Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs ASYLUM PYRE ?

Johann Cadot: Le groupe est né un peu par hasard, de ma rencontre avec Julien Peuch (basse) dans le cadre du travail. On a commencé à faire un bœuf ensemble un soir, cela nous a plu.  Nous avons réuni d’autres musiciens puis commencé à faire des morceaux… Il n’y avait rien de calculé du tout au départ mais nous avons aimé la démarche et cela a plu aux gens. Nous avons continué à composer pour une première démo puis un premier album, Natural Instinct?, en 2009. Ce disque, autoproduit, obtint de bons retours. Nous étions très agréablement surpris car le feedback était vraiment positif, on ne s’attendait pas à cela. Nous avons eu alors très envie de continuer pour faire un deuxième album et donner encore plus, travailler encore plus. Entre temps un petit changement de line-up avec l’arrivée d’une nouvelle chanteuse et d'un batteur. Sur ce deuxième album l’envie était vraiment plus affirmée de faire quelquechose de plus abouti, de professionnel en travaillant avec des professionnels.

 

02. Aviez-vous tous les deux, à l’origine, du groupe les mêmes influences ?

JC : Plus au moins en fait. Julien était beaucoup plus immergé que moi dans la musique d’IRON MAIDEN ou DREAM THEATER pour schématiser ou encore des groupes de rock psyché. Finalement ou s’est retrouvé sur les aspects prog, l’intérêt pour la mélodie. Moi je venais de choses plus traditionnelles comme HELLOWEEN époque Keeper ou BLIND GUARDIAN. Nous avons mélangé tout cela, nous avons tous évolué, nous avons découvert de nouveaux univers…

 

03. En tant que musiciens, qui sont vos références ?

Vince Kreyder : Personnellement, j’ai démarré la musique grâce à TOTO. Mon père écoutait beaucoup de rock, de rock US quand j’étais gamin et j’ai grandi avec TOTO ou encore ZZ TOP. Et un jour en écoutant un live de TOTO, le live à Paris de 1990 je crois, et je me suis dit que j’avais envie de faire ça. Donc du rock californien, je me suis mis au métal plutôt les groupes prog, les groupes techniques. Cette recherche de sophistication m’intéresse et ne m’a jamais lâché depuis même si j’écoutais aussi des trucs plus primaires. Au niveau de mes influences, il y en a des tonnes. Mike Terrana que je me dois de citer en premier, ce genre de batteur avec une grosse énergie, un petit côté allemand mais avec une sensibilité et un groove important. Les "machines" qui évoluent dans le brutal death par exemple me laisse de marbre.

JC : je suis pas tellement influencé par un guitariste en particulier, ce sont plutôt les compositeurs qui m’intéressent. Je dirai Jon Oliva, Tobias Sammet, les gens qui ont énormément de chose à proposer comme André Matos…

 

04. C’est la voix qui t’intéresse alors, le fait de chanter ?

JC : Oui c’est vrai je ne m’étais pas posé la question mais ils chantent tous effectivement… C’est plus la construction d’un univers qui me touche. Au niveau de mon jeu, je ne crois pas être influencé par l’un ou l’autre des guitaristes. On est tous marqué par certains mais consciemment je suis bien incapable de te citer des noms.

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05. Comment s’est passé la progression entre autoproduction et signature chez Massacre Records ?

JC : En fait la signature s’est faite après l’enregistrement, avec un produit fini. On leur a envoyé, ils ont aimé et nous ont signé pour prendre en charge l’aspect promotion et distribution. Nous avons beaucoup démarché et Massacre nous a proposé le meilleur deal parmi les réponses reçues. Ce label possède un catalogue varié et nous sommes contents du boulot accompli. L’exposition a été indéniablement plus grande, le concours de Replica Promotion en France a aussi beaucoup aidé. Le label apporte une autre dimension, une autre crédibilité.

 

06. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Fifty Years Later ? La vibe était-elle différente que pour le premier opus ?

JC : Oui tout était assez différent. Déjà l’enregistrement a été assez étalé. On a pris plus de temps et l’implication de Didier (NDLR : Didier Chesneau derrière les manettes) a été très forte, comme un membre supplémentaire du groupe pour guider et conseiller. L’ambiance était assez détendue. Tout était peaufiné avant l’entrée en studio mais finalement tout a été remis en question avec la sensibilité des nouveaux musiciens. Tout le monde a proposé des choses et nous avons essayé, expérimenté.

