Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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MetalChroniques : Tu es, et tu as été, dans beaucoup de projets et de groupes, alors que cherches-tu à concrétiser avec Voodoo Circle, musicalement ?
Alex Beyrodt : De l’argent ! Non, sérieusement… si c’était le cas, je ferais du hip-hop ou de la pop. J’ai lance Voodoo Circle parce que je voulais avoir un groupe qui jouerait la musique des groupes avec lesquels j’ai grandi. Surtout qu’on n’entend plus ce genre de musique aujourd’hui. Egalement, je voulais avoir dans le groupe des musiciens qui seraient capables d’improviser sur scène, de manière à ce que chaque soir, chaque concert serait différent : parfois telle chanson dure quatre minutes, et parfois c’est quinze minutes, selon le « feeling » de la soirée. Ces idées sont à la base de Voodoo Circle.
M.C. : Donc régulièrement, en concert, vous allez complètement dans l’improvisation ?
A.B. : Oui. Nous avons une set-list, mais personne ne sait jamais combien de temps ça durera vraiment ! D’ailleurs parfois c’est un problème, quand nous jouons dans des festivals surtout : il y a des horaires imposés très précis, et… « nous avons déjà joué trois chansons, et nous devons terminer le concert, ouah ! »

M.C. : Ce nouvel album a toujours quelque chose des années 70, mais il y a aussi quelque chose des années 80 qui se dégage très nettement. Est-ce que c’était intentionnel, dès le départ ?
A.B. : Pas du tout, à vrai dire. Ca s’est juste avéré comme ça. C’est probablement lié à la manière avec laquelle nous avons produit l’album et au matériel que nous avons utilise. Par exemple je suis passé d’une Stratocaster à une Les Paul [deux types de guitares] : elles ont un son différent et la manière d’en jouer aussi est différente. Grâce à ça, j’ai pu avoir une approche totalement différente des chansons.
La manière d’écrire les chansons a un peu changé, aussi. Quand j’ai commencé à enregistrer et à sélectionner des riffs de guitare, tous mes riffs étaient influencés par des groupes des années 80. Au bout du compte, j’avais trente-cinq chansons ou idées, parmi lesquelles j’ai sélectionné 14 titres. Mais il ne faut pas croire que je me suis assis en me disant que j’allais écrire « un album des années 80 », ça n’est pas le cas du tout.
M.C. : Mais aussi… par exemple, les instruments en eux-mêmes ont souvent un son très « années 70 », particulièrement les claviers, mais en même temps les arrangements font extrêmement « années 80 » ?
A.B. : Tout à fait, et… est-ce que c’est bien ou mal ? Sois honnête, ça te plaît ou non ?
M.C. : Je ne sais pas vraiment ? J’aime bien la musique des années 70 [enfin, pas certains des groupes qui l’influencent visiblement, mais passons], j’aime bien la musique des années 80 et… Pour dire les choses différemment : le premier album de Voodoo Circle était énormément influencé par Malmsteen…
A.B. : Oui. Et c’était intentionnel.
M.C. : Le deuxième était extrêmement tourné vers les années 70, en général, dans la musique comme l’atmosphère…
A.B. : Tout à fait, tu as bien fait tes devoirs !
M.C. : Mais je connais ces albums, je ne suis pas tombée dans le metal il y a deux semaines ! [on peut être une fille, ressembler à tout sauf à une metalleuse ET écouter du metal depuis longtemps, dediou !] Et au final, je parle juste de l’évolution du groupe. Par exemple, puisqu’on est passé aux années 80 sur cet album, pourquoi pas pour le prochain…
A.B. : Les années 60…
M.C. : Pourquoi pas, mais ça serait difficile pour du metal !
A.B. : Pas d’années 90 ! Cette période est très mauvaise pour la musique rock.
M.C. : Pourquoi ?
A.B. : Le grunge, ils ont tout tué ! Enfin, ce qui est drôle c’est qu’aujourd’hui je comprends le grunge, et je peux l’apprécier. Mais à l’époque, je détestais ça !

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MC. : Il y a aussi beaucoup moins d’influences neo-classiques, pour ne pas dire qu’elles ont disparu : est-ce qu’elles ont fini par vous lasser, ou c’est juste que là pour cet album elles n’étaient pas nécessaires ?
A.B. : J’ai été influencé par Ritchie Blackmore pendant toute ma vie. Si j’ai commencé à jouer de la guitare, c’était justement par rapport à Blackmore et Jimmy Hendrix : c’est toujours présent dans mes racines musicales. Mais comme je l’ai déjà dit, j’ai changé de guitare pour ce nouvel album, j’utilise une Les Paul sur ces chansons. Or, on joue différemment sur une Les Paul ! Une Les Paul a beaucoup plus de « sustain » [anglicisme, revient à dire qu’on tient mieux une note avec une Les Paul], un son beaucoup plus « gros » et « gras ». C’est l’opposé avec une Stratocaster, si bien qu’on a toujours envie de jouer plus, on ne cherche pas à faire tenir une note. Avec une Les Paul, on peut tenir une note, boire une bière, et puis une autre, et la note ne bouge pas ! En tant que musicien, ça donne l’opportunité de jouer différemment. Pour ma part, j’ai commencé à jouer moins de notes, à faire des choses plus mélodiques, j’ai utilisé des sons différents et après avoir joué avec une Stratocaster pendant 25 ans, je suis tombé amoureux des Les Paul ! Et ça représente un énorme changement !
M.C. : En effet, j’ai lu beaucoup d’interviews où tu proclamais ton amour éternel et inconditionnel pour les Stratocaster …
A.B. : Oui, et c’est toujours le cas. Quand j’ai ma Strat’, je me sens chez moi. Mais il y a plus d’un chemin vers chez soi ! [ahlala, le charme d’une amante… tous pareils !] Et puis… une Les Paul, ça se tient assez bas, alors qu’une Strat’ on peut la porter en haut : le bras est forcément un peu tendu sur une Les Paul, et on ne peut pas jouer tous ces trucs plus en « feeling » ou plein de virtuosité. Enfin, certains y arrivent, mais moi pas ! Si bien que je dois me limiter, ça m’oblige à jouer ce qui est vraiment nécessaire ; d’une certaine manière, je joue avec plus de « feeling » aussi.

