Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Comment te sens-tu à quelques semaines de la sortie du nouvel album Straight Out of Hell ?

Je suis anxieux quant à la réponse du public face à ce nouvel album. Tu ne sais jamais comment vont réagir. Nos premiers échos sont très positifs, en particulier lors du Loud Festival au Japon il y a quelques semaines de cela. Nous avons alors joué le single « Burning Sun », le single au Japon et la réaction a été très bonne. Tout le monde est content jusqu’à présent, la maison de disque, toute l’équipe et je suis sûr les fans seront heureux aussi. Donc je ne sais pas trop comment les choses évolueront en Europe et en particulier ici en France mais tout semble aller dans le bon sens avec notre futur show à l’Olympia. Même après toutes ces années, je ne sais toujours pas anticiper la réaction des gens, cela reste chaque fois une surprise.

 

02. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Straight Out Of Hell ?

De mon point de vue, cela a été la meilleure session d’enregistrement à laquelle j’ai eu la chance de participer. Je suis dans la groupe depuis 10 ans maintenant, le line-up est bien établi, tout le monde se connait bien et cela rend l’atmosphère plus relax. Chacun contribue en proposant des chansons donc ce fut très agréable. Au niveau de l’enregistrement, nous avons essayé de limiter au maximum l’usage des ordinateurs, tout a été joué sans avoir recours au click. Nous avons été très libres pour insuffler une âme à ces chansons. Il est important pour nous de retrouver album après album la même atmosphère, les mêmes personnes pour nous entourer. Notre management est le même depuis des années, nous avons Charlie (ie Bauerfeind le producteur) à nos côtés. En particulier pour moi Charlies est important, c’est le producteur avec lequel je veux travailler systématiquement. Je suis rentré en contact très jeune déjà à l’époque de FREEDOM CALL et maintenant je le retrouve avec HELLOWEEN. Il me connait par cœur et je peux être détendu avec lui.

 

03. De ton point de vue quelles sont les principales différences entre Straight Out Of Hell & 7 Sinners ?

D’évidence la composition des chansons, nous avons encore tous progressé. J’aime 7 Sinners mais je crois que les titres de ce nouvel album sont meilleurs, mieux écrits. Je ne sais pas si les gens le percevront de cette façon mais c’est ainsi que je l’ai ressenti.

 

04. Album après album, tu contribues de plus en plus au groupe à travers tes compositions. S’agit-il d’une évolution naturelle et as-tu été encouragé pour les autres membres du groupe ?

A mon arrivée dans le groupe, je n’avais que quelques idées en stock et quand nous avons fait Rabbit don’t Come Easy par exemple j’avais deux titres bien avancées et Andi est arrivé avec ses propres compositions et je me suis rendu compte que le niveau en terme d’écriture était très élevé. En même temps les autres membres étaient demandeur de contributions, ils voulaient que les idées fusent. Donc j’ai dû apprendre et progresser moi-même pour pouvoir me mettre aux standards d’HELLOWEEN et composer de meilleures chansons. Par exemple, je parlais à peine anglais quand j’ai intégré le groupe. Donc pour fournir des paroles j’ai dû travailler et devenir meilleur. Ce fut effectivement un processus naturel et surtout une question de confiance entre les membres du groupe. HELLOWEEN repose sur un équilibre très fragile et si tu n’agis pas comme il faut, tout peut rapidement devenir tendu au niveau musical.

 

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05. Comment travaillez-vous ? Composez-vous un maximum puis vous faites du tri ou vous ne composez que ce qui sera ensuite enregistré ?

