Archive for the ‘ Interviews ’ Category

Interview par mail de Liv Kristine (chant – LEAVES'EYES, ex-THEATRE of TRAGEDY), octobre 2012

 

 

01. Quel est ton état d’esprit quelques semaines après la sortie de ton quatrième album solo Libertine ?

Liv: Les réactions à la fois de la presse et des fans ont été absolument géniales et dans le monde entier. Je pense qu’il s’agit de la réponse la plus positive depuis le début de ma carrière, il y a plus de 20 ans de cela. J’en suis très émue et vraiment reconnaissante. Ma petite voix intérieure que dit qu’il faut que j’aille défendre ces chansons sur scène le plus vite possible ! JE suis tellement excitée par cette sortie et surtout très fière. C’est l’album le plus vital, intéressant et varié depuis le début de ma carrière solo. Le clip de la chanson « Paris Paris » est d’ailleurs disponible sur internet. J’en suis très très satisfaite, il s’agit de ma quatrième collaboration avec Patrick (NDLR : Ullaeus) et son équipe de Revolver (http://www.revolver.se/).

 

02. De ton point de vue, quelles sont les principales différences entre Skintight et Libertine ?

Liv: Si on le compare à mes précédents albums, Deus ex Machina (1198) était très atmosphérique, rappelant un peu le travail de la chanteuse irlandais ENYA, un véritable album pop. Enter My Religion a pris une tournure plus terrestre, plus orientée guitares avec des influences exotiques & folk intéressantes. Du côté de Skintight (2010) les influences sont plutôt à chercher du côté de J. CASH, cela emmène parfois à l’auditeur vers des sentiments et une expérience réconfortante à la manière d’un feu de camp. Pour Libertine, j’ai voulu faire un retour vers mes racines, l’album contient les compositions, les ballades les plus chargées d’émotions de ma carrière. On trouve même ici et là une touche sombre mais douce à travers à la fois le piano, les lignes de basses assez dombres et les guitares. Il me semble que mes albums deviennent de plus en plus individuels, comme si je me rapprochais de moi-même. Tous mes disques restent cependant dans la veine, indie, pop/rock.

 

03. Quelles ont été tes principales influences lors de la composition de Libertine ?

Liv: Je suis les palpitations artistiques de mon cœur à chaque fois et j’aime que les choses coulent naturellement pendant la phase de production. Cela m’a inspiré pour le titre « Spread my Wings ». En réalité, au niveau thématique, Libertine est un album qui rassemble des moments particuliers de ma vie. De plus, tu trouveras dans mes paroles quelques définitions de l’amour. Je me souviens par exemple de cet instant, durant mon concert à Nagold, en Allemagne, en décembre 2011 alors que je présentais pour la première fois une version démo de la chanson « Libertine ». Nous avons aussi joué quelques titre de THEATRE OF TRAGEDY, c’était important pour moi. A travers cette expérience et d’autres moments de vie, j’ai compris quelle orientation musicale allait prendre l’album, plus puissant, un retour vers mes racines. Tout le monde était là, ma famille et mes amis les plus proches, mes fans fantastiques venus du monde entier, d’Argentine, de Belgique, du Danemark, du Royaume-Uni, de Finlande, d’Espagne de Hollande et de partout en Allemagne. J’étais si heureuse. Ce fut une nuit très spéciale pour moi, si spéciale que nous allons remettre le couvert le 22 décembre prochain !

 

04. En regardant carrière en détail, il m’a semblé que tu entretenais consciemment ou non, de nombreuses dualités. Première dualité en assurant en parallèle deux carrières. L’une s’adresse aux fans de métal à travers THEATRE OF TRAGEDY puis LEAVES’EYES et l’autre s’adresse au grand public à travers tes albums solo ou différents projets annexes. Est-ce intentionnel et penses-tu que ces deux publics sont compatibles ?