 

M.C. : Au final, cet album nous rappelle quand même beaucoup d’autres groupes, passés : à tes yeux, comment faut-il définir « le son de Voodoo Circle, et lui seul » ?
A.B. : C’est toujours difficile d’expliquer la musique en mots… Je dirais « la combinaison parfaite entre Deep Purple, Whitesnake, Rainbow et Led Zeppelin ».
M.C. : Pourquoi pas… mais donc, ça se limite à citer des groupes ?
A.B. : Oui, oui… je veux dire, pour ma part, évidemment, je suis très influencé par ces groupes-là. Notre groupe est comparé à ces groupes-là d’ailleurs, et c’est exactement ce que nous voulons : nous voulons sonner comme eux, il n’y a absolument rien de mal à ça ! Surtout que pour moi, ce sont les plus grands et les meilleurs groupes au monde ! Je suis doué pour écrire des chansons dans ce style, avec ce « feeling », probablement parce que j’ai grandi avec cette musique, et quelque part c’est intentionnel : je veux prendre le meilleur de Deep Purple, le meilleur de Rainbow, le meilleur de Whitesnake, tout cuisiner ensemble, et au final on obtient Voodoo Circle. Je pense que c’est une bonne manière de résumer ça.

M.C. : Quelles sont tes influences, guitar-heroes exclus [puisque si on ne précise pas, il parle -toujours- de guitar-heroes] ?
A.B. : [après un long temps de réflexion] A propos de musique uniquement, ou dans la vie en général ?
M.C. : Ca peut être pour la vie en général, comme ça t’arrange.
A.B. : Alors disons que j’aime ce qui est anticonformiste, ou non-conformiste. J’aime les gens et les artistes ouverts d’esprit, c’est certainement mon influence principale, de manière générale.
M.C. : Peux-tu citer un exemple ?
A.B. : Eh bien, c’est d’ailleurs lié au titre de l’album, j’aime bien les gens qui agissent de manière inattendue, ça permet de découvrir des choses nouvelles. La société nous dit que si on veut faire ci, il faut agir de telle manière. Sauf que rien n’oblige à faire les choses de cette manière juste parce que la société le dicte ! Vous pouvez aussi le faire à votre manière, faire des erreurs, apprendre de vos erreurs, peut-être apprendre quelque chose de nouveau en chemin, et même réussir à atteindre votre but initial. « Il y a plus d’un chemin vers chez soi » [There’s More Than One Way Home, titre de l’album]. C’est comme ça que je vis, c’est ce que j’apprécie.
Aaah ! Je sais ce dont tu voulais me faire parler !
M.C. : Je n’en ai pas la moindre idée moi-même !
A.B. : C’est un écrivain, un écrivain célèbre, et son livre L’Alchimiste a complètement changé ma vie.
M.C. : Qui est-ce ?
A.B. : Paulo Coelho, un brésilien. En résumé, ce livre parle de la pensée positive, de la manière avec laquelle nous pouvons avoir une influence sur nos vies en pensant de manière positive. C’est vraiment très résumé, « le livre en une phrase ». Ce livre m’a beaucoup aidé dans des périodes difficiles de ma vie et m’a complètement changé. C’est une très bonne et très grande influence pour moi.

M.C. : Au bout du compte, tu joues et as joué dans des groupes et projets aux styles très différents. Mais une fois chez toi, quand tu prends une guitare au hasard, qu’est-ce que tu préfères jouer ? Les trucs plus « lourds » à la Primal Fear, ou les trucs plus blusy / hard-rock classique à la Voodoo Circle ?
A.B. : Des choses bluesy. Quand je prends une guitare et que je joue ce qui me passe par la tête, je joue des riffs influencés par Hendrix, surtout.
M.C. : Malgré tout, tu as d’abord été connu pour des groupes plutôt « heavy ». Alors… si tu préfères jouer des trucs plutôt bluesy, qu’est-ce qui t’a amené à rejoindre voire monter ces groupes plus « heavy » ?
A.B. : Tout a commencé avec le heavy-metal. J’ai grandi dans les années 80, ou à la fin des années 70, et je voulais devenir un guitariste de heavy-metal. C’est comme ça que je suis devenu un musicien de heavy-metal, et je le suis toujours. Mais après joué du heavy-metal pendant… non, je ne te dirai pas quel est mon âge, disons « depuis si longtemps », j’ai commencé à m’ennuyer. Faire la même chose, sans arrêt… C’est là que j’ai commencé à m’ouvrir à d’autres styles, en les écoutant et en essayant de les jouer. Grâce à ça, j’ai découvert mon amour pour tout ce qui est bluesy. Ca doit faire six ans maintenant ?
M.C. : Oh, donc c’est très récent…
A.B. : Oui.
M.C. : Pourtant, tu as dit avoir été influencé par Hendrix et Blackmore avant tout, et je doute que tu les aies découverts il y a six ans seulement ?
A.B. : Non, bien sûr. C’est par rapport à eux que j’ai commencé à jouer de la guitare, mais malgré tout j’étais toujours dans des groupes de heavy-metal, où il n’y avait pas d’occasion pour jouer dans ce style. Il fallait jouer ce qui était nécessaire pour les chansons, c’est très technique en fait. Et il ne faut pas se méprendre, j’adore jouer ce style même aujourd’hui, j’adore jouer avec Primal Fear : dès que l’on commence une tournée, je suis le type le plus heureux du monde ! Mais pour moi, écrire des chansons dans le style de Voodoo Circle a quelque chose de plus naturel, c’est plus facile pour moi, c’est plus dans mes gènes.