C’est comme tomber amoureux. Il faut que le public puisse se connecter aux chansons des albums que nous proposons. Ce fut le cas pour 7 Sinners ou Gambling with the Devil. Je pense que Gambling with the Devil a été le véritable premier album d’HELLOWEEN de ce line-up. C’est mon opinion, pas sûr que les autres partagent cet avis. Gambling with the Devil est pour moi un chef d’œuvre, c’est le début d’une belle aventure. Dani (Löble – batterie) venait d’arriver et nous n’avions qu’une tournée ensemble. Tout était neuf mais avec de la confiance et de très nombreux facteurs positifs se conjuguaient. Chacun a pu apporter le meilleur, au niveau composition en particulier. Nous avions travaillé chacun de notre côté puis nous nous sommes réunis pour écouter les chansons des uns et des autres puis nous avons sélectionné les meilleures pour l’album. Depuis Gambling with the Devil c’est notre façon de travailler. Et le processus s’améliore à chaque fois.

 

06. Vu de l’extérieur, tu sembles pouvoir assez facilement t’adapter aux mécanismes internes des groupes auxquels tu participes. Il y avait deux leaders évident dans FREEDOM CALL (Dan Zimmermann et Chris Bay) et également au sein d’HELLOWEEN (Andi Deris & Michael Weikath). A chaque fois tu as su d’une façon ou d’une autre contribuer eu groupe. Comment fais-tu ?

Ma situation au sein de FREEDOM CALL était loin d’être facile et confortable pour moi sinon je serais toujours sans le groupe. J’ai quitté le groupe en 2001 je crois parce que je n’ai pas pu trouver l’espace pour m’exprimer. C’était difficile à l’époque, je ne sais pas si la situation à changer dans le groupe depuis. Le problème venait plus de Chris (i eBay – chant & guitares) que de Daniel. Chris était le leader. Et finalement c’était un peu normal et j’étais alors un jeune musicien. Je suis reconnaissant envers FREECOM CALL car ils m’ont mis le pied à l’étrier et ce fut le début d’une carrière, j’ai beaucoup appris pas au niveau musical mais au niveau personnel. C’est aussi grâce à cela que je suis assis devant toi aujourd’hui.

Au sein d’HELLOWEEN l’histoire est différente. Tu n’as pas dans le groupe de leaders évidents, il n’y a pas de chef d’orchestre. Bien sûr tu as le frontman, Andi, c’est la voix de groupe et c’est ainsi que les choses doivent rester. Puis tu as Michael (ie : Weikath) qui est, selon moi, HELLOWEEN, pas celui du passé mais le groupe présent. Sans lui il n’y aurait pas d’HELLOWEEN. Mais ils n’agissent pas en leader, imposant leurs volontés au reste du groupe. Il y a une compréhension commune de ce que doit être le groupe. C’est pourquoi j’ai intégré ce groupe quand Charlie m’a téléphoné il y a 10 ans de cela. Il m’a dit « c’est évident que tu peux jouer ces titres, que tu peux composer pour le groupe mais tu dois aussi être capable de t’entendre avec Michael ». C’est un homme très spécial, pour moi de façon positive pour d’autres non. Et tout c’est bien passé entre nous. Je l’avais déjà rencontré une fois sans pouvoir beaucoup discuter.

 

07. Mais Charlie avait un bon feeling ?

Oui et puis j’avais survécu à FREEDOM CALL malgré la frustration de voir que tout était construit autour de Chris et que je souhaitais contribuer sans vraiment pouvoir… En réalité, je peux être ton « esclave » mais alors tu me payes un très bon salaire et je ferai ce que tu me dis de faire. Pour un certain temps je peux m’en contenter mais si ce n’est pas très gratifiant. C’était tout le contraire dans HELLOWEEN, ils avaient besoin d’un véritable membre pur compléter Michael à la guitare, faire partie d’une équipe et contribuer au niveau des chansons.

 

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08. Je devrais poser la question à Andi mais tu as sûrement ton opinion. Souvent en vieillissant les chanteurs ont tendance à économiser leur voix. Au contraire, album après album et en particulier sur Straight Out Of Hell, Andi n’hésite pas à monter dans les aigus quand il l’estime nécessaire. En avez-vous discuté eu sein du groupe et n’as-tu pas d’inquiétudes quant à sa capacité à reproduire ce chant soir après soir en tournée ?