Liv: Je crois que mon public garde un esprit très ouvert et je dois te dire que je me considère comme une privilégiée. Tout d’abord j’ai énormément de reconnaissance envers mes fans et mes amis qui me donnent à chaque fois respect, amour et de l’énergie positive. Certains suivent mon parcours depuis les début de mon groupe précédent THEATRE OF TRAGEDY, il y a 17 ou 18 ans de cela. Mes fans m’ont donné cette liberté que j’apprécie tant ! A travers LEAVES’EYES et mes projets solo je peux désormais exprimer entièrement mon instinct musical. Cela fait partie de moi depuis le jour où, à l’âge de sept ans, j’ai pris conscience que j’avais reçu génétiquement un don pour la musique. Depuis mon enfance j’ai cherché à être créative tous les jours d’une façon ou d’une autre. J’aime simplement chanter, composer, écrire et surtout faire des concerts ! A mes concerts, je rencontre et partage avec plaisir avec mon public. Sans eux, sans vous tous, je ne serais pas là car le business de la musique est froid et inhumain.

 

05. La deuxième dualité concerne les thèmes abordés dans tes chansons. As-tu besoin de parler de toi et de ta vie sur tes albums solo et au contraire de de projeter dans des mondes imaginaires ou des vieilles légendes avec LEAVES’EYES ?

Liv: J’écris toutes les paroles que ce soit pour mes albums solo ou LEAVES’EYES. J’aime beaucoup la poésie et la linguistique. Si je ne rédigeais pas des paroles de chansons, je pense que je composerais des livres de poésie. Au niveau thématique, mon travail en solo repose sur ma vie de femme, de mère et sur mes expériences passées. Quant à LEAVES’EYES les concepts sont construits principalement à partir des mythes et de l’histoire, en particulier les mythes nordiques et l’histoire vikings. J’aimais déjà ces sujets à l’école et tu en as déjà parlé gentiment 😉

 

06. La troisième dualité concerne ta vie publique et privée. Comment concilies-tu le fait d’être la chanteuse d’un groupe de heavy-métal souvent sur la route et ta vie de famille ? Ne souhaiterais pas parfois avoir un travail “normal”?

Liv: oh, oui, crois-moi, j’aimerais bien parfois ! J’ai déjà eu l’occasion de la dire mais le business de la musique est loin d’être juste et amical. J’ai déjà exercé des activités plus normales comme être fossoyeur pour le cimetière local pendant quatre étés consécutifs dans les années 90. J’ai aussi travaillé comme professeur pour des enfants soi-disant « difficiles » pendant ma grossesse quand je ne pouvais pas faire de tournée. Actuellement, j’enseigne la langue norvégienne à des adultes à travers des leçons privées en dehors des concerts. Cela me plait beaucoup mais j’aime aussi composer, enregistrer en studio, gérer les relations presse jusqu’à minuit, faire des tournées et rencontrer les fans dans le monde entier. Je parviens à faire cohabiter la musique et ma vie de famille assez bien, c’est comme un rêve devenu réalité.

 

07. Tu prouves à nouveau ton affection envers la rance à travers la chanson « Paris Paris ». Pourquoi ce titre dédié à la ville et que peux-tu nous dire du tournage du clip vidéo ?

Liv: Le clip de la chanson est désormais en ligne (ici) et je suis très heureuse du résultat et encore plus d’avoir eu l’opportunité de travailler pour la quatrième fois avec Patric. La démo de cette chanson date ne fait du temps de THEATRE OF TRAGEDY mais elle n’avait jamais été enregistrée. Cependant, je l’ai retravaillée par amusement en utilisant le logiciel Garage Band (NDLR : Apple). Mes camarades ont tous bien aimé et nous avons donc réenregistré tous les instruments. C’est vraiment une chanson très rafraichissante.

08. Avec LEAVES’EYES, tu enchaines les tournées à travers le monde, cette fois avec FIREWIND. En plus de la passion, est-ce une nécessité financière pour toi, pour vivre de la musique ?

Liv: Je me t’assurer que ces tournées n’ont pas fait de moi, jusqu’à présent, une femme riche !Mais plus important c’est l’enrichissement en terme d’expériences que cela me procure. Imagines ce que j’ai pu emmagasiner depuis plus de 18 ans, c’est fou ! Et cela a fait de moi l’artiste que je suis à aujourd’hui.