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M.C. : Dans ce cas, est-ce que ça pourrait être une des raisons pour lesquelles Silent Force [groupe précédent de Beyrodt, très teuton aussi, mais moins mono-neural que Primal Fear] a arrêté ses activités [aucune séparation n’a jamais été annoncée, mais le groupe n’a plus aucune actualité depuis 2007… sans réelle explication] ?
A.B. : Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles j’ai gelé Silent Force dans de la glace. Tout a commencé avec des histoires personnelles, pas que les miennes mais aussi pour les autres membres du groupe. Ensuite, André [Hilgers], le batteur, a rejoint Rage [en 2007, il y est toujours] si bien qu’il était très occupé, de mon côté j’ai déménagé vers les Iles Caraïbes, c’était très sympa là bas…
M.C. : …mais très loin !
A.B. : Plutôt, oui ! Après j’ai rejoint Primal Fear [il les a d’abord accompagnés sur scène pendant quelques années, avant de les rejoindre officiellement en studio etc. en 2012]… et le timing n’était pas bon, tout simplement ! Je dois aussi dire que je n’étais plus très content de certains des membres du groupe, à cause de leur attitude : ça m’a fait perdre un peu d’énergie. J’avais l’impression de faire tout le boulot, et personne n’en était reconnaissant. Vraiment ! Une année par exemple, et je m’en souviens de manière très précise, j’étais dans mon studio en sous-sol, enfermé dans le noir, aucune lumière du jour, pendant l’été entier. Pendant ce temps, certains des autres membres du groupe étaient partis en vacances, s’étaient reposés le long de la piscine… et j’écrivais des chansons, j’ai écrit un album entier. A la fin de l’été, je leur ai fait passer ces chansons, en leur disant : « ok les gars, voici les chansons pour le nouvel album. » Et là, ils m’ont dit qu’ils voulaient aussi avoir leur part dans l’écriture des chansons.
– « Pardon ? »
– « Oui, nous sommes un groupe, et nous devrions partager tout ça, entre nous cinq. »
– « Euh… pourquoi ? »
– « Eh bien, parce que nous sommes un groupe ! »  
– « Oui mais… j’ai écrit toutes les chansons ? Pendant que vous étiez en vacances ? Et j’étais dans ce p***** de sous-sol ? »
A ce moment-là, j’ai perdu l’énergie et la confiance que j’avais dans ce groupe. Avant ça, nous nous considérions comme des amis, nous luttions ensemble pour acquérir le succès, la célébrité, l’argent, les filles, tous ces trucs cools liés au rock’n’roll ! Mais là, j’ai commencé à me dire que les choses ne tournaient pas rond : ils ne me donnaient pas leur argent quand ils allaient travailler, alors pourquoi est-ce que je devrais céder ? J’ai raison, n’est-ce pas ?
M.C. : Oui, enfin, ça représentait une énorme déception après tout…
A.B. : Tout à fait, Dieu m’a donné ce talent, mais c’est à moins de travailler dur pour concrétiser ce talent, pour créer de meilleures chansons.
M.C. : Malgré tout, si les autres membres étaient venus te voir avant que tu ne t’enfermes dans ce sous-sol, pour te proposer des chansons ou des idées de chansons, les aurais-tu refusées ou…
A.B. : J’ai -toujours- dit à tout le monde : « apportez-moi vos idées, on travaillera là-dessus ! » J’ai même acheté un ampli pour guitare pour le donner à l’un d’eux : « voilà un ampli pour guitare, je sais que tu as une guitare électrique, écris des riffs ! » Résultat ? Même pas un seul. Ca aussi ça a été une déception, et ça a fini par ne plus m’intéresser. D’autant que j’ai commencé à jouer avec Primal Fear après, et que j’avais déjà lancé Voodoo Circle avant ça.
Mais maintenant, je recommence à écrire pour Silent Force et je souhaite sortir un nouvel album.
M.C. : Il serait temps…
A.B. : Oui, je sais. Beaucoup de gens me le demandent. Mais ! Le groupe sera complètement différent. Du groupe d’origine, ne resteront qu’André, le batteur, et moi. Tout le reste sera différent. Au final ça sera un groupe différent : nous verrons bien ce que les gens en pensent.
M.C. : Et est-ce que tu as une idée de la période dans laquelle cet album sortira ?
A.B. : Eh bien, mon intention première était de le sortir cet automne, mais je peux déjà dire que ça n’arrivera pas ! Si bien que maintenant je parle de la fin d’année… mais il vaut sans doute mieux tabler sur le début d’année prochaine. Espérons ! Mon emploi du temps pour cette année est absolument dingue…

M.C. : J’ai lu que tu possèdes environ quarante guitares… penses-tu que ça soit suffisant ?
A.B. : Non ! Personne ne possède jamais assez de guitares ! C’est comme les chaussures : on n’en a jamais assez !
M.C. : C’est quelque chose que je ne comprends jamais avec les guitaristes. Par exemple, j’ai un ami qui a sept guitares, ou plutôt un modèle dans sept couleurs différentes [véridique]
A.B. : Oui, et elles sont toutes différentes ! Elles ont un son différent [j’admets, ces sept guitares sont aussi accordées différemment… m’enfin même quoi !], on en joue différemment, elles ont un look différent, leur odeur est différente…
M.C. : …bien sûr !
A.B. : Et elles t’enflamment de manière différente ! Comme des chaussures ! Combien de paires de chaussures as-tu ?
M.C. : Pas tant que ça en fait… pour une fille.
A.B. : J’en ai environ quarante paires aussi, de chaussures je veux dire. J’adore les chaussures… j’en ai peut-être plus, d’ailleurs ! Vraiment, je collectionne l’argent les chaussures et les guitares ; hélas, je n’ai pas beaucoup de succès dans ma collection d’argent, mais je suis très bon quand il s’agit de le dépenser.