Bien sûr en tournée c’est toujours plus difficile qu’en studio. Pendant l’enregistrement si tu ne te sens pas capable un jour, tu peux t’y remettre le lendemain. As-tu déjà assisté par exemple à une bonne performance sur scène de Lou Gramm ? non ah ah ah ! Mais sur disque, il est fabuleux. Voilà ce que j’ai à dire à propos de tous ces débats sur le chant d’Andi. Ce que les gens ne comprennent pas c’est qu’Andi est un chanteur très spécial par rapport à tous les autres et même vis à vis de Michaël Kiske (ex-HELLOWEEN, UNISONIC), et je sais que je suis là sur un terrain miné. Il y a de nombreux Michael Kiske dans le business mais il n’y a qu’un Andi Deris. Personne ne sonne comme Andi, personne ! Donnes moi le nom d’un artiste qui chante exactement comme lui ? Personne ! Sa voix est très particulière tout comme son registre et la façon dont il articule sa voix avec la musique. Cela dépend du style et s’il l’estime nécessaire il monte sans difficulté dans les aigus.

C’est la même chose pour moi au niveau des guitares. Certains titres plus anciens ne me parlent pas. C’est difficile de les jouer, pas au niveau technique, mais c’est si différent de ce que j’aurais fait moi-même. Je ne pourrais jamais jouer certaines partie comme Kai (ie Hansen, ex-HELLOWEEN, GAMMA RAY) par exemple. Jamais car ce n’est pas venu de moi. Andi fait face parfois au même écueil quand il doit se frotter au répertoire de Michael Kiske. Ce sont des chanteurs complétements différents. Tu ne peux pas les comparer et je trouve cette tendance à comparer tout avec tout particulièrement stupide. Arrêtez ce jeu ridicule et profitez de ce que vous avez. Et c’est bien ce que fait Andi. Il peut chanter dans les aigus mais cela doit rester son style.

 

09. Vous avez tourné un clip vidéo pour le premier single « Nabataea ». Que peux-tu nous en dire et apprécies-tu cet exercice ?

Nous n’avons pas encore vu le résultat final. A chaque fois c’est différent, parfois c’est très facile et parfois c’est vraiment éprouvant. Dans ce cas-ci, cela n’a pas été de tout repos car nous avons tournée dans une cave, très sale avec des difficultés pour respirer. Mais cet exercice me plait car je me souviens qu’en j’avais 16 ans et que je rêvais de faire cela, de tourner des vidéos, d’avoir un contrat discographique donc il y a de quoi s’amuser pendant les tournages. Les tournées également peuvent s’avérer parfois très ennuyeuses mais tu te souviens alors de ton adolescence quand tu rêvais de cela. Nous verrons le montage final la semaine prochaine et puis nous verrons pour la suite. Nous sommes très occupés en ce moment et je ne sais pas si nous tournerons d’autres clips pour cet album.

 

10. Comme bonus sur l’album vous proposez une version spécifique de « Burning Sun » avec orgue Hammond. Etais-ce important pour vous de rendre cet hommage à Jon Lord ?

Ce fut l’idée de Michael de proposer ce titre car il venait d’apprendre la disparition de Jon Lord. C’est un grand fan et il a pensé qu’il pourrait être une bonne idée de faire cette version du single japonais en remplaçant une des guitares par l’orgue. C’est son hommage à ce grand monsieur. DEEP PURPLE est bien sûr une grand influence. Avec LED ZEPPELIN ils sont à la base du métal

 

11. Comment travaillez-vous avec l’artiste en charge de vos pochettes d’album ? Dommage que l’accent soit désormais mis sur les images de synthèse par rapport aux superbes dessin d’un Better than Raw ou Metal Jukebox…

Nous échangeons des idées avec lui. Pour cette fois j’avais moi-même mis des idées sur le papier grâce à Photoshop. Nous en avons discuté avec l’artiste en charge et il est très bon pour la 3D. C’est dans ce domaine qu’il est le meilleure t nous aimons travailler avec lui. Il fait aussi de la réalisation vidéo, des reportages photos… Il n’est pas très doué pour la peinture classique comme d’autres illustrateurs donc nous avons préféré qu’il se concentre sur ses points forts. Nous avons l’idée de visuels rappelant les Comics avec des héros tout en restant en rapport avec le sens des paroles des différentes chansons. Le titre de l’album est venu naturellement, à partir d’une chanson et la pochette est venue dans la foulée dans le respect de ce titre.