VK : Nous avons tous développé une certaine capacité d’adaptation. Moi je suis vraiment arrivé dans le groupe pour les prises de batterie. Et entre imaginer une chose et l’écouter en réel, c’est toujours différent. Entre la figuration et l’interprétation, il se passe toujours quelque chose. Et heureusement nous avons eu dès le départ la possibilité de faire des essais. J’ai bénéficié de cinq jours pour les partie de batterie. Nous avons pris une journée pour nous installer et j’ai fait les prises en deux. Donc on a pu prendre le temps d’y réfléchir et d’explorer différentes pistes. L’ambiance était détendu, j’avais déjà travaillé avec Didier et donc je faisais une prise et puis on se disait : tien si j’essayais ça à tel moment… On réécoutait et on se rendait compte qu’un truc qui avait été défini, écrit, n’allait pas… J’improvisais autre chose et cela fonctionnait mieux… Pareil pour la voix… Bref une grosse faculté d’adaptation qui marque la différence entre les deux premiers albums.

JC : Nous avons gagné beaucoup en maturité et en expérience musicale. Nous avons progressé grâce à ce temps en studio, grâce aux conseils des uns et des autres du matériel disponible… C’était difficile mais très enrichissant avec des remises en question, mais cela fait du bien.

 

07. Pourrais-tu expliciter le concept du groupe et pourrait-on imaginer un troisième album sans ligne directrice thématique comme les deux premiers ?

JC : On a une approche assez cérébrale de la chose. D’où peut-être nos influences prog. Nous faisons de la musique avec nos tripes mais aussi avec notre cerveau et les textes sont très réfléchis. On veut montrer aussi que le métal peut être intelligent. Sur le nom du groupe. ASYLUM PYRE signifie « Le Bûcher de l’Asile ». C’est à la fois un bûcher sur lequel les fous ou ceux considérés comme fou sont brûlés. Métaphoriquement, cela nous sert aussi à brûler les clichés. Quel que soit le milieu, les généralisations sont assez insupportables. Pour venir à la musique, le heavy métal a une image tronquée en France, on fait des mélanges avec le milieu sataniste. Difficile de ne pas voir quelqu’un sourire et se moquer quand on parle de métal mélodique. On essaye de casser cela en France, une envie de faire quelque chose de construit. On a tous dans le groupe une certaine culture, une réflexion sur ce que nous faisons. Nous ne sommes pas des génies ou des stars mais le groupe permet de parler de sujet parfois grave et ce n’est pas possible pour tout le monde. Le côté fun demeure mais on veut aller plus loin. On reste pour l’instant plutôt sur la démarche d’albums concepts mais on ne se refusera rien. Nos idées pour le troisième voir le quatrième album continuent de suivre une ligne thématique cohérente mais on pourrait imaginer dans le futur faire sans cette construction.

 

08. De ton point de vue quelles sont les principales différences entre votre premier album Natural Instinct? & Fifty Years Later ?

JC : Le premier était très très écrit avant de rentrer en studio et nous n’avons pratiquement rien changer. Nous avons peut-être manqué un peu de fraicheur alors que pour le second tout était aussi écrit mais tout a volé en éclat une fois en studio. Notre cahier des charges était aussi très différent puisqu’il fallait avoir tout bouclé en trois semaines. Là sur une période plus longue, nous avons eu deux ou trois fois plus de temps.

 

09. Trois après la sortie du disque, qu’en pensez-vous ? Vous n’entendez que les défauts ou vous restez toujours très fiers du résultat ?

JC : Je ne réécoute quasiment jamais mes albums…

VK : Et bien moi au contraire je le réécoute beaucoup en ce moment pour bien apprendre et garder à l’esprit mes parties de batterie pour le live. Aussi le premier disque. C’est intéressant de voir ce travail finalement spontané. J’ai eu deux mois pour m’approprier les compositions, faire fi des lignes de batterie qui servait de guide et ce n’était pas moi. Je devais y ajouter ma patte. Je ne regrette rien dans les prises. Si j’avais eu plus de recul j’aurais fait certaines choses différemment mais je suis fier de faire écouter ce disque sur lequel je joue.

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10. J’ai deux remarques sur le chant sur l’album. Pourquoi s’acharner à proposer un chant type opéra quand cela sonne ridicule parfois (« The Herd ») et que peux-tu nous dire de ta prestation sur « Fisherman’s Day » ou tu sembles défaillir ?

JC : Je ne sais pas quoi dire. Sur « Fisherman’s Day » mon chant évolue tout au long de la chanson car c’est un personnage qui a quelque chose à dire. Donc mon interprétation varie beaucoup et puis il est en train de mourir… Chacun son ressenti, c’est la première fois que l’on me fait ce type de remarque. Le retour a même été très bon sur ce titre alors que je ne m’y attendais même pas. Quand je le réécoute, j’aurais préféré faire certaines choses autrement mais il tient la route. Concernant le chant lyrique, ce n’est pas un exercice imposé pour nous, c’est là parce que nous trouvons que cela a sa place à ce moment-là. La passage sonnait mieux comme cela.