 

09. Etes-vous déjà en train de travailler sur le nouveau chapitres des aventures de LEAVES’EYES après Meredead en (2011) ?

Liv: Comme je l’ai déjà dit, nous revenons juste de notre fantastique tournée avec FIREWIND. Nous commençons donc en ce moment même l’enregistrement de notre cinquième album studio, et il s’annonce très folk et heavy !

 

10. Ok! Merci, les derniers mots t’appartiennent…

Liv: Merci d’être à mes côtés depuis tant d’années avec THEATRE OF TRAGEDY, LEAVES’EYES et mes albums solo. J’espère que vous appréciez Libertine et que vous ressentez autant de joie que moi pendant sa composition et son enregistrement. J’ai hâte de pouvoir le jouer pour vous. On se voit bientôt, il me tarde de revenir en France !

 

 

Site officiel

Chronique de l’album

Interview par mail de MUNRUTHEL (Vladislav “Munruthel” Redkin – tout), septembre 2012

 

01. Pourrais-tu nous en dire plus sur toi et ton travail ?

Il est difficile de parler de soi. Je suis tombé amoureux de la musique alors que je n’étais qu’un garçon de 12 ans et depuis ce temps je ne peux imaginer ma vie sans musique. Au début j’ai joué sur le piano de ma sœur (elle jouait alors) et j’étais aussi très intéressé par les techniques d’enregistrement. Depuis l’enfance j’ai très envie de créer moi-même de la musique mais je n’avais pas d’ordinateur ou d’instruments pour assouvir ma passion. J’improvisais donc avec ce que je trouvais autour de moi (morceaux de verre, tube d’aspirateur, containers en plastique ou des ustensiles de cuisine). Plus tard j’ai pu me payer un kit de batterie et je me suis alors entrainé intensément. Mon intérêt pour l’enregistrement restait vivace et je faisais des prises de son à la maison. Ensembles avec Knjaz Varggoth, nous avons fondé un groupe et commencé à répéter. Depuis, j’ai progressé et je suis devenu musicien et ingénieur du son professionnel. Petit à petit j’ai acheté de l’équipement pour mon studio. Je gagne ma vie à travers mon studio, j’enregistre et je m’occupe également du mixage et du mastering. Des informations sont disponible sur mon site web. En ce qui concerne mes projets, j’ai apporté la touche finale au nouvel album de MUNRUTHEL, CREEDamage, qui doit sortir en Novembre. Il s’agit d’un disque de pagan métal de haute qualité. En ce moment je termine de travailler sur KOLO, mon projet orienté world-music.

 

02. Si j’ai bien compris ta démarche, MUNRUTHEL n’est pas qu’un groupe mais aussi une philosophie de vie. Peux-tu nous éclairer sur tes choix et ton besoin de revenir à tes racines slaves ?

Oui tu as bien compris. Je méprise les gens qui jouent un rôle sur scène et ne sont pas honnêtes avec eux-mêmes. Je vis en véritable harmonie avec la nature et j’essaye toujours de m’échapper de la ville dès que j’ai un peu de temps libre (je vis dans une ville comptant 1,5 million d’habitants). Généralement, l’idée principale qui transpire de ma musique concerne la protection de la nature contre l’humanité. La nationalité n’a pas d’importance dans ce cas. Les slaves devraient, bien entendu; être plus proches de leurs racines slaves, les scandinaves de leurs propres racines et ainsi de suite. Bien sûr les racines les plus anciennes de tous les occidentaux sont uniques. De mon point de vue, de nos jours, le plus important est de savoir se protéger de cette guerre de l’information inutile, ne pas se laisser pourrir l’esprit par tout ce qui est à la mode, quoi manger, ou aller. Il s’agit vraiment de colifichets d’enfants destinés aux idiots, à faire des nous des esclaves de l’argent et de nous distraire du vrai sens de la vie. Donc il faut lutter et ne pas utiliser par exemple de la nourriture facile/rapide/ déjà préparée, cuisinez, ressourcez-vous dans la nature plus souvent, ne travaillez pas trop. Il ne faut pas beaucoup d’argent pour avoir une vie confortable. Il faut se contenter du strict nécessaire. L’argent n’a encore jamais fait le bonheur.