 

12. Venons-en donc au titre de l’album…

Tout est parti de cette histoire de fin du monde en 2012, nous allons peut-être bientôt tous mourir et les gens n’avaient que ce sujet à la bouche. Nous pensions nous à 2013 puisque l’album sortira en début d’année prochaine et que nous serons encore sans doute vivant. Donc nous avions cette état d’esprit positif contrebalancé par certaines chansons assez sombres sur le monde contemporain. Chaque jour un nouveau « connard » nait, un futur banquier, politicien mais ils arrivent directement de l’enfer (Straight Out of Hell) car ils ont survécu à l’apocalypse de 2012. C’était l’idée de base et nous avons travaillé sur la pochette avec cela en tête. Nous avons pensé à une vision de l’enfer avec les volcans, le ciel noir et une canalisation venant de l’enfer transportant des figurines de dictateurs comme Hitler ou Mobutu… Mais si on met Hitler sur une de nos pochettes, en tant que groupe allemand, nombreux seront ceux à mal le prendre. Donc cela a été retravaillé pour déboucher sur le résultat final que vous pouvez voir un peu partout.

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13. Quelles sont tes principales influences à l’origine de ta carrière et encore maintenant ?

C’est mon oncle qui est à l’origine de beaucoup de chose. C’était mon héros à 12 ou 13 ans. Il avait les cheveux longs, une guitare et des amplis Marshall… A travers lui j’ai découvert de nombreux groupes qui étaient old-school pour mon âge : DOKKEN, PRETTY MAIDS… Et plus jeune je jouais du piano mais tout a changé à l’écoute de Michael Schenker à la radio. J’en ai eu des frissons et alors j’ai voulu être guitariste et jouer comme lui.

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

Quelle est ta chanson favorite ?

C’est très difficile. Je peux prendre un medley avec moi sur une ile déserte ? Je prendrai un classique comme « Kashmir » de LED ZEPPELIN je pense.

 

Premier album acheté ?

MSG – Save Yourself

 

Dernier album acheté ?

Il y a deux jours de cela, le dernier IN THIS MOMENT (Blood)

 

Quel son ou bruit aimes-tu ?

Le son de ma femme quand elle me réveille le matin.

 

Quel son ou bruit détestes-tu ?

Les pets ! ah ah ah

 

Tous nos remerciements à Olivier GARNIER & Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

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Chronique de l'album ici

Site internet

Interview à Paris de Thomas Muster (guitares – SHAKRA, décembre 2012

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs SHAKRA en quelques mots ?

Et bien nous sommes le meilleur groupe du monde ah ah ah ! Malheureusement non mais c’est pourquoi nous sommes ici. Nous sommes un groupe de rock suisse et nous avons publié jusqu’à maintenant neuf albums, un DVD livre, un album live et nous sommes aujourd’hui à Paris afin de promouvoir notre nouvel album. Donc j’espère pouvoir intéresser les gens ici en France pas tant à notre passé mais plutôt qu’ils soient curieux vis-à-vis de notre nouvel album, Powerplay. Nous en sommes très heureux, nous l’aimons beaucoup et si nous l’aimons beaucoup, il y a de fortes chances que d’autres personnes l’apprécieront également.