VK : Je ne suis pas non plus personnellement fan de ce chant pseudo-lyrique mais je trouve que cela a sa place ici, cela contribue à donner un certain relief sur l’album. Le côté multi-facettes de l’album est un plus.

JC : Il y avait beaucoup plus de ces passages sur le premier album ou même les démos donc on en a enlevé mais là cela nous semblait utiles, le chant a été conservé. Ce qui compte le plus c’est que le passage sonne le mieux possible, quelque soit le type de chant qui devra être utilisé. (Chaos Heïdi se joint à nous)

 

11. Quels sont tes espoirs et tes attentes pour ASYLUM PYRE ?

CH : On est très heureux de ce qui se passe actuellement et il faut que cela dure. Un nouveau public a pu nous connaître et nous espérons toucher encore plus de gens. Nous allons passer pas mal de temps sur scène en 2013 avec pas mal de dates de prévues. On croise les doigts pour que tout se passe bien. Nous espérons avoir l’opportunité de jouer en dehors de nos frontières, là ce serait parfait. Mes espoirs sont là, continuez notre route et se faire connaître. On ira en Suisse au mois de juin mais c’est dur côté Allemagne, surtout pour un groupe français.

 

12. Comment voyez-vous la scène métal française ?

CH : Il y a de bonnes et de mauvaises choses. L’entraide existe et les relations restent bonnes entre groupes en général.

JC : Ensuite il existe un fort cloisonnement entre la scène extrême et les autres. On trouve énormément de groupes appartenant à la scène metalcore. Ils ne sont pas forcément ouverts à notre style plus accessible. Ils ne ressemblent tous beaucoup et cela me passe complétement au-dessus de la tête. On sent parfois une certaine réticence de cette scène vis-à-vis de nous. Il faut rester ouvert.

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Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques,…) ?

JC : « Believe » de SAVATAGE, je la veux à mon enterrement… 

VK : « The Odyssey » de SYMPHONY X

CH : « Don't Stop Me Now » de QUEEN

 

2. Premier album acheté ?

JC : un Best Of d’EUROPE

VK : Silence de SONATA ARTICA et Death Cult Armageddon de DIMMU BORGIR

CH : Smash de THE OFFSPRING

 

3. Dernier album acheté ?

JC : le dernier HELLOWEEN et un album de BIG BIG TRAIN

VK : SWEET SMOKE – Just A Poke

CH : GALDERIA – The Universality

 

4. Quel son ou bruit aimez-vous ?

JC : l’ambiance de la nature (j’ai passé une nuit dans la jungle en début d’année)

VK : l’eau qui coule

CH : le miaulement de mon chat

 

5. Quel son ou bruit détestez-vous ?

JC : mes voisins qui font le fête jusqu’à pas d’heure

VK : l’eau dans mon mur suite à l’inondation de mes voisins

CH : le bruit de la hotte dans la cuisine

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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La question va te paraitre bête mais je n’avais que 6 ans à la sortie de Trop Fou Pour Toi et je ne dois pas être le seul parmi nos lecteurs : qui est SATAN JOKERS ?

La SATAN JOKERS du passé était un groupe très arrogant, un mélange, une synthèse de différents styles. On aimait autant le jazz rock que le métal, autant MAGMA que JUDAS PRIEST, autant RUSH que BLACK SABBATH et on était des vrais musiciens. Il y avait Laurent Bernat à la basse qui est malheureusement décédé il y a presque 10 ans maintenant, Pierre Guiraud au chant, il venait de Toulouse. Il n’était pas du tout chanteur mais un grand showman et il est devenu le chanteur du groupe, blond décoloré, une espèce de frontman qui aurait pu se retrouver chez MOTLEY CRÜE et qui s’est retrouvé chez nous et Stéphane Bonneau à la guitare, que l’on appelait l’ange blanc car il était habillé en blanc et nous en cuir noir. La presse s’accorde à dire que l’on a inventé la fusion métal, c’est très gentil. Je pense qu’il s’agit d’un très beau compliment, cela fait très chic à dire mais que c’est un peu exagéré. Nous étions simplement la synthèse de nos cultures musicales. Nous étions de vrais musiciens avec une culture musicales parfois une peu plus riche que d’autres groupes de métal dans l’hexagone. Et forcément un peu plus arrogant, parfois pas forcément bien compris, avec une image détestée, adorée… Nous ne laissions pas indifférent et c’était assez intéressant.