 

03. Que souhaitais-tu accomplir en commençant à travailler sur Epoch of Aquarius ? Des années après sa sortie, en es-tu encore satisfait ?

A l’époque, je voulais entrer en lutte contre le christianisme, contre la religion qui a usurpé les terres de mon pays avec le feu et le sang ! Je voulais me battre contre la religion qui a rendu mes ancêtres faibles et vulnérables, pauvres et illettrés. Tout cela imprégnait la musique et les paroles que j’avais composées. Maintenant, mon sentiment reste anti-chrétien mais il a lui aussi évolué. Désormais, la chose la plus importante pour moi est la protection de la nature comme unique moyen de survivre dans le futur et ainsi donner le moyen de vivre à nos enfants. J’appelle à la destruction de tous ceux qui bafouent Mère Nature et au contraire j’encourage ceux qui prennent soin d’elle comme le devrait les enfants vis-à-vis de ses parents. Cela ne dépend pas de la nationalité, de la religion ou d’autres distinctions sociale. Mais comme la majorité des religions du monde n’enseignent pas la protection de la nature, je reste très agressif envers elles. Elles sont inutiles à la vie et ne cherchent qu’à contrôler les masses ! Donc cet album reste d’actualité pour moi et les gens raisonnables.

 

04. En ce moment es-tu encore en train de travailler sur VEROlomstvo et que pouvons nous en attendre ?

L’album va être édité en Europe et en Amérique dans une version en langue anglais (chant en anglais) et s’appelera CREEDamage. Nous sommes en train de réaliser un clip vidéo pour le titre éponyme en ce moment même. Nous espérons le présenter en ovtobre ou novembre 2012. Nous espérons pouvoir venir à bout de ce clip avant la sortie de l’album. Ce disque a été enregistré dans mon studio, MoonHome, et j’ai donc eu tout le temps nécessaire pour travailler sur les sons et les arrangements. Je ne dresse pas de parallèle avec Epoch of Aquarius même si j’ai tenté de conserver une cohérence stylistique. La seule chose que je peux dire est que CREEDamage est plus conceptuel et mature et empreint de philosophie. N’oublies pas que je suis plus vieux qu’à l’époque d’Epoch of Aquarius, en 2004. La musique a perdu en agressivité pour gagner en professionnalisme et au niveau de la qualité des sons. De nombreux très bons musiciens de différents pays se sont investis dans ce projet, j’ai pu utiliser des violons, des flutes, de la guitare acoustique et des chœurs. Chacun a pu apporter un peu de son âme à l’enregistrement et l’album est devenu très épique, très beau et surtout aussi sincère que Epoch of Aquarius. J’ai également invité deux chanteurs : Wulfstan de FOREFATHER et Masha "Scream" d’ARKONA. Ces deux groupe sont très bons et de bons camarades ! Je suis leur suis très reconnaissant pour leur aide et je lui rendrai la pareille si un jour j’en ai l’opportunité !

 

05. Quelles sont tes principales influences ?

Ma principale source d’inspiration a toujours été, est et sera la Nature. Dès que j’ai un peu de temps libre dans mon quotidien très chargé je vais dans la forêt, dans la steppe et au bord d’un lac. Le plus loin possible de la ville et de ses habitants ! Alors j’emmagasine la force nécessaire pour repartir dans la mégalopole jusqu’à la prochaine fois. Je voyage ainsi quelque soit la saison, c’est vital pour moi. Si je ne peux pas ainsi me ressourcer, j’accumule du stress, je deviens agressif ou contraire apathique. Ma bonne humeur est liée à la beauté du monde qui m’entoure et cela enflamme ma créativité à chaque fois.

