Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Pour presque paraphraser le titre d’un des albums de GENESIS, “puis ils furent deux”… Que penses-tu de la situation actuelle où Timo et toi êtes les deux seuls membres restant du line-up classique du groupe ?

Oui nous sommes les deux survivants du groupe de 1995, c’est vrai c’est un fait et cela a eu un impact sur le groupe bien sûr. Notre son a beaucoup changé avec les nouveaux membres qui ont été intégrés mais cela a été notre façon d’évoluer et de rester « frais », cela a amener du sang nouveau via des compositeurs nouveaux. Tu as raison, en même temps, nous pouvons ressentir une certaine mélancolie en retrouvant d’anciennes cassettes de 1996 ou 1997 ou au moment de Visions of Europe… Si cette période te manque, tu regrettes aussi le fait d’avoir vieilli et de ne plus vivre comme à l’époque cette ère vibrante et foisonnante au niveau du mouvement Power Métal. Nous quittions les années grunge pour aller vers autre chose. Cela a duré quelques années et notre musique est entré en crise et le groupe avec. Vers 1999-2000 les groupes clones ont commencé à pulluler, avec la technologie ils pouvaient aussi faire du Power Métal comme nous.

Pour revenir à ta question, je regrette cette période du milieu des années 90 car je ne vis plus la même excitation dans ma vie. En 1992, le genre métal semblait moribond, il n’y a avait plus grand-chose en dehors du Grunge ou des artistes mainstream comme MADONNA… Les gens rejetaient la vague glam et donc nous sommes repartir de rien musicalement en 1992. Vers 1995, cette vague a commencé à émerger, sans que STRATOVARIUS n’y soit pour grand-chose et nous avons su alors saisir notre chance.

 

02. A la fin du dernier concert avec Jörg (ndlr : Michael ex-batteur), vous n’avez jamais eu de doute quant à l’avenir du groupe ? Le nouveau batteur (Rolf Pilve) est près de 25 ans plus jeune que toi !

C’est un très bon musicien qui aime jouer de très nombreux styles différents. C’est assez amusant car il écoutait STRATOVARIUS quand il était plus jeune, il n’avait alors que 5 ou 6 ans. Il était fan du groupe et il a grandi en écoutant les groupes de cette vague dont nous parions à l’instant. Et il a en fait partie également car peut-être que sans cette résurgence dans les années 90, il n’aurait pas commencer à jouer de la musique. Tout est connecté finalement.

Effectivement je suis le seul rescapé avec Timo du line-up de Visions mais à quoi ressemblerait le groupe avec le line-up de l’époque. Tolkki serait toujours le patron et donc il imposerait ses vues et donc ses chansons. Nous aurions sans doute proposé un album comme Saana, cet opéra. Je ne dis pas que c’est mauvais mais avant nous n’exprimions qu’une voix, la sienne. Et désormais nous pouvons faire preuve de diversité avec des musiciens tous différents qui proposent es chansons différentes. Notre façon de faire est complétement différente. Jusqu’ici tout va bien.

 

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03. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Nemesis et dans quel état d’esprit étiez-vous par rapport à la période Elysium ?

Notre processus de travail et notre état d’esprit était assez proche de ceux de l’époque d’Elysium. Bien sûr nous avons encore progressé, les choses étaient mieux organisées, définies. Cela couvre aussi des petits détails techniques, un album est comme un puzzle et il faut avoir toutes les pièces en main pour pouvoir réussir. L’inspiration en vient pas si facilement, c’est un vrai travail et ce que nous avons fait de mieux cette fois c’est d’être assez patients pour vraiment avoir assez de titres de très bonne qualité avant de fixer une date pour rentrer en studio. Tout le monde met la main à la patte et compose de son côté puis nous rassemblons l’ensemble et nous vérifions que nous avons assez de matière pour faire un album. C’est pour moi la première chose que nous avons très bien faite avec Nemesis.