Ça c’est le groupe des années 80, reformation en 2009. Pourquoi ? Parce qu’un mec me propose un festival pour être tête d’affiche, cela ne s’est jamais fait d’ailleurs, mais Pascal Mulot, bassiste exceptionnel et ami de Laurent me dit « ce serait quand même génial pour un festival ou deux et même se serait bien que l’on fasse un album ». Je le regarde et je fais « chiche ! ». Et on se retrouve en studio chez un mec avec qui je faisais des titres à l’époque et je remonte SATAN JOKERS. Et quatre albums de 2009 à aujourd’hui : SJ 2009, Fetish X, AddictionS et Psychiatric. Cela donne une formation d’un groupe culte des années 80, tout aussi culte aujourd’hui car tout aussi controversé. Finalement rien n’a changé et cela me fait rire. Pourquoi controversé ? Car aujourd’hui nous proposons des textes composés avec un psychiatre-addictologue qui m’a sorti d’une addiction de 17 ans à la coke et ça fait parler ! Mais cela me fait marrer car tout cela reste juste du rock n’roll, juste de l’amusement, de l’entertainement.

 

Le moins que l'on puisse dire c'est que cet album arrive vite : presque un an après AddictionS qui datait de 2011. Qu'est-ce qui explique cette grande fécondité selon toi ? une fécondité présente dès la reformation de Satan Jokers puisque nous en sommes à quatre albums studios !

C’est une boulimie de travail parce que justement 17 ans d’addiction et l’impression d’avoir perdu du temps. Je n’ai pas fait certaine fois ce que j’aurais voulu faire. Aujourd’hui il est de bon ton d’avoir plusieurs projets. Moi quand je faisais SATAN JOKERS, aimer plusieurs styles musicaux c’était être un paria, être un traître à la cause, un traître. Le fait que je vive de mon art et que je parte dans le camp de variété française, dans le pop/rock, que je fasse les trois plus grandes comédies musicales françaises : Starmania, La légende de Jimmy et Notre dame de Paris, certains métalleux ne le comprenaient. Ils pensaient que j’avais renié mes origines. Mais pas du tout ! Je suis avant tout un musicien et j’écoute autant Kate Bush, Peter Gabriel et Michel Jonasz que du métal comme ILL NINO et PANTERA. Pourquoi je devrais me contenter que d’un truc, pourquoi b*** que des blondes si je peux avoir une belle brune. C’est abstrait.

Donc boulimie de travail car l’impression d’avoir perdu du temps et également la peur du temps qui passe et quand tu fais ça tu ne fais pas de conneries ! C’est thérapeutique et aussi, et c’est peut-être le plus important, la peur que l’objet, tu sais cet objet qui est le disque disparaisse avec le matériel d’aujourd’hui, avec internet. Les chiffres de vente sont catastrophiques aujourd’hui donc quand j’annonce sur la page du groupe que l’on est en réassort c’est formidable mais en vérité il s’agit de score dérisoire par rapport à une certaine époque. Mais on est super content d’être en rupture de stock et de remettre des disques en place dans les magasins. Mais c’est à mourir de rire car on va gagner peanuts. Bref tout ça pour dire, éviter les conneries et avoir peur que le cd disparaisse. Déjà le cd a remplacé le vinyle et moi j’aime le disque, je suis un acheteur de disques. J’aime en acheter et plus que tout j’aime en faire ! J’ai envie de laisser une trace de mon passage.

 

Quel est ton état d’esprit pour la sortie de Psychiatric ? Quand on voit cette créativité, on imagine que c'est parce que tu tiens la forme et pourtant, à la lecture d’interview dans la presse, tu sembles désenchanté et amer…

Non je suis pas désenchanté, je vis avec mon époque, avec mon temps et je suis réaliste. Ce qui me rend malheureux avec SATAN JOKERS c’est que l’on a pas de management et pas de gros tourneur et donc le groupe ne peut pas donner autant de concerts qu’il devrait en donner pour défendre ces disques. Mais ça c’est un problème typiquement français. Et ça cela me rend malheureux et dnc j’ai décidé de mettre le groupe en sommeil. Il sera en sommeil sauf les fois où nous serons contactés pour jouer mais quand on nous prend au sérieux, c'est-à-dire quand on nous paye sérieusementr. Je ne vais pas accepté les conditions dans lesquelles se produisent certains groupes des années 80 qui jouent pour 500 euros parce que cela ne m’intéresse pas.