 

06. En parlant de la Dark Saga, comment en es-tu arrive à composer la musique du jeu video Gothic II ?

Il faut que je l’explique en détail. J’ai créé la bande son du plus grand mod/add-on russe pour Gothic 2. Initialement, tout n’était que le fruit de l’enthousiasme et j’avais composé cette musique gratuitement. Quelques temps plus tard, la société en charge du jeu, devant la qualité du mod, a contacté ses auteurs pour en faire un produit officiel. En ce qui me concerne, depuis longtemps je rêvais de composer une bande son d’un film, d’un jeu ou d’un spectacle… J’ai un don pour mettre en musique des images ou des dessins. J’ai donc pu enfin utiliser cette facilité pour ce jeu tout en réalisant un vieux rêve. Un grand merci à Marcelo Vasco, qui a réalisé un design fantastique pour cette sortie, et à toute l’équipe de Blazing Productions pour l’avoir rendu possible.

 

07. Peux-tu nous en dire plus sur tes autres projets (THUNDERKRAFT, AMBER SOLSTICE, NEVERLAND) et comment trouves-tu le bon équilibre entre eux ?

Au printemps de cette année, j’ai pris la décision de donner plus de temps à mes principaux projets (MUNRUTHEL et KOLO) et j’ai donc mis fin à ma contribution aux autres groupes. Je les aiderai dès que ce sera possible avec ma casquette de musicien/arrangeur studio. Mais je n’ai plus le temps de répéter avec eux désormais. Je passe mon temps dans mon studio MoonHome à travailler sur mes projets tout an ssurant un service d’enregistrement, mixage et mastering pour d’autres groupes. Je me suis également engagé dans ma production vidéo pour des clips musicaux et des publicités commerciales.

 

08. Maintenant que tes albums sont disponibles un peu partout à travers les rééditions, releases, quelles sont tes principales attentes et espoirs pour MUNRUTHEL dans l’avenir ?

J’en profite pour remercir toutes les personnes qui font des efforts et travaillent dur pour permettre à un public plus large de découvrir mon travail. J’ai déjà reçu des offres pour jouer en Europe. Je pense d’ailleurs à former un groupe destiné à la scène car pour l’instant MUNRUTHEL n’est le projet que d’un homme. Comme j’ai déjà eu l’occasion de la dire, je souhaite d’abord diffuser un message, une philosophie de vie à travers ma musique et cela s’adresse à tous. J’ai reçu de nombreuses lettres via Facebook de personnes, de fans qui pensent comme moi. Récemment les messages venaient d’Europe et du Canada. C’est très agréable de constater que ma musique enrichit ces gens et répond à certaine question sur la vie.

 

09. Que peux-tu nous dire de la scène métal ukrainienne ? Te sens-tu proche d’autres groupes de folk métal slave comme ARKONA ?

La scène métal ukrainienne est très forte et regorge de groupes honnêtes et de qualité. J’ai déjà travaillé avec beaucoup d’entre eux en tant que musicien. Après tout, ma discographie comporte pas moins de 35 albums enregistrés avec de nombreuses formations ! Avec certains les relations restent polies et pour d’autres comme DUB BUK, SVYATOGOR, THUNDERKRAFT nous sommes de vrais amis. Nous nous voyons souvent et faisons la fête ensemble. J’aime beaucoup la musique d’ARKONA, l’énergie de leurs concerts et leur humanité. Masha et Sergey sont venus de nombreuses fois à Kharkov juste pour nous rendre une petite visite. Ce sont des gens bien et des musiciens très talentueux. Je considère que Masha m’a fait un honneur en acceptant de mettre sa voix sur une de mes chansons. Nous travaillons dans un ensemble commun, nous tenons fièrement la bannière du pagan métal slave ! Et nous vaincrons grâce à cet étendard, nous mettrons à bas les fondations décomposées des religions du monde !