La deuxième chose concerne la batteur. Il nous fallait trouver la bonne personne ce qui est un long et complexe processus en lui-même, c’est un élément important du puzzle. Nous avons publié une annonce demandant aux gens d’envoyer des vidéos. Puis il fallait tout regarder, cela a pris des semaines de débats de discussions, nous avons demandé leur avis aux uns et aux autres… Ce fut long mais bien fait.

Et la troisième chose que nous avons bien faite en comparaison avec Elysium c’est qu’à partir de ces 2h30 de musique accumulée, avant d’enregistrer une note, nous avons pu faire une sélection et descendre à 65 minutes de matériel que nous allions retravaillé et peaufiner. Nous ne nous sommes pas dispersé sur le reste que nous avons rejeté. Ce fut un travail collégial, chacun a pu donner son avis et dire quelles démos lui plaisaient ou pas. Ce tri a été salvateur pour ne pas perdre du temps et travaillé pour rien sur des chansons jamais publiées. Cela a aussi signifié moins de stress, nous sommes allés à notre rythme sans tenir informé le label de nos progrès jusqu’à être sûrs d’avoir amassé assez de supers chansons à enregistrer. Bref nous étions mieux préparés et ces petits détails administratifs font une sacrée différence. La musique nous savons faire mais le reste est moins évident et tout peut vite devenir chaotique.

Par rapport à Elysium, Polaris était encore plus bordélique mais pour d’autres raisons, nous étions au milieu d’une bataille judiciaire…

 

04. Donc tu es en train de me dire que vous avez des heures et des heures de démo inachevées dans vos tiroirs ? Ne gardez-vous rien pour de futurs albums ?

Oui pour Nemesis nous avons rejeté 1h30 de musique car cela ne convenait pas. Cela ne serait jamais publié mais en ce qui me concerne, ainsi que Matias, nous avons conservé des idées de telle ou telle partie de chansons inachevées pour Polaris et Elysium pour les retravailler et en faire autre chose à même de mieux convenir au groupe. Polaris était si chaotique que j’ai redécouvert des mélodies et réutilisé des idées de cette époque. Et ce n’est pas un trésor caché car ces heures de démos n’étaient pas assez bonnes pour les enregistrer.

Et finalement la dernière chose que nous avons amélioré avec Nemesis ce sont les chansons elles-mêmes, après deux albums nous nous connaissons beaucoup mieux les uns et les autres et l’alchimie a encore été plus aboutie. Matias connait bien mieux le voix de Timo et ses compositions sont plus adaptées à ses capacités vocales.

 

05. A l’écoute de cet album je me suis dit que STRATOVARIUS montrait deux visages très différentes à travers tantôt des titres supers attrayants, presque pop comme « Unbreakable » et des compositions plus complexes et moins faciles d’accès. Est-ce une démarche consciente et assumée ?

Tu peux dire qu’il s’agit d’une démarche consciente car il s’agit du résultat d’une discussion, d’un équilibre entre l’opinion de 5 personnes différentes. Mais par hasard les chansons qui apparaissent sur l’album sont simplement celles qui nous plaisaient le plus, nous cinq. L’équilibre vient de l’esprit collectif et peut-être que d’autres titres très complexes n’ont pas recueillis l’agrément de tous. Nous verrons la réponse du public envers cet album et si Nemesis rencontre un grand succès ce sera aussi la validation de ce processus créatif mené tous ensemble. Si tout le monde déteste le disque, c’est que cette démocratie n’aura pas été efficace et remettra en cause notre façon de bosser. Mais je suis confiant, les réactions face aux 2 précédents disques tendraient à conforter nos choix. Nous n’avons pas besoin d’un producteur pour nous dire de choisir ceci ou cela et les avis que j’ai accumulé tous ces derniers jours sont très bons. Les fans trancheront…

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06. Vous tournez régulièrement des clips vidéos. Est-ce déjà prévu pour cet album ? Aimes-tu cet exercice ?