Nous avons une démarche à faire valoir. Je n’ai pas un deuxième métier, je ne suis pas charcutier la journée et musicien le soir. Mon métier c’est la musique et comme j’ai plusieurs projets, j’ai une école qui fonctionne du feu de Dieu, que je fais des bouquins, je gagne ma vie avec la musique. Le travail que l’on fait sur scène est de qualité, SATAN JOKERS c’est quand même une dream team : Michaël Zurita à la guitare c’est quand même le Steve Vai français, Aurel à la batterie c’est quand même un cyborg, Pascal Mulot à la basse et moi au chant, je suis désolé mais ça vaut tant. 500 euros c’est pas possible.

 

Pourquoi le titre de ce disque apparaît-il avec une orthographe anglaise alors que SATAN JOKERS a toujours tenu à l'expression en français. Et c’était déjà le cas pour Fetish X ?

Non c’est un hasard, il n’y plus aucune volonté de s’exporter, le rêve américain c’est fini. Je l’ai eu à 18 balais mais il est vite passé. Ils ne nous attendent pas et moi non plus. Non je sais pas c’est totalement le hasard. C’est le fait de Laurent Karila et il t’aurait sans doute mieux expliquer ça que moi. Il est psychiatre-addictologue et il est très branché gimmick comme moi. Et donc Psychiatric avec un « c » sonnait plus rock n’roll c’est aussi con que ça, il faut n’y voir aucun calcul. On est vraiment un groupe francophone, nous chantons en français. J’ai un projet en anglais qui s’appelle FURIOUS ZOO… Au niveau du design du mot c’était mieux comme ça.

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Il semble qu'à la différence du précédent la thématique de l'album tourne autour de la maladie mentale… (sujet abordé est particulièrement casse gueule) pourquoi ce choix ? A contrario vous avez abandonné un certain nombre de paroles légères, comme celles de « Trop fou pour Toi », « Infidèle ». Est-ce volontaire ?

Oui cela fait un moment que nous avons abandonné ce créneau au niveau des thématiques et cela ne risque pas de revenir tout de suite car le cinquième membre du groupe c’est Laurent Karila. Vraiment. Et c’est un privilège d’avoir ainsi un mec qui peut faire évoluer ton groupe avec des textes intelligents, avec une approche médicale de certains sujets. Faire AddictionS c’est faire de la prévention. Cet album va avoir une deuxième vie car normalement dans les semaines qui viennent, je l’espère et ce sera plus important pour moi que le Top 50 car nous sommes dans les starting-blocks avec la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie – site ici). Cette action gouvernementale devrait utiliser notre travail dans des actions de prévention. Et ça franchement c’est super important, la contribution de ma vie d’artiste. Ce serait sans précédent dans le monde.

Donc quand ton thérapeute est devenu ton ami, ton frère, qu’il a des idées à ta place, il te tire, on finira le tryptique. Je vais mettre SATAN JOKERS en sommeil, oui, mais il y a déjà un album prévu qui sera très certainement ce qu’il appelle lui un « sexe-opéra », un opéra rock sur les addictions et les perversions sexuelles et on aura boucler la boucler. On y trouvera des mecs comme Stéphane Buriez (LOUDBLAST) car j’adore ce mec, je le veux et il sera là en plus de différents chanteurs de métal francophone et une chanteuse de métal française. Par contre en live on joue des trucs légers, « En Partance Pour l’Enfer », « Pas Fréquentables » en même temps que des trucs intelligents (rires) ! Mais le seul élément du groupe des années 80 c’est moi ! Et tout cela c’est du rock, c’est pas trop sérieux. Quand je fais des déclarations tapageuses c’est du vingtième degré…

 

Votre chansons sont toujours super catchy alors qu’avec le line-up on pouvait s’attendre à une musique très technique. Comme se fait l’équilibre ?

Le côté attrayant est ma patte, c’est la marque de fabrique de ma carrière solo et SATAN JOKERS a toujours été le laboratoire de mes expérimentations. Cela explique des chiffres de vente supérieurs à nos confrères à part TRUST qui a été un énorme phénomène. Et nous étions les seuls à pouvoir un peu les concurrencer. Le groupe a aussi toujours attiré plus de « gonzesses » que la moyenne mais pas parce nous étions des playboys mais simplement parce que les refrains étaient plus accrocheurs. Alors SATAN JOKERS aujourd’hui pose des questions à mes fans pop/rock. Ils se demandent pourquoi je suis attaché à ce bébé pourquoi cela me tient à cœur et ils écoutent. Et souvent ils adhèrent parce que les refrains sont là alors qu’ils m’aiment parfois pour des balades sirupeuses piano/voix. Des mères de famille ou des gamines de 18 ans le disent « je suis allé bossée avec Psychiatric dans la bagnole et cela m’a donné une patate ! ». Et là tu es content…

 

Pour ce Psychiatric, c'est encore Laurent Karila qui s'est chargé des paroles comme sur AddictionS. Alors que tu aimes écrire (voir ton bouquin autobiographique Poudre aux yeux), tu sembles avoir abandonné cette tâche facilement. Pourquoi ?

