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The CNK (Décembre 2012)

Interview réalisée par mail, décembre 2012  

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1. Révisionnisme est en liberté depuis le 19 octobre (contrairement à Gary Glitter.) C’est un album de reprises et tout a été réalisé en interne, faute de label. Le fait de devoir tout gérer, ça vous a plu et vous incite à poursuivre dans cette direction, ou au contraire, c'est une expérience que vous ne voudriez pas renouveler?

Hreidmarr : C’était une volonté de notre part pour ce disque. Notre contrat se terminait avec Season of Mist, et connaissant le peu d’engouement des labels pour les albums de reprises, nous n’avons même pas cherché à démarcher qui que ce soit. C’est vrai que cela a représenté une masse de travail assez considérable, même si nous étions déjà habitués à nous investir à tous les niveaux, mais cela fait aussi un peu office de test pour nous… Pour le moment, difficile de répondre, mais dans tous les cas, nous sommes contents de l’avoir fait. Ne serait-ce que le fait d’avoir sorti un aussi bel objet, sans aucun compromis, nous en sommes très fiers.

 

2. Vous avez décidé de changer la couverture de Révisionnisme ; l'artwork original a d'ailleurs été présenté à l'exposition "GewaltKunstWerk". Pourquoi cette modification?

Hreidmarr : Nous en avons longuement discuté avec Valnoir, qui est à l’origine de cet artwork. Nous trouvions qu’il avait effectivement plus sa place dans une expo, plutôt que sur la pochette d’un disque, où il aurait été fatalement interprété de la façon la plus mongoloïde qui soit, au vu du niveau ambiant et du contexte actuel. Nous acceptons le débat ou la controverse, mais seulement avec des gens qui en ont les moyens, dans le cas contraire, cela devient vite lassant et ennuyeux. Et nous ne nous projetions que moyennement dans la peau d’un Richard Millet, réduit à expliquer l’étymologie des mots qu’il emploie à des journalistes attardés.

 

3. Snowy Shaw est presque un membre à part entière de CNK sur cet album. Concrètement, comment vous avez travaillé avec lui? La collaboration n'a pas été difficile à gérer ?

Hreidmarr : Effectivement, il a été considéré comme le cinquième membre du groupe sur ce disque. Nous avons évidemment beaucoup travaillé à distance. Snowy possède son propre studio, et nous aussi, ce qui nous permettait de maquetter aussitôt les idées que nous avions, tester différentes choses, etc. Nous étions en contact permanent avec lui, il y avait beaucoup d’émulation, ça partait un peu dans tous les sens, c’était très créatif comme ambiance. Après, je mentirais si je disais que ça a été "facile", héhé, il y a eu des moments de tension extrême, il a fallu gérer des crises d’ego, des bastons… Snowy est comme nous, quelqu’un d’entier, à la très forte personnalité, donc cela ne pouvait pas vraiment se passer autrement. Et d’ailleurs, je suis persuadé que si c’était le cas, si ça avait été simple, le résultat ne serait pas aussi cool.

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4. Les morceaux présents sur l'album sont de styles vraiment hétéroclites. Qu'est ce qui a été le plus difficile à reprendre : les morceaux les plus "metal" ou ceux qui en étaient plus éloignés ?

Heinrich : Curieusement, je dirais les morceaux les plus metal. Les titres plus éloignés de notre style étant plus "aérés", ils laissent de fait plus de marge à une réinterprétation… Et puis, il y a forcément un lien plus étroit avec le metal, de l’ordre de l’inconscient, qui rend la manœuvre plus délicate.

 

5. Est-ce-que le travail particulier qu'implique la reprise vous a apporté une meilleure compréhension des arrangements, de nouvelles façons de faire, que vous êtes susceptibles de réutiliser sur votre prochain album ?

Heinrich : Complètement. Le travail de réarrangement, et de  "compréhension" des morceaux a demandé beaucoup de rigueur, et nous a obligé à appréhender les choses de manière différente. Et ça effectivement influé sur ma manière de composer.