 

02. Tu es l’un des membres fondateurs du groupe. Quelle était votre ambition à vos débuts ?

Quand tu montes un groupe comme le nôtre, au début, ce n’est que pour la fun, tu as un travail à côté, j’étais chauffeur de taxi à l’époque et je l’ai été pendant si longtemps en Suisse donc tu n’as pas d’autre ambition que de t’amuser. Et puis année après année, nous avons connu un succès grandissant et donc ma situation a changé. J’ai peux désormais vivre de ma musique et nous sommes chanceux désormais. Mais au début, tu ne peux pas espérer tout cela, même gagner de l’argent avec ta musique parait impossible, tu ne penses pas au succès commercial, à ta position dans les charts… Avec l’album précédent nous avons atteint la place numéro 1 en Suisse mais vingt ans dans le passé ce n’était qu’un rêve que nous pensions inaccessible mais depuis nous sommes très heureux de notre parcours.

 

03. Comment te sens-tu à quelques semaines de la sortie du nouvel album Powerplay ?

Je me sens très bien, j’ai un très bon feeling à propos de cet album car j’aime les chansons que nous proposons et je suis persuadé qu’il est encore meilleur que le précédent. Tu sais, quand nous avons enregistré Back on Track, John (ndlr Prakesh, chant) venait d’arriver dans le groupe, nous ne nous connaissions pas encore très bien et la majorité des titres étaient déjà composées avant qu’il ne nous rejoigne. Pour Powerplay, la situation a été très différente, je le connais parfaitement, sa palette vocale ce qu’il peut chanter et j’ai gardé ces éléments à l’esprit en composant ces chansons. Et je suis donc très satisfait de chacun des titres qui apparait sur l’album. Le feeling est très bon. Les chansons ont vraiment été méticuleusement construite pour le voix de John. Ce n’était pas le cas pour Back on Tracks où j’ai composé sans rien savoir du nouveau chanteur. Je savais simplement que notre ancien frontman (ndlr: Mark Fox) serait viré à l’issue de la tournée car à la fin il était, bref, je ne veux pas rentrer dans les détails, il a quitté le groupe et c’est de l’histoire ancienne.

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04. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Powerplay ?

Notre environnement est toujours le même avec les mêmes personnes. Notre guitariste principal (ndlr : Thom Blunier) s’est, comme d’habitude chargé de la production. Il a enregistré l’album car il possède un studio, un vrai studio, pas simplement du matériel pour des démos, dans sa maison. Il vit dans l’Emmental, dans le canton de Berne, célèbre pour son fromage avec des trous ah ah ah ! Si nous allons dans un autre studio, cela revient très cher, chaque minute que tu y passes alourdit la facture alors que là nous n’avons aucune pression financière, nous prenons le temps que nous voulons. C’est une situation très confortable, nous avons pu prendre trois mois pour l’enregistrement alors que d’autres groupes doivent tout boucler en 2 semaines… Je pense que l’auditeur peut entendre que nous avons bossé très dur et avec soin sur chaque chanson pour les rendre encore meilleures.

 

05. Vous avez atteint la deuxième place des charts helvétiques avec Back on Track, visez-vous le numéro un pour Powerplay ? Et plus généralement que penses-tu du marché métal en Suisse ?

Pour être honnête, je ne pense pas grand-chose du marché métal en Suisse. Bien sûr la partie romande est plus tournée vers la France et la partie alémanique se tourne plus aisément vers l’Allemagne. Et bien sûr l’Allemagne est un pays génial pour tout ce qui est rock et métal, c’est vrai mais nous nous produisons également en suisse romande. En avril dernier nous avons donné un concert par exemple à Genève avec un autre groupe suisse de pagan métal, ELUVEITIE. Et cela s’est très bien déroulé, très sympa. Je ne pensais pas que cette alliance pourrait fonctionner, la surprise a été excellente. Et c’est pourquoi nous sommes ici à Paris aujourd’hui, en nous faisant mieux connaître, nous voulons tourner plus en Suisse romande et plus largement en France. Pour l’instant nous n’avons annoncé qu’une date en France (ndlr : à Mulhouse) pour la tournée à venir avec un groupe allemand que je ne peux pas dévoiler mais nous espérons multiplier les dates chez vous si Powerplay rencontre un bon succès ici. Nous avons joué à Paris il y a plus de sept ans de cela avec HAMMERFALL et c’est trop long, nous devons revenir. Pour revenir à ta question, oui nous espérons atteindre la place de numéro 1 dans les charts suisses avec Powerplay, pour la gloire ah ah ah. Quand je serai vieux, les cheveux blancs, dans trente ans dans ma maison de retraite je veux pouvoir dire aux autres que j’ai eu, trente ans plus tôt, un album numéro 1. Nous serions tous honorés et amusés d’atteindre cet objectif. Le succès est toujours bon à prendre, que tu sois dans un groupe rock où que tu gères une boulangerie. Tu veux alors vendre beaucoup de pains !