Oui mais il parle de 17 ans de ma vie de A à Z, comme il le dit c’est mon « neurone-miroir ». Pour AddictionS, je lui proposais une fin d’album qui s’appelait « une vie avec ou une vie sans ». Et là il me regarde il me dit « ah non, cela va s’appeler ma vie sans ». Il avait décidé pour moi et j’arrêtais, c’était son rôle de thérapeute aussi bien sûr. Cela me décharge juste d’un poids, j’ai ainsi une vision plus globale, je choisi les texte, les ambiances qui s’adaptent le mieux… Je suis une tour de contrôle et c’est formidable. Nous n’avons jamais été autant un groupe et j’attends qu’Aurel (le batteur) se mette à écrire pour SATAN JOKERS. Il ne fait pour l’instant que les arrangements de batterie et ses parties sont fondamentales, c’est une valeur ajoutée. On a jamais autant bossé en groupe, au téléphone, mais les idées fusent. On échange des mp3, on est obligé on ne peut plus faire autrement. Economie de budget, il faut être réaliste. Je suis sur Cubase, l’ingé-son intervient…

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A quoi aspirez-vous désormais après avoir connu les plus hauts et les bas de la notoriété mais aussi le fond du trou avec les drogues ?

Il ne faut pas se le cacher mais avec les drogues au début il y avait du plaisir. Moi je les utilisais avec une connotation sexuelle. Je le dis dans le deuxième bouquin, je n’étais plus le même mec, je passais de quelqu’un d’hyper directif à un agneau, « d’un culbutor du cul » à une vraie merde et cela m’excitait. C’était une recherche de plaisir, tu sais, on commence à se droguer parce que l’on aime ça ! Et on ne se rend pas compte des conséquences. Si j’avais eu les règles du jeu avant, je n’aurais pas commencé ou alors je serais mort en y allant à fond. Mais j’ai toujours du mal, j’ai fait des faux-pas… Tout le monde me disait que j’allais devenir le nouveau Balavoine mais je rencontre en 1994 la drogue, deux ans après la mort de Michel Berger et j’y vais à fond. Mais personne le sait et je l’avoue en 2011. Je suis passé à travers tout, la police, la justice, les RG… Etre dans une tricherie permanente pendant 17 ans. Et ma famille ne pouvait rien faire dans ma dérive.

 

Par ailleurs le CD est livré avec un DVD bourré de bonus très intéressants il me semble. Peux-tu les présenter ?

Le but c’est de faire plaisir aux gens et c’est une vraie belle trace du groupe. Le DVD de 3 heures avec 3 chapitres : le premier présente l’intégralité de l’album Addictions joué l’année dernière au Satan’s Fest sans remix, sans retouche, brut de décoffrage. Et cela le fait grave. Ensuite des clips et un colloque fait à la FNAC avec des titres unplugged et ensuite on parle et on fait de la prévention. Troisième chapitre, le groupe des années 80, 40 minutes que j’ai réussi à synthétiser en passant ce qu’il y avait de plus acceptable des bandes VHS de l’époque. Alors cadeau ! Petit prix avec un beau DVD dedans.

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview :

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Une » je peux pas, je t’en donne plusieurs : « Four Sticks » de LED ZEPPELIN, « Get out of My House » de KATE BUSH et « Domino » de JESSI J, c’est un tube de dance actuel, une tuerie, « Teenage Dream » de KATHY PERRY, c’est énorme… Je vais la faire en piano/voix lors des concerts à venir les 29 et 30 mars au Pacific Rock à Cergy pour mes 50 ans. J’ai l’impression d’être un teenager prisonnier dans un corps de 50 balais !

02. Premier album acheté ?

En 1969, j’avais 6 ans et c’était II de LED ZEPPELIN

03. Dernier album acheté ?

J’en ai acheté 15 en même temps, moi quand je suis dans un magasin… Une compil de RONNIE JAMES DIO, un peu pourrie mais j’adore et je suis très malheureux de sa disparition, un des plus grands…

04. Quel son ou bruit aimez-vous ?

L’orgasme d’une fille…

05. Quel son ou bruit détestez-vous ?

Les travaux chez mes voisins.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Chronique Addictions ici

Site internet

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01. Pourriez-vous nous préciser l’orientation choisie pour le nouvel album, à quoi doit-on s’attendre ?

Mana : Il va être plus lourd, plus thrash, plus sale que les albums précédents.

Mr Lordi : Les éléments traditionnels, la patte du groupe est bien présente mais effectivement il est un peu plus heavy et agressif.