 

6. Quelques aspects m'ont énormément fait penser à Laibach sur l'album (Le titre "Gat Ist Gott", le concept même de la reprise, la voix sur  "Seasons In The Abyss"…) et il est amusant de voir que comme Laibach, vous avez tendance à décliner vos créations sur différents supports (timbre, toile…) Vous avez d'autres projets de ce genre pour le futur ?

Hreidmarr : Nous ne nous sommes jamais caché de l’énorme influence qu’a pu avoir Laibach sur CNK, y compris dans son approche "globale" de l’art, qui pourrait se rapprocher de ce que Wagner nommait le Gesamkunstwerk, l’œuvre d’art intégrale, une œuvre qui ne néglige aucun support. Après, évidemment, notre démarche reste plus légère, plus rock n’roll, et moins "art contemporain", même si, effectivement, la boucle a été finalement bouclée avec les fameuses planches de timbres CNK, éditées et exposées par le collectif IRWIN, rattaché au NSK.

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7. Une tournée est annoncée ; le show va-t-il évoluer pour l'occasion, ou rester sur la base de vos précédents live?

Hreidmarr : Il va évoluer progressivement, il y aura de nouvelles projections, de nouveaux visuels, et nous avons déjà commencé à incorporer des morceaux de Révisionnisme à la setlist…

 

8. D'ailleurs, c'est la première fois que vous allez véritablement tourner en Europe, à commencer par une date aux Pays-Bas et une au Danemark. Vous avez déjà une idée de la façon dont vous êtes perçu à l'étranger ?

Hreidmarr : Pour le moment, nous n’avons que des bons retours de l’étranger. J’ai l’impression que souvent, les gens semblent mieux comprendre notre démarche et notre humour qu’en France, du moins, si l’on exclue bien sûr la Perfide Albion. Mais au final, cela ne me surprend pas vraiment… Ceci dit, nous avons encore TOUT à faire à l’étranger, et nous sommes en train de nous y atteler!

 

9. Le groupe joue beaucoup sur le second degré et le cynisme – d'une manière générale, le public metal pour qui humour rime avec Gronibard comprend assez mal votre démarche. À une époque où faire de la musique permet tout juste de rentrer dans ses frais, ça ne donne pas envie de tout arrêter ?

Hreidmarr : Oh si, effroyablement souvent. Mais à chaque fois que l’on s’efforce d’arrêter, on y revient toujours en courant, comme vers un gros tas de coke ou un sauna gay, alors…

 

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01. Comment te sens-tu à quelques semaines de la sortie du nouvel album Straight Out of Hell ?

Je suis anxieux quant à la réponse du public face à ce nouvel album. Tu ne sais jamais comment vont réagir. Nos premiers échos sont très positifs, en particulier lors du Loud Festival au Japon il y a quelques semaines de cela. Nous avons alors joué le single « Burning Sun », le single au Japon et la réaction a été très bonne. Tout le monde est content jusqu’à présent, la maison de disque, toute l’équipe et je suis sûr les fans seront heureux aussi. Donc je ne sais pas trop comment les choses évolueront en Europe et en particulier ici en France mais tout semble aller dans le bon sens avec notre futur show à l’Olympia. Même après toutes ces années, je ne sais toujours pas anticiper la réaction des gens, cela reste chaque fois une surprise.

 

02. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Straight Out Of Hell ?

De mon point de vue, cela a été la meilleure session d’enregistrement à laquelle j’ai eu la chance de participer. Je suis dans la groupe depuis 10 ans maintenant, le line-up est bien établi, tout le monde se connait bien et cela rend l’atmosphère plus relax. Chacun contribue en proposant des chansons donc ce fut très agréable. Au niveau de l’enregistrement, nous avons essayé de limiter au maximum l’usage des ordinateurs, tout a été joué sans avoir recours au click. Nous avons été très libres pour insuffler une âme à ces chansons. Il est important pour nous de retrouver album après album la même atmosphère, les mêmes personnes pour nous entourer. Notre management est le même depuis des années, nous avons Charlie (ie Bauerfeind le producteur) à nos côtés. En particulier pour moi Charlies est important, c’est le producteur avec lequel je veux travailler systématiquement. Je suis rentré en contact très jeune déjà à l’époque de FREEDOM CALL et maintenant je le retrouve avec HELLOWEEN. Il me connait par cœur et je peux être détendu avec lui.