 

10. Merci, les derniers mots t'appartiennent…

Pour finir notre conversation, je voudrais que vos lecteurs restent, avant tout des Personnes (avec une P majuscule). Faites attention à votre comportement, vous faites partie de ce monde et n’agissez pas comme les seigneurs de la Nature. Je suis désolé mais ce « seigneur » mange et défèque comme un animal. Donc on ne peut pas dire qu’un être humain est plus intelligent qu’un animal. Les animaux vivent en harmonie avec la Nature donc ce sont eux qui sont plus malins que nous. Donc la division artificielle (présente en particulier dans les religions du monde) entre un être supérieur (l’homme) et des êtres inférieurs (les animaux) constitue le véritable racisme ! Cela doit s’arrêter, comme tous les extrémismes envers les animaux et les plantes.

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

01. Quelle est ta chanson favorite ?

Anathema « Deep »

 

02. Premier album acheté ?

IRON MAIDEN – Live After Death

 

03. Dernier album acheté ?

WITHIN TEMPTATION – Black Symphony (DVD)

 

Chronique de l'album ici

Un grand merci à Slawa et toute l'équipe de SVARGA Music (http://www.svarga.eu/en) pour les traductions anglais/russe/anglais

Interview par mail d’ASHENT (Gianpaolo Falanga – basse & growl, Alessandro Cossu – guitares), septembre 2012

 

01. Quel est votre état d’esprit à quelques semaines de la sortie de votre nouvel album Inheritance ?

Alessandro: Avec Inheritance, nous voulions mélanger des éléments de nos précédents albums avec des sons et des influences musicales nouvelles. Le résultat peut être assez éloigné de l’attente de nos fans les plus anciens mais nous espérons qu’avec nos nouveaux fans, ils adhéreront à notre démarche. Nous évoluons de façon personnelle tout en maintenant l’identité du groupe. C’est la signification d’Inheritance. Nous ne voulons pas nous répéter d’un album à l’autre. Deconstructive était assez différent de Flaws of Elations et Inheritance suit à nouveau une autre voie. Certains auraient sans doute préféré que nous restions ancrés dans le passé mais je suis que nombreux seront ceux qui nous suivrons sur ce nouveau chemin.

 

02. Pourrais-tu nous en dire plus sur le groupe, sa création et ses membres ?

Gianpaolo: Avec mon frère Onofrio, nous sommes les membres fondateurs d’ASHENT. Année après année et malgré les changement de line-up nous avons essayé (et nous continuons d’essayer) de donner forme et de mettre en musique notre idée du métal progressif. A partir de notre première démo (2003) et en prenant tous nos albums précédents (Flaws of Elation 2006, Deconstructive 2009), tu peux te rendre compte du chemin parcouru pour aboutir à Inheritance et tu peux comprendre notre démarche. Chaque étape est importante pour construire la suivante. Titta est un super chanteur et un artiste complet. La collaboration avec lui a débuté il y a quelques années de cela de façon très spontanée. Je pense que tout est arrivé au bon moment et que Titta était le chanteur dont nous avions besoin pour Inheritance.

 

03. Pour être honnête avec vous, je me suis senti complétement perdu à l’écoute d’Inheritance. Je n’ai pas trouver de lignes mélodiques auxquelles me raccrocher. Quelles sont les clés de votre univers musical ?

Alessandro: Je pense qu’il est bon parfois de se sentir perdu et de se laisser guider par la musique. D’habitude les gens se sentent perdus lorsqu’ils font face à l’inconnu, ce qu’ils ne comprennent pas. Cela signifie souvent qu’ils ont simplement une connaissance superficielle de cet élément, un point de vue uniquement extérieur.

Prends par exemple les gens qui affirment que le métal n’est que du bruit et que les titres jazz ne sont que des notes jouées au hasard. En réalité, ils ne savent pas de quoi ils parlent. Dans le cas d’Inheritance, sa complexité se joue probablement dans la texture instrumentale mais cet écueil peut être dépassé en s’immergeant plus profondément dans le musique grâce à de nombreuse écoute. Ces chansons peuvent être considérées comme un travail orchestral dans lequel chaque instrument a sa propre autonomie tout en étant connecté aux autres.