 

02. Pour la deuxième fois vous avez travaillé avec Michael Wagner comme producteur. Comment cela s’est-il passé cette fois ? Et avec qui rêveriez-vous de travailler ?

Mr Lordi : C’est toujours très bien, c’est un type super, il a comme nous conservé cet esprit enfantin. C’était encore en plus simple, tout a fonctionné entre lui et nous à merveille, nous nous connaissions déjà. Nous avons rapidement su que nous allions retravailler avec lui. Pour la suite on verra, tout est possible.

Mana : Bob Ezrin sans hésitation…

 

03. Comment devons-nous comprendre le titre de l’album, To Beast or Not to Beast, ainsi que la pochette et le référence à Hamlet de Shakespeare ?

Mr Lordi : C’est une coïncidence en réalité. A l’origine il devait s’appeler Upgradead et j’ai peint moi-même la pochette de l’album avec cette fille vintage. J’ai montré ce visuel à notre guitariste Amen et il m’a répondu qu’il aimait mais que cela ne correspondait pas au titre de l’album. Il pensait plutôt à Hamlet et « To be or not to be ». Donc j’ai réfléchi et To Beast or not to Beast a paru bien plus adaptée. Fuck Yeah ! Et cela a été compliqué avec le label car l’album était déjà en fabrication ! En insistant tout s’est finalement bien fini pour nous.

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04. Mana, comment se déroule-t-il jusqu’à présent sur scène ? Et que faisiez-vous avant LORDI ? Que peut-on attendre des concerts à venir ?

Mana : tout va bien je ne suis pas trop effrayé, anxieux bien sûr mais tout se passe bien. Faire cette promo ici à Paris c’est vraiment amusant. La bière est bonne… Jusqu’ici tout va bien. Avant LORDI j’étais batteur au sein de nombreux groupes et je le suis toujours

Mr Lordi : Tout va changer, le show va être complétement nouveau. Nous apportons de nouveau effets scéniques et visuels, nous progressons dans ce domaine et vous pouvez vous attendre à quelques surprises. Les classiques du groupe seront là mais aussi des titres peu joués, extrait de Scarchives, et beaucoup de nouvelles chansons, un super show en perspective.

 

05. Vous vous moquez régulièrement de Satan dans vos chansons ce qui inhabituel pour un groupe métal. Que est votre philosophie sur ce sujet ?

Mr Lordi : Oui nous sommes les STRYPER des temps modernes ! (rires) Ce personnage de fiction est devenu cliché dans le métal, certains groupes prennent cela trop au sérieux alors qu’il ne s’agit que de contes de fées. Nous avons été critiqué avec des chansons comme « Devil Is A Loser » mais soyons sérieux, nous nous amusons ! J’enc*** le diable

 

06. On parle depuis longtemps d’un documentaire sur le groupe. Quand va-t-il sortir ?

Mr Lordi: Une équipe de tournage suit le groupe depuis plus de deux ans et nous espérons une sortie pour 2014. On nous y voit en tournée, backstage mais aussi dans notre vie quotidienne au téléphone ou en train de nourrir mes animaux de compagnie. Vous nous verrez sans doute dans nos masques mais nos visages n’apparaîtront cependant pas…

 

07. Avez-vous essayé de jouer en première partie de KISS et Gene et Paul connaissent-ils votre existence ?

Mr Lordi : Oui bien sûr et Gene a été un soutien précieux pour nous depuis le premier album. A la sortie de notre premier disque, Get Heavy, je suis allez le voir au moment de la sortie d’Asshole son opus solo, pour le lui donner en lui précisant qu’il s’agissait d’un hommage au Love Gun de KISS. Et il nous a fait des compliments et cela compte beaucoup pour moi. Et depuis ce temps, il est derrière nous et c’est très important pour nous. Une tournée commune serait un rêve mais il faut voir cela avec notre management. Nous avons partagé la scène d’un festival en Nouvelle-Zélande avec d’autres grands noms du hard-rock.

 

08. Si vous êtes d’accord, parlons d’Otus ? Comment comprendre la dernière chanson de ce nouvel album « SCG6: Otus' Butcher Clinic » ?