 

03. De ton point de vue quelles sont les principales différences entre Straight Out Of Hell & 7 Sinners ?

D’évidence la composition des chansons, nous avons encore tous progressé. J’aime 7 Sinners mais je crois que les titres de ce nouvel album sont meilleurs, mieux écrits. Je ne sais pas si les gens le percevront de cette façon mais c’est ainsi que je l’ai ressenti.

 

04. Album après album, tu contribues de plus en plus au groupe à travers tes compositions. S’agit-il d’une évolution naturelle et as-tu été encouragé pour les autres membres du groupe ?

A mon arrivée dans le groupe, je n’avais que quelques idées en stock et quand nous avons fait Rabbit don’t Come Easy par exemple j’avais deux titres bien avancées et Andi est arrivé avec ses propres compositions et je me suis rendu compte que le niveau en terme d’écriture était très élevé. En même temps les autres membres étaient demandeur de contributions, ils voulaient que les idées fusent. Donc j’ai dû apprendre et progresser moi-même pour pouvoir me mettre aux standards d’HELLOWEEN et composer de meilleures chansons. Par exemple, je parlais à peine anglais quand j’ai intégré le groupe. Donc pour fournir des paroles j’ai dû travailler et devenir meilleur. Ce fut effectivement un processus naturel et surtout une question de confiance entre les membres du groupe. HELLOWEEN repose sur un équilibre très fragile et si tu n’agis pas comme il faut, tout peut rapidement devenir tendu au niveau musical.

 

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05. Comment travaillez-vous ? Composez-vous un maximum puis vous faites du tri ou vous ne composez que ce qui sera ensuite enregistré ?

C’est comme tomber amoureux. Il faut que le public puisse se connecter aux chansons des albums que nous proposons. Ce fut le cas pour 7 Sinners ou Gambling with the Devil. Je pense que Gambling with the Devil a été le véritable premier album d’HELLOWEEN de ce line-up. C’est mon opinion, pas sûr que les autres partagent cet avis. Gambling with the Devil est pour moi un chef d’œuvre, c’est le début d’une belle aventure. Dani (Löble – batterie) venait d’arriver et nous n’avions qu’une tournée ensemble. Tout était neuf mais avec de la confiance et de très nombreux facteurs positifs se conjuguaient. Chacun a pu apporter le meilleur, au niveau composition en particulier. Nous avions travaillé chacun de notre côté puis nous nous sommes réunis pour écouter les chansons des uns et des autres puis nous avons sélectionné les meilleures pour l’album. Depuis Gambling with the Devil c’est notre façon de travailler. Et le processus s’améliore à chaque fois.

 

06. Vu de l’extérieur, tu sembles pouvoir assez facilement t’adapter aux mécanismes internes des groupes auxquels tu participes. Il y avait deux leaders évident dans FREEDOM CALL (Dan Zimmermann et Chris Bay) et également au sein d’HELLOWEEN (Andi Deris & Michael Weikath). A chaque fois tu as su d’une façon ou d’une autre contribuer eu groupe. Comment fais-tu ?

Ma situation au sein de FREEDOM CALL était loin d’être facile et confortable pour moi sinon je serais toujours sans le groupe. J’ai quitté le groupe en 2001 je crois parce que je n’ai pas pu trouver l’espace pour m’exprimer. C’était difficile à l’époque, je ne sais pas si la situation à changer dans le groupe depuis. Le problème venait plus de Chris (i eBay – chant & guitares) que de Daniel. Chris était le leader. Et finalement c’était un peu normal et j’étais alors un jeune musicien. Je suis reconnaissant envers FREECOM CALL car ils m’ont mis le pied à l’étrier et ce fut le début d’une carrière, j’ai beaucoup appris pas au niveau musical mais au niveau personnel. C’est aussi grâce à cela que je suis assis devant toi aujourd’hui.