 

06. Vous tournez un clip video pour minimum un titre de chacun de vos albums. Est-ce déjà prévu pour celui-ci ? Aimes-tu participer à ces tournages ?

Oui, c’est déjà bien, nous avons tourné deux vidéos, l’une pour « Wonderful life » et l’autre pour « Save You from Yourself ». Cette dernière est une chanson rock directe, accessible et mélodique avec même quelques éléments pop. Cela ne me dérange pas, finalement cela ressemble à ce que nous faisons maintenant, de la promo à Paris. Cela fait partie du travail. Tu sais, écrire des chansons est gratifiant et amusant… Faire des interviews toute la journée l’est beaucoup moins mais c’est ok il faut le faire de toute façon. Cela serait ne épreuve si nous devions le faire tous les jours. En Suisse nous avons très peu de place dans les médias pour ces vidéos donc de nos jours, tu le fais plus pour que ce soit diffusé sur YouTube, sur Internet il y a suffisamment de plateformes pour présenter ces clips. La télévision n’a plus d’intérêt désormais, l’avenir se déroule sur internet. Regardes MTV, 20 ans dans le passé il diffusait de la musique, le M signifie musique désormais ils ne diffusent que des programmes de TV réalité thrash.

 

07. Si on parle de métal en Suisse (en dehors de la scène extrême), on pense toute de suite à KROKUS, GOTTHARD… est souvent SHAKRA est considéré comme un outsider. Comment vous positionnez-vous et quelles sont vos relations avec ces autres groupes suisses ?

Si nous sommes considérés comme des outsiders ou pas, cela ne m’intéresse pas beaucoup. Nous sommes SHAKRA et nous faisons notre musique de notre côté sans rien demander à personne. Bien sûr nous nous connaissons tous, nous connaissons les membres de GOTTHARD, nous connaissions Steve Lee (ndlr : le chanteur décédé de GOTTHARD) qui a disparu il y a deux ans de cela. Nous les connaissons, nous les respectons mais nous ne sommes pas amis, cela reste poli mais superficiel. J’ai un certain âge et nous sommes désormais trop vieux pour cela. Quand je ne suis pas en déplacement ou en tournée, j’aime rester à la maison avec ma famille, c’est ma vie. Je ne veux pas passer mon temps à l’extérieur avec d’autres musiciens, je suis trop vieux pour cela, j’ai presque 50 ans.

 

08. Vous avez à votre actif de nombreuses dates. Quelles sont vos meilleurs et pires souvenirs en tournée ?

C’est assez difficile de te répondre. Il est toujours agréable d’avoir un bon public en face de soi, que les gens soient heureux quand tu joues… Le pite c’est quand tu n’évolues pas dans ces conditions, les gens ne s’intéressent pas à toi… Ce n’est pas si souvent, peut-être une fois par an maximum. Parfois en festival tu te produis devant un public qui ne te correspond pas du tout. Mais les bons souvenirs demeurent. Nous avons joué avec IRON MAIDEN ou GUNS’N ROSES en Suisse et ces expériences étaient merveilleuses. Et je suis un super fan de DREAM THEATER et nous avons ouvert pour eux en Suisse et j’ai pu voir le show depuis la scène, dans les coulisses et cela a été un super souvenir, assister à leur préparation… J’ai pu un peu parler avec John Petrucci…

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09. Quelles sont tes principales influences à l’origine de ta carrière et encore maintenant ?