Nous le ferons pour une de ces chansons mais je ne sais pas laquelle. Et cette fois-ci nous proposerons peut-être une autre concept que les vidéos habituelles, je ne sais. Espérons que cela soit moins « douloureux » que précédemment. Ce fut parfois sacrément éprouvant. Le pire pour moi fut pour « SOS ».. ah non pour « Hunting High and Low ». Nous avons passé des heures dans cette putain de piscine avec une eau à 4 degrés. Tout le monde a attrapé la crève suite à ce tournage, ce n’a vraiment pas été drôle. Nous n’étions pas équipés avec des pieds humides pendant 16 heures dans ce studio… ce fut très mauvais à vivre. « Eagleheart » aussi a été dur avec ces constamment ces lumières aveuglantes et très chaudes, nous avions des écrans gris derrière nous et avoir la même intensité lumineuse partout ils ont utilisés des projecteurs très brillant. Et l’autre chose « amusante » sur ce denier clip est que pour obtenir l’effet de vitesse que l’on peut voir sur la vidéo finale, nous avons tout enregistré à vitesse de lecture réduite au niveau de la musique. Il y a de quoi détester une chanson si tu dois la supporter pendant 15 heures à mi-tempo. Une torture…

 

07. Comment travaillez-vous sur la pochette et avec l’artiste en charge de la réalisation ?

En fait je m’en occupe au sein du groupe. Cette fois-ci nous lui avons donné le titre de l’album et il est revenu vers nous avons des propositions de dessin et nous en avons discuté. Il était très occupé et nous avions la tête à l’enregistrement donc ce n’a pas été facile d’avancer sur la pochette. Il est finalement reparti de zéro pour proposer ce que vous pouvez voir sur la pochette de l’album. Son nom est Gyula Havancsak (http://www.hjules.com), il est hongrois et il travaille aussi bien à la peinture qu’à l’ordinateur et il fait tout lui-même. Il a réalisé nos trois dernières pochettes et nous en sommes très contents.

La pochette n’a plus autant d’importance qu’avant car les gens savent ce qu’ils veulent et ils peuvent écouter des titres en streaming ou des extraits ici et là avant la sortie. Mais cela reste un élément du contexte de l’album, du « produit » comme dit le label. Ce sentiment reste précieux, l’illustration donne des indications sur l’humeur et l’orientation du disque. Chacun va avoir une autre interprétation de ce dessin alors que finalement tout tourne autour de la poitrine, les seins de ce personnage féminin ah ah ah. Sur les premiers essais, il y avait beaucoup plus de petits anges et nous avons voulu nous concentrer sur le personnage principal.

Plus sérieusement, c’est une question de confiance avec l’artiste, il va créer quelque chose à partir de nos indications et nous espérons que cela va s’imbriquer naturellement avec l’album. Les histoires de fin de monde faisaient la une des médias à ce moment-là…. La question est : cet ange féminin est-elle furieuse du chaos sur Terre ou a-t-elle elle-même causé ce chaos…

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08. Ces dernières années deux légendes du hard rock/heavy métal ont disparu. Jon Lord a été une grosse influence pour toi et tu as travaillé avec Ronnie James Dio sur Lock Up the Wolves en 1990. Que peux-tu nous dire sur eux ?

En réalité je n’ai jamais pu parler à Jon Lord mais il a été une grosse influence pour moi au début de ma carrière. Sans lui et DEEP PURPLE je ne sais pas si j’aurais commencé la musique et décidé d’en faire une carrière. Sa mort est une tragédie et les gens qui le connaissait n’ont que du positif à dire sur lui. Je ne peux que souligner son impact sur ma musique.