Au sein d’HELLOWEEN l’histoire est différente. Tu n’as pas dans le groupe de leaders évidents, il n’y a pas de chef d’orchestre. Bien sûr tu as le frontman, Andi, c’est la voix de groupe et c’est ainsi que les choses doivent rester. Puis tu as Michael (ie : Weikath) qui est, selon moi, HELLOWEEN, pas celui du passé mais le groupe présent. Sans lui il n’y aurait pas d’HELLOWEEN. Mais ils n’agissent pas en leader, imposant leurs volontés au reste du groupe. Il y a une compréhension commune de ce que doit être le groupe. C’est pourquoi j’ai intégré ce groupe quand Charlie m’a téléphoné il y a 10 ans de cela. Il m’a dit « c’est évident que tu peux jouer ces titres, que tu peux composer pour le groupe mais tu dois aussi être capable de t’entendre avec Michael ». C’est un homme très spécial, pour moi de façon positive pour d’autres non. Et tout c’est bien passé entre nous. Je l’avais déjà rencontré une fois sans pouvoir beaucoup discuter.

 

07. Mais Charlie avait un bon feeling ?

Oui et puis j’avais survécu à FREEDOM CALL malgré la frustration de voir que tout était construit autour de Chris et que je souhaitais contribuer sans vraiment pouvoir… En réalité, je peux être ton « esclave » mais alors tu me payes un très bon salaire et je ferai ce que tu me dis de faire. Pour un certain temps je peux m’en contenter mais si ce n’est pas très gratifiant. C’était tout le contraire dans HELLOWEEN, ils avaient besoin d’un véritable membre pur compléter Michael à la guitare, faire partie d’une équipe et contribuer au niveau des chansons.

 

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08. Je devrais poser la question à Andi mais tu as sûrement ton opinion. Souvent en vieillissant les chanteurs ont tendance à économiser leur voix. Au contraire, album après album et en particulier sur Straight Out Of Hell, Andi n’hésite pas à monter dans les aigus quand il l’estime nécessaire. En avez-vous discuté eu sein du groupe et n’as-tu pas d’inquiétudes quant à sa capacité à reproduire ce chant soir après soir en tournée ?

Bien sûr en tournée c’est toujours plus difficile qu’en studio. Pendant l’enregistrement si tu ne te sens pas capable un jour, tu peux t’y remettre le lendemain. As-tu déjà assisté par exemple à une bonne performance sur scène de Lou Gramm ? non ah ah ah ! Mais sur disque, il est fabuleux. Voilà ce que j’ai à dire à propos de tous ces débats sur le chant d’Andi. Ce que les gens ne comprennent pas c’est qu’Andi est un chanteur très spécial par rapport à tous les autres et même vis à vis de Michaël Kiske (ex-HELLOWEEN, UNISONIC), et je sais que je suis là sur un terrain miné. Il y a de nombreux Michael Kiske dans le business mais il n’y a qu’un Andi Deris. Personne ne sonne comme Andi, personne ! Donnes moi le nom d’un artiste qui chante exactement comme lui ? Personne ! Sa voix est très particulière tout comme son registre et la façon dont il articule sa voix avec la musique. Cela dépend du style et s’il l’estime nécessaire il monte sans difficulté dans les aigus.

C’est la même chose pour moi au niveau des guitares. Certains titres plus anciens ne me parlent pas. C’est difficile de les jouer, pas au niveau technique, mais c’est si différent de ce que j’aurais fait moi-même. Je ne pourrais jamais jouer certaines partie comme Kai (ie Hansen, ex-HELLOWEEN, GAMMA RAY) par exemple. Jamais car ce n’est pas venu de moi. Andi fait face parfois au même écueil quand il doit se frotter au répertoire de Michael Kiske. Ce sont des chanteurs complétements différents. Tu ne peux pas les comparer et je trouve cette tendance à comparer tout avec tout particulièrement stupide. Arrêtez ce jeu ridicule et profitez de ce que vous avez. Et c’est bien ce que fait Andi. Il peut chanter dans les aigus mais cela doit rester son style.

 

09. Vous avez tourné un clip vidéo pour le premier single « Nabataea ». Que peux-tu nous en dire et apprécies-tu cet exercice ?