Notre idée est qu’une chanson n’est pas qu’un ensemble dans lequel les guitares jouent à l’unisson avec la basse tandis que la batterie conserve le groove et que le chanteur apporte une jolie mélodie. Je comprends que cela puisse troubler l’auditeur. En même temps, nous nous pensons habituellement pas en termes de riff de guitare qui vient surplomber tout le reste comme c’est malheureusement le cas pour de très nombreux groupes. Et les gens y sont habitués. Les guitares sont traitées de la même façon que les autres instruments. Cela impose une complexité harmonique, une progression dans les accords un peu inhabituelle pour le genre. Les chansons sont tonales mais parfois on trouve ici et là des insertions modales qui peuvent être comparées à un certain type de jazz démocratisé par MILES DAVIES ou HERBIE HANCOCK.

De même, tout est construit autour des lignes de chant qui ont été le point central pendant la composition. On trouve de très nombreuses mélodies vocales pas toujours aussi entrainantes que celles de KATY PERRY mais elles sont tout de même très présentes. A chaque fois, au moins deux notes sont jouées l’une après l’autre et forment une mélodie. Mais il faut une écoute très attentive pour parfois les déceler. Pour moi, les lignes vocales ne sont finalement pas si compliquées que cela, et elles restent toujours très mélodique. D’un autre côté, une mélodie facile à mémoriser n’implique pas forcément de la bonne musique. Si une mélodie s’imprime immédiatement dans le cerveau cela peut aussi signifier qu’elle est très similaire aux milliers d’autres mélodies déjà entendues. C’est la base de la musique pop et ce n’est pas ce que nous voulons faire.

Il y a de très nombreux aspects qui doivent être pris en compte si l’on parle de musique : les harmonies, l’instrumentation, les formes pour en citer certains. Dans chacune de ces dimensions nous voulons que nos chansons portent notre marque de fabrique le plus loin possible des clichés.

04. Comment composez-vous ?

Alessandro: Il s’agit du premier album d’ASHENT auquel je participe donc je ne parlerai que de celui-là. Habituellement, le processus de composition commence avec Onofrio qui travaille sur les parties de guitares aidé de lignes vocales basiques. Dès que la striure de base est finalisée chacun travaille à tour de rôle sur sa partie comme sur une chaîne de montage. De cette façon, la chanson prend peu à peu forme tout en étant conservant la patte de chacun. Cette façon de travailler est une nécessité car nous vivons tous dans des villes différentes et nous avons besoin de travailler à distance. Nous ne pouvons pas attendre d’être réunis tous ensemble pour des répétitions.

Gian: La chose la plus importante pour nous est d'écrire des chansons Et chaque chanson porte la marque de fabrique d’ASHENT dans sa structure aisément reconnaissable. Vous pouvez aimer ou détester mais il s’agit de vraiment chanson et pas une patchwork de mélodies et de lignes de chant. La technicité est seulement un outil pour décrire un état d'esprit ou provoquer une sensation particulière chez l'auditeur.

 

05. Quelles sont vos principales influences ?

Alessandro: Je pense que la bonne chose avec ASHENT, c'est que tout le monde dans le groupe a différentes références et inspirations musicales. Nous apportons tous une contribution originale aux chansons. Personnellement, je m’inspire pas beaucoup de la scène métal en général pour composer et développer ma technique, je préfère me référer à d'autres genres musicaux, notamment le jazz et la fusion pour la technique et la musique classique pour les aspects composition. En ce qui concerne les guitaristes métal, j'aime beaucoup MATHIAS EKLUND, car il est vraiment unique dans ce qu'il fait. En général, j'ai toujours tendance à préférer la musique et les musiciens qui évoluent hors des sentiers battus.

Gian: Comme bassiste, j'aime Sean Malone ainsi que Victor Wooten et quand je les écoute, je pense que la musique est une langue si puissante qui dépasse largement toutes les tentatives de classification. Mais quand je joue de la basse, je me considère comme un musicien rock et je laisse cet instinct guider mes doigts. Comme compositeur et producteur, j'aime ALAN PARSONS, un génie. Dans tous les cas , je suis accro à la musique.

 

06. Qu’est-ce que cela fait de collaborer dans la groupe avec un membre de sa famille ? Cela change-t-il les relations au sein du groupe ?