M.C. : Comme déjà dit encore, tu as participé à beaucoup de groupes et autres projets : jusque là, lequel a été le plus « frappant » pour toi, qu’est-ce qui te rend le plus fier ?
A.B. : Avoir été le guitariste sur scène pendant deux mois de Ian Gillan [ex-Deep Purple]. C’est quelque chose dont je suis extrêmement fier. En particulier pour la manière avec laquelle il me traitait, les histoires qu’il m’a racontées, les choses qu’il m’a dites, même si je ne peux hélas pas t’en parler. Enfin, je peux t’en raconter, mais tu ne peux pas les écrire ! J’ai aussi joué avec Glenn Hughes [ex-Deep Purple, Black Country Communion actuellement]… et pour lui, je peux te dire ce qu’il m’a dit ! Nous nous sommes rencontrés à l’aéroport de Düsseldorf, près de l’endroit où nous allions répéter, nous ne nous étions jamais vus avant. C’était juste après le premier album de Voodoo Circle, il était question que je devienne son guitariste principal à l’époque [et de mémoire ils feront en effet quelques concerts ensemble], ce qui était… énorme. Evidemment, c’est dans la salle de répétition que nous avons joué ensemble pour la première fois ; nous avons joué « Stormbringer » [chanson de Deep Purple]. Quand nous avons fini la chanson, Glenn m’a regardé en disant :
– « Il faut que je te dise quelque chose… »
Je suis devenu… « oh mon Dieu… je suis viré, ça y est, j’ai été tellement mauvais, ou il n’aime pas ce que j’ai fait, j’ai sans doute fait des erreurs idiotes… » Il a continué à me regarder en disant :
– « Eh bien, je n’ai pas joué avec un guitariste qui utilise une Stratocaster depuis bien longtemps, et tu te débrouilles très bien avec ça : ça me manquait vraiment. Merci beaucoup ! »
Là, je suis devenu… c’était un moment exceptionnel.
Comme avec Ian Gillan, à nouveau : pendant cette tournée, nous jouions « Blind Man » [sans doute « When A Blind Man Cries » de son titre complet] de Deep Purple, où j’avais un solo à faire. Et chaque soir, il venait vers moi et me regardait après le solo en disant [en chuchotant et en faisant une grimace de satisfaction] : « tu es bon. » Et il avait l’air vraiment touché ! Et ça… c’est quelque chose qui ne s’achète pas. Je veux dire, j’ai commencé à jouer de la guitare grâce à Deep Purple, et me voilà sur scène avec ce gentleman, qui me traite tellement bien et c’est… c’est juste génial.

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M.C. : Un dernier mot pour les lecteurs, ou quelque chose que tu souhaites dire mais que je n’ai pas demandé ?
A.B. : Ah ! Demande-moi de te parler de la chanson « Alissa », qui est sur notre nouvel album.
M.C. : Très bien, alors que peux-tu me dire sur la chanson « Alissa », pourquoi ce titre ?
A.B. : En fait, j’ai écrit cette chanson pour ma petite amie. Et c’est la première fois de ma vie que j’ai écrit des paroles ! Et j’ai dédié cette chanson à ma petite amie… Parce que, en résumé, ces quatre dernières années j’ai vécu des moments très difficiles dans ma vie privée : je suis passé par un divorce, mes enfants vivent maintenant au Japon et je ne sais pas si je les reverrai un jour… et d’autres trucs encore. J’étais vraiment brisé. Ca n’est pas que j’avais le cœur brisé, c’est juste que j’étais très triste, détruit. Puis j’ai rencontré cette femme, j’en suis tombé amoureux, et elle m’a ramené à la vie d’une certaine manière, elle m’a rendu heureux à nouveau, elle m’a fait retrouver le sourire… c’est pour ça que j’ai écrit cette chanson, pour elle.
M.C. : C’est-y pas mignon !
A.B. : Je sais, et je savais que tu allais adorer cette histoire ! [Allons messieurs, avouez que ça vous chatouille le cœur à vous aussi !]


Propos receuillis par Polochon.
Photos officielles, sauf la photo à l'hôtel (« version peluches ») par Polochon. 
Chronique de More Than One Way Home.

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01. Pour presque paraphraser le titre d’un des albums de GENESIS, “puis ils furent deux”… Que penses-tu de la situation actuelle où Timo et toi êtes les deux seuls membres restant du line-up classique du groupe ?

Oui nous sommes les deux survivants du groupe de 1995, c’est vrai c’est un fait et cela a eu un impact sur le groupe bien sûr. Notre son a beaucoup changé avec les nouveaux membres qui ont été intégrés mais cela a été notre façon d’évoluer et de rester « frais », cela a amener du sang nouveau via des compositeurs nouveaux. Tu as raison, en même temps, nous pouvons ressentir une certaine mélancolie en retrouvant d’anciennes cassettes de 1996 ou 1997 ou au moment de Visions of Europe… Si cette période te manque, tu regrettes aussi le fait d’avoir vieilli et de ne plus vivre comme à l’époque cette ère vibrante et foisonnante au niveau du mouvement Power Métal. Nous quittions les années grunge pour aller vers autre chose. Cela a duré quelques années et notre musique est entré en crise et le groupe avec. Vers 1999-2000 les groupes clones ont commencé à pulluler, avec la technologie ils pouvaient aussi faire du Power Métal comme nous.

Pour revenir à ta question, je regrette cette période du milieu des années 90 car je ne vis plus la même excitation dans ma vie. En 1992, le genre métal semblait moribond, il n’y a avait plus grand-chose en dehors du Grunge ou des artistes mainstream comme MADONNA… Les gens rejetaient la vague glam et donc nous sommes repartir de rien musicalement en 1992. Vers 1995, cette vague a commencé à émerger, sans que STRATOVARIUS n’y soit pour grand-chose et nous avons su alors saisir notre chance.