Nous n’avons pas encore vu le résultat final. A chaque fois c’est différent, parfois c’est très facile et parfois c’est vraiment éprouvant. Dans ce cas-ci, cela n’a pas été de tout repos car nous avons tournée dans une cave, très sale avec des difficultés pour respirer. Mais cet exercice me plait car je me souviens qu’en j’avais 16 ans et que je rêvais de faire cela, de tourner des vidéos, d’avoir un contrat discographique donc il y a de quoi s’amuser pendant les tournages. Les tournées également peuvent s’avérer parfois très ennuyeuses mais tu te souviens alors de ton adolescence quand tu rêvais de cela. Nous verrons le montage final la semaine prochaine et puis nous verrons pour la suite. Nous sommes très occupés en ce moment et je ne sais pas si nous tournerons d’autres clips pour cet album.

 

10. Comme bonus sur l’album vous proposez une version spécifique de « Burning Sun » avec orgue Hammond. Etais-ce important pour vous de rendre cet hommage à Jon Lord ?

Ce fut l’idée de Michael de proposer ce titre car il venait d’apprendre la disparition de Jon Lord. C’est un grand fan et il a pensé qu’il pourrait être une bonne idée de faire cette version du single japonais en remplaçant une des guitares par l’orgue. C’est son hommage à ce grand monsieur. DEEP PURPLE est bien sûr une grand influence. Avec LED ZEPPELIN ils sont à la base du métal

 

11. Comment travaillez-vous avec l’artiste en charge de vos pochettes d’album ? Dommage que l’accent soit désormais mis sur les images de synthèse par rapport aux superbes dessin d’un Better than Raw ou Metal Jukebox…

Nous échangeons des idées avec lui. Pour cette fois j’avais moi-même mis des idées sur le papier grâce à Photoshop. Nous en avons discuté avec l’artiste en charge et il est très bon pour la 3D. C’est dans ce domaine qu’il est le meilleure t nous aimons travailler avec lui. Il fait aussi de la réalisation vidéo, des reportages photos… Il n’est pas très doué pour la peinture classique comme d’autres illustrateurs donc nous avons préféré qu’il se concentre sur ses points forts. Nous avons l’idée de visuels rappelant les Comics avec des héros tout en restant en rapport avec le sens des paroles des différentes chansons. Le titre de l’album est venu naturellement, à partir d’une chanson et la pochette est venue dans la foulée dans le respect de ce titre.

 

12. Venons-en donc au titre de l’album…

Tout est parti de cette histoire de fin du monde en 2012, nous allons peut-être bientôt tous mourir et les gens n’avaient que ce sujet à la bouche. Nous pensions nous à 2013 puisque l’album sortira en début d’année prochaine et que nous serons encore sans doute vivant. Donc nous avions cette état d’esprit positif contrebalancé par certaines chansons assez sombres sur le monde contemporain. Chaque jour un nouveau « connard » nait, un futur banquier, politicien mais ils arrivent directement de l’enfer (Straight Out of Hell) car ils ont survécu à l’apocalypse de 2012. C’était l’idée de base et nous avons travaillé sur la pochette avec cela en tête. Nous avons pensé à une vision de l’enfer avec les volcans, le ciel noir et une canalisation venant de l’enfer transportant des figurines de dictateurs comme Hitler ou Mobutu… Mais si on met Hitler sur une de nos pochettes, en tant que groupe allemand, nombreux seront ceux à mal le prendre. Donc cela a été retravaillé pour déboucher sur le résultat final que vous pouvez voir un peu partout.

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13. Quelles sont tes principales influences à l’origine de ta carrière et encore maintenant ?

C’est mon oncle qui est à l’origine de beaucoup de chose. C’était mon héros à 12 ou 13 ans. Il avait les cheveux longs, une guitare et des amplis Marshall… A travers lui j’ai découvert de nombreux groupes qui étaient old-school pour mon âge : DOKKEN, PRETTY MAIDS… Et plus jeune je jouais du piano mais tout a changé à l’écoute de Michael Schenker à la radio. J’en ai eu des frissons et alors j’ai voulu être guitariste et jouer comme lui.

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

Quelle est ta chanson favorite ?

C’est très difficile. Je peux prendre un medley avec moi sur une ile déserte ? Je prendrai un classique comme « Kashmir » de LED ZEPPELIN je pense.

