le comprendre ?

La référence était pour nous une évidence. Avec Mickaël (NDLR : Colignon) qui est le compositeur principal du groupe, nous sommes tombés amoureux du Vae Victis de GALAAD quand il est sorti. Pour nous c’est la pierre angulaire du rock en général. Il fait partie de mes deux ou trois albums cultes avec Rising de RAINBOW. Il me hantera jusqu’à la fin des temps et c’est l’inaccessible étoile. Si on peut faire des clins d’œil ici ou là on ne s’en prive pas. Je reste en contact avec Pierre-Yves (NDLR : Theurillat ex-chanteur de GALAAD) , un mec qui écrit super bien. Je sais pas trop où ils en sont avec leurs projets solo donc on verra. Mais nous recherchons la même sincérité dans la musique.

 

10. Comment est né la collaboration avec Christian Descamps d’ANGE ?

Christian c’est un ami. Il y a vingt ans j’étais fan, depuis 15 ans nous sommes amis, témoin de mariage réciproque… On va chez les uns et les autres, on s’organise des bouffes où l’on parle de la vie et des conneries que l’on voit à la télé et on parle presque plus de musique. Donc pour ce troisième album, nous avons eu envie de collaborer et j’ai proposé un duo. Le titre choisi est fort symboliquement, sur le temps qui passe, un ange est éternel… Lui a 67 ans et continue à faire du rock. Ce titre sur le temps qui passe, la peur de la mort me semblait adapté. Il a voulu que l’on enregistre le duo en condition live en studio. Pleins de groupes demande des guests, cela coûte 2000 dollars le solo alors que l’a on s’est vu trois jours, on a fait la bringue et simplement réservé un studio une après-midi et c’était réglé en deux prises. On a jamais aussi bien chanté tous les deux, avec cette émulation entre deux amis.

 

11.Comment voyez-vous la scène métal française ?

Les groupes collaborent un peu mais le hard rock est presque mort en France. On ne peut plus faire de tournée, il faut multiplier les dates ici et là mais c’est vraiment dur. J’ai remarqué que plus les groupes sont important, plus ils sont sympas et plus ils sont underground et plus ils ont le melon et nous font chier. C’est ce que je retrouve dans les concerts, c’est exactement cela. VULCAIN par exemple est composé de gentlemen mais des merdeux avec une démo quatre titres te prennent de haut…

 

12. Quels sont tes espoirs et tes attentes pour MESSALINE ?

Nous aimerions bien pouvoir plus jouer sur scène, décrocher une première partie sur une tournée dans le pays. Pouvoir faire une date à Paris serait bien aussi pour faire connaître notre musique. Mais c’est du coup par coup. Nous serons à Reims en mai, cinq dates en juin dans notre coin puis d’autres concerts en septembre en Lyon, Marseille. Notre problème est que nous sommes trop gros pour jouer dans des bars mais pas assez pour des salles de 300-500 personnes. Et entre les deux, il y a assez peu de salles disponibles. Je veux plus faire le bistro du coin, il nous faut une jauge de 200-250 personnes.

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques,…) ?

« Child in Time » de DEEP PURPLE

 

2. Premier album acheté ?

Perfect Strangers de DEEP PURPLE

 

3. Dernier album acheté ?

Suppléments de mensonge d’Hubert-Félix THIEFAINE

 

4. Quel son ou bruit aimez-vous ?

Lorsque l’on débouche une bouteille de vin

 

5. Quel son ou bruit détestez-vous ?

La craie sur le tableau

 

Tradition oblige, on vous laisse le mot de la fin…

Un grand merci. Faites-nous exister, on aime ou on déteste mais il faut découvrir. Prenez du temps pour chercher à écouter de nouveaux groupes.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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