 

02. A la fin du dernier concert avec Jörg (ndlr : Michael ex-batteur), vous n’avez jamais eu de doute quant à l’avenir du groupe ? Le nouveau batteur (Rolf Pilve) est près de 25 ans plus jeune que toi !

C’est un très bon musicien qui aime jouer de très nombreux styles différents. C’est assez amusant car il écoutait STRATOVARIUS quand il était plus jeune, il n’avait alors que 5 ou 6 ans. Il était fan du groupe et il a grandi en écoutant les groupes de cette vague dont nous parions à l’instant. Et il a en fait partie également car peut-être que sans cette résurgence dans les années 90, il n’aurait pas commencer à jouer de la musique. Tout est connecté finalement.

Effectivement je suis le seul rescapé avec Timo du line-up de Visions mais à quoi ressemblerait le groupe avec le line-up de l’époque. Tolkki serait toujours le patron et donc il imposerait ses vues et donc ses chansons. Nous aurions sans doute proposé un album comme Saana, cet opéra. Je ne dis pas que c’est mauvais mais avant nous n’exprimions qu’une voix, la sienne. Et désormais nous pouvons faire preuve de diversité avec des musiciens tous différents qui proposent es chansons différentes. Notre façon de faire est complétement différente. Jusqu’ici tout va bien.

 

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03. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Nemesis et dans quel état d’esprit étiez-vous par rapport à la période Elysium ?

Notre processus de travail et notre état d’esprit était assez proche de ceux de l’époque d’Elysium. Bien sûr nous avons encore progressé, les choses étaient mieux organisées, définies. Cela couvre aussi des petits détails techniques, un album est comme un puzzle et il faut avoir toutes les pièces en main pour pouvoir réussir. L’inspiration en vient pas si facilement, c’est un vrai travail et ce que nous avons fait de mieux cette fois c’est d’être assez patients pour vraiment avoir assez de titres de très bonne qualité avant de fixer une date pour rentrer en studio. Tout le monde met la main à la patte et compose de son côté puis nous rassemblons l’ensemble et nous vérifions que nous avons assez de matière pour faire un album. C’est pour moi la première chose que nous avons très bien faite avec Nemesis.

La deuxième chose concerne la batteur. Il nous fallait trouver la bonne personne ce qui est un long et complexe processus en lui-même, c’est un élément important du puzzle. Nous avons publié une annonce demandant aux gens d’envoyer des vidéos. Puis il fallait tout regarder, cela a pris des semaines de débats de discussions, nous avons demandé leur avis aux uns et aux autres… Ce fut long mais bien fait.

Et la troisième chose que nous avons bien faite en comparaison avec Elysium c’est qu’à partir de ces 2h30 de musique accumulée, avant d’enregistrer une note, nous avons pu faire une sélection et descendre à 65 minutes de matériel que nous allions retravaillé et peaufiner. Nous ne nous sommes pas dispersé sur le reste que nous avons rejeté. Ce fut un travail collégial, chacun a pu donner son avis et dire quelles démos lui plaisaient ou pas. Ce tri a été salvateur pour ne pas perdre du temps et travaillé pour rien sur des chansons jamais publiées. Cela a aussi signifié moins de stress, nous sommes allés à notre rythme sans tenir informé le label de nos progrès jusqu’à être sûrs d’avoir amassé assez de supers chansons à enregistrer. Bref nous étions mieux préparés et ces petits détails administratifs font une sacrée différence. La musique nous savons faire mais le reste est moins évident et tout peut vite devenir chaotique.

Par rapport à Elysium, Polaris était encore plus bordélique mais pour d’autres raisons, nous étions au milieu d’une bataille judiciaire…

 

04. Donc tu es en train de me dire que vous avez des heures et des heures de démo inachevées dans vos tiroirs ? Ne gardez-vous rien pour de futurs albums ?

Oui pour Nemesis nous avons rejeté 1h30 de musique car cela ne convenait pas. Cela ne serait jamais publié mais en ce qui me concerne, ainsi que Matias, nous avons conservé des idées de telle ou telle partie de chansons inachevées pour Polaris et Elysium pour les retravailler et en faire autre chose à même de mieux convenir au groupe. Polaris était si chaotique que j’ai redécouvert des mélodies et réutilisé des idées de cette époque. Et ce n’est pas un trésor caché car ces heures de démos n’étaient pas assez bonnes pour les enregistrer.

Et finalement la dernière chose que nous avons amélioré avec Nemesis ce sont les chansons elles-mêmes, après deux albums nous nous connaissons beaucoup mieux les uns et les autres et l’alchimie a encore été plus aboutie. Matias connait bien mieux le voix de Timo et ses compositions sont plus adaptées à ses capacités vocales.

 

05. A l’écoute de cet album je me suis dit que STRATOVARIUS montrait deux visages très différentes à travers tantôt des titres supers attrayants, presque pop comme « Unbreakable » et des compositions plus complexes et moins faciles d’accès. Est-ce une démarche consciente et assumée ?

Tu peux dire qu’il s’agit d’une démarche consciente car il s’agit du résultat d’une discussion, d’un équilibre entre l’opinion de 5 personnes différentes. Mais par hasard les chansons qui apparaissent sur l’album sont simplement celles qui nous plaisaient le plus, nous cinq. L’équilibre vient de l’esprit collectif et peut-être que d’autres titres très complexes n’ont pas recueillis l’agrément de tous. Nous verrons la réponse du public envers cet album et si Nemesis rencontre un grand succès ce sera aussi la validation de ce processus créatif mené tous ensemble. Si tout le monde déteste le disque, c’est que cette démocratie n’aura pas été efficace et remettra en cause notre façon de bosser. Mais je suis confiant, les réactions face aux 2 précédents disques tendraient à conforter nos choix. Nous n’avons pas besoin d’un producteur pour nous dire de choisir ceci ou cela et les avis que j’ai accumulé tous ces derniers jours sont très bons. Les fans trancheront…

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06. Vous tournez régulièrement des clips vidéos. Est-ce déjà prévu pour cet album ? Aimes-tu cet exercice ?