 

Premier album acheté ?

MSG – Save Yourself

 

Dernier album acheté ?

Il y a deux jours de cela, le dernier IN THIS MOMENT (Blood)

 

Quel son ou bruit aimes-tu ?

Le son de ma femme quand elle me réveille le matin.

 

Quel son ou bruit détestes-tu ?

Les pets ! ah ah ah

 

Tous nos remerciements à Olivier GARNIER & Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

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Chronique de l'album ici

Site internet

Interview à Paris de Thomas Muster (guitares – SHAKRA, décembre 2012

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs SHAKRA en quelques mots ?

Et bien nous sommes le meilleur groupe du monde ah ah ah ! Malheureusement non mais c’est pourquoi nous sommes ici. Nous sommes un groupe de rock suisse et nous avons publié jusqu’à maintenant neuf albums, un DVD livre, un album live et nous sommes aujourd’hui à Paris afin de promouvoir notre nouvel album. Donc j’espère pouvoir intéresser les gens ici en France pas tant à notre passé mais plutôt qu’ils soient curieux vis-à-vis de notre nouvel album, Powerplay. Nous en sommes très heureux, nous l’aimons beaucoup et si nous l’aimons beaucoup, il y a de fortes chances que d’autres personnes l’apprécieront également.

 

02. Tu es l’un des membres fondateurs du groupe. Quelle était votre ambition à vos débuts ?

Quand tu montes un groupe comme le nôtre, au début, ce n’est que pour la fun, tu as un travail à côté, j’étais chauffeur de taxi à l’époque et je l’ai été pendant si longtemps en Suisse donc tu n’as pas d’autre ambition que de t’amuser. Et puis année après année, nous avons connu un succès grandissant et donc ma situation a changé. J’ai peux désormais vivre de ma musique et nous sommes chanceux désormais. Mais au début, tu ne peux pas espérer tout cela, même gagner de l’argent avec ta musique parait impossible, tu ne penses pas au succès commercial, à ta position dans les charts… Avec l’album précédent nous avons atteint la place numéro 1 en Suisse mais vingt ans dans le passé ce n’était qu’un rêve que nous pensions inaccessible mais depuis nous sommes très heureux de notre parcours.

 

03. Comment te sens-tu à quelques semaines de la sortie du nouvel album Powerplay ?

Je me sens très bien, j’ai un très bon feeling à propos de cet album car j’aime les chansons que nous proposons et je suis persuadé qu’il est encore meilleur que le précédent. Tu sais, quand nous avons enregistré Back on Track, John (ndlr Prakesh, chant) venait d’arriver dans le groupe, nous ne nous connaissions pas encore très bien et la majorité des titres étaient déjà composées avant qu’il ne nous rejoigne. Pour Powerplay, la situation a été très différente, je le connais parfaitement, sa palette vocale ce qu’il peut chanter et j’ai gardé ces éléments à l’esprit en composant ces chansons. Et je suis donc très satisfait de chacun des titres qui apparait sur l’album. Le feeling est très bon. Les chansons ont vraiment été méticuleusement construite pour le voix de John. Ce n’était pas le cas pour Back on Tracks où j’ai composé sans rien savoir du nouveau chanteur. Je savais simplement que notre ancien frontman (ndlr: Mark Fox) serait viré à l’issue de la tournée car à la fin il était, bref, je ne veux pas rentrer dans les détails, il a quitté le groupe et c’est de l’histoire ancienne.

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04. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Powerplay ?

Notre environnement est toujours le même avec les mêmes personnes. Notre guitariste principal (ndlr : Thom Blunier) s’est, comme d’habitude chargé de la production. Il a enregistré l’album car il possède un studio, un vrai studio, pas simplement du matériel pour des démos, dans sa maison. Il vit dans l’Emmental, dans le canton de Berne, célèbre pour son fromage avec des trous ah ah ah ! Si nous allons dans un autre studio, cela revient très cher, chaque minute que tu y passes alourdit la facture alors que là nous n’avons aucune pression financière, nous prenons le temps que nous voulons. C’est une situation très confortable, nous avons pu prendre trois mois pour l’enregistrement alors que d’autres groupes doivent tout boucler en 2 semaines… Je pense que l’auditeur peut entendre que nous avons bossé très dur et avec soin sur chaque chanson pour les rendre encore meilleures.