En ce qui concerne Ronnie, j’ai fait partie de son groupe pendant un an ou un an et demi. Et c’était génial. Avec moi il était gentil, professionnel, un vrai bonheur. Musicalement c’était incroyable, je devais me pincer pour m’assurer que je travaillais bien avec lui. Malheureusement pour lui, et pour moi, cet album est sorti au mauvais moment quand cette vague grunge a tout submergé. Après ce disque il dissout DIO et rejoint BLACK SABBATH, il s’est investi dans d’autres projets… Comme lui j’ai bifurqué vers d’autres horizons, moins métal, et multiplié les expériences jusqu’à 1995-96 où j’ai rencontré STRATOVARIUS en pensant collaborer peut-être pour un album et 17 ans plus tard je suis toujours là. Pour Lock up the Wolves, Ronnie avait l’idée de poursuivre dans les années 90 en conservant l’esprit des années 80 mais l’industrie soufflait dans un autre sens. Il a été déçu de la réception et du succès de l’album et a, alors, essayer autre chose. Il a lui aussi dû patienter jusqu’au milieu des années 90 pour retrouver un équilibre et revenir à ses racines heavy-métal.

Après Lock up the Wolves, il a fait un album avec SABBATH puis l’album Angry Machine qui a été très controversé. Moi je trouve que le disque est génial, mais c’est peut-être par ce que j’aime beaucoup Ronnie, il avait trouvé le son qu’il cherchait déjà avec Lock up the Wolves. Il voulait faire partie de cette nouvelle vague sans perdre son identité. Je crois que les dernières années de sa vie ont été heureuses car il était à nouveau au sommet et non pas une star déclinante du passé.

 

09. Pour parler d’une autre grande figure métal, tu as joué avec Yngwie Malmsteen au somment de sa carrière et de sa créativité. De l’extérieur le personnage semble un peu fou. Quels souvenirs conserves-tu de cette période ?

Je n’ai que des bons souvenirs, en tout cas de la première période à partir de 1982, je crois l'avoir rencontré à Noël 1982. Peu après il m’a demandé de le rejoindre en Californie pour RISING FORCE. Mes souvenirs de lui sont très positifs, un putain de guitariste un peu fou mais nous étions tous dingues à l’époque. Nous étions suédois, tournant et travaillant avec des américains donc nous étions une bande, nous parlions suédois entre nous, buvant comme des trous et ayant le comportement d’imbéciles finis… Nous nous sommes tellement amusés mais nous n’avions que 19 ans Mais à la fin cela n’a plus fonctionné car au niveau du business et des finances c’était le chaos, Malmsteen buvait de plus en plus et moi de moins en moins. Il devait difficile à gérer. Nous n’étions plus sur la même longueur d’onde et je ne pouvais plus rester dans le groupe. Nous avions encore beaucoup en commun mais l’environnement du groupe était devenu trop chaotique. Et puis j’ai reçu la proposition de DIO, c’est le genre de chose que tu ne peux pas refuser.

 

10. Dernière question, je suis toujours surpris par la position de ton clavier sur scène. Pourquoi cette installation clavier vers le public ?

C’est juste une question de spectacle, le but est de divertir le public en montrant ce que je joue. Il ne faut rien chercher d’autres, ce n’est pas un problème pour moi au niveau technique, cela ne modifie que très peu ma façon de jouer ou mes habitudes. Je m’amuse ainsi.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs EMERGENCY GATE en quelques mots ?

Ah ok, que puis-je dire ? Nous avons un nouvel album qui s’appelle You. Il est assez complexe, énigmatique, très direct et puissant bien sûr. C’est l’album le plus rendre dedans que nous ayons fait tout en contenant des mélodies très attrayantes. Il s’agit d’un développement qui appartient au mouvement Death métal mélodique enrichi d’éléments électroniques. Sur le groupe, nous sommes allemands, la majorité venant de Munich et moi originaire de Düsseldorf. Malgré la distance ce n’est pas un problème avec les technologies actuelles. J’ai intégré le groupe en 2008 et mon intégration a été rapide et assez amusante. Udo m’a vu joué au Wacken Open Air et Mario était à ce moment-là à la recherche d’un nouveau chanteur pour EMERGENCY GATE. Ils m’ont contacté via ma page myspace me proposant d’intégrer le groupe. Je n’étais pas très intéressé car ce n’était pas vraiment mon style mais Mario a insisté et m’a envoyé un rough mix de leur album. Mario à l’époque était travaillait comme ingénieur son sur la tournée de SYMPHONY X. Nous nous sommes donc rencontrés sur cette tournée lors du concert de Cologne et après 10 minutes de palabre nous étions finalement d’accord.