Nous le ferons pour une de ces chansons mais je ne sais pas laquelle. Et cette fois-ci nous proposerons peut-être une autre concept que les vidéos habituelles, je ne sais. Espérons que cela soit moins « douloureux » que précédemment. Ce fut parfois sacrément éprouvant. Le pire pour moi fut pour « SOS ».. ah non pour « Hunting High and Low ». Nous avons passé des heures dans cette putain de piscine avec une eau à 4 degrés. Tout le monde a attrapé la crève suite à ce tournage, ce n’a vraiment pas été drôle. Nous n’étions pas équipés avec des pieds humides pendant 16 heures dans ce studio… ce fut très mauvais à vivre. « Eagleheart » aussi a été dur avec ces constamment ces lumières aveuglantes et très chaudes, nous avions des écrans gris derrière nous et avoir la même intensité lumineuse partout ils ont utilisés des projecteurs très brillant. Et l’autre chose « amusante » sur ce denier clip est que pour obtenir l’effet de vitesse que l’on peut voir sur la vidéo finale, nous avons tout enregistré à vitesse de lecture réduite au niveau de la musique. Il y a de quoi détester une chanson si tu dois la supporter pendant 15 heures à mi-tempo. Une torture…

 

07. Comment travaillez-vous sur la pochette et avec l’artiste en charge de la réalisation ?

En fait je m’en occupe au sein du groupe. Cette fois-ci nous lui avons donné le titre de l’album et il est revenu vers nous avons des propositions de dessin et nous en avons discuté. Il était très occupé et nous avions la tête à l’enregistrement donc ce n’a pas été facile d’avancer sur la pochette. Il est finalement reparti de zéro pour proposer ce que vous pouvez voir sur la pochette de l’album. Son nom est Gyula Havancsak (http://www.hjules.com), il est hongrois et il travaille aussi bien à la peinture qu’à l’ordinateur et il fait tout lui-même. Il a réalisé nos trois dernières pochettes et nous en sommes très contents.

La pochette n’a plus autant d’importance qu’avant car les gens savent ce qu’ils veulent et ils peuvent écouter des titres en streaming ou des extraits ici et là avant la sortie. Mais cela reste un élément du contexte de l’album, du « produit » comme dit le label. Ce sentiment reste précieux, l’illustration donne des indications sur l’humeur et l’orientation du disque. Chacun va avoir une autre interprétation de ce dessin alors que finalement tout tourne autour de la poitrine, les seins de ce personnage féminin ah ah ah. Sur les premiers essais, il y avait beaucoup plus de petits anges et nous avons voulu nous concentrer sur le personnage principal.

Plus sérieusement, c’est une question de confiance avec l’artiste, il va créer quelque chose à partir de nos indications et nous espérons que cela va s’imbriquer naturellement avec l’album. Les histoires de fin de monde faisaient la une des médias à ce moment-là…. La question est : cet ange féminin est-elle furieuse du chaos sur Terre ou a-t-elle elle-même causé ce chaos…

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08. Ces dernières années deux légendes du hard rock/heavy métal ont disparu. Jon Lord a été une grosse influence pour toi et tu as travaillé avec Ronnie James Dio sur Lock Up the Wolves en 1990. Que peux-tu nous dire sur eux ?

En réalité je n’ai jamais pu parler à Jon Lord mais il a été une grosse influence pour moi au début de ma carrière. Sans lui et DEEP PURPLE je ne sais pas si j’aurais commencé la musique et décidé d’en faire une carrière. Sa mort est une tragédie et les gens qui le connaissait n’ont que du positif à dire sur lui. Je ne peux que souligner son impact sur ma musique.

En ce qui concerne Ronnie, j’ai fait partie de son groupe pendant un an ou un an et demi. Et c’était génial. Avec moi il était gentil, professionnel, un vrai bonheur. Musicalement c’était incroyable, je devais me pincer pour m’assurer que je travaillais bien avec lui. Malheureusement pour lui, et pour moi, cet album est sorti au mauvais moment quand cette vague grunge a tout submergé. Après ce disque il dissout DIO et rejoint BLACK SABBATH, il s’est investi dans d’autres projets… Comme lui j’ai bifurqué vers d’autres horizons, moins métal, et multiplié les expériences jusqu’à 1995-96 où j’ai rencontré STRATOVARIUS en pensant collaborer peut-être pour un album et 17 ans plus tard je suis toujours là. Pour Lock up the Wolves, Ronnie avait l’idée de poursuivre dans les années 90 en conservant l’esprit des années 80 mais l’industrie soufflait dans un autre sens. Il a été déçu de la réception et du succès de l’album et a, alors, essayer autre chose. Il a lui aussi dû patienter jusqu’au milieu des années 90 pour retrouver un équilibre et revenir à ses racines heavy-métal.

Après Lock up the Wolves, il a fait un album avec SABBATH puis l’album Angry Machine qui a été très controversé. Moi je trouve que le disque est génial, mais c’est peut-être par ce que j’aime beaucoup Ronnie, il avait trouvé le son qu’il cherchait déjà avec Lock up the Wolves. Il voulait faire partie de cette nouvelle vague sans perdre son identité. Je crois que les dernières années de sa vie ont été heureuses car il était à nouveau au sommet et non pas une star déclinante du passé.

 

09. Pour parler d’une autre grande figure métal, tu as joué avec Yngwie Malmsteen au somment de sa carrière et de sa créativité. De l’extérieur le personnage semble un peu fou. Quels souvenirs conserves-tu de cette période ?