 

05. Vous avez atteint la deuxième place des charts helvétiques avec Back on Track, visez-vous le numéro un pour Powerplay ? Et plus généralement que penses-tu du marché métal en Suisse ?

Pour être honnête, je ne pense pas grand-chose du marché métal en Suisse. Bien sûr la partie romande est plus tournée vers la France et la partie alémanique se tourne plus aisément vers l’Allemagne. Et bien sûr l’Allemagne est un pays génial pour tout ce qui est rock et métal, c’est vrai mais nous nous produisons également en suisse romande. En avril dernier nous avons donné un concert par exemple à Genève avec un autre groupe suisse de pagan métal, ELUVEITIE. Et cela s’est très bien déroulé, très sympa. Je ne pensais pas que cette alliance pourrait fonctionner, la surprise a été excellente. Et c’est pourquoi nous sommes ici à Paris aujourd’hui, en nous faisant mieux connaître, nous voulons tourner plus en Suisse romande et plus largement en France. Pour l’instant nous n’avons annoncé qu’une date en France (ndlr : à Mulhouse) pour la tournée à venir avec un groupe allemand que je ne peux pas dévoiler mais nous espérons multiplier les dates chez vous si Powerplay rencontre un bon succès ici. Nous avons joué à Paris il y a plus de sept ans de cela avec HAMMERFALL et c’est trop long, nous devons revenir. Pour revenir à ta question, oui nous espérons atteindre la place de numéro 1 dans les charts suisses avec Powerplay, pour la gloire ah ah ah. Quand je serai vieux, les cheveux blancs, dans trente ans dans ma maison de retraite je veux pouvoir dire aux autres que j’ai eu, trente ans plus tôt, un album numéro 1. Nous serions tous honorés et amusés d’atteindre cet objectif. Le succès est toujours bon à prendre, que tu sois dans un groupe rock où que tu gères une boulangerie. Tu veux alors vendre beaucoup de pains !

 

06. Vous tournez un clip video pour minimum un titre de chacun de vos albums. Est-ce déjà prévu pour celui-ci ? Aimes-tu participer à ces tournages ?

Oui, c’est déjà bien, nous avons tourné deux vidéos, l’une pour « Wonderful life » et l’autre pour « Save You from Yourself ». Cette dernière est une chanson rock directe, accessible et mélodique avec même quelques éléments pop. Cela ne me dérange pas, finalement cela ressemble à ce que nous faisons maintenant, de la promo à Paris. Cela fait partie du travail. Tu sais, écrire des chansons est gratifiant et amusant… Faire des interviews toute la journée l’est beaucoup moins mais c’est ok il faut le faire de toute façon. Cela serait ne épreuve si nous devions le faire tous les jours. En Suisse nous avons très peu de place dans les médias pour ces vidéos donc de nos jours, tu le fais plus pour que ce soit diffusé sur YouTube, sur Internet il y a suffisamment de plateformes pour présenter ces clips. La télévision n’a plus d’intérêt désormais, l’avenir se déroule sur internet. Regardes MTV, 20 ans dans le passé il diffusait de la musique, le M signifie musique désormais ils ne diffusent que des programmes de TV réalité thrash.

 

07. Si on parle de métal en Suisse (en dehors de la scène extrême), on pense toute de suite à KROKUS, GOTTHARD… est souvent SHAKRA est considéré comme un outsider. Comment vous positionnez-vous et quelles sont vos relations avec ces autres groupes suisses ?

Si nous sommes considérés comme des outsiders ou pas, cela ne m’intéresse pas beaucoup. Nous sommes SHAKRA et nous faisons notre musique de notre côté sans rien demander à personne. Bien sûr nous nous connaissons tous, nous connaissons les membres de GOTTHARD, nous connaissions Steve Lee (ndlr : le chanteur décédé de GOTTHARD) qui a disparu il y a deux ans de cela. Nous les connaissons, nous les respectons mais nous ne sommes pas amis, cela reste poli mais superficiel. J’ai un certain âge et nous sommes désormais trop vieux pour cela. Quand je ne suis pas en déplacement ou en tournée, j’aime rester à la maison avec ma famille, c’est ma vie. Je ne veux pas passer mon temps à l’extérieur avec d’autres musiciens, je suis trop vieux pour cela, j’ai presque 50 ans.