J’ai commencé à jouer de la guitare à 12 ou 13 ans et mes parents m’ont inscrit à une école de musique pour apprendre les bases de la guitares classiques uniquement, pas la version rock. C’était ok mais je n’aimais pas trop cela. Et puis en 1977 j’ai acheté Let There Be Rock d’AC/DC. Deux ans plus tard j’ai assisté à leur show à Berne avec Bon Scott et cela a été l’étincelle, je me suis dit : « c’est ça que je veux faire ». Dès que j’ai pu posséder une guitare électrique vers l’âge de 15 ans, j’ai travaillé et commencé à écrire des chansons. Je travaillais mes gammes… Je parlais de Petrucci tout à l’heure et j’adore son jeu. Je ne suis pas su super guitariste, je fais les rythmiques mais surtout je compose des chansons.

 

10. Comment travailles-tu, comme fonctionne le processus créatif chez toi ?

Cela vient naturellement. Je suis à la maison, ma femme se lève pour aller au travail puis je me lève, je prends un café, j’allume la télévision, je prends ma guitare et je joue. Et puis à un moment j’aime ce que je viens de jouer au hasard, en laissant mon esprit libre et je reviens dessus. Parfois soudainement l’inspiration vient, une mélodie me trotte dans la tête et donc j’enregistre. Parfois, pendant un mois, rien ne vient c’est très aléatoire. J’ai un peu peut de ne plus être créatif mais jusqu’à présent tout va bien. En même temps on ne peut pas couper cette inspiration. Je peux regarder un film avec ma femme puis l’inspiration vient et je ne peux m’en détacher pour me concentrer sur le film. Mais bon cela nous permet de proposer un nouvel album tous les deux ans. Vos paroles sont ancrées dans la réalité. Les mondes fantastiques, les fées et les dragons ne vous intéressent pas ? Oui c’est notre genre, nous parlons du monde qui nous entoure, le fantastique n’est pas pour nous. Nous sommes un groupe qui doit donner du plaisir et ne pas exprimer nos opinions politiques ou religieuses cela doit rester dans la sphère privée en tant que citoyens. Nous restons simples, regardes nos pochettes d’album, c’est toujours assez direct. Des rails de chemin de fer pour le précédent, un logo pour Everest, un symbole pour Infected…

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

Quelle est ta chanson favorite ?

«Manhattan Project» de RUSH

 

Premier album acheté ?

Il s’agit d’un disque de SWEET

 

Dernier album acheté ?

The Royal Philharmonic Orchestra Plays The Music Of Rush

 

Quel son ou bruit aimes-tu ?

Le son d’une guitare électrique

 

Quel son ou bruit détestes-tu ?

Le soundcheck de notre batteur pendant que nous discutons entre nous ah ah ah

 

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

Interview par mail, décembre 2012

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs GENERATION ON DOPE en quelques mots ?

Hello ! Nous sommes GENERATION ON DOPE, une simple band d’exclus qui jouent du rock depuis le début de ce siècle.

 

02. Après la tragédie et la fin de RAZZLE DAZZLE, avez-vous pensé tout arrêter et abandonner la carrière musicale ?

Au moment où l’accident est intervenu, aucun de nous n’avait d’autre groupe à part RAZZLE DAZZLE donc d’un certain point de vue, la fin du groupe pouvait aussi signifier la fin de nos carriers musicales respectives. En réalité nous n’avons pas dû faire le choix de continuer ou non mais plutôt savoir si nous allions continuer d’évoluer en tant que trio ou si nous allions recruter un quatrième membre. Heureusement nous avons pu compter sur un ami de longue date comme Riccardo et cela a été très facile de l’intégrer dans nos rangs du point au niveau des relations humaines.

 

03. Comment vous sentez-vous quelques semaines après la sortie de votre deuxième album Ghosts ?

Nous sommes surprise du retour que nous recevons, à la fois des fans et des critiques. Ghosts est très bien accueilli et nous n’en espérions pas tant.

 

04. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Ghosts ?

Nous avons réalisé un très gros travail puisque nous avons géré toutes les étapes du processus de production mais nous sommes très satisfaits, bien plus que tout ce que nous avions pu proposer auparavant.