 

02. Pourquoi avoir choisi de proposer une pochette aussi simple, très énigmatique et de pas avoir utilisé votre logo sur You ?

Pour les précédents opus nous avions des dessins très colorés avec des éléments biomécaniques. Là nous voulions quelque chose de totalement différent. Ma première idée était d’avoir une pochette blanche avec le logo du groupe tamponnée dessus. Puis ,nous avons continué à y réfléchir et nous voulions plus. Finalement le titre You est arrivé et nous voulions une pochette adaptée à ce titre. Nous avons voulu d’abord faire nous-même la pochette mais nous étions trop occupé avec l’enregistrement donc le visuel a été confié à un artiste extérieur au groupe. J’aime beaucoup la pochette car elle est très simple, très directe et étrange.

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03. Pourquoi ce titre, You, quel est le message ?

Tout d’abord, j dois dire que nous ne voulions pas faire un concept album, tel n’était pas notre projet. Mais finalement en étudiant les chansons composées et les paroles, le concept s’est imposé de lui-même. Chaque chansons et les paroles associées constituent chacune les maillons d’une même chaîne. Nous étions en studio et nous nous demandions pourquoi nous composons et enregistrons de la musique et la réponse est venue naturellement. Nous le faisons pour nos amis, notre famille, nos fans présents et futurs… Et donc le titre de l’album est devenu évident, cet album est fait pour vous (You). Cela explique que sur la version limitée de l’album tu peux voir six miroirs et six visages. Chacun possède en soi différentes faces, différents aspects de sa personnalité, sans être schizophrène. Chaque être humain est amené à vivre des situations déjà vécues par d’autres et cela nous relient tous et nous permet de nous identifier les uns avec les autres.

 

04. Qui a composé les paroles de l’album ?

Cela dépend des chansons bien sûr mais c’est principalement Udo et moi mais les autre sont aussi intervenus. Parfois n’un de nous a une idée de refrain ou d’une mélodie vocale et l’autre construit dessus. Bien sûr nos chansons sont basé sur des riffs de guitares mais cette fois-ci cela a été un effort plus collectif, pas simplement le travail d’Udo et moi. Nous avons passé des centaines d’heures à répéter dans notre studio et chacun a pu s’exprimer et mettre sa patte dans les compositions. 05. De ton point de vue quelles sont les principales différences entre The Nemesis Construct & You ? Les chansons vont plus directement à l’essentiel je pense. Nous sommes allés encore plus loin pour ce nouvel album et The Nemesis Construct était déjà un premier pas dans cette direction. Nous sommes désormais plus expérimentés, nous nous connaissons bien mieux et nous savons précisément où nous voulons aller.

 

05. Comment composez-vous ?

 C’est un processus naturel, rien n’est trop planifié ou réfléchi. Nous prenons nos instruments et nous jouons ce qui nous passe par la tête. Tout vient de nous sans que cela soit mathématique disant ici il faut un refrain, ici un solo… Nous allons agir notre esprit et enregistrons tout pour ensuite faire le tri. Une fois que les bases sont posées bien sûr, les arrangement sont intégrés et cette phase est plus cadrée, elle suit des règles mais la naissance des chansons restent très naturelle. Avant quand j’habitais près de Cologne, dans ma chambre à coucher j’avais des murs blancs et j’y écrivais les idées qui pouvaient me passer par la tête, directement sur le mur !

 

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06. Que gardes-tu de ton expérience avec SUIDAKRA ?