 

08. Vous avez à votre actif de nombreuses dates. Quelles sont vos meilleurs et pires souvenirs en tournée ?

C’est assez difficile de te répondre. Il est toujours agréable d’avoir un bon public en face de soi, que les gens soient heureux quand tu joues… Le pite c’est quand tu n’évolues pas dans ces conditions, les gens ne s’intéressent pas à toi… Ce n’est pas si souvent, peut-être une fois par an maximum. Parfois en festival tu te produis devant un public qui ne te correspond pas du tout. Mais les bons souvenirs demeurent. Nous avons joué avec IRON MAIDEN ou GUNS’N ROSES en Suisse et ces expériences étaient merveilleuses. Et je suis un super fan de DREAM THEATER et nous avons ouvert pour eux en Suisse et j’ai pu voir le show depuis la scène, dans les coulisses et cela a été un super souvenir, assister à leur préparation… J’ai pu un peu parler avec John Petrucci…

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09. Quelles sont tes principales influences à l’origine de ta carrière et encore maintenant ?

J’ai commencé à jouer de la guitare à 12 ou 13 ans et mes parents m’ont inscrit à une école de musique pour apprendre les bases de la guitares classiques uniquement, pas la version rock. C’était ok mais je n’aimais pas trop cela. Et puis en 1977 j’ai acheté Let There Be Rock d’AC/DC. Deux ans plus tard j’ai assisté à leur show à Berne avec Bon Scott et cela a été l’étincelle, je me suis dit : « c’est ça que je veux faire ». Dès que j’ai pu posséder une guitare électrique vers l’âge de 15 ans, j’ai travaillé et commencé à écrire des chansons. Je travaillais mes gammes… Je parlais de Petrucci tout à l’heure et j’adore son jeu. Je ne suis pas su super guitariste, je fais les rythmiques mais surtout je compose des chansons.

 

10. Comment travailles-tu, comme fonctionne le processus créatif chez toi ?

Cela vient naturellement. Je suis à la maison, ma femme se lève pour aller au travail puis je me lève, je prends un café, j’allume la télévision, je prends ma guitare et je joue. Et puis à un moment j’aime ce que je viens de jouer au hasard, en laissant mon esprit libre et je reviens dessus. Parfois soudainement l’inspiration vient, une mélodie me trotte dans la tête et donc j’enregistre. Parfois, pendant un mois, rien ne vient c’est très aléatoire. J’ai un peu peut de ne plus être créatif mais jusqu’à présent tout va bien. En même temps on ne peut pas couper cette inspiration. Je peux regarder un film avec ma femme puis l’inspiration vient et je ne peux m’en détacher pour me concentrer sur le film. Mais bon cela nous permet de proposer un nouvel album tous les deux ans. Vos paroles sont ancrées dans la réalité. Les mondes fantastiques, les fées et les dragons ne vous intéressent pas ? Oui c’est notre genre, nous parlons du monde qui nous entoure, le fantastique n’est pas pour nous. Nous sommes un groupe qui doit donner du plaisir et ne pas exprimer nos opinions politiques ou religieuses cela doit rester dans la sphère privée en tant que citoyens. Nous restons simples, regardes nos pochettes d’album, c’est toujours assez direct. Des rails de chemin de fer pour le précédent, un logo pour Everest, un symbole pour Infected…

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

Quelle est ta chanson favorite ?

«Manhattan Project» de RUSH

 

Premier album acheté ?

Il s’agit d’un disque de SWEET

 

Dernier album acheté ?

The Royal Philharmonic Orchestra Plays The Music Of Rush

 

Quel son ou bruit aimes-tu ?

Le son d’une guitare électrique

 

Quel son ou bruit détestes-tu ?

Le soundcheck de notre batteur pendant que nous discutons entre nous ah ah ah

 

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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