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05. De ton point de vue quelles sont les principales différences entre votre premier album & Ghosts ?

Je pense que tout se concentre au niveau de la personnalité. Notre premier album contenait des chansons rock attrayantes, bien exécutées et enregistrées et l’objectif était principalement de divertir, de les jouer sur scène. Ghosts a prend une approche différente, l’album parle de nos sentiments et de nos idées et à l’écoute, tu peux sentir qui nous sommes et ce que nous pensons.

 

06. Comment composez-vous ? un titre très catchy comme « Cinnamon » par exemple ?

En fait chacun compose de son côté et enregistre des versions démos de ses chansons. Ensuite nous nous réunissons pour écouter et décider quelles chansons vont être travaillées collectivement et puis finalement nous ajoutons les paroles. La véritable difficulté est que chaque titre s’adaptent aux autres et que l’ensemble forme un tout cohérent pour donner une identité claire à l’album. « Cinnamon » comme la plupart des titres du premier album a suivi un autre processus. J'ai co-écrit cette chansons avec Luca et Joey a ajouté ses paroles.

 

07. Quelles sont vos principales influences ?

Alors que je réponds à ton interview j’écoute toute la discographie de METALLICA dans l’ordre chronologique, cela te donne une piste ! Nous influences sont nombreuses et variées, selon les années et il est toujours amusant de découvrir les influences mentionnées par les gens à propos de notre musique.

 

08. Qu’est-ce que cela fait de collaborer dans le groupe avec un membre de sa famille ? Cela change-t-il les relations au sein du groupe ?

Eh bien, nous sommes des amis avant d’être de la même famille et c’est la chose la plus importante pour nous. Après plus de dix ans de vie commune au sein du même groupe, chacun est également devenu un membre de la même famille.

 

09. En tant qu’artiste, parviens-tu à mieux t’exprimer à travers des sentiments négatifs (la douleur, la mort) plutôt que de souligner les bons moments de la vie ?

Comme le dit Chuck Palahniuk (Charles Michael « Chuck » Palahniuk est un romancier satirique américain), « l’art ne vient jamais du bonheur ». A travers mon expérience personnelle, je peux dire que l’art n’est rien d’autre qu’un moyen d’exprimer ce que nous sommes. Tous les jours chacun de nous doit faire face à de nombreuses formes de négativité et nous en absorbons une partie. Toute cette douleur et souffrance pourraient nous tuer si nous ne pouvions pas l’évacuer d’une façon ou d’une autre. Et la musique est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour exorciser ces sentiments. Il s’agit d’une démarche thérapeutique.

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10. Que penses-tu de la scène métal italienne ?

Je pense qu’elle est bien vivante et prête à en découdre. De très nombreux très bons groupes l’animent et je suis heureux de constater que la plupart de ces groupes sont connus et appréciés même en dehors de l’Italie.

 

11. Quels sont tes espoirs et tes attentes pour GENERATION ON DOPE ?

Nous n’espérons qu’une chose : amener notre musique le plus loin possible et continuer à pouvoir nous exprimer à travers elle.

 

12. Tradition oblige, on vous laisse le mot de la fin…

Chers lecteurs, si ce n’est déjà fait laisser sa chance à notre album Ghosts et rendez-vous sur la route lors de nos concerts ! Merci beaucoup pour cette interview.

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

Quelle est ta chanson favorite ?

« Grace » de JEFF BUCKLEY (mais je vais changer d’avis dans quelques minutes)

 

Premier album acheté ?

HELLOWEEN – The Keeper Of The Seven Keys (à la fois les part 1 et 2)

 

Dernier album acheté ?

ENTER SHIKARI – A Flash Flood Of Colour

 

Quel son ou bruit aimes-tu ?

Les guitares sur l’album Load de METALLICA

 

Quel son ou bruit détestes-tu ?

Le son de la caisse claire sur l’album St Anger de METALLICA, lol

 

Chronique de l’album ici

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