Je n’ai que des bons souvenirs, en tout cas de la première période à partir de 1982, je crois l'avoir rencontré à Noël 1982. Peu après il m’a demandé de le rejoindre en Californie pour RISING FORCE. Mes souvenirs de lui sont très positifs, un putain de guitariste un peu fou mais nous étions tous dingues à l’époque. Nous étions suédois, tournant et travaillant avec des américains donc nous étions une bande, nous parlions suédois entre nous, buvant comme des trous et ayant le comportement d’imbéciles finis… Nous nous sommes tellement amusés mais nous n’avions que 19 ans Mais à la fin cela n’a plus fonctionné car au niveau du business et des finances c’était le chaos, Malmsteen buvait de plus en plus et moi de moins en moins. Il devait difficile à gérer. Nous n’étions plus sur la même longueur d’onde et je ne pouvais plus rester dans le groupe. Nous avions encore beaucoup en commun mais l’environnement du groupe était devenu trop chaotique. Et puis j’ai reçu la proposition de DIO, c’est le genre de chose que tu ne peux pas refuser.

 

10. Dernière question, je suis toujours surpris par la position de ton clavier sur scène. Pourquoi cette installation clavier vers le public ?

C’est juste une question de spectacle, le but est de divertir le public en montrant ce que je joue. Il ne faut rien chercher d’autres, ce n’est pas un problème pour moi au niveau technique, cela ne modifie que très peu ma façon de jouer ou mes habitudes. Je m’amuse ainsi.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs EMERGENCY GATE en quelques mots ?

Ah ok, que puis-je dire ? Nous avons un nouvel album qui s’appelle You. Il est assez complexe, énigmatique, très direct et puissant bien sûr. C’est l’album le plus rendre dedans que nous ayons fait tout en contenant des mélodies très attrayantes. Il s’agit d’un développement qui appartient au mouvement Death métal mélodique enrichi d’éléments électroniques. Sur le groupe, nous sommes allemands, la majorité venant de Munich et moi originaire de Düsseldorf. Malgré la distance ce n’est pas un problème avec les technologies actuelles. J’ai intégré le groupe en 2008 et mon intégration a été rapide et assez amusante. Udo m’a vu joué au Wacken Open Air et Mario était à ce moment-là à la recherche d’un nouveau chanteur pour EMERGENCY GATE. Ils m’ont contacté via ma page myspace me proposant d’intégrer le groupe. Je n’étais pas très intéressé car ce n’était pas vraiment mon style mais Mario a insisté et m’a envoyé un rough mix de leur album. Mario à l’époque était travaillait comme ingénieur son sur la tournée de SYMPHONY X. Nous nous sommes donc rencontrés sur cette tournée lors du concert de Cologne et après 10 minutes de palabre nous étions finalement d’accord.

 

02. Pourquoi avoir choisi de proposer une pochette aussi simple, très énigmatique et de pas avoir utilisé votre logo sur You ?

Pour les précédents opus nous avions des dessins très colorés avec des éléments biomécaniques. Là nous voulions quelque chose de totalement différent. Ma première idée était d’avoir une pochette blanche avec le logo du groupe tamponnée dessus. Puis ,nous avons continué à y réfléchir et nous voulions plus. Finalement le titre You est arrivé et nous voulions une pochette adaptée à ce titre. Nous avons voulu d’abord faire nous-même la pochette mais nous étions trop occupé avec l’enregistrement donc le visuel a été confié à un artiste extérieur au groupe. J’aime beaucoup la pochette car elle est très simple, très directe et étrange.

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03. Pourquoi ce titre, You, quel est le message ?

Tout d’abord, j dois dire que nous ne voulions pas faire un concept album, tel n’était pas notre projet. Mais finalement en étudiant les chansons composées et les paroles, le concept s’est imposé de lui-même. Chaque chansons et les paroles associées constituent chacune les maillons d’une même chaîne. Nous étions en studio et nous nous demandions pourquoi nous composons et enregistrons de la musique et la réponse est venue naturellement. Nous le faisons pour nos amis, notre famille, nos fans présents et futurs… Et donc le titre de l’album est devenu évident, cet album est fait pour vous (You). Cela explique que sur la version limitée de l’album tu peux voir six miroirs et six visages. Chacun possède en soi différentes faces, différents aspects de sa personnalité, sans être schizophrène. Chaque être humain est amené à vivre des situations déjà vécues par d’autres et cela nous relient tous et nous permet de nous identifier les uns avec les autres.

 

04. Qui a composé les paroles de l’album ?

Cela dépend des chansons bien sûr mais c’est principalement Udo et moi mais les autre sont aussi intervenus. Parfois n’un de nous a une idée de refrain ou d’une mélodie vocale et l’autre construit dessus. Bien sûr nos chansons sont basé sur des riffs de guitares mais cette fois-ci cela a été un effort plus collectif, pas simplement le travail d’Udo et moi. Nous avons passé des centaines d’heures à répéter dans notre studio et chacun a pu s’exprimer et mettre sa patte dans les compositions. 05. De ton point de vue quelles sont les principales différences entre The Nemesis Construct & You ? Les chansons vont plus directement à l’essentiel je pense. Nous sommes allés encore plus loin pour ce nouvel album et The Nemesis Construct était déjà un premier pas dans cette direction. Nous sommes désormais plus expérimentés, nous nous connaissons bien mieux et nous savons précisément où nous voulons aller.

 

05. Comment composez-vous ?

 C’est un processus naturel, rien n’est trop planifié ou réfléchi. Nous prenons nos instruments et nous jouons ce qui nous passe par la tête. Tout vient de nous sans que cela soit mathématique disant ici il faut un refrain, ici un solo… Nous allons agir notre esprit et enregistrons tout pour ensuite faire le tri. Une fois que les bases sont posées bien sûr, les arrangement sont intégrés et cette phase est plus cadrée, elle suit des règles mais la naissance des chansons restent très naturelle. Avant quand j’habitais près de Cologne, dans ma chambre à coucher j’avais des murs blancs et j’y écrivais les idées qui pouvaient me passer par la tête, directement sur le mur !

 

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06. Que gardes-tu de ton expérience avec SUIDAKRA ?