Les deux groupes sont totalement différents, SUIDAKRA a une orientation plus folk. Avec EMERGENCY GATE j’ai plus d’espace pour mon chant, extrême et clair c’est très différent. J’ai désormais beaucoup plus d’opportunité pour des expérimentations, l’utilisation de programmations et de claviers. Mais pour revenir à ta question, nous sommes tous très bons amis avec SUIDAKRA. Je suis le propriétaire d’un bar métal à Düsseldorf et Lars (Lars Wehner – batterie) vient souvent me voir et nous faisons la fête tous les deux. C’était une période un peu folle et très amusante. Mais c’est vraiment un autre univers, les publics aussi sont très différents. C’est difficile à expliquer. Bien sûr SUIDAKRA m’a apporté une certaine notoriété, mon nom était utilisé pour des publicités par exemple. Et cette notoriété a aidé et je me suis ainsi fait remarquer par les gars d’EMERGENCY GATE et cette expérience accumulée a été bonne pour moi et le groupe pour grandir et de décrocher par exemple des tournées plus longues et intéressantes.

 

07. Préfères-tu la scène ou le travail en studio ?

Bien sur les expériences sont diamétralement opposées mais les deux sont une nécessité. Personne n’organisera de concerts ou de tournées sérieuses avec toi si tu n’as pas d’albums ou un répertoire conséquent à montrer. En studio tu as du temps pour peaufiner les choses, tu peux expérimenter de nouveaux sons tu peux recommencer. Sur scène il faut tout faire parfaitement du premier coup et j’adore ça ! Et les émotions sont également vraiment différentes au niveau des fréquences, tu sens sur scène les vibration à travers ton corps, le retour du public, j’aime beaucoup être sur scène.

 

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08. Vous avez pris part à une tournée appelée Fragments of Death Tour. Comment cela s’est-il passé ?

Nous nous sommes beaucoup amusés et nous partagions un bus avec ELUVEITIE. Et ce fut parfait, comme une famille. Quand il y a trop de monde dans un bus tu n’as pas d’intimité et tu dois supporter les autres 24h sur 24h. Et il finit toujours par y avoir des tensions avec tel ou tel. Et là pas du tout, tout s’est passé comme dans un rêve, une vraie famille, vraiment ! Incroyable ! Nous sommes amis avec GRAVEWORM ET AGATHODAIMON et personne n’a foutu le bordel un vrai plaisir. Nous nous sommes bien amusés et aux Pays-Bas pour le dernier concert de la tournée GRAVEWORM nous a fait sa propre version du Gangnam Style ! Tu peux voir cela sur You Tube (ici). C’était cool de voir tout le monde sur scène, les équipes et tous les groupes en train de danser le Gangnam Style. Des membre des différents groupe se sont aussi déguisés pour faire une blague à nos potes et je suis monté sur scène en Stormtrooper par exemple, d’autres en superman… Cela te montre la bonne ambiance entre nous sur cette tournée. CE fut assez intense avec beaucoup de date sur une courte période de temps.

 

09. Quelle hygiène de vie adoptes-tu en tournée pour assurer toutes les dates ?

C’est amusant car si tu m’avais posé la question il y a 5 ou 6 ans de cela ma voix ne me préoccupait pas et je n’y prenais pas spécialement soin. Je buvais, je fumais, dormais parfois que deux heures dans la nuit sans m’inquiéter particulièrement. Maintenant c’est différent car le business est arrivé en jeu et je dois assurer une prestation professionnelle chaque soir, il faut donner chaque fois plus de 100 %. Avec mon bar à Düsseldorf, je bois beaucoup mais en tournée j’arrête tout et parfois pas d’alcool pendant des semaines. Une bière parfois mais ce n’est rien. Et je fais attention à mon temps de sommeil. Tout cela finalement à cause du chant clair car si je ne devais que faire du chant extrême je pourrais continuer mes excès. En studio tu peux tout enregistrer mais en concert ton comportement ne pardonne pas si tu joues au con. Et je suis heureux et chanceux de pouvoir faire ainsi mon métier.