Gian: On trouve d’innombrables exemples de groupes rassemblant des frères. Il est assez naturel de vouloir ainsi partager sa passion avec les gens qui sont très proches de vous. Gérer un groupe avec six membres n'est pas simple, je pense que cette parenté entre membres aide à assurer un environnement artistique plus complet.

 

07. De ton point de vue, quelles sont les principales différences entre Deconstructive et Inheritance?

Alessandro: Deconstructive était plus métal. Avec lnheritance, nous voulions expérimenter en utilisant différentes approches et orientations. Donc, il y a beaucoup de parties de claviers rappellent le rock progressif des années soixante-dix, en alternance avec des sons plus modernes. Les rythmes de guitare sont pas toujours agressif mais, par différentes artifices, ils créent un étrange frémissement, une atmosphère "suspendue" dans la lignée de CYNIC. En général, il s'agit d'un album beaucoup plus varié et hétérogène.

 

08. The line-up d’ASHENT a subi des bouleversements entre chaque album. Est-ce difficile de trouver des musiciens motivés ou êtes-vous impossibles à vivre ?

Alessandro: En réalité le line-up est resté stable pour Flaws of Elations and Deconstructive. Ce dernier remonte à 2006, il y a déjà six ans de cela. Beaucoup de choses peuvent changer dans un tel laps de temps. Surtout en considérant combien il est difficile de faire de la musique et les sacrifices que cela implique. Nous ne sommes pas tous des musiciens à temps plein, c'est ainsi que certains membres sont partis parce qu'ils ne pouvaient pas consacrer suffisamment de temps au groupe. Que je sache, les séparations n’ont jamais été liées à des problèmes personnels au sein d’ASHENT.

Gian: Tout d'abord nous sommes des amis et des gens honnêtes les uns envers les autres. Si pour des raisons personnelles certains d'entre nous ne peuvent pas consacrer assez de temps pour le groupe, il prend souvent spontanément à la décision de se retirer afin de ne pas être un obstacle au développement du groupe. Soit dit en passant, comme l’a déjà précisé Alessandro dit, le line-up a été stable pendant six ans.

 

09. Quels sont vos principales attentes et espoirs pour ASHENT ?

Gian: Réaliser le plus de concerts possibles afin d'offrir au public une uatre dimension de notre musique, en condition live. . Bien sûr, ce n'est pas une tâche facile, en raison de la période très triste que traverse l'industrie de la musique, mais je suis sûr qu’un concert sincère et honnête sera apprécié par les fans. Dans mon esprit, il y a aussi la composition d'un quatrième album que nous espérons pouvoir achever dans un délai plus court que pour Inheritance.

 

10. Ok! Merci, les derniers mots vous appartiennent…

Alessandro: Aux lecteurs, je voudrais dire qu’il faut toujours rester ouvert à de nouvelles expériences musicales car vous pourriez ainsi découvrir un tout nouveau monde près à vous tendre les bras.

Gian: Soutenez la musique indépendante, toujours. Et restez connectés à notre site web et échangeons grâce aux réseaux sociaux .

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

01. Quelle est ta chanson favorite ?

Alessandro: Difficile à dire. Disons « Giant steps » de JOHN COLTRANE

Gian: Vraiment impossible à dire, j’ai des douzaines de chansons favorites en tête. Là maintenant ce serait « Eclipse » de PINK FLOYD

 

02. Premier album acheté ?

Gian: SOUNDGARDEN – Superunknown

Alessandro: Je ne m’en souviens pas mais cela pourrrait être THE PRODIGY – The Fat of the Land

 

03. Dernier album acheté ?

Alessandro: CHARLES MINGUS – Mingus dynasty

Gian: LEPROUS – Bilateral

 

04. Quel son ou bruit aimes-tu ?

Alessandro: le bruit de la pluie

Gian: le bruit du soufflé (respiration)

 

05. Quel son ou bruit détestes-tu ?

Alessandro: les moustiques

Gian: les ongles sur un tableau noir

 

Chronique de l'album ici