Mr Lordi : Nous sommes exactement un an après sa disparition. Ce n’a pas été difficile d’inclure ce titre, mais chacun vit différemment la perte d’un ami. Mais je sais qu’il aurait été le premier à nous encourager à continuer et à nous donner le téléphone d’un nouveau batteur. Il a été difficile de mettre sur cet album une chose qui lui appartienne car il rejoint le groupe juste après la sortie du précédent album et n’a donc rien enregistré avec nous. Nous avons finalement récupéré son disque dur et y avons retrouvé par hasard son solo de batterie réalisé sur scène ici à Paris. Donc au dernier moment à Nashville nous avons pu intégrer ces éléments dans une chanson en conservant ses parties intactes. In faut parler d’Otus, cela ne le ramènerait pas pour autant parmi nous mais ainsi il restera vivant. Son jeu a rendu notre son plus puissant et agressif car il était beaucoup plus véloce que notre précédent batteur. C’est aussi sa contribution.

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09. Mr Lordi, en interview, vous expliquiez que vous pouviez comprendre les fans de PANTERA ou de ROB ZOMBIE mais pas ceux de Death ou Black Metal. Pourriez-vous développer ?

Mr Lordi : Oui bien sûr. Dans PANTERA par exemple on trouve des éléments de mélodie, une ligne musicale à suivre même dans les parties les plus agressives. Je comprends cette musique, je peux l’écouter et l’apprécier. Je peux entendre le savoir-faire des artistes Death et Black métal , ces gars savent jouer, ils maitrisent particulièrement bien leurs instruments, j’ai du respect mais à mon oreille cela me semble étranger, je ne le comprends pas. Et pourtant j’adore Udo Dirkschneider ou King Diamond mais là je trouve une mélodie. La chimie n’agit pas pour moi…

 

10. A qui est dédicacé le titre « Sincerely with Love » ? Michel Drucker je suppose ?

Mr Lordi : Ah ok, oui je comprends la référence et la plaisanterie. Je voulais écrire un titre avec un refrain connu de tous pour pouvoir être repris en cœur en concert pour vraiment tout le monde. Même si tu ne parles pas anglais tu comprends « Fuck You Asshole ». Donc ceux qui nous aiment pourront le chanter et ceux qui nous déteste aussi. L’idée était d’avoir un refrain universel.

 

11. En prenant du recul sur votre carrière, de quoi êtes-vous le plus fier et le pire moment de ces années avec LORDI ?

Mr Lordi : Tous les artistes vont diront sans doute la même chose mais je suis très fier d’avoir réussi à sortir un premier album avec mon propre groupe et de poursuivre une carrière. Et l’autre élément de fierté pour moi est d’être devenu ami avec mes idoles de jeunesse comme Udo Dirkschneider (ACCEPT, UDO), Jay Jay French (TWISTED SISTERS) et également les compliments de membres de KISS ou ALICE COOPER… En ce qui concerne le pire moment de notre carrière, il faut parler de ce concert à Moscou donné il y a quelques années de cela lors du sommet du G8 en 2006 ou 2007. Plus d’un million de personnes s’étaient rassemblées sur la Place Rouge, des groupes de renommée internationale à l’affiche comme par exemple THE SCORPIONS. Avec une diffusion dans tout le pays et deux chansons à faire.

Et avant de monter sur scène, le promoteur nous demande "Vous jouez en playback ou en acoustique ?". Je n’e crois pas mes oreilles mais il ne veut rien entendre et il faut bien choisir. L’exercice acoustique étant peu adapté à notre musique et surtout jamais tenté nous devons opter pour le playback et nous donnons une copie de l’album du groupe aux techniciens. Nous donnons une DAT pour une musique de bonne qualité. Et ils utilisaient un lecteur cd tout pourri, d’une qualité vraiment médiocre et ce qui devait arriver arriva… Au bout de quelques minutes, le cd saute et nous nous retrouvons comme des imbéciles sur scène, la supercherie dévoilée. J’espère alors sauver les meubles en expliquant la situation à la foule mais même le micro était une triste copie. Furieux nous finissons comme nous pouvons le concert. La honte, plus jamais…

En sortant de scène nous croisons Klaus Meine de THE SCORPIONS hilare qui se moque de nous pour avoir choisi le playback. Et il faut bien avouer qu’ils assureront ce soir-là un super concert acoustique.

 

12. Vous avez changé de label en signant chez AFM Records, pourquoi ?

Nous sommes toujours publié par Sony en Finlande mais pour le reste du monde c’est effectivement AFM Records. Nous avons un nouveau management et nous avons décidé d’avoir un label plus spécialisé pour mieux nous travailler. Sony Finland est génial car nous sommes chez nous mais pour l’étranger nous sommes un parmi des centaines et cela se passait moins bien. Triste mais vrai. Nous en compétition avec AC/DC par exemple chez Sony international. Donc on a changé pour le mieux…

 

13. Un conseil aux groupes débutants qui cherchent à tourner ?

Mana : s’entraîner, s’entraîner, s’entraîner et… encore s’entraîner

Mr Lordi : Et aussi surtout croire en soit et en son projet.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)