 

10. Quelles sont tes principales influences à l’origine de ta carrière et encore maintenant ?

J’ai commencé la musique à l’âge de six ans, une guitare m’attendait sous le sapin de Noël . Cette première guitare a fini sur la tête de mon frère. Puis j’ai eu une batterie puis j’ai commencé à chanter. Vers 10 ans j’ai repris la guitare, 12h par jour et j’ai fait des études de musique. Dans mon premier groupe je m’occupais des soli de guitares mais je chantais également. Et finalement maintenant dans EMERGENCY GATE je ne fais que chanter. Et c’est sympa car je peux utiliser tout l’espace de la scène pour courir, sauter… ce qui est plus difficile quand tu es guitariste. Au début, mes références au niveau du chant étaient plutôt STING et ERIC CLAPTON puis au niveau métal j’ai aimé le premier album d’ANATHEMA et maintenant j’adore la voix d’ Howard Jones (ex-KILLSWITCH ENGAGE), super voix etc…

 

10. Quels sont vos projets à court et moyen terme ?

A court terme, nous terminons la promo en Europe et avec la sortie du nouvel album nous espérons gagner de nouveaux fans, voir les préventes augmenter… Et puis nous partirons à nouveau en tournée, en France nous croisons les doigts et puis les festivals d’été. La République Tchèque est déjà confirmé ainsi qu’une dizaine d’autres festivals pendant l’été. Le Hellfest serait génial pour nous !

 

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Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

01. Quelle est ta chanson favorite ?

TESTAMENT « True Believer » extrait de The Gathering

 

02. Premier album acheté ?

SNAP ? non c’était celui de mon frère. Use Your Illusion I de GUNS N' ROSES

 

03. Dernier album acheté ?

Le dernier KILLSWITCH ENGAGE

 

04. Quel son ou bruit aimes-tu ?

L’eau qui coule et les oiseaux

 

05. Quel son ou bruit détestes-tu ?

En ce moment le son de mon téléphone !

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

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The CNK (Décembre 2012)

Interview réalisée par mail, décembre 2012  

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1. Révisionnisme est en liberté depuis le 19 octobre (contrairement à Gary Glitter.) C’est un album de reprises et tout a été réalisé en interne, faute de label. Le fait de devoir tout gérer, ça vous a plu et vous incite à poursuivre dans cette direction, ou au contraire, c'est une expérience que vous ne voudriez pas renouveler?

Hreidmarr : C’était une volonté de notre part pour ce disque. Notre contrat se terminait avec Season of Mist, et connaissant le peu d’engouement des labels pour les albums de reprises, nous n’avons même pas cherché à démarcher qui que ce soit. C’est vrai que cela a représenté une masse de travail assez considérable, même si nous étions déjà habitués à nous investir à tous les niveaux, mais cela fait aussi un peu office de test pour nous… Pour le moment, difficile de répondre, mais dans tous les cas, nous sommes contents de l’avoir fait. Ne serait-ce que le fait d’avoir sorti un aussi bel objet, sans aucun compromis, nous en sommes très fiers.

 

2. Vous avez décidé de changer la couverture de Révisionnisme ; l'artwork original a d'ailleurs été présenté à l'exposition "GewaltKunstWerk". Pourquoi cette modification?

Hreidmarr : Nous en avons longuement discuté avec Valnoir, qui est à l’origine de cet artwork. Nous trouvions qu’il avait effectivement plus sa place dans une expo, plutôt que sur la pochette d’un disque, où il aurait été fatalement interprété de la façon la plus mongoloïde qui soit, au vu du niveau ambiant et du contexte actuel. Nous acceptons le débat ou la controverse, mais seulement avec des gens qui en ont les moyens, dans le cas contraire, cela devient vite lassant et ennuyeux. Et nous ne nous projetions que moyennement dans la peau d’un Richard Millet, réduit à expliquer l’étymologie des mots qu’il emploie à des journalistes attardés.

 

3. Snowy Shaw est presque un membre à part entière de CNK sur cet album. Concrètement, comment vous avez travaillé avec lui? La collaboration n'a pas été difficile à gérer ?