Les deux groupes sont totalement différents, SUIDAKRA a une orientation plus folk. Avec EMERGENCY GATE j’ai plus d’espace pour mon chant, extrême et clair c’est très différent. J’ai désormais beaucoup plus d’opportunité pour des expérimentations, l’utilisation de programmations et de claviers. Mais pour revenir à ta question, nous sommes tous très bons amis avec SUIDAKRA. Je suis le propriétaire d’un bar métal à Düsseldorf et Lars (Lars Wehner – batterie) vient souvent me voir et nous faisons la fête tous les deux. C’était une période un peu folle et très amusante. Mais c’est vraiment un autre univers, les publics aussi sont très différents. C’est difficile à expliquer. Bien sûr SUIDAKRA m’a apporté une certaine notoriété, mon nom était utilisé pour des publicités par exemple. Et cette notoriété a aidé et je me suis ainsi fait remarquer par les gars d’EMERGENCY GATE et cette expérience accumulée a été bonne pour moi et le groupe pour grandir et de décrocher par exemple des tournées plus longues et intéressantes.

 

07. Préfères-tu la scène ou le travail en studio ?

Bien sur les expériences sont diamétralement opposées mais les deux sont une nécessité. Personne n’organisera de concerts ou de tournées sérieuses avec toi si tu n’as pas d’albums ou un répertoire conséquent à montrer. En studio tu as du temps pour peaufiner les choses, tu peux expérimenter de nouveaux sons tu peux recommencer. Sur scène il faut tout faire parfaitement du premier coup et j’adore ça ! Et les émotions sont également vraiment différentes au niveau des fréquences, tu sens sur scène les vibration à travers ton corps, le retour du public, j’aime beaucoup être sur scène.

 

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08. Vous avez pris part à une tournée appelée Fragments of Death Tour. Comment cela s’est-il passé ?

Nous nous sommes beaucoup amusés et nous partagions un bus avec ELUVEITIE. Et ce fut parfait, comme une famille. Quand il y a trop de monde dans un bus tu n’as pas d’intimité et tu dois supporter les autres 24h sur 24h. Et il finit toujours par y avoir des tensions avec tel ou tel. Et là pas du tout, tout s’est passé comme dans un rêve, une vraie famille, vraiment ! Incroyable ! Nous sommes amis avec GRAVEWORM ET AGATHODAIMON et personne n’a foutu le bordel un vrai plaisir. Nous nous sommes bien amusés et aux Pays-Bas pour le dernier concert de la tournée GRAVEWORM nous a fait sa propre version du Gangnam Style ! Tu peux voir cela sur You Tube (ici). C’était cool de voir tout le monde sur scène, les équipes et tous les groupes en train de danser le Gangnam Style. Des membre des différents groupe se sont aussi déguisés pour faire une blague à nos potes et je suis monté sur scène en Stormtrooper par exemple, d’autres en superman… Cela te montre la bonne ambiance entre nous sur cette tournée. CE fut assez intense avec beaucoup de date sur une courte période de temps.

 

09. Quelle hygiène de vie adoptes-tu en tournée pour assurer toutes les dates ?

C’est amusant car si tu m’avais posé la question il y a 5 ou 6 ans de cela ma voix ne me préoccupait pas et je n’y prenais pas spécialement soin. Je buvais, je fumais, dormais parfois que deux heures dans la nuit sans m’inquiéter particulièrement. Maintenant c’est différent car le business est arrivé en jeu et je dois assurer une prestation professionnelle chaque soir, il faut donner chaque fois plus de 100 %. Avec mon bar à Düsseldorf, je bois beaucoup mais en tournée j’arrête tout et parfois pas d’alcool pendant des semaines. Une bière parfois mais ce n’est rien. Et je fais attention à mon temps de sommeil. Tout cela finalement à cause du chant clair car si je ne devais que faire du chant extrême je pourrais continuer mes excès. En studio tu peux tout enregistrer mais en concert ton comportement ne pardonne pas si tu joues au con. Et je suis heureux et chanceux de pouvoir faire ainsi mon métier.

 

10. Quelles sont tes principales influences à l’origine de ta carrière et encore maintenant ?

J’ai commencé la musique à l’âge de six ans, une guitare m’attendait sous le sapin de Noël . Cette première guitare a fini sur la tête de mon frère. Puis j’ai eu une batterie puis j’ai commencé à chanter. Vers 10 ans j’ai repris la guitare, 12h par jour et j’ai fait des études de musique. Dans mon premier groupe je m’occupais des soli de guitares mais je chantais également. Et finalement maintenant dans EMERGENCY GATE je ne fais que chanter. Et c’est sympa car je peux utiliser tout l’espace de la scène pour courir, sauter… ce qui est plus difficile quand tu es guitariste. Au début, mes références au niveau du chant étaient plutôt STING et ERIC CLAPTON puis au niveau métal j’ai aimé le premier album d’ANATHEMA et maintenant j’adore la voix d’ Howard Jones (ex-KILLSWITCH ENGAGE), super voix etc…

 

10. Quels sont vos projets à court et moyen terme ?

A court terme, nous terminons la promo en Europe et avec la sortie du nouvel album nous espérons gagner de nouveaux fans, voir les préventes augmenter… Et puis nous partirons à nouveau en tournée, en France nous croisons les doigts et puis les festivals d’été. La République Tchèque est déjà confirmé ainsi qu’une dizaine d’autres festivals pendant l’été. Le Hellfest serait génial pour nous !

 

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Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

01. Quelle est ta chanson favorite ?

TESTAMENT « True Believer » extrait de The Gathering

 

02. Premier album acheté ?

SNAP ? non c’était celui de mon frère. Use Your Illusion I de GUNS N' ROSES

 

03. Dernier album acheté ?

Le dernier KILLSWITCH ENGAGE

 

04. Quel son ou bruit aimes-tu ?

L’eau qui coule et les oiseaux

 

05. Quel son ou bruit détestes-tu ?

En ce moment le son de mon téléphone !

 

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