Hreidmarr : Effectivement, il a été considéré comme le cinquième membre du groupe sur ce disque. Nous avons évidemment beaucoup travaillé à distance. Snowy possède son propre studio, et nous aussi, ce qui nous permettait de maquetter aussitôt les idées que nous avions, tester différentes choses, etc. Nous étions en contact permanent avec lui, il y avait beaucoup d’émulation, ça partait un peu dans tous les sens, c’était très créatif comme ambiance. Après, je mentirais si je disais que ça a été "facile", héhé, il y a eu des moments de tension extrême, il a fallu gérer des crises d’ego, des bastons… Snowy est comme nous, quelqu’un d’entier, à la très forte personnalité, donc cela ne pouvait pas vraiment se passer autrement. Et d’ailleurs, je suis persuadé que si c’était le cas, si ça avait été simple, le résultat ne serait pas aussi cool.

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4. Les morceaux présents sur l'album sont de styles vraiment hétéroclites. Qu'est ce qui a été le plus difficile à reprendre : les morceaux les plus "metal" ou ceux qui en étaient plus éloignés ?

Heinrich : Curieusement, je dirais les morceaux les plus metal. Les titres plus éloignés de notre style étant plus "aérés", ils laissent de fait plus de marge à une réinterprétation… Et puis, il y a forcément un lien plus étroit avec le metal, de l’ordre de l’inconscient, qui rend la manœuvre plus délicate.

 

5. Est-ce-que le travail particulier qu'implique la reprise vous a apporté une meilleure compréhension des arrangements, de nouvelles façons de faire, que vous êtes susceptibles de réutiliser sur votre prochain album ?

Heinrich : Complètement. Le travail de réarrangement, et de  "compréhension" des morceaux a demandé beaucoup de rigueur, et nous a obligé à appréhender les choses de manière différente. Et ça effectivement influé sur ma manière de composer.

 

6. Quelques aspects m'ont énormément fait penser à Laibach sur l'album (Le titre "Gat Ist Gott", le concept même de la reprise, la voix sur  "Seasons In The Abyss"…) et il est amusant de voir que comme Laibach, vous avez tendance à décliner vos créations sur différents supports (timbre, toile…) Vous avez d'autres projets de ce genre pour le futur ?

Hreidmarr : Nous ne nous sommes jamais caché de l’énorme influence qu’a pu avoir Laibach sur CNK, y compris dans son approche "globale" de l’art, qui pourrait se rapprocher de ce que Wagner nommait le Gesamkunstwerk, l’œuvre d’art intégrale, une œuvre qui ne néglige aucun support. Après, évidemment, notre démarche reste plus légère, plus rock n’roll, et moins "art contemporain", même si, effectivement, la boucle a été finalement bouclée avec les fameuses planches de timbres CNK, éditées et exposées par le collectif IRWIN, rattaché au NSK.

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7. Une tournée est annoncée ; le show va-t-il évoluer pour l'occasion, ou rester sur la base de vos précédents live?

Hreidmarr : Il va évoluer progressivement, il y aura de nouvelles projections, de nouveaux visuels, et nous avons déjà commencé à incorporer des morceaux de Révisionnisme à la setlist…

 

8. D'ailleurs, c'est la première fois que vous allez véritablement tourner en Europe, à commencer par une date aux Pays-Bas et une au Danemark. Vous avez déjà une idée de la façon dont vous êtes perçu à l'étranger ?

Hreidmarr : Pour le moment, nous n’avons que des bons retours de l’étranger. J’ai l’impression que souvent, les gens semblent mieux comprendre notre démarche et notre humour qu’en France, du moins, si l’on exclue bien sûr la Perfide Albion. Mais au final, cela ne me surprend pas vraiment… Ceci dit, nous avons encore TOUT à faire à l’étranger, et nous sommes en train de nous y atteler!

 

9. Le groupe joue beaucoup sur le second degré et le cynisme – d'une manière générale, le public metal pour qui humour rime avec Gronibard comprend assez mal votre démarche. À une époque où faire de la musique permet tout juste de rentrer dans ses frais, ça ne donne pas envie de tout arrêter ?

Hreidmarr : Oh si, effroyablement souvent. Mais à chaque fois que l’on s’efforce d’arrêter, on y revient toujours en courant, comme vers un gros tas de coke ou un sauna gay, alors…

 

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